Ainsi Swahili-t-il*

catpitalist*je sais pas, je sais plus, je suis perdue

Allez tiens, un petit billet court sous forme de fable pour une fois. Parce que parfois, les plus courtes sont les meilleures? Je vous laisse tirer vos conclusions.

Imaginons que (on va se tutoyer, par commodité, tu permets? Merci) tu aies un blog.

Tu l’aimes bien ton blog. Normal. Parfois il te sort un peu par les trous de nez, tu te trouves pas assez drôle ou pertinent, mais globalement, tu estimes que tu y fais un truc qui te plaît. Et dont tu peux tirer, à quelque occasion, de la fierté.

Ça se bagarre parfois autour de tes articles, ça sourit ou ça te trouve naze, mais globalement y a du vivant, de la chair et même, cherry on the cake, des humains qui se matérialisent derrière. Bref, c’est satisfaisant.

Comme c’est plus ou moins ta langue maternelle, tu le tiens en français. Le swahili, c’est plus sonore peut-être mais vachement plus compliqué à appréhender, donc le choix a été vite effectué.

Sauf que.

Imaginons qu’on te dise « tiens, tu sais qu’il y a moyen que ton blog soit aussi édité en swahili? »

Toi, toute d’incrédulité et de procrastination « Pffff, tout ce boulot, je fais pas, je suis pas capable, d’ailleurs j’ai poney ».

Imaginons qu’en fait on te dise « T’as que dalle à faire. Tu remplis un formulaire, tu marques ton accord, des mecs balèzes en swahili traduisent, et cherry on the cake (ça fait beaucoup de cherries, c’est rien, c’est la grossesse) tu touches un petit quelque chose. Un peu comme si tu cédais des droits. Pas grand chose. Disons, trois mars ».

Tu réfléchis:

  • C’est vrai, le swahili, c’est mégacool quand même.
  • Trois Mars, c’est peu, mais c’est symbolique: ton « travail » de blog représente quelque chose. Même si tu ne fais pas ça pour devenir riche (juste conquérir le monde, en fait. Hinhin).
  • T’as rien à faire. RIEN. Peanuts. Okay, ben pourquoi pas, hein?

Inscription, nom du blog, URL, mensurations, blablabla.

Avec au passage un petit boostage d’égo: « Oui, votre blog est qualitatif et original, bingo! ».

Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (merde, ça quelqu’un l’a déjà écrit, mais tu vois l’idée?).

Puis chemin faisant, tu te dis: « au fait, mes trois Mars, ils arrivent comment? Nulle part on n’a évoqué la chose ».

Tranchant dans le lard, plus goûteux que le vif, tu poses la question.

Ce à quoi on te donne cette merveilleuse réplique digne d’un film muet:

« On rétribuait trois Mars avant, pour récompenser les pionniers-blogueurs mais on ne pratique plus de cette façon ».

Tu notes quelques petites choses:

  • une différence de traitement de l’un à l’autre plutôt obscure.
  • l’arrêt des rétributions apparemment tout à fait aléatoire
  • une justification qui prend en compte seulement l’ancienneté et pas « l’influence » supposée? Soyons sérieux.

Parce que tu penses que le manque de transparence, et que l’injustice (relative, y a pas mort d’homme, mais l’équité est un principe qui t’es cher) desdits trois Mars donnés ou pas ne te convient pas, tu indiques ne plus être intéressé.

Tant pis pour le swahili.

Et là (les gens sont merveilleux) te parvient cette petite phrase qui ferait perdre sa candeur à la plus naïves des vierges effarouchées:

« Je me suis arrangé avec la direction/ le service financier/ Darth Vader en personne/ whatever, on vous file les trois Mars ».

Stupéfaction.

Tombage sur le cul.

C’est pire encore: non seulement ce système repose sur de la rétribution, accordée ou non selon des critères absolument pas transparents. Mais, si on rouspète un peu, on se voit accorder les privilèges des « Anciens ». Pour peu que l’on soit au courant de ces pratiques, bien sûr. Pour peu qu’on ose râler.

Tu me diras: personne t’oblige à faire traduire ton blog en swahili, c’est prétentieux, c’est ambitieux, c’est … Complète comme tu veux, je suis fatiguée.

C’est vrai.

Personne n’est obligé de rien, d’ailleurs c’est ainsi que le blog ne sera pas traduit en swahili. Pas pour les 3 Mars, on s’en fout. Juste par principe.

Pour tous les autres qui ne les ont pas, ces trois Mars. Qui ne sont même pas au courant qu’ils existent, d’ailleurs.

« On ne peut pas les filer à tout le monde, sinon, c’est plus rentable ».

Et si on prenait le temps de se poser deux secondes, et d’évaluer un système transparent et vraiment équitable?

Genre la rétribution pour personne?

Ou pour tout le monde, mais générée au clic?

Comme ça, ça évite les guéguerres intestines et les jalousies et ça repose sur un vrai truc concret: plus tu fais de visites, plus tu as de noisettes.

Puisqu’il faut bien en tirer une leçon, comme à toute fable je te propose de l’écrire ici, en commentaire.

La plus belle maxime gagnera toute mon estime.

C’est déjà pas mal.

(c’est encore long l’apéro, hein?)

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9 réflexions sur “Ainsi Swahili-t-il*

    • J’ai raison dans le sens où je reste droite dans mes bottes, et où je respecte ma propre intégrité et ma ligne de conduite.
      Et pas absolument raison puisque je n’oblige personne à réfléchir/agir comme ça. Tu saisis? 🙂

  1. Swahili met les moyens, swahili le blog en français comme tout le monde !

    Sinon le résultat en anglais est aussi un WP bien propre, ou alors c’est un truc avec 150 pubs au cm² et c’est traduit à google trad ? OH PUTAIN, j’ai dit angl…

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