IdéalaKon #1

Janvier: on doit sacrifier aux bonnes résolutions. Comme je ne fume pas- et qu’il serait assez fastidieux de me mettre à fumer pour ensuite arrêter, sans compter la dépense énergétique et monétaire- comme je cause et ça, j’en ai bien peur il m’est génétiquement impossible de faire moins, et que je bois un petit peu -un(e) caviste qui ne prendrait pas plaisir à boire un verre de vin ce serait comme un boucher végétarien, une hérésie totale, j’ai donc décidé de prendre la résolution suivante qui en plus va satisfaire mon naturel altruiste: vous éclairer une bonne fois pour toutes sur les us et mauvaises pratiques du vin.

On va faire ça de façon régulière, et en douceur. Parce que cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage, Rome ne s’est pas faite en un jour et asinus asinum fricat. J’estime l’occurrence de ces billets dédiés à 1.2/ semaine, mais j’ai toujours été nulle en mathématiques.

D’abord, pour vous mettre à l’aise: sachez qu’il existe un cercle de l’enfer spécialement réservé à ceux qui maltraitent ou se conduisent irrespectueusement avec le pinard.

Ceci étant posé, on peut y aller et on va commencer très fort:

Avec le Tariquet, y a jamais de surprises : c’est toujours bon.

Voilà. Ça c’est le genre de phrases qui a le don de me déprimer pour trois générations minimum et de me faire envisager de changer de carrière pour faire un truc plus cool comme trayeuse de Yack.

Entendons-nous bien: je conçois évidemment que tout le monde n’a pas eu forcément la chance de recevoir une éducation au pinard digne de ce nom. A ça, je rétorque qu’il n’est jamais trop tard: moi-même je n’ai lampé que du liebfraumilch jusqu’à mes 18 ans. Mais on s’en sort. Tout ça pour expliquer un truc simple: on ne peut tout simplement pas défendre un produit comme le tariquet quand on devient/est amateur de vin. Parce que sa régularité qui rassure le consommateur peu averti est justement inquiétante. Un pinard, ça bouge, ça vit, ça gueule, ça parle ou pas, ça se ferme, ça éblouit ou ça déçoit parfois. J’entends  déjà d’ici: oui mais c’est pas cher, c’est régulier, donc ça remplit bien son office.

A ce compte là, je préfère boire une pils (et dieu sait que j’aime pas la bière). L’idée de marque et de stabilité va à l’encontre de l’idée d’un vin vivant, qui a des trucs à raconter, la tronche de son millésime. Et non, faut pas forcément être un dégustateur confirmé pour goûter la différence. Après, ça devient une question quasi philosophique: on fait un choix de goût, et ça entraine le reste. Qui dit vin avec de la gueule dit caviste, dit par exemple aussi libraire spécialisé plutôt qu’Amazon, ou boucher du coin plutôt que grande surface. Après, il est vrai et évident que les pinards qu’on trouve écoulés à gros volumes en grande surface forment la majorité des vins vendus. Mais je pars du principe que si vous passez un peu de temps à lire ce blog, c’est que peut-être vous avez envie de boire des choses qui ont du goût. Pas celui de la standardisation, celui du bonhomme qui a sué dans ses vignes. Avec du poil, et tout.

 Hum j’adore le champagne ! Lequel ? Bah n’importe, mais me sert pas ton crémant !

(ou le snobisme inverse qui consiste à ne défendre que les crémants, au moyen de comparaisons étranges et douteuses avec les champagne).

D’abord, je l’écris une fois pour toutes et on n’en parle plus: si le champagne est un crémant, les crémants ne sont pas des champagnes.

En fait, le vrai point commun entre crémants et champagnes, c’est la méthode de fabrication (j’ai tout expliqué là). Après, les régions, terroirs, raisins varient. Il est donc complètement absurde de comparer ce qui équivaudrait à comparer pommes et poires.

Et encore pire: d’avancer qu’un (au hasard) prosecco serait meilleur qu’un champagne! Ni la même région, ni le même pays, ni même raisin, ni surtout même méthode. Ce serait comme dire qu’un lapin en cocotte est meilleur qu’un rôti de porc au four: question de goût.

Le champagne n’est en rien supérieur à un crémant: on ne peut pas comparer, c’est tout. Que les champenois ne se rengorgent pas trop, ils produisent autant d’immondes bouses que les autres: ils les vendent juste un peu plus cher. C’est un peu là où le bât blesse en général en champagne. Le prix minimum pour obtenir une bouteille d’un niveau correct est plus élevé que pour une bouteille de crémant. Voilà pourquoi la tentation de comparer les bulles en rapport qualité-prix est forte: évidemment quand on a un petit budget, mieux vaut se tourner vers un chouettos crémant que de vouloir à tout prix une quille étiquetée champagne et qui ne sera qu’une roteuse de mauvaise qualité. Mais, et c’est valable pour TOUS les vins, il ne faut pas espérer de miracles quand on investit une somme dérisoire.

Et tant qu’on y est : le champagne est gazéifié chez Perrier 

SANS DÉCONNER? (Non, bien sûr que non, foutredieu)

et mettre une petite cuiller dans du champagne pour garder la bulle est complètement inutile, promis.

Voilà, je vous laisse digérer ça, et à vite !

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2 réflexions sur “IdéalaKon #1

  1. Bonjour 🙂 et Bonne Année 2013, douce, sereine et gourmande !

    Je n’y connais strictement rien en vin, mais je suis en train de rattraper mon retard et mon ignorance depuis que j’ai découvert votre blog.

    Merci pour vos billets extrêmement plaisants à lire et pour me donner envie d’en découvrir plus dans ce domaine.

    Cordialement,

    Cenwen

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