J’Cloudy clous sur des nuages *

*pardon monsieur Bashung, je la ferai plus mais c’était trop tentant.

La Cotoletta alla Milanese con Rucola e Pomodorini.

Avoue, quand tu prononces ça, tu as déjà l’eau à la bouche. Ne sois pas farouche, je le SAIS. Parce que moi, ça me fait cet effet là. Flo t’a dit, elle chante cette assiette. Elle poétise.

Finalement, c’est toute l’essence de ce que devrait être la vraie bonne cuisine : des produits nickels, des préparations hyper simples qui ne les dénaturent pas  et au final un plat savoureux. Gourmand.

C’est un plat de tous les jours, celui que tu peux cuisiner juste pour toi et ton amoureux/se, ou pour les copains, sans chichis.

Voilà pourquoi il lui faut un vin dans le même esprit. Parce que faire des accords mets vins, ce n’est pas réservé à la grande Gastronomie, à la cuisine snob des grands chefs. Faudrait monétiser ou évaluer le plaisir? C’est quoi ces conneries? Non.

Je prétends que toutes les occasions sont bonnes pour en prendre, et que oui, on peut magnifier son quotidien avec trois fois rien.

Genre un verre de vin. Tadam !

Penchons nous sur les ingrédients:

  • le veau. Et il est comment le veau ( à part mort, bien entendu) ? Il est croustillant, et fondant. La viande de veau n’est pas extrêmement puissante au niveau du goût, voilà pourquoi j’aime lui accoler des vins blancs. Ça la flatte plus que les rouges, qui ont tendance à la brutaliser. Elle, toute tendre et dorée.
  • la roquette : on peut aimer ou adorer la roquette. Je fais partie du clan deux, celui qui mangerait la roquette à n’importe quel moment, comme ça pour rien. Parce que j’adore cette saveur un peu poivrée, nimbée d’amer, le végétal qui toque au palais, et ce goût qui diffuse longtemps, longtemps. Les rouges avec elle, c’est mort. Comme avec nombre de ” végétaux” d’ailleurs. blanc, là encore.
  • la tomate : on en a déjà parlé, plusieurs fois, la tomate elle prend ce qui vient. La saloooope.
  • le citron que tu vas IMMANQUABLEMENT ajouter. Le citron qui est un arôme qu’on retrouve principalement dans les vins… BLANCS. Bingo.
  • le Parmigiano : même s’il n’y en a pas beaucoup, il apporte du sel à la préparation. ET est toujours flatté par un blanc.

La conclusion est sans appel (strudel).

Il nous faut un vin blanc.

Un vin qui soit désinvolte, qui n’ait l’air de rien mais qui te surprenne par

  • sa fraicheur : le moelleux de la cotoletta a besoin d’être un peu bousculé, sinon ça s’endort tout ça, et puis le citron a besoin de compagnie
  • sa longueur : on t’a toujours dit que la taille ne comptait pas ? On t’a menti. Enfin, en ce qui concerne les vins (ha ha). Faudrait voir à ne pas tomber sur un pinard qui tombe trop court, parce que je te disais la roquette, ça reste longtemps longtemps en bouche. Et ce fondant de la viande, aussi.
  • son intensité aromatique, et ce petit plus qui va te faire t’exclamer WOW. Quand tu es à court de vocabulaire pour un vin, ça veut dire que tu préfères le boire, et donc qu’il est bon. CQFD

Soyons fous !

On va aller le chercher loin, ce pinard. Pas en Italie, parce que ce serait trop simple. Mais en Nouvelle- Zélande.

Là, tu fais des yeux ronds comme des billes, et tu me prends pour une sauvage.

Tsssss.

Sauvignon. Retiens bien moi ça. Sauvignon de Nouvelle Zélande. Sans doute un des plus jolis sauvignons au monde. Pas un prétentiard, pas un belliqueux. Un beau jus tout en finesse, fraicheur, élégance et minéralité.

Je te raconte : La Nouvelle Zélande, c’est un peu le ” tout vient à point à qui sait attendre”. Parce que si l’on a planté des vignes très tôt, il y a plus de 200 ans, ce n’est que dans les années septante (soixante-dix chez vous, français) qu’on s’est rendu compte du potentiel de la viticulture, terroirs et climat compris. Il y a de grosses wineries, mais de plus en plus de petits producteurs s’y mettent. Sauvignon (évidemment), riesling, chardonnay et pinot noir forment l’essentiel des cépages, sur les deux îles qui la composent.

South Island est la plus qualitative des deux, avec Malborough : c’est là qu’on farfouille les plus jolis sauvignons. A quoi on reconnait un sauvignon néozélandais, à part sa trame fraiche ? Il sent, goûte l’eucalyptus.

JE te JURE.

C’est complètement dingue, mais on trouve cette trace mentholée dans les très bons. Évidemment, c’est pas du Vicks. C’est léger. C’est discret. Mais c’est ce qui fait toute l’originalité des sauvignons néozélandais. Pour ça que je les aime tant. Le plus connu, c’est Cloudy Bay (d’où le jeu de mot en titre, tout est lié). Mais il ne faut pas hésiter à goûter autre chose, ça vaut le détour.

C’est pas des vins qui se la pètent avec des appellations statuées, des complications et des kilomètres de commentaires. Non. C’est juste ce que devraient être tous les vins : cépage nickel, pas dénaturé par des vinififs compliquées et de l’élevage bois. Du pur. Du nature. Du bon.

Moi, je pense que la cotoletta et le sauvignon ils sont fait pour se rencontrer et s’aimer d’amour et exulter sur le lit de roquette. En rendant ton cœur et ton palais contents. Mais après, c’est toi qui vois.

Si tu ne trouves pas facilement du néozélandais dans ta cambrousse, rabats toi sur les sauvignons de Loire, voire ceux du Sud Ouest. T’auras pas cette touche de menthe qui fait tout le sel de leur rencontre; mais tu t’en approcheras.

Me dis pas merci : dis tchin !

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