Le coup de moût t’abat *

**pas mieux, non

Tu parles trop, tu écris trop, tu râles trop. 

Tu ne prends de gants avec personne. Tu dis tout ce que tu penses.

C’est trop.

Sauf que.

Ce blog, c’est une extension de moi. Moi, comme je suis dans la vraie vie, sans filtres ou levures sélectionnées, brute de cuve, sans doute.

Trop souvent, je regrette la liberté géniale qu’octroie le blog et que peu utilisent. Des textes policés, ménageant chèvre et chou, où surtout on ne connait de la critique que la positive. Vivez, nom de dieu. Proposez des choses, bousculez le vocabulaire, ne faites pas de copié-collé et de resucées de textes lus mille fois ailleurs.

Le vin ne peut pas être critiqué négativement.

Oh que si. C’est bien la force du blogueur, là où il marque sa différence avec d’autres moyens de com plus sérieux, ou prétendu tels. Écrire dans un journal ou un magazine suppose un certain format, un respect du sujet et de certaines consignes. C’est formaté, plus ou moins selon les supports, mais ça l’est.  Ici, c’est le pied. Je fais très exactement ce que je veux.

S’il me prend l’envie de ne parler que du Portugal pendant une semaine ou deux, je fais ce que je veux.

J’ai même le droit d’écrire des gros mots, merde.

Et d’écrire EN CAPSLOCK DE FAÇON INTERMITTENTE.

Nous avons le droit, et même le devoir de donner des coups de pieds dans la fourmilière, d’être poil à gratter quand c’est nécessaire, à condition évidemment de le faire avec des arguments, et un poil de travail. Parce que sinon, où est l’intérêt?

Des commentaires de dégustations enfilés comme des perles, avec autant de sapidité que de l’H2O (sans bulles) ?

Des billets relatant telle ou telle expérience « sponsorisée » sans aucun recul ni saveur?

Si j’adore raconter le bonheur que j’ai avec tel ou tel pinard, j’estime qu’il est tout à fait légitime, et même salutaire de parler de ce qui ne me plait pas, ou de ce qui n’est pas bon. A condition d’être bien claire sur les raisons qui poussent à l’écrire, un billet qu’il soit positif ou négatif est tout aussi justifié.

Bloguer, c’est aussi aller à contre-courant, si nécessaire. Bousculer. S’interroger. Personne ne détient la science infuse, ou le palais juste. S’ouvrir ici, aux lecteurs, même avec une certaine volonté pédagogique, est tout autant une tribune qu’un instrument instructif. Oui, j’apprends, au fil des commentaires. En échangeant avec d’autres, qui savent mieux que moi. En vérifiant une info, avant de la poster. C’est du boulot,  c’est chronophage, et que ça demande outre l’envie, de la disponibilité, mais c’est un tel pied au final quand on fait ça selon ses règles.

Tu ne joues pas le jeu du net.

Et j’en suis fière. L’échange de liens, si propre à une certaine blogosphère à l’œil rivé sur le clic et le page ranking me laisse perplexe : recevoir des mails me quémandant un lien pointant vers un blog (la plupart du temps inconnu) en échange d’un lien pointant vers le mien sur le blog sus-dit (oui, suce dis, c’est le cas de le dire. Pardon) est une chose étrange.

Les quelques blogs qui sont en lien sont des blogs que je lis, et que je recommande sans attendre aucune réciprocité de leur part. Je ne considère pas ça comme une politesse, mais simplement comme je l’ai dit plus haut : ce blog est une extension de moi-même il est normal que j’y mette ce que j’ai goût à lire.

Et que même sous prétexte d’améliorer mes stats, je ne souscrive pas à l’échange de liens. Bien sûr que j’aime être lue, mais je préfère conquérir mes lecteurs fidèles petit à petit, à la force de l’intégrité (et de quelques jeux de mots pourris, on ne se refait pas).

De même, il n’y a pas, et n’y aura jamais aucune publicité ici pour laquelle je serai rémunérée. Sous quelque forme que ce soit. Parce que c’est une simple question de cohérence : si je veux garder un ton libre, et dire ce que je veux, pas de bride. Aucune redevabilité, envers personne. Je n’arrive pas à comprendre les revirements de certains blogueurs (par exemple « cuisine ») qui tout en défendant les produits du terroir (sic) affichent des bannières publicitaires pour une marque culinaire industrielle.

C’est vrai : quand on atterrit sur un blog, on ne connait pas forcément son auteur. Dans la plupart des cas, on ne le connait pas du tout.

C’est très bien comme ça.

Ça oblige le blogueur a être précis, à adopter un ton qu’on reconnaitra ensuite, à une certaine forme de rigueur pour proposer un contenu qui ait du sens et de la pertinence.

D’un autre côté, c’est aussi un désavantage : quand on ne sait pas qui est derrière le clavier, qu’on n’a pas grande idée du caractère de la personne qui gère le blog, on peut aussi se mal comprendre.

Donc, posons bien les choses.

J’ai un sacré foutu caractère (de merde, disent certains).

Un blog est un espace personnel, où l’on exprime des opinions, où l’on partage des choses, en aucun cas un espace publicitaire ou un faire-valoir.

Partant de là: ce blog reflète très exactement ce que je pense du vin, de ce qui s’y rapporte, avec les possibles erreurs ou inexactitudes, mais avec toujours de la sincérité.

Mon blog, c’est moi. Il ne sera jamais lisse. Il sera parfois trop bavard, excessif, enjoué, plus sérieux. Je blablate, je râle, je vitupère, je tempête, je grogne. Mais je veux mon blog  libre. Nature(l). Perso. De parti pris.

Comme les vins que j’aime.

Hasard? Je ne crois pas, non.

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15 réflexions sur “Le coup de moût t’abat *

  1. Sand, j’aime bien que tu parles trop, que tu rales trop, que tu dises ce que tu penses et que tu ne coures pas après les followers. Continue comme ça, please…

  2. OUAIS SAND’, d’ac avec toué, on peut aussi dire du mal du pif, on fait ce qu’on veut sur nos blougs !! Que les Pisse-froid aillent se faire téter les yeux par des mangoustes hypocondriaques… Mais en attendant, on en est où pour la Tosmanie ?!

  3. J’ai beaucoup de plaisir à te lire , tu n’as pas
    ta pareille pour nous donner envie de déguster un vin…Très professionnelle avec
    une bonne dose d’humour…
    Un style très personnel , comme tu l’auras compris , je suis addict à tes billets !

  4. oui, ben dis donc ….. Heureusement que nous n’en n’avons qu’une de pareille « Sandrine » ! Parce qu’il nous faudrait trop de temps de toutes et tous les lires !!! Car, je vous le dit, des billets bien torchés comme ceux-ci, faut prendre le temps de lire, de relire, d’apprécier….. comme un beau vin, il demande du temps, à son caractère bien trempé, et le plus de plaisir est souvent sur la finale……bien qu’en milieu de dégustation, on peut être surpris par un arôme « sus-dit » qui détonne mais plaît bien … 🙂
    Merci m’Dame pour ces agréables lectures !

  5. Oh dieu que c’est bon de lire un billet comme cela.
    +10000 (et encore, parce que je veux pas trop faire de la lêche 😉 )
    Et sinon, s’il y avait simplement ce problème dans la blogo-vino-sphère !!!!
    (et moi c’est AUSSI (oui, presque surtout je sais) les jeux de mots laids pour gens bêtes qui m’ont fait accrocher à ton blog, en plus bien sûr d’avoir envie de goûter quasiment tout ce dont tu parles 😉 )

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