UBU 1- 0 Barouillet

rosée2Le monde français du vin n’aura bientôt plus grand chose à envier au surréalisme belge. La loi Evin et ses divers rebondissements offrent déjà de quoi se divertir mais toujours plus loin dans l’ubuesque, je vous présente l’AOP.

L’AOP, c’est cet estampillage quasi obligatoire pour un vin bien-né, qui signe son appartenance à telle ou telle appellation. C’est le sceau de garantie, l’indispensable passeport pour la qualité, la référence. Du moins ça l’était: si le système des AOP en régulant et codant a assurément poussé la production vers le haut, c’est en passe de devenir le contraire.  Lire la suite

Bruxelles, ma belle!

gueuze
Dans un souci constant d’entretenir les relations amicales entre les peuples de Belgique, et de renforcer nos liens, il m’arrive d’aller à Bruxelles. Peuples avec un -s, pas moins car oui, un bruxellois – ou brusselleir- est aussi fondamentalement différent d’un liégeois (un lidjeù) qu’un stoemp d’un boulet. Qu’un waterzooi d’une gaufre au sucre. Qu’un zennepot d’une cùte peùre. Lire la suite

Quand le coeur fait Kumpf

stagiaire

Le vin est avant tout affaire d’apprentissage. On peut parler de la déplorable habitude du sucre des jeunes, on peut regretter leur manque de curiosité parfois, mais est-ce qu’on se pose les bonnes questions? A savoir, n’en sommes nous pas un peu responsables? Pour apprendre, apprendre bien, il faut avoir été mis en confiance et familiarisé, tôt. Ce qu’on connait depuis toujours, même de loin, même superficiellement fait moins peur à explorer une fois qu’on l’a décidé. Le vin, c’est une évolution, de son goût, de ce qu’on est capable d’aimer, de ressentir, de partager. Rien n’est figé jamais, l’éducation se fait au fil rouge, tout le temps.  Lire la suite

Brosé in arms

menenough

Instagram @leo_eat.capture.write

Ce matin, je découvre le terme « Brosé ». La tendance à décréter des normes et des modes en reprenant des mots existants ou en les customisant (cf les hipsters devenus depuis peu yuccies) ne cesse d’être un ravissement. Néanmoins ce terme ne manque pas de m’interpeller, comme tout ce qui touche de près ou de loin au vin. Bro-sé est astucieusement formé des termes « bro » (de brother, le pote ou l’ami voire simplement un individu mâle) et de rosé, je vous fait pas un dessin: le brosé est donc le rosé des mecs. Lire la suite

Sur les ailes d’un papillon

papiUne petite humeur du week-end, vite torchée parce que la vie va vite. Trop? A la démesure.

On passe du rire aux larmes en trois secondes: qu’importe qu’une rencontre ne soit, n’aie été que virtuelle. Un sourire nous a transpercé, un jour. On a suivi le combat, on a imaginé les petits poings serrés, les mâchoires idem. On n’a pas pu comprendre, pu qu’imaginer la douleur, la force, le courage, qui peut à moins de le vivre?  Il n’y a plus rien à dire, aucun mot ne sera suffisant pour consoler. Il faudrait des bras, et des baisers, et des regards: il les faudrait légers et beaux comme le bruissement d’ailes des papillons.  Lire la suite

Vin et cuisine végé: sain, frais et vivant?*

c’est pour rire reviens gamin, végetus c’est du latin

Boire du vin, et écrire dessus -enfin, c’est une image, j’écris sur une table- me force à faire des recherches. Tout un tas de recherches. Concomitamment, il se trouve que le mouvement végé/ vegan semble prendre de plus en plus d’ampleur, ça ne fait pas le concombre d’un doute et faire nombre d’adeptes parmi mes amis du net. Et c’est ainsi que je me suis rendue compte qu’il existe assez peu de littérature concernant végétarisme, végétalisme ou véganisme et vin.

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Extension du domaine de la soif

houeSoyons polémiques tout de suite: j’aime beaucoup Houellebecq. Pas l’homme que je ne connais pas, mais l’écrivain. J’aime sa façon d’écrire, j’aime l’ordonnance de ses mots, j’aime ses poses, j’aime la façon qu’il a de dépeindre une réalité, la sienne. Je n’y adhère pas, mais c’est le propre d’un auteur: nous emmener dans des endroits où nous pensions ne pas aller, nous hurler dessus un peu, nous bousculer. On ne sort pas de ses romans sans réfléchir. Chaque fois que j’en ouvre un, je sais que je vais tiquer sur certains passages: c’est bien pour ça que je les lis. Ceci mis à part, causons pinard. 

Parfois on cherche, en ouvrant une bouteille de la complexité, à jouir indéfiniment de décrire telle ou telle strate, tel ou tel état, la façon dont le vin va évoluer dans le verre. On est bien content de faire appel à tout un vocabulaire compliqué, codé, bien en place. On prendra du temps à mettre son pif dedans, à laisser ses narines s’emplir de nuances, fruits, épices, fleurs, fumée. En bouche, il sera décortiqué, disséqué, on observera chaque frémissement, on fera rouler chaque goutte entre langue et palais, puis minutieusement on lui donnera vie avec des détails, du verbe et des images. Lire la suite