Orange intersiderale! *

*Note de Sand: Hier soir j’ai reçu cette contribution sur ma boîte mail. Suivant les règles des VDV, je publie ici. Son auteur souhaite signer de trois MMM majuscules. On lui dit en tous cas merci!

Hier j’ai bu un vin à la belle robe orange. Plutôt trouble, cela laissait place à plein de variations allant du marron au jaune pâle, avec des pointes un peu rose pamplemousse, des reflets de rouille. Complexe et surtout dynamique (des adjectifs que le modem nous avait appris à écarter de cette couleur), à regarder sous tous les angles. Un vieux m’a dit un jour «Ce vin, c’est une pierre incandescente». D’ailleurs vous allez pouvoir très bien ne pas admirer ça sur la photo suivante :

Photo1

«Alors là, gag désopilant : Ce vin orange, vous n’en verrez pas la couleur !»

 Car oui je n’ai pas de blog, et c’est même la première fois que j’écris sur le vin, donc je bois mes bouteilles avant de les prendre en photo, et de toute façon je n’ai appris l’existence de ce VDV qu’aujourd’hui et je l’ai bu hier.

Mais qu’importe ! Comme j’ai lu tous les tomes des Gouttes de Dieu, j’ai développé une compétence métaphorique* hors du commun, vous allez le voir et le gouter comme si vous y étiez. Je prends une grande inspiration, je regarde dans le vague… : Ce orange irréel, c’est le médicament FORLAX, c’est le jus d’orange TANG, c’est la pâte de fruit sans marque qu’on a dans sa poche au ski !

Et là vous me dites : «Wahoh, on s’y croirait vraiment, impressionnant !» … «Mais c’est dégueulasse tout ça par contre».

C’est dégueulasse. Je ne le nierai pas. Enfin c’est dégueulasse pour nous les «adultes», mais 90% des enfants adorent ce goût d’orange chimique et cette texture improbable. Et ne faites pas semblant d’être l’enfant qui avait les goûts de R. Parker à 6 ans, avant de se rendre compte à 6 et demi que c’était too mainstream et de choisir un chemin gustatif plus proche de la nature. Non vous adoriez ce jus d’orange dégueulasse qui avait le goût tout sauf de l’orange. D’ailleurs comme moi vous vous êtes fait avoir à l’hôtel à la vue de cette boisson en vous disant «Han j’adorais quand j’étais petit, je vais m’en faire un petit verre dans le feutré, il n’y a personne pour voir de toute façon». Et c’est inlassablement dégueulasse.

Hé bien ce vin va vous faire revivre ce souvenirs enfantin (une sorte de madeleine de Proust lyophilisée). Au nez il y a bien de l’agrume, très frais, pas agressif. En bouche c’est la pâte de coing qui domine, et puis des noix bien sûr (à ce stade vous ne comprenez pas du tout pourquoi, mais acquiescez avec l’air sûr de vous, ça fera classe). Et puis il y a cet agrume qui se profile, de l’orange ? Peut-être, mais pas celle que l’on connait. Mais surtout peu d’acidité, une orange un peu sucrée (25g/l), très fraiche, qui ne fait pas faire la grimace quand on en mange trop, trop vite. Et c’est ça qu’on aimait quand on était môme, c’est de l’orange à gloutonner que l’on revit ici (en étant au final, et fort heureusement, assez loin des cochonneries susmentionnées) . Sauf que cette fois il y a de la complexité, des dizaine de choses autours, de l’alcool pour donner une belle amplitude (14% quand même, donc ne pas substituer au TANG de votre enfant) , mais surtout un équilibre venu d’ailleurs.

Mais comment un tel mélange est-il donc diantre possible ? Connaissant A. Tortul, il doit y avoir de la vinification magique :

Photo2

«Et maintenant effet dramatique : quart de tour de la bouteille. WHOOOH le vin de l’espace !».

Alors c’est sûr que quand on voit un sous-titre pareil accolé au nom de la Sorga on s’accroche un peu . On est désarçonné quand même : Ugni-blanc (U.B.) vendangé le 15 novembre, fermentation et élevage de 17 mois dans deux fûts sans ouillage. Du bon oxydatif, qu’on a bien envie de rattacher à cette couleur rouille. Là un fût fait du voile, l’autre pas. On assemble gaiement, pas de sulfite, pas de machin truc (pour autant l’adjectif «naturel» est assez peu adapté…). Je pense que le titre d’OVNI, bien que convenu, est mérité. Je pense aussi que j’ai grillé ma cartouche originalité pour les quelques mois à venir, tant tout le reste va paraitre sage et policé.

Non, il n’y a pas de mécanique dans cette orange, je pense que c’est non-reproductible comme expérience.

C’est de l’orange intersidéral(e).

*Le lecteur avisé comprendra rapidement que ladite compétence connait tout de même quelques limites, que je dois modestement reconnaitre. Il est donc conseillé de se procurer une bouteille (plutôt qu’un sachet de forlax) afin de pouvoir se faire un avis quelconque.

MMM.

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2 réflexions sur “Orange intersiderale! *

  1. Salut,
    Je ne vais pas faire de la pub pour un revendeur particulier … mais en tapant le nom de la bouteille dans google on trouve assez rapidement ! (Perso je l’ai acheté sur le net).

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