Sicile suffira d’un signe *

Quand tu tapes SP68, tu tombes sur des pompiers, c’est pas ma faute.

*un matin, un matin tout tranquille à Seraing (humour belge).

Souvent on me demande comment je préfère faire les accords mets-vins : du plat vers le vin, ou l’inverse. j’ai tendance à répondre que je bois plus que je ne cuisine, donc.

Haha.

Plus sérieusement, je préfère partir du vin. L’exercice est plus libre, plus sensitif pour moi. Question de feeling, je suppose. Du coup, quand je lis les belles recettes de Floriana, me faut toujours un temps d’adaptation (et de test, puisqu’il faut bien les reproduire, ces recettes, et voir si elles sont si bonnes qu’elles en ont l’air – à ce sujet, ne lui dites pas que j’ai essayé les lasagnes sans béchamel et que je reconnais que c’est très bon, pas supérieur à la version avec béchamel, mais EQUIVALENT).

Et la caponata, je ne sais pas pourquoi : rien n’y faisait. J’avais beau essayer, tester, imaginer des accords, cheminer comme je fais habituellement en décortiquant chaque saveur, bof.

J’avais un peu laissé tomber l’affaire, je dois bien avouer.

Je suis paresseuse.

Et impatiente.

Ce qui n’est pas complètement dichotomique, bref.

Puis, un soir parce que c’est en forgeant qu’on devient forgeron (et en troquant qu’on devient trop c… complétez ), j’ouvre une bouteille. Déjà, le design me plait.

La cuvée SP68 d’Ariana Occipinti, c’est 60% de frappato di vittoria, et 40% de nero d’avola, DOC vittoria-rosso, sur le beau vignoble sicilien.

Ce qui n’est absolument pas un critère objectif, mais je devais être dans un jour « fille ». Si les raisins ont des jours fruits, après tout …  Fille, justement puisque c’est un vin de vigneronne. J’ai déjà dit ce que je pensais des vins de femme. Ca n’a pas grande importance donc, hormis le fait que la donzelle a l’air bigrement sympathique. Tant qu’à faire, j’aime mieux ça. Curieux comme certains vins me « goûtent » moins parce que leurs vignerons me sont moins sympathiques. Ou pas tant que ça. Je crois que si le vigneron fait transpirer de son caractère dans son jus, et s’il est vraiment bon, sa personnalité fait autant partie de son pinard que le terroir.

Ce sont ces vins là qui me plaisent le plus, ceux avec qui j’ai des accointances spontanées et amicales.

Donc, j’ouvre. Glou glou noir dans le verre. Et le nez plongé dedans, j’ai déjà un sourire qui va de là à là.

Oufti !

Ca sent bon.

Très bon.

Ça sent l’Italie, le soleil en fin de journée, ça sent le fruit qui éclate presque, ça vibrionne gentiment, le genre de nez dans lequel on passe une plombe. Tellement on a peur d’être déçu par la bouche après parce que c’est une telle promesse de gourmandise qu’il va falloir envoyer du petit bois pour être à la hauteur.

Mais bon, le vin, c’est pas fait que pour être reniflé, sniffé, humé. C’est fait pour être bu.

Je me lance, un peu craintive.

C’était débile d’avoir peur: le jus est tout aussi gourmand qu’il le promettait, y a du fruit qui baguenaude, une pointe d’olive même en embuscade, tapie un poil de réglisse. Juste celle qu’il faut, pas le jus noir assommant des sur-maturités, vite gonflantes à force de te tapisser le palais, juste le chouïa qui rappelle que c’est un vin de soleil.

C’est foutrement et joliment équilibré.

C’est jeune encore, fougueux, y en a sous le pied, mais c’est déjà bel et bon.

C’est à ce moment là que le bon sang mais c’est bien sûr s’est imposé : la caponata DOIT rencontrer ce pinard.

Parce que ce plat est exactement à l’image du vin : généreux, ensoleillé, avec de la fraicheur (apportée par les câpres), parce qu’ils ont en commun l’olive (qu’ Arianna cultive en bio en même temps que les vignes), parce que ce sont de petites tueries à elles toutes seules, assiette et soiffance, mais les deux ensemble !

On pourrait, pour faire bonne mesure, et parce que le pinard que voilà n’est pas exactement un vin de fillette, y adjoindre une entrecôte juste saignante, poivre et fleur de sel. Mais on est pas obligés.

T’imagines, déjà une italienne. Mais là, je t’en offre deux, et des bombes sur un plateau.

Que demande le peuple ?

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Une réflexion sur “Sicile suffira d’un signe *

  1. C’est curieux, c’est vraiment le vin du moment, j’ai reçu une caisse de 6 cette semaine.
    M’en vais goûter ça illico presto !!!!

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