Délit d’étiquette salace *

*au bucher, au bucher!

On ne devrait jamais boire un vin pour son étiquette, au sens propre ou figuré. On ne devrait pas, mais soyons honnêtes: quelquefois on le fait. Et ce n’est pas toujours un péché.

Parce que le vin, avant d’être bu doit aussi faire causer. Ricaner, sourire, baver, enjoliver, espérer, craindre, partager, émouvoir.

Choquer? Pourquoi pas.

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Dénichée dans un sex-shop, assurément.

De très mauvais goût, voyons.

Vulgaire.

Choquante, cette étiquette?

Avant d’en parler, laissez-moi vous dire ce qu’elle cache, cette sans-gêne. Oui, allons fouiller là où la demoiselle nous suggère. Au fond des choses.

Au débouché, un peu de gaz titille les narines, ça picote. Versé sans précaution dans la carafe, le jus à peine rouge s’épanouit, s’alanguit, mais en restant ferme, tout de même. Un peu de tenue, avant le vice pur. Le nez est frais, mutin, coquin. Donne envie de croquer, fraise entre les dents qui jute, framboise dont l’acidité vous fait frémir les papilles, la bouche est suave, tendre. De la chair. La plus délicate, pâle, nacrée, douce dans laquelle il est bon de mordre, goûter encore, puis… Là, ça devient carrément plus racontable.

Dix-sept anciens cépages d’après la police. Dix-huit, dix-neuf, ou plus de vingt  selon les syndicats on n’a pas fait le compte: elle nous en conte de trop belles celle-là que pour qu’on se laisse aller à chiffrer, disséquer, analyser. On pourrait aussi préciser ceci:

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Ça vient du Jura, c’est un vin précis mais dingo, c’est la recherche du plaisir, sa montée et son aboutissement en septante-cinq centilitres.

Plein la bouche, y en a. Un verre, puis deux, on y revient et puis la bouteille est vide sans qu’on s’en soit aperçu.

Alors, voilà, bonnes gens: cette bouteille est subversive, cette bouteille est démoniaque. Elle vous invite à faire un tas de choses sûrement pas très catholiques, parce qu’elle vous rappelle une chose essentielle…

Le plaisir n’a pas besoin de complications et de raffinement à l’extrême. Parfois, il est là juste dans la simplicité.

Éprouver de la honte est automatique en moi, inéluctable, peut-être est-ce bon ; le crime grave, c’est de céder à la honte.

Philip Roth

Alors, on dit quoi? A part « j’en veux! » bien sûr.

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2 réflexions sur “Délit d’étiquette salace *

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