Panzer, un jour…*

On ne devrait jamais écrire sous le coup de la colère, ou de l’émotion. Voilà, ce genre de phrases zen que j’ai du mal à appliquer. Panzer, je suis, Panzer je reste. Je fonce, je l’ouvre, je tapote, et ça monte…

On ne devrait pas laisser ses émotions prendre trop le dessus, dicter ce qu’on va écrire, les laisser répondre.

Non, sous peine de passer pour ce qu’on n’est pas: hystérique, vindicative, en lutte.

Et puis si en fait.

Allez, j’assume: je suis une caviste féministe et blogueuse, et je me laisse pas faire.

OUF!

Depuis plus d’un an de blog, ici, j’en ai écrit des billets énervée. Parce que les sujets me tenaient à cœur. Parce que je pensais avoir quelque chose à en dire, à en tirer. A aucun moment dans un espoir de « faire le buzz » ou de briller. Bien sûr, que la page facebook se remplisse de likers, que le blog soit lu, ça me fait plaisir. Depuis le temps que j’use mes digitaux sur des claviers, que je tiens des blogs (allez j’avoue, la Pinardothek n’est pas mon premier bébé, même si d’entre tous c’est mon préféré: le plus abouti, le plus moi, le plus survolté) j’ai compris que courir après ça n’est jamais mon moteur, et ne le sera pas.

J’aime écrire.

Ça parait bateau, éculé, romantique ou ce qu’on voudra: j’aime jouer avec la langue, les mots, j’aime l’idée de véhiculer des idées, de clouer mes petits clous, patiemment. Je me sens malheureuse quand je n’écris pas. C’est un besoin, un truc, mon truc. J’aime écrire.  Et puis derrière, les discussions qui s’ensuivront. Passionnées, sans doute. Enflammées, quelquefois.

Je le fais sur un sujet que je crois connaitre, un peu. Oh, bien sûr, je ne suis pas infaillible, je ne sais pas tout. Je ne suis pas dieu.

(sinon, crois moi bien que j’aurais créé une semaine de 9 jours au moins, pour gérer mon hyperactivité).

J’ai un caractère qui peut paraitre pas facile: un de mes amis très proches m’écrivait récemment « ton espèce de grandiloquence ». Bien vu. C’est vrai, je ne sais pas faire dans le tiède. Je dis ce que j’ai à dire, toujours, parfois sans prendre plus de gants que ça. Ça me vaut, je n’en doute pas, des inimitiés.

Mais c’est avec la plus grande sincérité, toujours. Et du respect.

Quand je gueule sur un énième événement « vin de femme » ce n’est pas pour attirer la couverture à moi, c’est dans l’espoir que peut-être un infime pourcentage de gens qui assistent à cette gueulante réfléchiront à leur tour. Prétentieux? Je ne sais pas. Je n’ai que l’influence que l’on veut bien me prêter, et dieu sait si ces notions là sont aléatoires. Calculé? Oh, s’il-vous-plaît.  Utopiste? Quelquefois. Malhonnête ou intéressée? Jamais.

Non, ce n’est pas forcément drôle de passer pour la râleuse de service. La « jamais contente ». Mais c’est tout ce que je suis: entière, désordonnée, pleine d’idées qui fourmillent, et de choses à dire.

Qu’on remette en doutes mes compétences, déjà, ça ne me fait pas plaisir. Mais j’ai l’habitude. J’ai des médailles à exhiber, des diplômes: ils sont rangés-oubliés dans des cartons parce que je n’ai jamais voulu me servir de ça. Seul mon discours devrait me valider, pas un concours, ou ce genre de choses. Je prends le temps -quand j’écris des billets un peu fouillés sur un sujet- de vérifier mes infos, et de poser les questions dont j’ignore les réponses parce que j’estime que si je prends la liberté d’user d’un langage parfois fleuri ou peu conventionnel, ça nécessite encore plus de rigueur au niveau purement informatif. J’ai mis du temps à y venir, écrire sur le vin, parce qu’étais pleine d’handicaps, supposés ou réels: être une femme, être jeune, blonde (depuis je suis rousse, ça va mieux). Je ne me sentais pas les épaules pour résister aux critiques, si elles se faisaient jour. Pas armée assez. D’où mon grand attachement à démonter tant que faire se peut le sexisme. D’où ma sensibilité par rapport à ça. Sans se travestir ou vouloir être ce qu’on n’est pas.

On peut être rigolote et essayer de ne pas dire de conneries. On peut être une femme, jeune, et avoir tout de même suffisamment d’expérience du vin pour en parler, le disséquer, le dénerver et le mettre tout nu. Parce qu’il y a infiniment de bonheur à parler des choses/ des gens qu’on aime. Parce qu’on n’est pas toujours obligé de tout leur passer pour autant: aimer n’est pas épargner.

Qu’on me trouve agressive, hautaine,  qu’on me dise que c’est ma jeunesse, que ça va me passer… Je balaie ça. Je n’ai pas envie que ça me passe. J’ai envie de continuer à batailler quand j’estime que quelque chose est injuste. Quitte à passer pour une emmerdeuse dans le petit mondovino.

Donc, ouais, je persiste et signe: je vais continuer à écrire. A user de gros mots, parfois. A rentrer dans le lard des gens qui diront des choses inexactes ou que je trouve loin de la vérité. Je ne changerai pas d’un iota pour plaire ou pour être plus lisse.

Et comme y a que les imbéciles qui changent pas d’avis, et que MERDE, on est sur un blog vin: trois lignes à propos d’un bordeaux.

fougas

Maldoror, c’est Lautréamont. Et c’est aussi le nom d’une cuvée qui déchire sa reum  pas piquée des hannetons du chateau Fougas. En côtes-de-bourg, sur 2005, à l’aveugle, j’avoue que « mon état » de grossesse avancé fut bien regretté: impossible de boire un vrai verre de ce vin classieux. Juste un trempage de lèvres, et un kiff monstrueux au nez qui m’ont un peu frustrée… Pour une fois qu’un bordeaux me parlait, sans rudesse, sans être roide, sans show-off et avec une bouche tentatrice, … Bref, on met quelques quilles de côté parce que c’est vraiment très très bon, ce pinard là. Allez j’avoue: il m’a fait bander.

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7 réflexions sur “Panzer, un jour…*

  1. Bon, ben d’accord. Ok, ok. On fait tous à peu près pareil, d’Antonin IA à V Pousson en passant par tous les autres, tous ceux avec lesquels on n’est vraiment pas toujours d’accord du tout, mais que, bon, on estime assez pour leur faire crédit et batailler avec eux. Le reste, les épais de l’ego, on s’en cogne grave, on leur parle même pas, ils n’existent pas, ils sont moins qu’une erreur 404 avec leurs opinions à moitié cuites. Fais pareil, c’est beaucoup moins fatigant.

  2. Dans ce genre de circonstances, j’ai deux maximes qui s’appliquent parfaitement :
    « Si les gens qui disent du mal de moi savaient ce que je pense d’eux, ils en diraient bien davantage »
    et surtout :
    « Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet ».
    Je te les offre. Et surtout ne change rien.

  3. Franchement, j’espère avoir l’occasion de vous rencontrer un jour (sur un salon peut-être) ; votre blog fait parti des petites choses qui illuminent une journée, ne changez surtout rien !!!
    merci beaucoup.

  4. Tof a bien raison! Ne change rien ma chère Sand’ car pour moi aussi ton blog me rend joyeuse, me fait rire ! me rend aussi jalouse …. ( Grrrrr) de ne pas savoir écrire comme toi pffffff ! Je suis fière de faire partie des pro comme toi ! une femme comme toi ! Bref … Merci Sand’ continue ne nous oublie pas !

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