Côt-Côt-Côt *

*ok, ce titre n’est pas très brillant, mais au moins il n’est pas antinomique, je suis nulle en SEO.

L’idée de ce blog, en tout premier, c’était de parler de ceux que j’aime, les vins et les gens derrière. Contrairement à la croyance populaire, j’aime bien les gens. Un peu.

Au fil des billets, je me suis rendue compte que ce qui me plaisait, c’était aussi d’expliquer parce que s’il ne faut pas forcément acquérir un bagage monstrueux pour goûter les vins, si on veut aller un peu plus loin, et comprendre, il y a un minimum de vocabulaire à connaitre.

Oh, pas celui des sommeliers pompeux et des suceurs de planches. Non, il ne vous servirait pas à grand chose de savoir qu’empyreumatique désigne des odeurs de caoutchouc brûlé, de fumée (in extenso: de trucs qui puent) hormis pour briller en société. Avouez que ça a un peu plus de gueule de dire « ce vin a une forte empreinte empyreumatique » que « il schlingue ce pinard ».

On passe aussi sur les vins monolithiques, qui me filent un sérieux mal de crâne pour leur interprétation correcte. Tristes comme des menhirs, peut-être?

Mais loin de tout ça, il faut reconnaître que le mondovino recèle de sacrés piège, notamment les homonymes.

Un mot peut recouvrer plusieurs sens, selon les régions où on se trouve, et même désigner des choses complètement différentes.

Alors aujourd’hui, on prend un mot un seul, et on l’attaque on le dissèque. On va le retrouver aux 4 coins de Paris, éparpillé par petits bouts, façon puzzle.

Mais quel est ce mot?

Côt.

Paf.

Trois lettres et un chapeau. Faudra bien ça pour s’accrocher.

Le côt d’abord c’est le nom qu’on donne au courson à Bordeaux.

Le quoi?

Minute gai-savoir:

La vigne est en fait une liane, qui si on la laisse pousser sans la maitriser un minimum, ramperait probablement. C’est une plante donc photosynthèse. On se rappelle tous bien évidemment des dessins moches qu’on nous faisait étudier à l’école primaire, la chlorophylle le soleil blabla qui font une plante plus robuste, plus belle, plus productive. Mais encore faut-il la domestiquer un minimum cette plante qu’elle donne les plus jolis fruits. D’où, la taille. Comment les mecs ont compris qu’il fallait tailler la vigne pour s’assurer de plus beaux raisins? La légende dit que c’est grâce à un âne, gourmand, qui en broutant les vignes aurait amélioré les grappes. Bon.

Toujours est-il qu’à quelques rares exceptions la taille de la vigne est devenue un passage obligé. On la pratique entre février et mars, selon plusieurs méthodes (les 4 les plus répandues: Guyot simple, guyot double, cordon de Royat, gobelet).

Donc, aux premiers beaux jours -du moins on l’espère pour eux- nos courageux vignerons se ramassent et vont tailler les vignes. En éliminant les bois morts, puis en sélectionnant une branche qui servira de porte-branches à celles qui porteront les fruits.

C’est là qu’intervient le courson.

A Bordeaux, ils l’appellent côt.

Ils sont comme ça les bordelais, un mot existe adopté par quasi l’unanimité des vignerons. Rien à fiche, ils font autrement. Le courson devient donc le côt.

Parce que leur côt, ils le nomment malbec.

Leur côt?

Ça se complique.

Le côt est aussi un cépage.

Ce qui pourrait donner le dialogue bizarre:

– Tu fais quoi cette aprèm?

– Je vais voir les côts, faut que je les taille.

– Tu taille les côts?

– Ben oui, faut faire les côts des côts.

– HEIN?

Le cépage côt, selon les endroits où il pousse a des noms différents.

En Loire, le côt s’appelle côt. A Bordeaux, on l’appelle plus volontiers malbec. Dans le sud-ouest, on peut l’appeller aussi pressac, malbec, côt, ou auxerrois (pour ce dernier, ne pas confondre avec l’auxerrois qu’on trouve au nord et qui est un cépage blanc).

C’est un cépage très intéressant à plusieurs égards, et qui a bien des visages: entre les côts ligériens et ceux du sud ouest, il y a bien un air de famille mais on n’est pas en présence des mêmes vins.

Suffit de les goûter.

Certains touraine sont du côt. A Bordeaux, même si on en trouve moins que cabernet et merlot, y en a. J’ai déjà pas mal parlé de cahors qui est une appellation qui revit, enfin. Et le cahors, c’est du côt.  Enfin, du malbec.

Il vous dit rien ce nom là?

Quelques milliers de kilomètres beaucoup plus loin, Mendoza? Bingo. L’Argentine est probablement un des pays qui en recense le plus de pieds plantés, bien que le Chili, la Californie, l’Australie, la Nouvelle Zélande et même l’Italie en comptent aussi.

Moralité: un côt peut en cacher un autre.

Moralité, bis: sont fêlés, ces vignerons.

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2 réflexions sur “Côt-Côt-Côt *

  1. EN fait en SEO, il te suffit de continuer dans le style
    Bordeaux et les vignes: Cot, cot, cot, cépage ou courson.
    Pour l’article, on voit que Pâques arrive…
    Plus sérieusement, merci de ces apports cépeux!

  2. Très intéressant cet article, ils nous facilitent pas la vie hein ^^ surtout que j’ai appris un cinquième nom pour le côt dans le sud ouest hier soir qui vient de sa couleur si foncée : le teinturier! Tu confirmes?

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