José*, oune rosé !

*à dire avec l’assent espanooool.

On continue à parler de rosés? (parce qu’il y a un préquel à ce billet, on a de gros moyens  si t’as loupé séance de rattrapage là).

Go.

Logiquement, si tu as bien tout lu, tu as du retenir que le rosé:

  • N’est en aucun cas un “sous-vin”. Non. C’est juste une façon de vinifier qui offre un certain type de vins.
  • Il n’y a pas UN rosé, mais DES rosés. Des styles, des pattes différentes, des cépages et des vinifications qui offrent une palette considérable de vins. Or, qui dit choix, dit “impossible de ne pas en trouver un qui te plaise”. Je prends les paris de trouver pour n’importe qui son rosé. Je te jure : c’est possible.
  • Ce n’est ni un truc snob, ni un truc cheap. C’est juste un vin sans prétention, la plupart du temps, ce qui est sensiblement différent.
  • ne se sert pas glacé (Gougnafier).
  • s’achète chez un caviste, ou un vigneron. Pas dans un linéaire de grande surface.

Partant de là, on peut creuser un peu plus le machin, et se dire qu’on peut trouver LE rosé qui va parfaitement avec son envie du moment / son caractère / la nappe de la belledoche , etc.

Admettons, tu veux prendre l’apéro. T’aimes les choses légères, qui lourdent pas ton palais, tu veux du vif et du simple.

Pour toi, je vois des rosés sympas, gourmands, très floraux (on retrouve dans certains des odeurs de chèvrefeuille, de magnolia – Big up Claude François , de tilleul) et fruités.

On cherche du côté des Cinsault (cépage du bassin méditerranéen), de certains cabernets (en Loire, attention parfois les cabernet comme celui d’Anjou sont vinifiés avec du sucre résiduel, il faut préciser quand on veut du sec). Tu veux bien? Les rosés de Savoie aussi peuvent marcher très bien, s’ils sont issus de gamay, avec plein de fruit.

Tu accompagnes ça avec un poil de jambon de QUALITÉ et c’est un peu le bonheur sur ta terrasse.

Pour les repas, la chose est plus compliquée : ça dépend ÉVIDEMMENT de ce que tu manges. Mais partons du postulat que tu bois du rosé en été – comme la majorité écrasante des gens, logique.

Que mange-t-on en été ? Des barbecues, grillades, des plats plein de couleur, de soleil, et de goûts simples mais savoureux (ne chouine pas “tartiflette” je sais, moi je mangerais de la tartiflette en août aussi, mais on s’en sortira pas si tu y mets pas du tien, ho).

Tu veux du vin charnu, du qui raconte pas trop d’histoires mais a quand même des choses à dire, qui a du fruit mais pas trop présent?

Dans mes bras !

Qu’est ce qu’on boirait bien ?

De la grenache, une belle grenache toute frétillante des côtes du rhône sud, ou tu préfères un plus austère mais pas monastique Bordeaux clairet (je t’assure on en trouve des sympas, à mi chemin entre rouge et rosé), à moins que tu n’optes (OLÉ) pour ouna garnacha espanola de derrière les fagots? Oui, la garnacha, c’est de la grenache et en Espagne, elle fait des merveilles.

Si t’as la chance d’en dégotter, l ‘Irouléguy rosé est une petite tuerie basque, une vraie bombe fruitée et pleine d’allant. Toujours en parlant de bombe, sautons sur la Corse, où le nielluciu et le sciacarellu offrent des rosés diaboliques entre ferveur italienne et attaches françaises.

Je t’ai parlé du Languedoc? Non? Grave erreur : de la syrah, un peu de mourvèdre, voire du carignan qui s’acoquinent et à nous les jolis Pic saint Loup, les Minervois (la livinière ou pas), les terrasses du Larzac. On y fait un excellent pinard, sur ces terrasses bien venteuses et ensoleillées, avec un juste fruit qui claque et du plaisir plein la bouche.

J’ai dit mourvèdre ? Mourvèdre, Bandol, Cassis : la Provence ! Oh, les beaux vins tout en gariguettes en rang serrées prêtes à l’inspection, chapeautées par un peu d’épices, et le thym, et la sauge, tu les sens respirer?

Maintenant qu’on s’est bien régalés, on a pris l’apéro, on a mangé, on médite !

Le vin, c’est aussi pour philosopher, en fin de soirée. Les amis sont là, ou simplement l’amant, l’amour. Les conversations s’étirent…

C’est le moment de sortir ces rosés qui se boivent pour eux mêmes, curiosités de vinification, cépages indomptés, ou simplement trop excentriques que pour s’accommoder d’autres choses qu’eux.

Goûte un vieux Bandol, de plus de dix ans, plonge ton nez dedans avec la cire d’abeille, le miel, les abricots secs, les cerises kirshées, …

On n’est pas bien là?

Je termine en te présentant celui de la photo, qui appartient à la troisième catégorie : une belge, Aline qui fait du pinard en bio, du côté des Pyrénées orientales. Sa cuvée de rosé est une curiosité totale : d’abord, elle te froufroute le nez avec des fraises et des cerises qui dansent si bien que tu ne demandes qu’à la boire, en bouche c’est fluide et dense à la fois. Un solo de jazz qui commence sobrement avec juste un sax, puis finit en foutoir général avec un orchestre au grand complet. C’est plein, c’est riche, ça se boit pas ça se vit.

Domaine des Mathouans, ça s’appelle. Elle, c’est Aline Hock (c’est bon).

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