Les portes de la (g)Loire #2

003Deuxième billet un peu foutoir ou fourre-tout, c’est selon si on est poli. Ou pas. L’avantage des salons « off » c’est qu’ils ne sont pas orientés que Loire. Ça permet donc aussi de goûter des bouteilles tout azimut et toutes régions. C’est aussi parfois un peu le bordel. Parfois. Parce qu’ici, aussi bien à la dive qu’à Renaissance, à la Levée et à Contains Sulfites mais pas trop j’ai trouvé l’organisation assez rodée. Quelques chipoteries, de ci de là mais dans l’ensemble, une belle ambiance de dégustation, pas prise de tête mais pro tout de même.

Voici déjà quelques une des dégustations hors Loire: pour chaque domaine/ vigneron, quelques mots et la ou les cuvées qui m’ont le plus plu. Tout ceci est très subjectif évidemment, je ne fais que donner des pistes: à vous d’explorer et de vous faire votre propre avis après.

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Tu le vois, le signe « rock »?

Recrue des Sens (Yann Durieux): en observant bien cette photo, on peut deviner que ce vigneron rocks. Carrément, même. Avec ces dreadlocks, on parierait plus sur un roadie que sur un vigneron bourguignon, et pourtant. Yann tresse ses vignes parce que dit-il « la taille leur bouffe une énergie qu’elles pourraient mettre ailleurs ». Ça parait à contre-courant, voire hurluberlu mais la précision de son aligoté, son furieux pinot blanc et ses rouges soyeux détrompent toute velléité de protester. C’est bon, point. Quelles que soient les interrogations que l’on porte sur la méthode. Et le gaillard aime tester, et pourquoi pas faire un de ces vins de macération dont on parle tant sur de l’aligoté. Un vin hors concession, qui ne plaira pas à tous, mais il assume.

Mas del Perié: j’en ai déjà pas mal parlé ici et là.

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L’excellent Fabian, à droite. Bonus si tu reconnais le môssieur à gauche

J’aime beaucoup ce que fait Fabian, c’est précis, y a un fruit pur, c’est plein, pas un vin de fillette mais pourtant ça se picole plutôt très bien, y a de la classe dans ces jus là. Tour d’horizon des cuvées de cahors, les autres cuvées plus « marioles » n’étant pas à la dégustation. Gros degré de buvabilité sur ses bouteilles, comme dirait l’expression éculée « que du bonheur ».

Domaine de l’horizon: Thomas a l’air un peu sévère, au premier abord.

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Mais il a de belles bretelles!

Mais à Calce, dans le Roussillon, comme quelques autres drilles, il élabore des vins impressionnants de tenue. Si les blancs n’étaient pas pour moi au top de leur forme, l’ Horizon rouge 2008 était quasi parfait. Du fruit, un poil d’amer en finale pour soutenir, des tanins fondus, qui tendent à prouver qu’on peut faire autre chose que du sur-extrait et du bourru dans ces coins là. Et qu’on peut franchement les attendre, du moins, si on arrive à ne pas les boire trop jeunes.

Ferme des sept lunes: entre Vienne et Valence, Jean Delobre fait de chouettes blancs et rouges. Divergence d’opinion sur les saint joseph blanc. J’ai aimé le 100% roussane 2011, pour son côté frais et droit, mon comparse a préféré l’assemblage des millésimes précédents, plus riche et opulent. Question de goût, après tout même si le vigneron confie vouloir travailler plutôt dans le sens fraicheur à l’avenir.

Chateau la grolet: la grosse surprise des Greniers. Un bordeaux. Non, je ne suis pas tombée sur la tête, mais je suis tombée paf devant les vacances de monsieur Merlot, un joli et fantaisiste bordeaux de picole, qui se la raconte pas et qui se boit sans soif, du moins, c’est comme ça que je le vois. J’ai beaucoup aimé aussi la tête de cuvée au fruit gourmand, plus classique mais excessivement bien fait.

Domaine Guidicelli: un corse ! Et un corse sympa qui plus est ! (oui, j’aime vivre dangereusement). Un très beau muscat sec, hyper opulent au nez, et d’une rectitude affolante en bouche. Ça t’embrasse goulument main au panier puis ça te colle une gifle. A réserver aux amateurs de vins passionnels. Le reste des vins est plutôt bien foutu également, avec un très joli nielluccio qui mérite bien qu’on le mentionne aussi.

Domaine Pignier: 15 hectares dans le Jura en biodynamie, et de plutôt très bons rapports qualité-prix. 007Mention très bien au GPS, cuvée d’assemblage qui ne perd pas le nord (savagnin chardonnay poulsard). Ha ben oui, on peut mettre un raisin « rouge » dans du vin blanc, tant qu’on évite les macérations avec peau pour ne pas extraire de couleur. Ça donne un beau jus, original. Beaucoup aimé aussi le poulsard sans soufre, extrêmement torchable comme dirait mademoiselle Eva.

Pheasant tears: là, j’avoue, je me suis fait plaisir.054 La Géorgie est paradoxale: à la fois pays du vin historique, et furieusement à la mode ces temps-ci. Ce n’est pas justifié pour tout, loin s’en faut. Mais ici, c’est plutôt propre et bien travaillé avec l’avantage de rester sur des cépages locaux, qui bien que déstabilisants pour nos palais ont une vraie typicité. En blanc, je connaissais déjà le rhaksiteli, j’ai découvert le mstvane (par contre, je m’essaye pas à le prononcer) avec une empreinte plus minérale. Les rouges un poil rustiques, voire rugueux m’ont paru moins intéressants que les blancs.

La francuska vinarija: on ne croise pas souvent de vin serbe, donc faut sauter dessus quand on a l’occasion de s’y frotter le palais.

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Estelle Germain

D’autant plus qu’ici, c’est une vraie révélation.  Une vinification parfaitement maitrisée (le boulot bourguignon, indéniablement) sur des cépages internationaux (les locaux étant peu ou plus plantés, ou dans des états de délabrement tels qu’on ne peut pas en tirer grand chose). Et donc, des vins soyeux, bien finis, élégants. Difficile à situer géographiquement, cependant. Les rouges supérieurs aux blancs.

Domaine des Accoles: premier millésime pour un « jeune » vigneron qui n’est pourtant pas un newbee.

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Olivier Leriche

La vinif’ en Bourgogne (lui aussi), puis le désir de fuir les brouillards bourguignons (sic) et de s’installer au soleil, et voilà notre bonhomme en Ardèche. Une belle technique mise au service d’un vignoble certes plus chaud mais permettant tout de même de préserver de la fraicheur dans les vins, comme dans la cuvée Miocène, un rouge sur argilo-calcaires au fruit noir, à l’épice douce et à la finale plus équilibrée que ça tu meurs. A suivre, donc!

Domaine Jean-Philippe Padié: j’aime beaucoup les vins de Jean-Philippe, ce n’est pas un mystère. D’ailleurs, je crois qu’à force d’en parler et d’en partager des quilles autour de moi, il a désormais quelques fans pures et dures.

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Mister Glou Padié

 C’est toujours un plaisir de le voir: un peu ailleurs et ici, rigolard, simple. Le Petit Taureau, aussi rue-dans-le-brancard qu’à l’accoutumée, un Ciel Liquide étrangement plus abordable sur 2008 que ne l’étaient les 2006. Pour autant, il s’agit toujours d’un vin de garde, noir encre. Le Calice, cuvée saucisson-glou-copains qui donne un beau jus légèrement réglissé. Les Fleurs de cailloux dont il faut bien pallier le manque (bah oui, quand c’est bon, ça se boit vite) se dédoublent dans une autre cuvée de blanc, encore sans nom, qui sera plus ou moins l’équivalent du Calice.

Domaine du Pech: ce serait abusé de l’oublier celui-là.096 D’abord, parce que m’sieur « Pech » il envoie du bois. Pas un mystificateur ou un sorcier, juste un excellent vigneron à qui ça fait plaisir de dire à quel point on a pris son pied sur la dernière bouteille de Pech abusé 2004 qui restait en cave. On a bien essayé de la tordre, mais ça a pas marché. Le pech abusé 2007 suivra probablement le même chemin que son grand frère: mourir au fond d’un verre quelle belle mort ! Surtout si c’est le mien (enfin, ça c’est mon avis et ça m’arrange). Mais pas tout de suite: ils méritent qu’on les attende un peu ses vins, au pire on peut toujours patienter avec le jarnicoton plein de fruits.

Suite au prochain… vous connaissez la chanson.

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