Quand la mère monte*

*j’ai honte, j’ai honte
Aujourd’hui, des millions de maman vont faire semblant de s’extasier devant des colliers de nouilles ou des cendriers en plâtre « empreinte de mains » tout en réfléchissant frénétiquement à comment ne pas exposer lesdites horreurs plus que la durée légale.

On n’est jamais préparé à ça. Jamais. L’horreur que peut créer nos chers petits (secondés sadiquement par les maîtresses d’école, il faut bien le dire. D’ailleurs, qui sont ces femmes, pourquoi sont-elles aussi sardoniques, hein, qu’est-ce qu’on leur a fait? A part leur confier nos gosses 30 heures/semaine? Bon, ok) est indescriptible. A côté de ça, accoucher, c’est un tour de manège chez Disney).

Alors, il faut ruser, être fourbe: la fête des mères est une gigantesque leçon d’actor’s studio.

Il faut pour ne pas décevoir le moutard, adopter la poker face. Au mieux, le sourire encourageant. Je sais, c’est passablement compliqué quand il vous présente, tout fier, un bracelet aux couleurs moches à la créativité colorée certaine trop large qui vous laisse des aises en véritables perles du japon plastiques.

Heureusement, j’ai la solution.

Le pinard!

Ça fera passer la pilule plus sûrement que n’importe quoi: pensez-y, chers pères qui me lisez (ne niez pas, je le SAIS).

Mise en situation:

Maman est tranquillement en train de mailer sa compta, tout en surveillant le tajine, débouchant le siphon de l’évier qui fait des siennes, suivant « Esprits criminels », lançant une machine, googlant « changer un carburateur » et twittant, car elle est moderne.

L’enfant rentre de l’école: il a en mains un gigantesque cadre de 80 cm sur 80 cm, où une silhouette moche de profil est maladroitement dessinée (on apprendra plus tard que c’est le profil de l’enfant, peut-être est-ce lui qui est moche après tout) noir sur un fond vert chiasse. Collé à la patafix, un tube à essai contient une tulipe en plastique, mauve.

On ne peut décemment pas hurler. Ni brûler « l’œuvre » (enfin, pas immédiatement).

Maintenant imaginons que l’autre parent a été très malin. En embuscade, il arrive un verre à la main: il le tend à la maman, qui trouve là de quoi faire diversion.

C’est dense, c’est sombre et lumineux comme un morceau de the Cure. On est dans la forêt, la mousse sous nos pieds étouffe le bruit des pas. Tout n’est que luxe, calme et volupté. Plus profond, du réglisse sur la langue, du poivre de sichuan. Changement de décor: pièce en bois de rose, cérémonie du thé, de la classe et du beau.

Puis ultra-plongée de nuit. L’encre enveloppe, la chair se révèle. Ample. Mordante, mordue. De la soie et du velours, pour parachever.

On est bien, loin.

Et tout ça grâce à une syrah…

Que dis-je, un sanglier!

Ce vin-miracle, c’est Consolation (sic) Wild Boar un vin fait à Collioure (mais pas de nouilles) du domaine Coume del Mas.

cons

Évidemment, ceci est un exemple: on peut tout à fait adapter le vin à la situation (je n’ose imaginer les mamans qui ont plusieurs enfants en âge de bricoler, le CARNAGE. OH WAIT).

Vous me ferez le plaisir néanmoins de ne pas tomber dans la facilité: à toutes fins utiles, le vin de filles, le champagne de filles et toute autre connerie du style est un leurre.

On n’est franchement pas obligés de sacrifier au rose et au sucré pour faire plaisir à une femme.

En bonus track, en aparté, ceci s’adresse juste aux nanas: les meufs, si votre Jules vous offre un appareil ménager en guise de cadeau, vous avez parfaitement le droit de l’assommer avec la bouteille. Vide, cela va de soi, sinon c’est gâcher.

Et bonne fête les reums.

 

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5 réflexions sur “Quand la mère monte*

  1. « Maman est tranquillement en train de mailer sa compta, tout en surveillant le tagine, débouchant le siphon de l’évier qui fait des siennes, suivant « Esprits criminels », lançant une machine, googlant « changer un carburateur » et twittant, car elle est moderne. »
    Eh oui, la preuve que l’homme est un malin qui sait se concentrer sur une tâche utile, alors que la femme s’affaire trop dans le multi-task, chose pour laquelle, elle est peu programmée. La preuve ? Demandez à ma moitié ce qu’elle pense de Windows…
    (je sors… bien qu’il ne fasse pas beau)

  2. Ma plus belle fête des mères c’était l’an dernier..j’ai laisser le père et les 2 ptits loups le temps de me faire un we festif dans le chablisien avec un groupe d’amis…et pas de vins de fille ..beurk!

  3. Han t’as une caméra chez moi ou quoi o.O Ouais Lagluante m’a offert une tulipe en plastique mauve mais cromeugnonne pendant que son papa me filait un carignan vieille vigne et que j’assommais la grande avec le photophore dûement offert le matin même :p

    C’trop dur la fête des mères en fait

  4. Et bien, pour ma part, je suis la grand mère. Pour des raisons d’organisations familiales, la fête des mères a eu lieu aujourd’hui samedi. J’ai fait la tambouille chez une de mes filles où nous étions réunis. Mes deux nourrissons m’ont fait trois petits mecs et, cet apres midi j’ ai assuré aux deux reproductrices que j’attendais avec beaucoup d’impatience le temps où je pourrai faire faire des colliers de nouilles pour leur “fête des mères” par leurs bébés. Elles ont grimacé. Un jour, Sandrine, je vous enverrai une jolie photo de nouilles en provenance de Perpignan.

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