Mise en Bush*

Guess who’s back, bitches?

Oui, parfaitement, je reprends le clavier. Avec une très bonne nouvelle, et une un peu moins bonne.

Je commence par la très bonne: la crevette est enfin née, elle est parfaite, et je suis très heureuse.

La moins bonne: parce que je suis du genre mère louve, je l’allaite… Et donc, ça va me tenir encore éloignée des bouteilles de vin, un moment. Mais bon, tout vient à point à qui sait attendre, Rome ne s’est pas faite en un jour (Louve, Rome, tu l’as?), et les vaches seront bien gardées.

Tout ça pour dire que c’est à regret que je n’ai pas participé aux VDV wine and music, parce que j’en avais un tas d’idées de post…

J’aurais voulu vous parler de Kate Bush par exemple, avec du whisky. Ouais. Parce que non, on ne boit pas de vin sur Kate Bush (enfin, peut-être que dans son intimité, elle pratique mais je ne veux pas savoir). Non. Kate, c’est une des rares voix féminines que j’aime: j’avoue, je suis extrêmement sexiste et sectaire en matière de musique. Il n’y a que les voix masculines basses, profondes, un peu cassées qui me remuent les tripes. Les filles, elles m’agacent, en général. Trop ceci, pas assez cela, pratiquement aucune ne touche vraiment ma corde sensible.

A quelques exceptions, donc. Kate c’est aussi l’histoire d’un livre, d’une amitié profonde, d’un lien quasi sororal. Le genre d’amitié  qui te parait improbable, sur le papier. Parce que vous êtes loin l’une de l’autre. Parce que si vous êtes du même âge, vous n’avez pas les mêmes goûts, du tout. Et puis, avec les mois, les années, ce qui faisait vos différences est aussi votre plus grande force. On puise en l’autre ce qu’on n’est pas soi, ce qu’on aimerait peut-être devenir, et une force incroyable: elle est toujours là. Malgré les mots qui volent, les incompréhensions, les disputes. J’aime pas les filles, j’aime profondément certaines nanas. Dont elle.

Et Kate Bush est notre liant. Un liant d’adolescentes, de femmes pas encore terminées, en devenir, qui se raccrochent à la lande, à Heathcliff, aux vents hurlants sur les hauteurs. Parce que c’était elle, parce que c’était moi. Ce n’est pas le meilleur bouquin du monde. Ce n’est pas non plus la meilleure chanson du monde. Mais c’est une des rares chansons qui, quel que soit le moment, me fait sourire de là à là.

Ooh it gets dark, it gets lonely
On the other side from you
I pine a lot, I find the lot
Falls through without you
I’m coming back love, cruel Heathcliff
My one dream, my only master

Pas de vin, ai-je dit, avec Wuthering heights. Non, moi j’y verrais plutôt du ‘sky.

Et pas n’importe quel whisky.

Un whisky sombre, tourmenté, puissant.

Du feu et de la glace en même temps.

Heathcliff, it’s me, Cathy, I’ve come home
I’m so cold, let me in-a-your window

Le genre de verre que tu pries pour ne pas terminer de suite. Celui qui te récompense parce que même vide, même le lendemain, son parfum caractéristique est toujours là. La tourbe… Le feu… La lande… La bruyère.

Tu lâches tout, tu humes, et hop: la maison juchée là haut, le vent qui hurle, la peau mate d’Heathcliff, ses incantations alcoolisées, Cathy en revenante…

Heathcliff, it’s me, Cathy, I’ve come home
I’m so cold, let me in-a-your window

Mais quel est donc ce whisky qui collerait si bien?

Bruichladdich, petite distillerie de islay, élabore pas mal de jus différents. Parmi eux, un du nom d’Octomore. Octomore, c’est l’histoire d’un mec  qui a une putain d’ambition: faire le whisky le plus tourbé au monde MAIS que ce soit quand même un produit de grande classe. Pas un machin mastoc. Et ça mes petits enfants, c’est un pari sacrément culotté.

Octomore a eu plusieurs versions. Celle que j’aime, celle que je veux ici, avec Kate Bush, c’est la 1st release. Un monstre. Oui, parce que raide, puissant, iconoclaste, en dehors des clous, fêlé: il te prend le nez comme un uppercut, puis en bouche, c’est la douceur d’une peau gainée d’un bas de soie. Une folle furieuse sexy. Comme la Bush peut être barrée, elle aussi.

How could you leave me?
When I needed to possess you?
I hated you, I loved you too

Bad dreams in the night
They told me I was going to lose the fight
Leave behind my wuthering, wuthering
Wuthering Heights

(un jour, moins bousculée, faites-moi penser à ce qu’on cause whisky, tout ça).

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3 réflexions sur “Mise en Bush*

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