Les portes de la (g)Loire #4

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Le joli château de Brézé

Suite et fin de ma virée Loire. Il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte. Même à regrets. Parce que oui, des gens passionnés j’en ai rencontré un paquet sur peu de jours. Aussi bien du côté de la vigne que du comptoir, ou simplement derrière les verres. La grande communauté des gens du vin, réunie, même si on n’est pas toujours d’accord a ceci de formidable qu’on s’y sent toujours accueilli. Quitte à s’étriper parfois (enfin, au sens littéral, on n’est pas des sauvages).

Et puis deux mauvaises expériences aussi, que j’ai décidé de laisser de côté. Parce que ça ne concerne pas les vins, juste les personnes derrière. Une qui ferait bien de revoir au dictionnaire la définition du mot « sexisme » et l’autre qui devrait se faire dégonfler le melon. Dommage, leurs vins sont bons: mais la rencontre humaine catastrophique ne me donne pas envie d’en parler.

Mais basta, haut les cœurs, et on finit ce chouette tour par beaucoup de loire encore.

Domaine des Aubuisières: des vouvray de très jolie facture. Mention à la cuvée silex, ma préférée. Le ch’nin s’exprime tout en profondeur. On n’est pas ici sur un vin de démonstration, qui pète et pétarade dans tous les coins. Tout se tient sur un fil, étroit, long, avec une finale d’amande amère qui est fort plaisante.074

Domaine de Beaumont: Mathieu Cosme, je ne sais plus qui m’en a parlé. J’étais contente de rencontrer le gaillard autour d’un très joli effervescent, et d’un vouvray sec avec une incroyable bouche de pêche jaune, de celle qu’on mord direct sur l’arbre. A revoir, assurément.

Domaine des Pothiers: les côtes-roannaises ne sont pas parmi les appellations les plus prestigieuses de Loire, la faute au gamay? A en croire les efforts fournis par nombre de vignerons pour essayer de faire autre-chose-que-du-gamay avec du gamay, on pourrait le penser. Romain se démène en tous cas, avec un nombre incroyable de cuvée, pour prouver qu’on ne fait pas que du jus simplet. Vinif intégrale, gamay passerillé (qui donne un doux étrange, à assortir absolument avec des fromages bleus), sélection parcellaire: tout ou presque est bon. Ceci dit, une de mes préférées est tout de même son primeur, sans prétention aucune, proche du fruit comme jamais.

076Domaine Luneau-Papin: muscadet, nom commun. Appellation de Loire qui fait pousser les dents et pisser les belles-mères. Enfin, ça, c’est la carte postale. En vrai, le muscadet bien fichu est un très beau vin. Et la famille Luneau-Papin s’acharne à le prouver sur chaque cuvée.

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Pierre-Marie, en pleine explication

 Soin, direction précise, sélection de lieux et de terroirs précis, voilà de quoi se réconcilier une bonne fois avec cette appellation mal-aimée si on était un tant soi peu fâchés. Si on ne l’est pas tant mieux: il reste encore à se prendre une baffe en goûtant la cuvée L d’Or sur les millésimes 2005, 2002, et 1998. Oui, je ne me suis pas trompée dans les chiffres, vous avez bien lu. De vieux muscadets, voilà une dégustation qui ne laisse pas de marbre, et qui peut inciter à la circonspection. Sauf que une fois dans le verre: 2005 a un profil encore très frais, 2002 pétrole comme un riesling, et 1998 ne se laisse pas abattre, gardant une longueur impressionnante et surtout de la fraicheur. Bluffant.

Domaine Geoffreney-Morval: En voilà une qu’on ne croise pas souvent, d’appellation. A la limite presque de la Loire, en dessous des sancerre, le chateaumeillant est presque un vin d’initiés. A découvrir absolument: regardez moi cette bonne bouille, preuve par l’exemple. Avant d’avoir goûté son pinard.105 Pendant.

107 Ai-je besoin d’en dire plus? Un poil, tout de même. Le blanc est surprenant, tendre, évoquant  presque certains plus sudistes. Les rouges sont fluides, soyeux, charnus.

Albane et Bertrand Minchin: gros coup de cœur la cuvée franc du côt lié (attention, level en jeu de mots), un rouge puissant, avec du caractère, de la fronde, du fruit. J’aime beaucoup le côt, d’ordinaire dans d’autres régions mais là, il faut reconnaitre que l’élégance et la puissance sont au rendez-vous. Reste de la gamme très cohérent, avec des très sympa valençay pas prise de tête.

Domaine de la grange aux belles: doublement chanceuse, puisque j’ai eu la chance de voir les deux parties du tandem qui forme le domaine.032 Une cuvée fragile en blanc d’une extrême précision, touchante, vibrante. Des rouges canailles, pas cocardiers, plutôt en dehors des clous et c’est très bien ainsi. Ça fleure bon les soirées à refaire le monde en sirotant le vin de jardin, 100% grolleau. Pour avoir goûté déjà à plusieurs reprises, les doux sont aussi au niveau. Et si vous tombez sur une ou plusieurs bouteilles de la belle adorée 2005: jettez vous dessus, ne laissez personne les boire à part vous. Tuerie orgasmique programmée.

Voilà, c’est fini… et je me rends compte que j’en ai oublié plein: les somptueux champagne de Franck Pascal, les jolis vins du clos maurice, les très belles cuvées de Michel Redde, Alexandre Bain, l’Echalier de Bertin-Delatte, le point barre ploussard de chez Bornard, les Roches en chinon, le domaine Marula, les super bojo de Testard, le Soula,  …

Un dernier mot pour ceci,

nota comme la responsable du domaine me l’avouait humblement: « un comme ça, on n’en refera plus jamais ». Monstre de raffinement, de longueur, de gourmandise, de… n’en jetez plus la cour est pleine. En magnum, avec une joyeuse tablée, sa mise à mort n’en fut que plus belle.

Allez la Loire, on se revoit l’an prochain, si tout va bien.

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