Te prends pas la tête*

*de mule.

Il paraît que j’ai du caractère. Bon, okay, un sale caractère.

Même pas.

Et donc, les gens qui me fréquentent un peu n’hésitent pas à plaisanter là dessus.

Les salauds.

Comme poser cette quille sur mon bureau en me disant, goguenard:

« C’est tellement toi! ».

Une mule. Mais c’est quoi donc, au juste une mule?

  • Hybride femelle de l’âne et de la jument, ou du cheval et de l’ânesse.
  • Personne très entêtée

Tu remarqueras que mule c’est féminin, n’est-ce pas ?

Hinhinhin.

Entêtée, moi? Juste ce qu’il faut, moi je dis.

Mais vieille, alors ça non!

Je ne suis pas une vieille carne, merde!

(enfin, dans l’absolu, c’est vrai que je ne suis plus hyper jeune non plus, il paraît même que des gosses nés dans les années nonante sont des adultes maintenant. DES GOSSES. Dans les années nonante, je découvrais Nirvana, la clope, l’alcool  et la drogue).

Bref, toute à ma décrépitude, j’étais un poil distraite quand ON m’a mis un verre sous le nez.

Mmmmmh, ça sent rudement bon, dis donc. C’est frais, plaisant, y a du fruit qui danse la gigue, ça donne envie de s’élancer cuisse légère et pas accéléré pour une danse improvisée dans l’herbe embuée de rosée. Sur du Sigur Ros. On s’en fout si on est ridicules, personne nous regarde.

Et puis picoti picota sur la langue. Du gaz.

Ça éclate comme des mini-bonbons, les machins qu’on se refilait minots, sachets chimiques échangés sous les cartables, c’était bien rigolo de se faire surprendre par les petites explosions, et après c’était acide à crever. Pas ici. On a juste les mini-éruptions des bulles, puis le fruit très mûr revient fouetter la langue, l’enrober, et se lover bien au fond de la bouche. C’est pas très long, on va pas écrire la légende des siècles dessus. So what?

C’est addictif, ça file un sacré coup de reviens-y. Parce qu’au fond, on est toujours un peu gamins, on aime toujours jouer avec la nourriture ou les boissons. Non? Y a pas que moi, hein?

C’est pas une bulle classique. C’est pas un rouge classique.

C’est une bulle rouge hors cadre.

Le genre de truc que sur le papier, tu paries pas un kopek dessus. Et t’aurais complètement tort.

Un rouge, issu de grenache noir, sec, et dont on a gardé le gaz de la fermentation alcoolique et de la fermentation malolactique.

Faut pas faire sa vieille mule, justement.

Faut goûter.

Parce que c’est bon!

Comment qu’on le boit?

Dans un verre!

(un jour promis, j’arrêterai avec cette vanne).

Frais, impérativement. Pas glacé, mais rafraichi. Dans la porte du frigo, une bonne demi-heure. Et on n’hésite pas à l’y renvoyer s’il se réchauffe.

C’est un vin terrasse par excellence, à boire pour lui-même ou en apéro avec quelques grissinis, des tomates cerises, et des billes de mozzarella de bufflone.

C’est dans loin l’apéro, au juste?

côtes-catalanes,Vieille mule, 2012 by Jeff Carel

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