Pomerol, c’est bon pour les guibolles*

pomNote: les images que vous rencontrerez peuvent choquer un public non averti. Donc, vous l’êtes. Haha. 

Hier, dégustation ! Et sérieuse: pensez, on devait goûter du pomerol, ce qui n’est pas exactement de la roupie de sansonnet.

Pomerol est une appellation de « vins rouges plutôt foncés » d’après Wikipédia. Raccrochez vos mâchoires, je vais en dire un peu plus. Lire la suite

Si t’aimes le reggae, Rietsch donc!*

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*je tiens une forme paralympique

Périple de quelques jours en Alsace, il y a évidemment beaucoup à dire: de belles et bonnes tables, un chouette hôtel avec une carte des vins à tomber, du whisky made in Elsass, mais d’abord côté vignerons: on a privilégié la qualité, plutôt que la quantité, donc seulement deux au programme.

On commence par quelqu’un dont j’ai déjà parlé ici. Lire la suite

Non, t’es Pélissols Jef*

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*pardon Jacques Brel

J’aime beaucoup cette photo. Et ce n’est pas parce que c’est moi qui l’ait prise, je vous vois venir. Non, j’aime bien, parce que quoi qu’en dise Vincent, le type du cliché, elle est à son image. Lui prétend qu’il a une sale tronche, moi qu’il est juste concentré. Elle est prise « sur le vif », sans prévenir: je connais de toute façon peu de vignerons vraiment à l’aise devant un objectif. C’est pas leur job. Il est assis sur la table, après un moment resté debout à m’expliquer ses vins. Y avait des chaises: il a choisi de s’asseoir comme ça, comme on ferait chez soi. Ça m’a plu, cette décontraction apparente.

Les bouteilles, à droite sur la photo, à l’esthétique pensée, sobre. Lire la suite

Chefs: la co-scénariste répond

Je vais faire quelque chose que je n’aurais pas cru devoir faire un jour: publier une sorte de « droit de réponse ». Bien que mon blog ne soit qu’un blog, il semble que ce que j’écris ne m’appartient pas toujours, ou plus du tout. Hier, j’ai publié un billet qui se voulait humoristique sur Chefs, la nouvelle série de France2.

Il faisait suite à mon compte-rendu en live sur twitter. En appuyant sur « publier » je ne me doutais pas que le lendemain je recevrais un long mail de la part de la co-scénariste de cette série. Parce qu’elle y explique des choses, de façon claire et précise, parce qu’elle donne d’autres clés pour comprendre cette série. Qu’elle a trouvé très durs les mots que j’ai employés.

Je ne crois pas à une critique 100% objective, mais je crois à l’intelligence du lecteur.

La seule chose sur laquelle je veux revenir, pour que ce soit très clair: je ne cautionne absolument pas une seconde la théorie du complot évoquée dans un certain billet (en gros, France 2 aurait « inventé » une histoire de violence chez un grand chef pour faire la promo de sa série). Si je l’ai relayé, avec un message que j’espérais assez ironique, c’était pour qu’on comprenne bien que je ne l’approuve pas. La cuisine peut, aussi, se révéler le cadre d’une violence gratuite, parfois sexiste. Je l’ai observé, j’en ai -un peu- fait les frais. Elle existe bel et bien, il faut en parler. Jamais, à aucun moment, je ne cautionnerai un quelconque recours à la violence verbale, psychique ou physique dans quelque milieu professionnel que ce soit.  Lire la suite

Chefs: la mayo n’a pas pris

Hier matin, j’apprenais avec stupeur qu’une nouvelle série française avec Clovis Cornillac en vedette et tournant autour de la gastronomie allait être diffusée le soir même.

Toute la journée, j’ai essayé d’imaginer à quoi allait bien pouvoir ressembler le bouzin: un chef, une cuisine, brigade, commis, sans doute quelques éléments de suspense, et des dialogues.

La cuisine est à la mode: c’est un fait. On ne compte plus les émissions qui tournent autour. Il était inévitable qu’un projet comme ça naisse. Lire la suite

Éloge de l’ivresse

Je m’adresse à toi, indigne traîne-savattes, pousse-la-soif, toi qui n’as pas hésité dans une espèce de frénésie propre à la jeunesse ou aux inconscients (pléonasme) à te murger la gueule bien proprement. Enfin, proprement c’est peut-être un abus de langage parce que bien que la saison de la galette soit passée…

Tu as vidé des verres cher bois-sans-soif et plus que de raison. Jusqu’à tituber, jusqu’à redéfinir le concept de phrases: leur préférant des litanies plus colorées, des onomatopées dont seuls tes compagnons de ripaille ont la clé.  Un langage d’enthousiasme et de philosophie zébrante.  

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Faites la mouche, pas la guêpe *

*merci Sttellla

Drôle de semaine: entre les communiqués de presse saint-val’ tous plus dégueulasses de rose et d’imbécillités même pas heureuses, et l’interview du mossieur « ANPAA », il y avait de quoi se trouver une grotte, tout plaquer, et vivre enfin une vie d’ermite à bouffer des glands et s’écouter pousser le poil.

La saint-valentin, j’en ai dit ce que j’en pensais déjà ici. Ce qui est désespérant, c’est qu’un an après, je peux  le réécrire pareil à la virgule près. Ou quasi (de veau).

Oh, pauvres champagnes rosés, ce qu’on fait de vous: des vulgaires roteuses pour tendrons trop maquillées. La surenchère, le too much, toujours surtout au niveau vocabulaire.

« audacieuse et séductrice » « subtilement sucrée » « des dosages subtils et féminins » « il se pare d’une belle robe franche aux reflets saumon pâle »

C’est pas compliqué pour écrire un CP bien sexiste saint-valentin en fait:

  • du rose, partout, overdose de rose
  • répéter et décliner femme, féminin, féminité
  • sous-entendre qu’on est pas là pour rigoler, mais tringler
  • c’est monsieur qui paie, et pour « plaire aux femmes », bonjour l’idée sous-jacente
  • pour pas montrer qu’on a de gros sabots, ajouter des adjectifs censément féminins (subtil, discret, timide, etc).
  • refoutre du rose, pour être sûr

La palme du communiqué le plus sexiste revient sans conteste à Duval-Leroy. Ceci dit, j’ai bon espoir encore de trouver pire, on n’est que le 31 janvier.ladyrose

Il est amusant de constater qui est à la tête de cette maison, d’ailleurs, je vous laisse googler.

Je sais qu’à moi seule, je ne changerai pas le monde, j’ai un peu parfois l’impression de gueuler dans le désert depuis trop longtemps. S’il y avait une mini prise de conscience, mais non, non. Toujours, les mêmes communiqués, le même vocabulaire, pour vendre la même came aux mêmes poules rêvées des agences de comm’. Ecrit par des nanas. Bien entendu, y a le désir du client, puis faut bien vivre et travailler ma bonne dame. Mais si on pouvait éviter les dégueulis féminostériques…

Bref.

Très belle interview, disais-je d’Alain Rigaud. Lisez, c’est assez terrible d’amalgames (ouh, le mot à la mode). On est pas rendus.

Le vin, plus dangereux que les anxiolytiques?

Hey, monsieur Anpaa, relis un peu Charles, va:

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Baudelaire, ça fait toujours du bien. Mais poursuivons avec mossieur Anpaa. Pour la fine bouche, j’ai relevé ceci, au milieu du bousin:

Les jeunes et les femmes, on les attrape soit avec le packaging, soit avec le sucre

Forcément, ça m’a fait bondir. Parce que ce n’est pas une réalité: c’est une tendance marketing qu’on veut nous faire entrer dans le crâne. Pire que ça, en catégorisant les jeunes et les femmes, on se retrouve encore déresponsabilisés, sous-espèce qu’on « attrape » au sucre.

BON SANG mais c’est bien sûr. On est des guêpes.

Méfiez-vous les gars, la guêpe femelle, elle est armée d’un dard venimeux. Et elle pourrait bien s’en servir.

D’un dard à l’autre, heureusement, pour se consoler y a du saint-jo.

Dard et Ribo, duo de vigneron rhodanien qui tombe pile là où il y en avait besoin.

saintjoDans une veine « nature » (peu d’interventions, très peu ou pas de soufre), à Mercurol ils font des merveilles. Ce blanc encore tout jeune, tout bébé était pourtant délicieux: un nez complexe, autour de l’amande, de l’abricot, avec des fleurs blanches derrière. Une bouche qui surprend, vive en attaque, pleine de nerf. Puis gentiment, tendrement, elle vous montre le fruit, la rondeur, le velours même. Un poil d’amer sur la fin réveille le tout. Bref, très beau vin, très belle bouteille: le format magnum est un super révélateur pour ce style de pif. On a le temps d’en décoder toutes les nuances, d’en percevoir toutes les strates, d’effeuiller petit à petit le vin jusqu’à parvenir à son essence. Son âme? Allez, oui, sans doute.

Avant de vous la souhaiter bonne, la fin de semaine, clin d’oeil à John, vigneron romantique du minervois, qui identifie ainsi un lot, et croit qu’on ne le voit pas. Nicole étant sa chère et tendre, évidemment.

nicole

Photo de Michel Smith


Bon week-end!

Ajout de 14.00h 

Je viens de tomber là-dessus. « Les amatrices de vin rouge aiment les relations de couple sérieuses; les amatrices de vin blanc préfèrent les aventures. »

Bon, en 2015, une femme écrit encore ce genre de merdes putrides. Voilà. Et on dit que je suis reloue avec mon féminisme …