Je dis pinard!*

*parce que je dis aime, c’était déjà pris.

Jeudi, c’est presque le week-end. Il reste encore un jour à bosser, du moins pour les chanceux qui ne prestent pas le samedi… C’est le bon moment pour dégotter une petite merveille de vin-qui-fait-plaisir et -ruine-pas-le-portefeuille en rêvant à ce qu’on fera dimanche. S’enfuir, cheveux au vent dans une décapotable avec Gloria Gaynor à fond. Ben quoi?

Parce que faut pas déconner, on le mérite bien.

Faut s’accorder des petits bonheurs, c’est le moyen de parvenir au grand.

Mais… Y a toujours un mais. C’est classique.

Ce qui fait reculer beaucoup de jeunes -et moins jeunes quand il s’agit d’acheter du pinard, c’est outre qu’on « n’y connait rien » son prix.

Pour la non-connaissance: je vous rassure tout de suite. Quand je vais chez le garagiste, j’ai absolument aucune idée de quoi il me parle quand il dit « carburateur » ou « bougies » mais ça m’empêche pas d’apprécier son boulot et de constater que la bagnole marche mieux. En gros, si on va chez quelqu’un (un caviste, les petits potes) qui connait son métier, pas besoin d’en savoir des tonnes.
Le bon caviste ne se moque pas, jamais. Il est là pour essayer que vous reveniez, donc il a tout intérêt à ce que vous soyez contents et à l’aise la première fois.

Voilà.

Faut voir son caviste comme un guide amoureux qui va vous prendre en douceur et vous amener vers des chemins que vous n’auriez pas emprunté tous seuls. C’est beau ce que je dis, hein?

Ceci posé, la question du prix maintenant.

Est-ce qu’on doit forcément claquer 45 euros dans un vin pour qu’il soit bon comme conseillé sur France Inter?

Non.

Est-ce qu’a contrario on peut aller en grande surface et taper dans n’importe quel picrate à deux euros?

Non plus.

Alors comment on fait, et pourquoi?

Un vin à 45 euros ne sera sans doute pas mauvais (et encore heureux, merde) mais quand on me parle de ces vins au delà des 40, 50, 100 euros ça me fait un peu le même effet que découvrir les suggestions de it-bags dans Elle: trop cher.

Pas que je sois radine, mais j’estime qu’on a droit au plaisir, surtout s’il est régulier, en dessous de 45 euros.

Et qu’il y a vraiment moyen de le trouver: suffit d’aller lire ici, voilà déjà quelques suggestions.

Ne pas tomber dans l’extrême qui consisterait à vouloir absolument le moins cher: un vin a un coût, incompressible. En dessous de 2 euros, c’est IMPOSSIBLE de trouver quelque chose de bon. Je vais même aller plus loin, en dessous de 4 euros, c’est très difficile.

Taper du côtés des très grands vins (comprendre: vins très chers) c’est absolument pas ma came.

Attention, je ne dis pas que tous les vins très chers sont à jeter, il y en a de très beaux. Juste, il faut savoir ce qu’on veut, et où on va. Perso, j’ai toujours une énorme appréhension et une pression insupportable quand il s’agit d’ouvrir une bouteille qui coûte un smic ou deux: vais-je l’aimer? Va-t-elle être à son max?

Beaucoup trop de stress pour mes frêles épaules (ahem).

Je préfère me laisser surprendre par un truc qui ouvre moins sa gueule, qui est moins show-off, toutes médailles et château prestigieux dehors.

Alors le jeudi, qu’est-ce qu’on s’ouvre?

Pour se faire l’apéro et peut-être même poursuivre avec un poisson tout simple, grillé avec des herbes:

Un muscadet du domaine Luneau Papin: je suis très fan de ce domaine qui a su me réconcilier avec le muscadet. Pourtant c’était pas gagné: un vieux souvenir moche de dégustation en rafale qui fait pousser les dents, un vigneron défendant son bout de gras et ses arômes de platane (sic). Bref, c’était un peu le désamour. Et puis, pouf! Comme par magie, voilà qu’on pousse devant mon nez cette jolie quille. C’est frais, y a du fruit sexy, une pointe de sel sur la langue, ça racole pas mais ça envoie tranquille.

Big up aussi au bois sans soif des Vins contés (O.Lemasson) qui réussit en Loire un super pinard aromatique et presque pirate. Ça donne envie de se rouler dans l’herbe, nu, avec une marguerite entre les dents. Ça tombe bien, c’est le printemps.

Parce qu’il serait temps de dégoupiller des rosés:

Le chateau Miraval, des Brangelina?

Oh, ça va, si on peut même plus troller.

Du tariquet rosé?

HAHAHAHA.

Bon, okay. Je suis sérieuse: j’ai un GROS faible pour le rosé d’Aline du domaine des Mathouans. Après, c’est pas de la grenadine qu’on sifflote, hein. C’est du vrai vin, soutenu. Pêchu.

Pour boire du rouge canaille, en terrasse:

Une des quilles « pour rire » du Mas Del Périé: y a le choix, le jurançon noir du You fuck my wine, malbec pour Omar m’a abuseR, vins d’assemblages pour les deux cuvées Vin qui Rap et Tu vin plus aux soirées. Demandez voir au Bicéphale ce qu’il en pense. Il kiffe tel un ourson les pattes dans le pot de miel. Je vous laisse visualiser.

Voilà.

Et maintenant à vous de jouer, chers lecteurs: je vous laisse la place, en commentaires, pour me parler de votre vin parfait du jeudi soir. Seule condition: il doit pouvoir se trouver à moins de 15 euros.

Go!

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11 réflexions sur “Je dis pinard!*

  1. Ben j’avais bien aimé le chateau gonflable que tu nous avais présenté dans « les sensations pures » ; en plus visiblement les quilles qui restent sont bradées au vu des problèmes avec la répression des fraudes de ce que j’ai compris.
    Étonnement par contre : j’avais pas plus accroché que ca quand je l’avais gouté le premier soir ; par contre, le 2ème soir j’ai été (bien) plus convaincu… Va comprendre Charles (euuu Sand’ )

  2. Au risque de paraître monomaniaque, l’Échalier de Bertin-Delatte, environ 12 euros, une merveille de rectitude et de fraîcheur, rien que d’y penser j’ai envie de démissionner on the field pour rentrer chez moi immédiatement en ouvrir une. Parce qu’il faut aussi voir son caviste comme un guide amoureux qui va vous prendre en douceur et vous amener vers des chenins que vous n’auriez pas emprunté tous seuls.
    Je m’applaudis de tant de calembour et de pertinence en deux phrases.

  3. Moi, ce soir, un Entremonde du domaine de la Fontude (40% carignan, 25% aramon, 25% grenache, 10% cinsault). Je me rappelle plus combien ça vaut, mais moins de 15 euros, c’est sûr ! Et y’a plein de très bons cavistes pleins de bons conseils qui en vendent… parce que l’acheter chez lui, c’est top (le coin est magnifique et la dégustation sympathique) mais faut y aller, quand même !

  4. je réagis quelques jours plus tard mais qu’importe… Mon dernier coup de cœur :le vin de pays des Alpilles domaine d’Éole 2011 blanc Rolle 65%, Grenache blanc 35%
    le rouge « les gardians » est aussi très bien fait, pour le blanc entre 7 et 11€ suivant le millésime. TOP !

  5. Hola !

    Autour de 12-13€, un « Domaine de la Taille aux Loups – Cuvée Rémus » de Jacky Blot, un excellent Montlouis-sur-Loire (et donc100% ch’nin) plein de surprises…Du bonheur en bouteille !
    😀

    • Après vérification, le prix de la cuvée Rémus a un poil augmenté (normal pour un loup vous me direz) et est donc hors-sujet (19€ quand même)…
      Pour me faire pardonner, je vous partage un autre bon plan -et qui plus est un autre Montlouis-sur-Loire- Les Tuffeaux demi-sec 2009 de François Chidaine : au nez c’est la fête des fruits exotiques (mangue et ananas) avec un gros soupçon d’agrumes, en bouche c’est plein de vivacité et d’allant pour soutenir le côté demi-sec de la boutanche…
      Bref pour 14€ maxi, si vous passez à côté chez votre caviste il faut faire la razzia !
      😉

  6. J’aime ce genre de défit, je propose un vin rosé du Lubéron, bah oui, moi, jsuis un ptit peu dingue !
    Ce vin, que je n’ai même pas voulu goûté lors d’une dégustation de vin naturel, m’a été offert lors de mes achats de quilles de rouge.
    8 jours plus tard, mise au frais le temps de sortir de quoi grignoter, de ranger les gosses …, j’ouvre encore pas très frais, je sers, puis seau avec glace .. mise en bouche : Popopopopopop …. il s’est passé un truc dans ta bouche bonhomme ! Si si, tu viens d’apprécier un rosé … un naturel en plus …
    Bref, j’ai aimé tiède et encore plus facile frais, léger, fruité et donc dangereux : je recommande.
    Domaine des tuiles bleues, par ici : http://lestuilesbleues.fr/index.html

    Tant qu’on y est, mais là on est à 15€, en rouge, la cuvée Mathias, en cabernet franc du Luberon, un autre vin facile et bluffant, (Rien a voir avec les bordeaux).

  7. Bon, une semaine de retard, mais du coup ça tombe bien, on est jeudi. Il fait un temps superbe, enfin une vraie journée de printemps, ça donne des envies de légèreté, mais aussi de découverte. J’opterais pour un Gaia, un vin du Péloponnèse, 100% Agiorgitiko (St Georges, cépage local), fruité, léger mais bien présent, une sorte de cru du beaujolais avec ce hâle méditerranéen qui fait rêver aux vacances, le tout pour 13-14 euros.

  8. Pingback: M.M.M.

  9. Petit post (un peu) en retard : pour moi ce serait (et je viens de le découvrir aujourd’hui au domaine) le pinot blanc 2011 de chez M. Deiss. Un rapport qualité prix plaisir à couper le souffle mais attention une bouteille en appelle rapidement une autre on peut donc vite sortir du budget…^^
    Sinon je ne bois presque que des vins à moins de 15€ alors je ne serais que vous conseiller : le poulsard vieille vigne de S. Tissot, le ch’nin de Baudouin ou encore la folle noire d’Ambat du domaine Le Roc…! Oui je sais ça fait beaucoup de Jeudi soir ^^

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