Parler d’amour ou de vin, pareil

Comme personne ne me demande mon avis, je vais vous le donner. Cette phrase pourrait être un gimmick de blog, tiens: après deux ans et demi -déjà? hé oui- de billets il est peut-être temps de changer, re-nouveller, évoluer? Mais ce n’est pas, pas encore, le sujet.

Je lis de ci de là, qu’il est tellement difficile de parler de vin. Je n’ai jamais eu cette impression: pour moi, il suffit d’en boire et puis d’en parler. A des potes, des gens qu’on estime. Ou bien de prendre son clavier, à quatre doigts (j’ai progressé) et d’y planter des mots. Rien de sorcier. Le blog a ceci de merveilleux: il suffit d’y écrire, comme on veut. Pas de contraintes d’espace publicitaire, pas de ligne édito à respecter. Personne ne demande de faire plus concis, d’y mettre moins d’humour. Les chroniques -ta mère- y vivent leur vie, imparfaites et pourtant tellement vivantes. Lire la suite

Sur les marchés: le doc formidable!

Une fois n’est pas coutume je vais dire du bien d’une émission de télé. Ouais, tout arrive.

Je suis tombée dessus par hasard, et c’était formidable. Pas moins. Le pitch n’est pas compliqué, il s’agit d’aller sur les marchés. D’où le titre du doc, pas con. Sur les marchés donc, mais pas seulement. De l’échoppe-scène de théâtre du maître-fromager Sten Marc du marché de Morlaix, on passe au pré où paissent en quasi liberté les pies noires de Ronan, jeune agriculteur bio. Sten a un rêve: composer un plateau de fromages 100% breton. D’où l’idée d’emmener ces agriculteurs passionnés avec lui, et de les aider à produire des fromages de qualité. Bien sûr, c’est bucolique. Et ça fait rêver. Les petits cochons gratouillés sous le ventre qui se font bomber la panse avec le petit-lait.

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T’as soif? Y a pas d’sushis *

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Home-made, t’as vu

*pardon

Le sushi: j’avoue, comme beaucoup de monde visiblement, je craque pour ces petites choses rondes et jolies. Evidemment, les maîtres-sushi les élèvent au rang d’oeuvres d’art, et sans doute n’avons nous accès en général qu’à une forme assez brute de ce qu’ils devraient être, mais lancez-moi la première boulette de riz si vous n’en mangez pas quand même.

Le sushi est devenu en très peu de temps un plat presque courant chez nous: maki, nigiri, temari sont des termes qu’on connait.

Non? Bref résumé: Lire la suite

VDV #74: le vin qui a des haltères *

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*un thème musclé *

Ce mois, c’est l’excellent – pas moins, il est très bien, lisez son blog- Fred du Vortex qui nous impose:

Soyez les chantres des vins simples qui vous désaltèrent. Le blanc vif qui, à grandes gorgées, dissout le gras de la tartiflette hivernale. Le rouge qui glisse et dessale le palais d’un casse-croûte saucisson jambon cru pâté fromage. Le rosé « bien frais, bien agréable » qui, sous le cagnard de l’été, évite la déshydratation devant le barbecue brûlant. Pour cela, il suffit de rédiger un texte avec une petite photo sur votre vin de soif. Dans ce petit texte, n’oubliez pas :- D’annoncer le thème des Vendredis Du Vin. – De Faire un lien vers le blog du président du mois (ma pomme) et vers le blog des Vendredis du Vin. Publier votre participation le Vendredi 27 mars sur votre blog, sur la page Facebook des Vendredis du Vin et sur celle de l’événement. Si vous n’avez pas de blog, ou pas de compte Facebook, vous pouvez m’envoyer vos textes et photos par mail (ftruchon.ft@gmail.com) ou poster votre participation en commentaire ici. Sur Twitter, vous pouvez publier avec le hashtag #VDV.

Bien entendu, fidèle à moi-même, je n’ai pas pu m’empêcher de fiche un jeu de mot dans le titre, il me pardonnera, hein, Fredou?

Il a raison: les gens sont à cran, on a bien besoin, en ce début de printemps d’un immense câlin autour du vin, sans intellectualiser, sans tomber dans les sempiternels et fatigants débats, on a besoin de ces jus clairs avalés en moins-de-deux, et de grosse marrade avec les potes.

Alors quoi, lequel?

Du rouge léger qui glisse?

Du rosé frais comme un baiser ?

Du blanc simple, mais suffisamment nerveux pour pas que tu molisses?

Mettez-m’en un, mettez m’en deux, mettez m’en trois! Au diable les varices !

Commençons par le rouge. 

Drôle d’étiquette, je sais. Drôle d’histoire. Je reçois un échantillon: on me dit, tu verras, c’est le petit frère du château, on a voulu faire une cuvée un peu facile, plus accessible. Je goûte: c’est épatant ! Plein de fruit, avec une fraîcheur à laquelle je ne m’attendais pas. Ça claque, et ça coule tout seul: la bouteille est vidée en trois-quart d’heure maxi. Puis je reçois un coup de fil:

« Ecoute, on a un souci. Notre étiquette est trop ressemblante avec celle d’un autre vin, et même si ce n’est pas dans la même appellation, on va devoir ré-étiquetter, sans doute renommer ce vin. »

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Procédures, quand vous nous tenez. Ce n’est pas le premier vigneron qui doit y faire face, au Mas del Périé Fabien a du par exemple renommer sa cuvée La Pièce. Du coup, le vin restera mystère, jusqu’à ce que cette histoire d’étiquettes soit réglée. Mais promis, je vous en parle dès que c’est possible.

En blanc, je voulais du tonique, du frais, du vif, du qu’on boit sans craindre le mal de crâne et sans regret.

Paf je l’ai ! Un vin de moselle, qu’on boit même sans tonnelle, la vie est belle! La toute jeune vigneronne Eve – et son père, et ses frères- produisent rouges, blancs et effervescent. Elle est même devenue une Tronche, la nana.

De nana à ananas, il n’y a qu’un auxerois (pardon). Celui-ci issu des plus vieilles vignes du domaine bluffe. Son fruit exotique, son charme, sa légèreté, comme une bulle de printemps qui t’éclate à la gueule. T’en redemandes, forcément. Y en a plus, forcément.

Go on Eve, on tient la genèse d’une belle histoire!

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Domaine des Béliers, la vigne aux oiseaux, AOP Moselle

Au printemps, au printemps et mon coeur et ton coeur sont repeints au vin blanc: on va donc se rincer au rosé. Celui-là, déjà, il s’affiche classe avec sa jolie bouteille à bouchon verre, s’il-vous-plait. Tu sens bien que c’est pas la quille vulgaire et sucraillonne des soirées campings. Alors, tarin dedans, tu t’attends à de la rectitude, presque de la sévérité bourgeoise. T’as tort: des petits fruits rouges te titillent, tu vas plus loin, sur la langue la fraise s’éparpille, tes papilles frisent, c’est bon, c’est simple comme une belle tranche de pain beurrée de frais. Clap clap, font les palais en émoi.

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chateau de la Négly, la Natice, AOP Languedoc 2014

Trois vins de soif, de plaisir, de bonheur, de simplicité.

Un mot à ajouter?

Ah oui: picolez !

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Tartine gate *

* duquel on peut tirer un modèle de discussion sur le sexisme

Acte un: je suis au boulot, et découvre, par l’entremise d’un représentant, des nouveaux venus dans la gamme d’une société dont j’aime en général plutôt les produits (goûts originaux, et bons ingrédients), et le packaging (messages ludiques, et humoristiques). Ces deux nouveaux produits, les voilà.fem hom

Dire que je m’étrangle est un euphémisme.

Le genre, à son meilleur. Utile de préciser à ce stade que dans le catalogue, la tartine pour femme est vendue comme « aide à conserver un ventre plat » (puisque TOUTES les femmes ont vocation à maigrir/ garder la ligne/ être obsédées par ça) et que la tartine pour homme est vantée comme « aidant à la virilité » (le gingembre, je vous fais un dessin? Oui, tous les hommes réfléchissent avec/ autour de leur pénis).

Je commente le « trop bonne » ou c’est pas trop la peine?

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Avec un B comme…

pouiQuand on parle de vins, les vignobles les plus spontanément cités, qu’on soit amateur ou non sont la Champagne, le Bordeaux et la Bourgogne. Cette dernière n’est pas la plus étendue – c’est pas la taille qui compte, c’est le goût, de toute façon- puisque la  Bourgogne viticole c’est 28000 ha de vignes, soit un quart du vignoble bordelais à la grosse louche. La Bourgogne produit certains des vins les plus chers et les plus réputés au monde.
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Le sot terne, c’est fou!

Quand on commence à me connaitre un peu, on sait que deux choses me soûlent profondément: les gens qui font du bruit en mastiquant, et les débats sans fin du mondovino. Qu’y-a-t-il de plus chiant que deux pros du vin qui se foutent sur la gueule? Trois pros du vin qui se foutent sur la gueule. 
Mais, et c’est pour ça que je prends le clavier, le débat en cours depuis quelques jours me fait penser que peut-être, il y a quelque chose à en tirer.
Acte un: Nicolas poste cet article sur son blog.

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