VDV #78 : Peau(x)

AFleurDepeaux

Après un peu de vacances, les Vendredis du vin sont de retour, les petits gars. Grand jeu-défi de la blogo pinardière, qui s’agite en tous sens pour proposer chaque dernier vendredi du mois un ou des vins en cohérence avec le thème choisi par le ou la Président(e) du mois. Double occasion de se féliciter, c’est moi qui assume la Présidence  de Septembre aidé de mon fidèle écuyer Sancho DavidLire la suite

Des couilles et du S&X

wpid-img_20150821_223926.jpg« Hé mais les bouteilles que tu goûtes, tu les choisis avec combien de grammes dans le sang » me fis-je héler par un vigneron sudiste dont – parce que je suis une gentille fille- je préserverai l’anonymat.

Le gaillard s’avisait de mon alcoolisme latent après que j’eus partagé successivement des « couilles d’âne » et puis un « lapin de Noël ». Hors contexte, ça peut troubler. Les coupables, les voici: Lire la suite

Des sourires et des hommes*

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*on a des lettres ou pas, hein.
C’est jeudi, c’est détente, ce sont les vacances.

Le prétexte est tout trouvé pour vous parler de tendances avec légéreté: on a déjà évoqué le sujet Brosé. Mais Instagram ne serait pas Instagram s’il n’avait pas encore poussé le bouchon (de champagne) un peu plus loin.

Sous vos yeux ébahis, voici donc la nouvelle façon pour les hommes de déclarer leur flamme à la dive bouteille. Un hashtag simplissime #menandwine: je vous le donne en mille on y trouve donc des hommes et du pinard, le plus souvent dévêtus, allez comprendre pourquoi, sans doute qu’il fait chaud. Lire la suite

L’hummer du samedi: triple boum

Allons bon, voilà que wordpress me propose d’écrire « sans distraction »: plutôt rigolo quand on sait comment je rédige. Entre deux averses, trois cafés, un « maman, elle est où ma DS », quatre claquement de portes… Bref c’est l’humeur du samedi, back dans vos bacs (à fleurs). J’ai le mood primesautier et positif, en ce moment: le soleil, l’été, les gens, les amis? Une conjugaison parfaite: pourvu que ça dure. Ce sera donc un billet d’humeur sans gueulante et râlerie, c’est ouf, je sais. Causons vrai. Lire la suite

Heureux qui comme Ulysse *

wpid-dsc_3448.jpg* s’il a fait un beau voyage, je ne sais, mais goûter ses vins en est assurément un.

Deuxième portrait de vigneron champenois, qui nous amène loin des lieux « touristiques ». Trouver le bonhomme demande de quitter les endroits plus connus de la Champagne, Aÿ, Epernay et de rouler une bonne demi-heure jusqu’au petit village de Congy. Quiétude totale sur la route: vous n’y verrez que des champs, à perte de vue, ça et là des arbres. Pas ou peu de maison. Quand la vigne repointe le bout de son nez, c’est que vous êtes presque arrivés. Lire la suite

Le véritable Boulet de Liège*

*et contre toute attente: il ne s’agit pas de moi.

Pas de mystère: je tiens très fort à ma belgitude, et plus encore à mon côté liégeois. Car … et bien ça ne se raconte pas, ça se vit, c’est impalpable. Liège, c’est ma ville, mon coeur, mes racines, ma langue, mon accent. Liège, la cité ardente, les franchimontois, la citadelle, les potales d’Outremeuse, la fosse aux Lions, le Randaxhe… Le meilleur moyen de découvrir tout ça, c’est bien évidemment de venir: visiter le Carré, voir li Torè, boire un peket (ou quatre) au 15 août, faire la guindaille quoi. Lire la suite

La solitude de l’andouillette

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Avant de dresser (avec un fouet) le portrait de l’autre vigneron rencontré lors de ce mini-trip champenois, un billet détente et dégustation. Billet qui ne sera pas exempt de révélations, de suspense et de moments de solitude. Et de champagne, faut pas déconner. La Champagne, c’est très beau, y a pas à tortiller: il suffit de voir cette vue depuis Hautvillers, et la stagiaire attentive aux grappes pour s’en convaincre. C’est beau et ce n’est pas très loin, pour les liégeois: deux grosses heures de bagnole pour atteindre Épernay, compter encore deux heures de plus pour l’Aube, mais quand on aime… Lire la suite

Mon ami des Roses *

wanted*de Jeanne, bien entendu. 
Il est sans aucun doute un des vignerons les plus discrets de sa génération: cherchez-le dans les guides, vous ne l’y trouverez pas ou en de très rares occasions. Pourtant, c’est aussi un des plus doués. Cédric Bouchard est un homme qui se piste, qui se déniche: une fois trouvé, c’est un bonheur. Les champagnes sont formidables et leur auteur d’une humilité non feinte, une qualité rare. Il ne fait pas de salons, il a peu de production, et de toute façon tout part très vite: ce qui explique que si son nom circule parmi les initiés, il n’est pas une figure « médiatique ».

Pour le trouver, une seule solution, faire des kilomètres, descendre bas, dans l’Aube, (pas forcément à l’heure où blanchit la campagne d’ailleurs): une région délaissée longtemps, mais qui commence à voir les fruits de son travail récompensés.
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Le con texte, c’est important *

*ou pas, en fait?

Le vin est semblable à l’homme: on ne saura jamais jusqu’à quel point on peut l’estimer et le mépriser, l’aimer et le haïr, ni de combien d’actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable.

Charles Baudelaire

Ha ce bon vieux Charlie, il en a écrit de bonnes…

Goûter du vin n’est pas seulement jouir de la chair de son fruit, c’est aussi goûter à un instant, une conversation, un rire, un parfum: tout ce qui n’est pas dans la bouteille et qu’on appelle le contexte.

Oublions ce qu’est une dégustation pro: il n’en est pas question une seconde ici. On parle d’ouvrir une bouteille et de la boire. En dégustation, on essaie d’avoir un environnement neutre, clean: sans odeurs parasites, avec une lumière correcte, de bons verres adaptés, … Quand on boit, on oublie tout ça.

Pas servi à l’exacte température ou au contraire rigoureusement, dans des verres ballons moches ou des zalto, boire n’est plus disséquer. C’est ouvrir le vin à l’humain: ça passe ou ça casse.

Le contexte.

Alors que dire, que poster des bouteilles bues comme ça? Elles ne sont pas neutres, jamais. Un ami cher reçu à déjeuner, la joie de se voir, le plaisir d’une conversation agréable, drôle, tantôt sérieuse tantôt futile…

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J’ai eu plus d’indulgence, d’amour, et de plaisir pour ces deux-ci que dans n’importe quelle autre situation. Parce que J. était là, que j’attendais ça depuis un moment, que ça s’est passé merveilleusement. Au point même de ne pas ressentir de contrariété quand j’ai ouvert le vin du Jura et constaté une effervescence plus qu’importante. A n’importe quel autre moment, j’aurais sans doute un peu râlé. Ça m’aurait agacé, de devoir prendre une carafe pour dégazer. Pas là: j’ai rigolé, expliqué, carafé, secoué. J’ai même foutu du vin sur ma chaise. Un « défaut » mineur, un contre-temps qui n’a eu aucune incidence:  le vin était bon, délicieux même. L’Alsace était ample, dense, comme dans mes souvenirs mais en mieux. On a bu les deux, en les savourant.  Étaient-elles meilleures? Sans doute que non. Les trouvait-on meilleures parce qu’instant particulier, complicité, rires? Sans aucun doute.

Je connais plutôt bien Grittermatte, j’en ai déjà parlé ici à plusieurs reprises.

Pour Buronfosse, c’était ma première bouteille de cette cuvée: là, bue comme ça, dans un contexte très plaisant, je l’ai beaucoup aimée. J’aurais sans doute mis un gros bémol à cette quille si je l’avais dégustée dans d’autres dispositions. J’aurais noté un gros gaz, et selon mon humeur et mon degré d’indulgence, il aurait été de « un peu embêtant » à « carrément chiant ». J’aurais posté, peut-être, un commentaire mitigé sur facebook, m’interrogeant sur les raisons de cette bulle, supposant, … Sauf que je n’en ai pas ressenti l’envie.

Du coup, j’en arrive à philosopher:

Si on n’a pas le droit de dézinguer une bouteille sur les réseaux sociaux parce qu’elle se goûte mal, qu’il faut laisser le bénéfice du doute, qu’il s’agit peut-être juste d’une bouteille à souci, qu’il faut ouvrir une deuxième. Si on doit au vigneron un minimum de respect pour son taf, et une sorte de présomption d’innocence  quand la bouteille est mauvaise, a-t-on le devoir moral d’également fermer sa gueule quand le vin est exceptionnellement bon ? Parce qu’imaginons que, sans préciser le contexte dans lequel je l’ai bu, je fasse un post plein de louanges sur une bouteille, est-ce qu’il y a tromperie? Non pas que le vin ne soit pas bon au départ, mais qu’avec des conditions optimum, il goûte bien mieux que sur une table blanche, sous une lumière artificielle, à l’aveugle, en toute objectivité? Et même peut-on trouver un vin ordinairement « moyen » transformé en bon juste parce qu’on est bien, avec un amoureux, des amis, des personnes qui comptent?

On peut aussi se dire que quelle que soit l’importance qu’on se donne, notre avis n’est qu’un avis, parmi d’autres. Que les gens sont bien assez grands pour me (nous) lire et faire la part des choses. Expérimenter par eux-mêmes et entériner ou pas. Que ce qui compte, ce n’est pas tant d’aimer, détester, critiquer, louer, adorer ou brûler, c’est qu’on finit par parler de vin. En bien, en mal, avec de la subjectivité, de la mauvaise foi, de la passion ou du détachement. Mais parler de vin: bien sûr, ce n’est « que » du jus de raisin fermenté, mais qu’est-ce qu’il peut faire couler d’encre.

Enfin, bon: la prochaine fois que je reçois, j’essaierai quand même de servir des vins dégueulasses, pour voir si d’aventure je les trouvais bon. Niark.