Risky business*

*je sais pas, j’ai pas d’explication.

Aujourd’hui on porte ceci à ma connaissance.

Bon.

Chateau académy, a serious game.

Notons tous ensemble l’accroche in engliche, pour faire djeuns, lol, dans le coup, bath (quoi? On dit plus bath? Merde).

Chateau Academy : un serious game destiné à attirer les jeunes vers les différents métiers de la vigne et du vin.

Je m’adresse à toi, jeune. Est-ce que tu es prêt à tomber dans ce panneau? Sérieusement? Peux-tu vraiment croire, avec toute l’innocence et la naïveté qui te caractérise qu’on résume l’activité viticole à un jeu FB?

Ça te gêne pas aux entournures? Moi si. Je ne trouve pas ça pertinent. On ne fait pas du vin comme on joue à WOW. Je sais, c’est dingo. Mais voilà, le virtuel ne peut pas tout. On ne remplacera jamais un vrai discours humain, de mec ou de nana qui sait ce que ça fait d’aller tailler dans le vent, le froid, de trembler parce qu’on annonce de la grêle et tant d’autres choses encore.  On ne remplacera pas le caviste qui passera dix minutes à expliquer s’il le faut ce que c’est une macération carbonique ou pourquoi un vin ira mieux avec le parmentier de canard qu’un autre. Et le caviste en off qui hésite à commander une palette, parce que si le vin était bon, est-ce pour autant qu’il va se vendre? Faut quand même nourrir les marmots, même si on fait des choix passionnés.

« Le principe du jeu consistera à gérer une exploitation viticole, depuis la plantation de la vigne jusqu’à la commercialisation. Les joueurs devront s’intéresser à la conduite du vignoble, à la gestion du personnel, au maniement des machines, aux nombreuses étapes de l’élaboration d’un vin et aux différents modes de commercialisation« 

Perso, je vois pas bien en quoi jouer à planter des navets sur Farmville ou ça, c’est fondamentalement différent. Et mes rares expériences de jeux virtuels ne m’ont pas amené à reconsidérer mon choix de boulot (quoique « sauveuse du monde façon Bruce Willis » ça me plaisait assez aussi).

Autre gros point noir, le comédon sur le tarin: l’illusion, à l’instar des télés crochets que c’est faire du vin c’est facile et accessible.

HAHAHA.

Ça ne l’est pas, pour des tas de raisons: économiques, et sociales en premier. Il faut -sans compter trouver l’endroit idéal- un capital non négligeable pour commencer. Puis, pour continuer, savoir serrer les dents, car s’il peut être gratifiant de réaliser quelque chose de A à Z, de ses mains ce n’est pas un boulot où l’on devient riche à millions (sauf réussites exceptionnelles). Dommage. On sue souvent plus qu’on ne gagne. Sans compter les contraintes administratives, les banques, l’Inao, et les divers empêcheurs de tourner en rond.  Le fait d’impliquer le reste de la famille souvent aussi. Créer un domaine c’est aussi devoir compter sur compagnon ou compagne, avec tout ce que ça peut créer comme dissensions au sein du couple. Evidemment, on peut bosser sans créer de domaine. Mais ce n’est pas exempt de contraintes, non plus.

Puis, même admettons qu’on aie sous, et volonté plus le talent et qu’on se lance: avoir du talent n’empêche pas d’avoir dur comme on dit chez moi. Un seul exemple? Floréal Roméro, vigneron qui fait des vins de super qualité MAIS qui ne s’en sort très difficilement.

La plupart des jeunes ont un téléphone portable et sont reliés sur Facebook. Le jeu est un bon moyen pour expliquer et communiquer sur le vin.

Que ces mêmes jeunes n’aient jamais peut-être trempé leurs lèvres dans un verre de pinard est complètement occulté. Goûter? Pour quoi faire?

C’est un peu comme si on voulait intéresser des gens au métier de libraire sans qu’ils aient jamais ouvert un bouquin. A celui de boucher sans avoir jamais mangé une belle pièce de bœuf comme celle-là (j’en bave toujours, rhaa).

Qu’on utilise les réseaux sociaux pour parler de vin, je suis ok. Je suis même la première à défendre ce droit. On est bien moins emmerdés en Belgique qu’en France, puisque nous ne subissons pas la fameuse Loi Evin, mais pourtant je sais bien qu’il y a beaucoup à faire encore pour amener les gens (jeunes compris) à considérer le vin comme un patrimoine gastronomique et culturel. Qu’on prenne le vin comme un produit comme un autre, qu’on le présente dans un cadre déshumanisé où un jeune est seul face à un écran sans interaction est totalement différent.

On pourrait penser que ce jeu est un premier pas: je n’y crois pas une seconde. Je ne pense pas qu’on fasse naître des vocations aussi artificiellement.

Le vin c’est de l’humain avant tout, du goûter, du toucher. On ne fait pas du pinard comme du coca (sauf chez Tariquet).

Je crois qu’on vient au vin d’abord par amour pour lui. Et que cet amour là, il se transmet. Dans un cadre familial, souvent. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents communistes oenophiles (je le sais, c’est mon cas). Mais on a bien un pote, une amie, une relation qui aime ça.

Jeune, tu es sur facebook, tu as un smartphone: je vais pas te refaire le coup du twitter et des blogs, mais je crois bien que ça c’est un vrai moyen de comm libre et ludique. Quand je parle ici de vin, ce n’est pas complètement innocent: c’est aussi dans l’espoir que ça ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd et que ça te donne envie de déboucher des quilles.

Puis, peut-être, si tu es un tant soit peu curieux, d’aller plus avant: aller voir un vigneron, lui poser des questions, voir comment ça fonctionne.

Le renouveau du vin, il commence à la première gorgée qui fait plaisir.

Je pense.

PS: je suis si fière de moi. Je n’ai même pas ironisé sur le fait que l’initiative vienne de bordeaux. La maturité? Peut-être allez savoir.

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