Ce que j’aime dans le Juraaaaaaa*

* Elmer Food and wine beat, le combo

Moi ce que j’aime chez Daniela,  dans le Jura ( pardon) c’est qu’on peut y mettre les doigts y toucher à tout.

Oxydatifs, doux, secs, blancs, rouges. Hep, oui, on fait du rouge dans le Jura. Du bon, même.

Poulsard, trousseau, et pinot noir. Tu retiens bien ça, c’est le trilogie des cépages rouges.

  • Pinot noir, easy, c’est le cépage bourguignon par essence ( tiens tiens, comme le Chardonnay … Les accointances avec la Bourgogne). C’est aussi un des cépages les plus plantés au monde. Le plus galvaudé, sans doute. Le plus trahi, parfois. Quand tu tombes sur un pinot noir tout maigrelet, acide, anémique, t’es forcément déçu.  Tu ne peux pas avoir une idée de ce que donne ce même cépage quand il est bien travaillé : rond, flatteur, sensuel, torero dans l’arène, les fesses moulées juste ce qu’il faut, l’élégance dans les gestes. Je suis fascinée par cette danse qu’ils créent, les toreros, en retenue et en gestes précis, la cambrure creusée, les hanches. Le pinot noir me fascine pareil.

Un bon pinot noir c’est ça dans ton verre : caractère, fruit, race, élégance.

Et dans le Jura, ils savent faire.

  • Le trousseau, c’est une autre histoire. C’est le bâtard, le renégat. Le rebelle. Croisé de Duras ( big up le sud ouest) et de petit verdot ( bonjour Bordeaux), c’est pas un cépage facile. Du tout. C’est sans doute pour ça qu’on en trouve assez peu. Pourtant, on en tire des jus de garde, sans concession, avec une expression unique (Ola). Pour retenir son nom, facile : retiens que c’est un cépage salace. Qui exige des sols GRAVELEUX assez CHAUDS, et qui aide à TROUSSER les filles ( trousser de “faire le trousseau, la dot ” n’est ce pas ).
  • Le Poulsard ( toi de là que je m’y mette ) est le troisième des cépages et le plus planté. A Arbois, et Pupillin ils l’appellent Ploussard ( sans doute un coup de mecs bourrés – c’est le running gag de ces billets, faisons avec ). C’est le plus délicat, le plus particulier et le plus fin des cépages. Ses rouges ne sont jamais tout à fait rouges, plutôt rosés intenses. On m’a dit récemment ” des vins légers comme un nuage ” je trouve l’image assez juste. Ce n’est pas robuste, loin du bodybuilding et du overdressed. C’est éphémère et classieux. Tu l’as dans le verre, y a un peu de feuillage mouillé, de cassis, de rose. Bien vite une gorgée et ça roule en dentelles chiffonnées, des petits fruits claquent sur la langue, une gorgée en appelle une autre, ça rameute. Grave. Forcément, ce n’est pas un tapageur, un éblouissant. Il n’arrive pas tous tanins dehors en démonstration. Il te prend par sa suavité. Son étrangeté.

Selon qu’ils soient vinifiés seuls ou en assemblage, les vins sont différents évidemment. J’ai une préférence assez nette pour ceux dont les cépages s’expriment seuls. Ils ont une telle personnalité chacun que c’est un tel pied dans le verre !

Mon fétiche, c’est la Julien de Ganevat. Peut être que j’y inclus un peu de sentimentalisme, ce prénom étant attaché à un ami cher mais après tout, on n’est jamais totalement objectifs en dégustation. Toujours est il que ce pinot noir, ample, rond, sexy, diabolique, j’en boirais bien tous les jours. Sans me lasser. Même si j’adore ses blancs, oh les Chalasses, merveilleux Grands teppes, coquine Orégane,  j’ai un crush pour la Julien.

Tant qu’on en est à évoquer les vignerons, et puisqu’on peut bien être chauvins (vous ne vous privez jamais, les français ) mentionnons aussi Valérie et Fabrice au domaine du Champ Divin, belges, Wallons en plus ! Je crois que je ne les ai jamais vu autrement qu’avec un sourire jusqu’aux oreilles, ça doit être parce qu’ils sont heureux d’être là, de faire ce qu’ils font ( peut être aussi qu’ils jouent du piano debout ). Plus sérieusement pinot noir à tomber, jolis blancs ouillés/ non ouillés, crémants équilibrés et Macvin. Oh le Macvin !

Le Sacha Mistelle (bis).

Le Macvin on passe trop souvent à côté. Tu me fends le coeur, t’entends ? Qu’est ce qu’on ne rate pas en plaisir tout bête de se servir un verre, mettre un bon disque, et regarder l’horizon avec un air pénétré, cheveux au vent.

C’est pour l’image poétique, ceci dit, quand je goûte au Macvin, j’ai du mal à faire autre chose. Parce que c’est trop bon, trop riche, trop complexe.

C’est un vin de liqueur, donc forcément c’est pas mal sucré. Mais miracle, c’est équilibré.

Comme c’est muté au moût, ça garde un côté de raisin frais assez présent. Rouge ou blanc, peu importe, on peut pas choisir. Ce serait comme déclarer qu’on aime un de ses enfants plus que l’autre (même si ça doit arriver, si il y en a qui est vraiment très chiant ? Non ? Bon ).

Comment on boit le Macvin? Avec un verre, déjà. Ensuite, j’ai envie de dire ” un peu quand on veut “.

A l’apéro, c’est rigolo, mais il y intérêt à servir des vins toniques derrière, pour pas avoir le palais tué.

Je le préfère en fin de repas, comme une sorte de digestif. Là, il prend toute sa dimension, il se déroule, il s’étire. Même que, si t’es comme moi, tu peux tenter de lui acoquiner un cigare. La fumée enrubanne l’alcool, ils jouent à cache cache, puis hop, ils se rehaussent l’un l’autre.

C’est ce que j’appelle VIVRE.

Tu veux encore du vigneron ? Les Thiebaud (domaine des Cavarodes), Tissot, Puffeney,  Buronfosse, Petit, Rijckaert, d’Arlay et tant d’autres… Impossible de les citer tous, ils sont nombreux.

Des vrais gens qui font de vrais vins.

Puis, je te donne un protip si tu veux savoir tout ce qui se passe dans le Jura, (et pas que)  tu vas là.

Alors, heureux ?

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