Tout, tout, tout vous saurez tout sur le champagne*

*sans cap si on parle du vin, orthotypo bonjour.

Let’s talk about le champagne.

On remballe toutes ses idées préconçues et on lit attentivement. On arrête de dire “machin avec des bulles”. Non. C’est un VIN. C’est pas du coca. C’est pas un truc gazéifié.

C’est du vin qu’on doit traiter avec RESPECT, et considérer en tant que tel.

Que l’on doit  donc choisir exactement comme on choisirait un vin. Puisque c’en est un.

Je t’entends déjà, toi au fond là. ” Bah, c’est un truc de bourge, un machin snob, ça fait mal au cœur, ça pique la gorge, j’aime pas “.

Je vais te pardonner dans mon immense mansuétude. A condition que tu te fourres bien ça dans le crâne.

Le VIN de CHAMPAGNE c’est la VIE.

Oui, pas moins.

Tu as affaire, il faut dire, à une convaincue.

Évidemment, toi qui ne connais du champagne que des bouteilles de marque souvent hors de prix dans les linéaires de super marché, je peux comprendre que tu n’aies pas été touché par l’ Émotion.

Logique. Parce que globalement, toutes ces marques là, c’est un peu de la merde.

J’exagère? A peine. Je te dis STOP, tout de suite. Je sais qu’ on t’a mis dans le crâne que c’était bon. Mais on arrive aussi à te faire acheter du Marc Levy, alors hein. Non, tu arrêtes tout de suite avec ça. Ce n’est PAS BON. C’est du marketing, c’est du produit, c’est du easy drink c’est pas du vin. Parce que derrière y a pas de vignerons, ou si peu. Y a des raisins achetés et des types en costard qui réfléchissent à un plan com’.

Tant qu’on y est,  arrêtez avec les cuvées spéciales.

Les trois quart du temps, c’est du foutage de gueule. C’est pas parce que tu mets de la merde dans une bouteille en cristal qu’elle goûte moins la merde. Et ce n’est pas parce que ça apparait dans les clips de rap Us que c’est meilleur (en tous cas de bon goût, sûrement pas). Je suis un peu vache ? Ok.

Je vais faire un effort surhumain, et mettre de l’eau dans mon vin, pour toi (l’eau, ce démon).

Pour bien comprendre la Champagne, faut savoir comment ça marche.

En Champagne, rien n’est comme ailleurs. C’est quand même une des régions les plus à la pointe niveau marketing du pinard. Hé oui. Fallait quand même être sacrément couillu, et malin, pour arriver à tirer parti de vins maigres et acides qui dans toutes autres régions auraient fini en distillation, pour en faire un produit noble et copié partout dans le monde.

Parce que oui, au départ, les vins blancs (surtout) et rouges de champagne, c’était pas top. Je te parle historiquement là, depuis ils ont fait de sacrés progrès.

Le problème avec l’acidité, c’est que ça fait pousser les dents, et troue les estomacs. MAIS, et c’est là que c’est fortiche, c’est un élément génial quand tu veux vinifier de la bulle.

C’est là qu’on va parler de Dom Pérignon.

Dom Pé, dont on va casser le mythe, recta.

NON, il n’a pas inventé la ” méthode champenoise”. En tous cas, pas son intégralité.  Il a rapporté de Limoux la méthode de la blanquette. Pan dans les dents, un point pour le Sud. Il l’a un peu améliorée, soit, en perfectionnant les assemblages (le fait de mêler plusieurs cépages, ou parcelles, ou vins de différentes années) et en affinant la technique de la seconde fermentation en bouteilles. C’était un petit malin, Dom Pé.

L’assemblage, justement parlons en. En Champagne encore plus qu’ailleurs, c’est important. C’est une des rares régions où l’on s’enorgueillit de produire des vins qui ont chaque année le même goût.

Bizarre, non?

Mais totalement champenois.

Puis, disons le : l’assemblage, ça permet de pallier  une mauvaise année en ajoutant un peu plus de vin d’une année plus mûre. C’est de la triche autorisée. A condition qu’il ne soit pas millésimé, rien n’interdit d’assembler plusieurs années dans un champagne. C’est comme ça. Rien n’interdit non plus de mélanger vin rouge et vin blanc pour faire un rosé.

Il faut comprendre un truc : en Champagne, le concept de marque est érigé en valeur modèle. Un vigneron ce n’est pas impactant, commercialement. Une Veuve machin, si.

Et c’est là où je veux en venir. A force de vouloir de la marque, du produit uniforme et standard, du remplissage de linéaire, on en vient à faire n’importe quoi. N’importe quoi qui coûte un bras, qui plus est. Parce que la Champagne est une des régions les plus chères de l’Hectare de France.  Pour faire du champagne, même pas forcément du bon, ça coute bonbon. Mais ça rapporte !

Mais qu’est ce que ces vins là sont emmerdants… Pas de personnalité, autant de vie dedans que dans les yeux d’un mérou mort sur un étal en plein cagnard.

C’est pas du pinard, c’est du machin avec des bulles. Parfois, c’est tout juste passable. Mais ça ne fait frétiller personne.

Et ça, c’est infiniment triste.

Parce qu’outre ce biais marketing, il y a en Champagne de vrais VIGNERONS qui font du VRAI VIN. Quand je parle de vigneron, ça veut dire un mec qui traite ses raisins (à lui ou achetés) avec respect, qui les vinifie ensuite avec sa personnalité et ses goûts, pas pour plaire à une clientèle, mais parce que lui voit son pinard comme ça. Un mec intègre qui aime son boulot. Son vin. Un vin qui ne sera pas forcément identique d’un millésime à l’autre. Qui présentera des différences sensibles. Qui vivra.

J’aime les vins vivants, moi. Pas ceux qui font juste semblant parce qu’il y a un peu de bulles dedans.

La bulle parlons en …

Après une première fermentation alcoolique (comme tous les VINS classiques, oui j’insiste : VINS) on assemble ou non, puis on met en bouteille avec une liqueur de tirage (ce qui est loin d’être un terme vulgaire : un peu de sucre dans un fond de vin avec des levures). Les levures fricotent, se produit une deuxième fermentation, mais comme la bouteille est fermée, le gaz carbonique en résultant ne peut pas s’échapper, et hop, PRISE DE MOUSSE.

Après, rien n’est encore fait. Le Champagne doit se reposer, longtemps. Feignasse. Puis, pour éliminer le dépôt qui s’est créé, on met les bouteilles sur gyropalette, elles se retrouvent bouchon en bas, le dépôt se dépose sur le bouchon, il est temps de dégorger (oui, cette image est assez sexuelle, c’est pas de ma faute). Pour compenser la petite perte de volume qui se produit quand on dégorge (sic) on ajoute une liqueur d’expédition.

Et là, c’est VACHEMENT IMPORTANT : la liqueur d’expédition peut être du vin avec plus ou moins de sucre. Ou juste du vin. Plus tu mets de sucre, plus tu as un champagne doux. Moins t’en mets, plus tu te rapproches du brut. Voire du brut zéro, ou brut nature si tu n’en mets pas du tout.

NORMALEMENT, ça permettait – le sucre- de pallier les défauts des vins, à l’amertume parfois décelable après la seconde fermentation, et tout ça. MAIS le sucre c’est comme le maquillage, si t’en mets trop c’est moche et une vraie beauté n’en as pas tellement besoin.

Voilà pourquoi, au lieu de froncer les sourcils quand on te dit brut, genre “oh ça va être raide, aigre, etc” tu diras bien merci à ton caviste quand il te tendra une bouteille de brut zéro.

Parce que c’est comme ça que tu pourras goûter à la vraie essence du Champagne.

Sans make up.

Que tu percevras les tilleuls et les acacias, que tu croqueras la pêche des Chardonnay de la côte des blancs, que tu auras sur le bout de la langue la puissance mâle et sobre des pinot noir, genre James Sean Bond, que tu te loveras dans les meunier.

UN bon vigneron n’a pas BESOIN de sucre.

Après, il peut pour des raisons commerciales, ou pour le fun, en mettre un peu.

Mais si son vin est équilibré, pourquoi aller tout foutre par terre en mettant du sucre. HEIN? POURQUOI?

Oui, je m’énerve, mais c’est pour la bonne cause. Ces vins là, ils respirent, ils te parlent. Leurs bulles sont délicates, nerveuses, elles t’agacent et te titillent, tu fais claquer ta langue et là, paf, t’as tous les arômes du vin qui explosent dans ta bouche, tu pourrais mourir tellement c’est beau, c’est grand.

Maintenant qu’on est bien d’accord que le CHAMPAGNE c’est du VIN, et que ça se

  • respecte
  • mérite
  • savoure

faudrait voir un peu à trouver les chouettes vignerons qui font du bon boulot tout en ne grevant pas (trop) ton porte-monnaie.

Je vais t’en présenter quelques uns, parce qu’au fond j’ai bon fond (et puis le vin, c’est du partage, mettons ça en pratique).

On va sillonner toute la Champagne, on va même aller dans l’AUUUUUUUUUUUUUUBE, parce que même si c’est un terroir moins réputé, on trouve aussi de très chouettes pinards là bas (et pas que des tempêtes et des mirages, ahem).

Dans la catégorie vieux briscards de la boutanche, je te présente Françis.  Françis a un caractère comment dire? Bien trempé. Dans le meunier, beaucoup. Avec aussi un peu de pinot noir, et de Chardonnay.  Mes cuvées préférées chez lui sont les Rachais et la Pétréa (qui je crois n’est plus en production, mais si tu tombes sur un caviste qui en a, je t’autorise à lui faire un placage dans les règles et à dézinguer tout son stock tellement c’est BON),  en plus abordable tu as les Murgiers qui est une fort chouette cuvée. Chez Boulard, beaucoup de pinot meunier donne des vins ronds, sexy, et les élevages bois en font souvent des vins de repas.

Dans la catégorie c’est de la marque mais j’aime bien ce qu’ils font :

  1. Drappier, pour sa cuvée Brut zéro, qui est une petite tuerie de fraicheur, d’acidulpeps (oui, je viens de l’inventer) et de jolie précision. C’est miam, et pas très cher.
  2. Bollinger (je suis pas objective, je m’en tape, je suis amoureuse grave de Bollinger, je rêve de prendre des bains au Bollinger, qu’on me noie dans du Bollinger, de me rouler nue sur des bouteilles de RD de chez Bollinger. Bref. voilà, ça s’explique pas ça se vit). Et d’ailleurs c’est le champagne de Bond, si c’est pas une preuve ! (et aussi d’ Ab Fab version française. Bon) Bollinger c’est du pinot noir, de la barrique, des cuvées élégantes et charnues, du fruit, de la tension sexuelle, du fumé, du beau. Que celui qui n’a jamais gouté une Grande année en pleurant de bonheur me jette la première pierre.
  3. Jacquesson : on est à mi-chemin entre marque et propriété familiale, puisque les frères Chiquet règnent toujours sur les pinot noirs (encore) de la maison. C’est beau, c’est précis, c’est tendre et c’est à découvrir si tu ne connais pas. La cuvée 73.. suivi d’un chiffre est la cuvée de base, dont tu identifies la mise par le dernier chiffre. Bon après, si t’es mordu, faut goûter aux sublimes crus, et millésimés. Parce que wow (mais économise, parce que les prix aussi sont wow).

Dans la catégorie c’est presque introuvable mais ça déchire : Cédric. Domaine Roses de Jeanne, dans l’Aube. Oui, parfaitement, il a le culot de faire d’excellents et incroyables pinot noir dans le trou du cul du monde de la Champagne, de petites merveilles ciselées avec un jus à la fois frais et complexe. Je l’aime tellement. Son pinard, hein, quoique le gars aussi soit une crème. Si tu tombes un jour sur une bouteille où il est indiqué Roses de Jeanne, ou Cédric Bouchard; tu fais pareil qu’avec la Pétréa, placage au sol immédiat et razzia sur le Stock (il fait aussi un peu de pinot blanc, et de chardonnay, et aussi du rosé, mais pas tous les millésimes).

Juste à côté de chez Cédric, tu as le domaine Vouette et Sorbée qui fait un sublime chardonnay, blanc d’argile.

Dans la catégorie, le blanc de blanc c’est la vie, Domaine Laherte (et du non dosé, siouplait)

Dans la catégorie la tradition a du bon, va chez Bedel qui est lui à l’extrême ouest de la champagne et fait de très beaux pinot meuniers en assemblage majoritaire avec chardonnay et pinot noir. Les champagnes que Vincent élabore sont très peu dosés, et c’est là que le miam.

Goûté récemment Dis, vin secret! Si on peut, on se renseigne et on essaie de privilégier les non dosés, comme celle que j’ai ouverte. Parce que l’absence de sucre donne du pep’s, de l’éclat à un champagne très ample.

bedel

Son voisin presque direct est un petit producteur, Bourgeois Diaz qui fait du très chouette à prix tout doux. Champ d’apéro pour le Brut tout bon. Mention pour le rosé qui est gourmand et loin des rosés “de nanas” massivement dosés en sucre et blouargh. Non, là, c’est un vin avec du beau fruit, et de la tenue.

Dans la catégorie je sais pas où les classer faut que j’en parle parce que je les aime aussi : Selosse, Larmandier Bernier, Egly-Ouriet, Tarlant,Franck Pascal, Bérèche, Couche...

Ha, Tarlant et son Zéro. Rhaaa, oui, avec un Z comme l’autre. Justement, y a un petit côté cavalcade éminemment classe dans cette bulle, j’aime pas j’adore. Un bonheur de précision.

tarlant

Dans la catégorie c’est petit mais ça bosse : Agrapart , Gobillard à Hautvillers., Charlot.

Charlot qui m’épate. Pierre, Charlot donc est un type un peu timide,un peu lunaire, un peu gauche. Son champagne ne lui ressemble pas: il est aussi fort en gueule que Pierre choisit ses mots: tranchants, avec des acidités remarquables et du fruit bien rond, c’est franchement une de mes très belles découvertes: foncez!

charlot

Dans la catégorie on fait du bon rosé on n’en a pas honte : Michel Tixier , François Secondé

Et MON rosé préféré de la vie toute entière que si tu veux me demander un truc offre m’en une bouteille je dirais oui à tout, oui tout: Laherte.

lah

Atypique, vineux, on a plein la bouche, c’est gourmand mais tellement plus, c’est les jarretelles qui claquent, c’est de l’infiniment grand pour une bouteille si petite (c’est là qu’on s’aperçoit que 75 cl, c’est définitivement pas assez pour certaines bouteilles).

La liste est non exhaustive, évidemment. Mais avec tous ceux là, t’as déjà un peu de quoi te faire le palais.

Maintenant tu sais ce qu’est le champagne, lequel choisir, très bien. Mais comment vas-tu le boire?

Concentration:

  • Jamais chaud, bien entendu, mais jamais glacé non plus. Un bon champagne se sert entre 9 et 12°.
  • De préférence dans un verre à vin. Oui, je sais, ça parait bizarre. Mais pour tous les champagnes expressifs, ça vaut mieux. Un bon verre, évasé en bas, resserré au dessus concentrera les arômes tout en leur permettant de se développer.

Tu peux toujours faire le malin en racontant que la coupe aurait été moulée sur le sein de la Pompadour, la Beauharnais, Diane de Poitiers … Mais de grâce, n’y sert que des martinis. Je n’ai pas beaucoup  plus d’indulgence pour la flûte: trop étroite, le champagne n’a pas de place pour que ses arômes prennent le pouvoir.

Dernière chose: je ne me fais pas d’illusions. Fêtes approchant, vous allez boire la bulle à l’apéro. Mais je me permets d’attirer votre attention.

Selon les types de Champagne, il y a moyen d’être BEAUCOUP plus créatifs que ça.

Tu t’es dégotté un beau blanc de blanc, nature, pas dosé ou presque ? Félicitations ! Tu vas pouvoir tester une infinité de trucs avec : des poissons, crus ou grillés, sans sauces trop lourdes. Juste de beaux produits, frais qui vont s’acoquiner ensemble. Même que les fruits de mers aussi, ils vont le plébisciter ton chardonnay. Ils vont apporter toute leur iode à la bulle, ça va claquer dans ta bouche et mettre un coup de fouet.

S’il est un poil dosé, tu peux aller vers le veau (l’animal, hein). Moi, j’adore le vitello tonnato. Mais ne nous limitons pas : le tout, c’est de garder à l’esprit qu’un Chardonnay, c’est un vin aérien, il ne faut donc pas le plomber avec des préparations trop grasses.

Les pinot noirs, ceux qui ne sont pas élevés en barrique et qui conservent beaucoup de fruit et de légèreté font merveille sur les entrées de viande crue comme les carpaccio, ils sont aussi à l’aise sur les préparations à base de tomate.

Un peu dosés mais toujours sans bois, ils font la fête à tout ce qui est préparation grasses, et riches (le gras, c’est la vie) : foie gras chaud (le froid s’accommode assez mal de la bulle, c’est un fait, c’est chimique), ris de veau à la crème, etc…Tu vois l’idée. Surtout si il y a des champignons dans la préparation, petite tuerie en perspective.

Les pinot noirs les plus structurés, et boisés sont sans complexes face aux viandes : une belle côte à l’os grillée, sauce poivre et un magnifique pinot noir… Le rêve. Et la TRUFFE OH OUI LA TRUFFE (pardon, beaucoup d’amour chez moi pour cet accord).

Les meuniers se prêtent à pas mal d’extravagances, parce qu’ils sont assez ronds : les poissons en sauces, et les volailles se sentent pousser des ailes (haha).

Sur les desserts, les rosés sur des préparations à base de fruits rouges, mais aussi un tranchant chardonnay avec de la rhubarbe, …

Un des seuls trucs qui ne fonctionne pas très bien, c’est champagne et foie gras. La bulle "casse" le gras, et ce n’est pas toujours heureux. Je sais que le raccourci facile d’accorder deux produits de luxe est tentant, but IT DOES NOT WORK.

Et last but not least, quelque chose qu’à priori on n’oserait pas mais pour avoir testé, et plusieurs fois ça MARCHE : le champagne ET le fromage.

Me prends pas pour une dingue, essaie.

  • Les pâtes pressées : cuites ou non, les pinot noir sont très à l’aise avec elles. Il faut juste penser à les prendre suffisamment vifs pour ne pas avoir la bouche pâteuse, mais pas trop pour ne pas provoquer une sorte de “cassure” entre le gras du fromage et l’acidité du vin.
  • Les pâtes molles : les chardonnays règnent sur ces fromages là. Un peu dosés, ils exacerbent surtout sur les croutes fleuries la douceur du fromage.
  • Les pâtes fraîches : oui, on peut boire du champagne avec de la mozzarella. Essaie un peu du rosé gourmand et sans bois, pour voir. Sur les chèvres, c’est plus ardu, mais le chardonnay est souvent le meilleur choix.
  • Les pâtes à moisissures internes: pinot noir, bien vineux, voire les cuvées rares de champagnes doux. Des curiosités qu’il faut découvrir, avec les bleus, ça donne un goût de paradis.

Moi, tu me donnes un grand comté 18 mois et un RD de chez Bollinger, je suis la femme la plus heureuse du monde.

Tu vois, on n’est pas compliquées, au fond.

Ou c’est juste moi ?

PS: le champagne coûte forcément un peu cher. Il est donc tentant de recommander les crémants, mais attention: s’ils ne sont pas moins bons que les champagnes, ce ne sont pas des champagnes. C’est une autre bulle, utilisant la même méthode, souvent moins onéreuse. Le terroir, les cépages ne sont pas les mêmes. Les champagnes sont souvent plus longs, plus profonds, plus complexes que les crémants. Encore que.  De même, les pétillants naturels ne sont pas moins bons que les crémants, c’est juste un autre style de vins. Inutile donc de vouloir hiérarchiser les bulles, mais choisir chacune pour son prix et surtout pour son goût.

30 réflexions sur “Tout, tout, tout vous saurez tout sur le champagne*

  1. Encore une fois merci pour ce message salvateur. Je fais tourner ! (et si tu cherches encore du trou du c** de l’Aube, je peux te présenter quelqu’un !)

  2. Bonjour Mme Lapinard : c’est parce que vous êtes une femme que vous aimez le champagne et pas le Bordeaux ?

    C’est marrant quand même le champ’ comme ça peut-être psychologique. Une dégustation Ruinart m’avait complètement bloqué. C’était pas mauvais … je m’étais juste endormi le nez dans mon verre (PPT sur les exportations à l’appui).
    Mais ça c’était avant de goûter les Tarlant, et notamment leur BAM! (mais les autres aussi). Depuis je fais moins mon hippie … (j’aurais même tendance à me reconnaitre dans ce post, même si je ne l’admettrai jamais).

    Et pour les accords, pour peu qu’il soit raisonnable en acidité, c’est une tuerie sur le jambon ibérique ! (j’étais étonné, mais vraiment, ça marche très bien).

  3. Hello, merci pour ce post: J’y ajouterai Nicolas Maillard et son franc pied blanc de noir, Ulysse Colin et Daniel Petré (pour l’Aube). Basée sur Londres ou les champagnes de marque sont légions, je m’évertue au travers de mes tastings à faire découvrir la vie derrière les bulles qu’elles soient de Champagne, Crémant, prosecco ou de cava, à faire comprendre les différences de prix notamment mais pas forcément de qualité et surtout à les désintoxiquer de Moët…:) J’ai fait tourner!

  4. Pour le ‘tégrisme de base, nous sommes d’accord. C’est… comment dire ? Une marque de fabrique dans cette baraquotek. Même que ça m’a fait rire aux larmes. Faire tout le foin sur Boulard et ne pas savoir où ranger Égly-Ouriet ou Berèche, ya des cours de dégustation qui se perdent. Même pas citer le très bien nommé Didier Doué… Facepalm, oui. Je te pardonne parce que l’effort pédago est louable, mais c’est la dernière fois.

  5. Méfions-nous Sandrine. D’abord, résumer la Champagne en un post, c’est impossible. Tu l’as fait, donc tu mérites un prix ! Félicitations.
    Pour le reste, je trouve que tu as des goûts de luxe (Bollinger, etc), tout comme moi d’ailleurs. Je me suis débouché l’autre soir un Krug rosé gardé une dizaine d’années dans ma cave et c’était sublime. Passons. Mais tu oublies que certains de tes vignerons (Selosse, par exemple) adulés, et d’autres noms très branchés d’ailleurs, qu’en passant l’on trouve chez presque tous les cavistes, atteignent les prix de certaines grandes cuvées quand ce ne sont pas des prix démentiels. Une cuvée non dosée de Philipponnat, par exemple, à moins de 30 € chez mon caviste, c’est super ! Bon, je me sauve parce que tu risques de me foutre une torgnole…;-)

    • Mon petit Michel,

      Dis voir, vous êtes de mèche avec Nico? Vous nous refaites un coup de Muppet Show? ;)
      Anybref: oui, certains des champs que je cite font de grandes cuvées qui coûte un bras, mais pour n’en citer qu’un, Bourgeois-Diaz est hyper accessible (un peu plus de 20 euros). J’en ai mis plein, y a du branchouille ou du moins, c’est pour tous les goûts. :-)

  6. Une question : a propos delà liqueur d expédition : comment se fait il que le sucre rajouté à ce moment rende le vin plus doux, au lieu de refermenter à nouveau ?

    • La fermentation, c’est des levures à la bonne température et volontaires, et du sucre. Si l’on élimine les levures (en filtrant par exemple, ou en ajoutant du soufre, ou en gardant au froid) plus de fermentation. Celles qui sont encore dans le champ doivent être plus ou moins "épuisées".

  7. beau billet, mais bien plus nuancé qu’il n’y paraît, car tacler le dosage puis recommander un brut, tacler le négoce puis recommander certains vignerons qui sont aussi négociants et certains négociants qui sont aussi vignerons, tacler les BSA qui restent le fer de lance et le mètre-étalon de qualité de la plupart des élaborateurs (et qui représentent plus de 80% des vins produits), bref titiller les "conversation starters" incontournables du moment tout en rappelant en creux quelques fondamentaux, c’est la preuve qu’on apprécie et qu’on appréhende la complexité et la diversité de la Champagne au-delà des caricatures et des idées reçues.
    A ce propos, le mythe selon lequel DomPé aurait "volé la recette" (haha, c’est une recette le vin de Champagne? un procédé? juste une méthode d’élaboration?) de la double fermentation, provient d’une campagne marketing mensongère (car historiquement infondée) d’une appellation de vin effervescent dans le Sud (ce qui rend d’autant plus regrettable le fait d’exploiter indûment la notoriété du Champagne pour se faire mousser, car ces vins ont leur propre AOC, leur terroir et leur propre style, original et inimitable lui aussi!), et qui ont récemment reconnu publiquement que le prétendu voyage de DomPé dans le sud de la France, est une affabulation.
    En Champagne aussi, comme sans doute dans de nombreuses autres régions, il y a eu des poètes moyennâgeux pour chanter les vins qui refermentaient sous des noms comme "messire pétard" ou "saute-bouchon"! Bref, le Champagne a évidemment vu le jour en Champagne (sinon, "New Zealand Sauvignon" ou "Fanta" auraient bien mieux sonné à l’international) et c’est pour cela que, pour ma part, je laisse au vin sa majuscule.
    En tout cas, merci de nous donner envie de ces beaux vins, avec une sélection qui rend hommage à la diversité des styles de Champagne! Vous donnez envie de ceux qu’on n’a pas encore découverts

    sincèrement, Thibaut

  8. Pfiou…enfin fini tout se blablatage, y a qu’en France qu’on peut parler pendant des heures comme ça sur du Champagne. Mais plus on en parle moins on en bois ou est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale…
    Bravo encore Sandrine, il n’y a que ceux qui ne font rien qui n’ont jamais tord, et putain que c’est dur de s’exprimer mais surtout quand ce n’est pas autour d’un bon verre!

    Lots of Love everyone!

  9. Je découvre ce blogue et je tombe sous le charme ! Sans être d’accord avec tout : c’est direct, bien formulé et surtout drôle ! car oui le vin peut être ludique (sans pour autant se bourrer la gueule). Merci de souligner que le Champagne se résume pas à un apéro : c’est un vin qu’on peut marier !! j’ai un petit désaccord sur le foie gras..avec un demi-sec on peut avoir de bonnes surprises ! Par contre, je bloque encore et toujours sur l’accord choco-champagne. Une petite tuerie : marier un blanc de blanc pas trop dosé avec l’onctuosité d’un risotto aux saint jacques….. Joyeuses fêtes !

  10. curieux de mettre dans le même tonneau Bouchard et Tarlant, et de ne pas préférer le bocage vallonné de Celles-sur-Ource aux étendues lunaires de la Marne….

    ceci-dit, pour faire du champagne, il fallait à Dom Pé du sucre et des bouteilles, et à l’époque, tout ça venait d’Angleterre. Adoncques, le champagne est anglais, n’en déplaise aux allemands et aux russes qui se disputèrent la région après Waterloo…Waterloo, mais c’est bien sûr, voilà pourquoi la patronne en pince pour le champ, tout comme ma femme, tout comme le douanier belge qui jadis s’agenouilla derrière ma voiture bourrée de boutanches pendant que je l’assurais que je ne faisais que traverser….

    et puis si en 2014 on pouvait éviter le mot branchouille daté de tuerie…. variez un peu : massacre, boucherie, hécatombe, schlague, carnage….

  11. la marne n’est pas que lunaire, viens sur Mardeuil et tu verra mes vignes certifiées Déméter,.tu te rendra compte de la vrai vie du sol sur un vrai terroir

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s