Jambon, c’est bon*

Pour comprendre cette illu, faut lire jusqu’au bout. HÉ OUI C’EST PERVERS.

*ouais, bon.

L’actu vin, l’importante, c’est les vendanges… Cahin caha, pour certains. RAS pour d’autres. Les malos déjà entamées chez une, oui, une malo ça peut démarrer au printemps, le plus souvent mais pourquoi pas à l’automne s’il fait doux. Moi, je ne savais pas. Comme quoi, il faut beaucoup d’humilité dans le monde du vin.

Face à toutes les choses qu’on ne sait pas. Pas encore. Qu’on apprendra, qu’on ne cessera d’apprendre.

C’est un peu comme avec les enfants, au final: on emmagasine un max de théorie, on bouquine, on se renseigne. Puis le moutard arrive et là, on oublie tout. On tâtonne, on essaie, on adapte et on grandit en même temps, en acceptant qu’on n’a pas la science infuse, en se remettant en question et en apprenant.

Les vendanges, ce n’est pas tout, mais c’est tout de même beaucoup. Des mauvais raisins ne feront jamais un grand vin. A contrario, de très beaux raisins ne feront pas forcément un vin réussi. Il faut plus. La patte de vinification, l’élevage… Ils sont quand même sacrément couillus, les vignerons, pour chaque année tout refoutre par terre, et recommencer. Repasser par toutes ces étapes, angoissantes, jouissives, prenantes. Bref, grosse période à laquelle il est bon de se demander: c’est quoi, au fait le vin?

Ce n’est sûrement pas ça: gadget sexualisé, réduit à sa plus vulgaire expression. Et toi, tu suces? Ai-je envie de sous-titrer. Si je me lâchais vraiment, ha si j’étais publicitaire, je balancerais du slogan aussi tapin que cette affiche, que le produit (je n’ose pas parler de vin, on n’y est pas là, rassurez-moi).

« Sucez, il en restera toujours quelque chose »

« La pipe tannique, gardez la forme »

Tant qu’à faire de la merde, autant en dire aussi, histoire d’être raccord.

Au passage, on admire l’habileté de la com: des meufs, des poses suggestives, du tattoo pour le côté subversif, une rouquine pour la tendance. Bravo. Tout bon.

Le vin, ce n’est pas ça non plus: la nespresso du vin.

On atteint des sommets, là. Ou des abimes, question de voir où l’on se place. Non seulement cela suppose que les gens sont ignares (et dieu sait que je déteste qu’on prenne a priori les gens pour des cons, sauf s’ils l’ouvrent et ne laissent aucun doute à ce sujet) et ne savent pas se servir correctement un verre de vin, mais le prix… Hallucinant.

Je passe sur la mini-dose de 10 cl (voilà qui devrait faire plaisir aux prohibos tellement en vogue ces derniers temps, impossible de se murger avec 10 cl), je passe sur le choix forcément restreint, sur lequel on pourrait se poser pléthore de questions (quid des vins bios, des natures, des petites productions, etc), et je m’attarde sur une des dernières phrases de l’article:

« En plus, avec cette machine, un homme pourra se boire un verre de rouge le soir en rentrant du boulot, et sa femme un verre de blanc… Sans ça, aucun des deux n’aurait ouvert de bouteille. »

Magnifique.

Le mec boit du rouge « en rentrant du boulot » (en se grattant les burnes pour plus de virilité, je suppose) tandis que la femme boit du blanc (elle ne rentre pas du boulot, elle. Sans doute sort-elle de la cuisine?). Sexisme? Indeed.

Moins flagrant que dans cet article je le concède. Un ramassis de clichés, la douceur féminine, le nez plus développé car la fâme passe sa vie dans la cuisine/les fleurs/ les parfums. Il reste du boulot, hein. Et je vais continuer à gueuler chaque fois que je tomberais sur un de ces articles, parce que oui c’est important. Peu importe de passer pour une chieuse, après tout, dès que tu te définis comme « féministe » tu en as toujours l’un ou l’autre pour te traiter plus ou moins subtilement d’hystérique. Bah si c’est le prix à payer, c’est pas trop cher.

Ceci dit, on n’a toujours pas résolu la question: c’est quoi le vin?

La plus belle réponse serait sans doute quelque chose comme ça: le vin, le vrai vin, c’est celui qui t’emmène loin, au delà des a priori, qui te fait voyager en ne bougeant pas le cul de ta chaise, celui où tu imagines la grappe à peine dorée dans la main du vendangeur, les insomnies, la cuve qui « part » enfin, …

Quelques jolies bouteilles comme ça, débouchées y a pas loin et que je n’ai pas eu le temps de raconter. D’abord chez François Lurton, mention au très balèze sauvignon. Ça marche au pas et ça ne se siffle pas de travers ça, obligé de filer aussi droit que lui.

Fumées blanches, c’est très classique mais très bon. Oui, « mais ». Quand j’écris sans réfléchir, il sort tout seul. Marrant. J’en déduis que pour moi le classicisme est presque un défaut, tiens tiens.fumées

Du classique à Bordeaux il n’y a qu’un pas, on remarquera. J’aime beaucoup le blog de Nicolas Lesaint, qui raconte avec beaucoup d’honnêteté ce que c’est « faire du vin » en 2013. Le bonhomme m’est sympathique, ce qui n’est pas une raison pour aimer « ses » vins, mais qui encourage à les découvrir. Hier, une quille du grand vin de Reignac et hop: à l’abordage. Alors c’est 2010, c’est beaucoup trop jeune, y a encore beaucoup de bois, y a de l’amertume, c’est serré. Mais on sait que dans quelques temps, calmé, patiné, ce sera vraiment bon. Beau boulot. Propre.

reignac

Parce que mes nuits sont courtes, parce que je marche un peu au radar, coucou somnan’bulles. Nouvelle cuvée de Jouves (plus je goûte les vins de ce type, plus je suis convaincue qu’il mérite d’être encore plus reconnu). C’est du pet’ nat, donc ça bulle. Sauf qu’on ne tombe pas dans la sucrette (pour fifille, hinhin). C’est  ample, ça goûte la confiture de mûre de mamy, le sucre en moins. Plaisant, et plus que ça.

jouvessom

And after that, keep calm (après la ba(l)taille). Du gamay pur, un assemblage de deux parcelles, monsieur Jambon fait là un très beau vin, suave, tendre, long. Des caresses à n’en plus finir. De l’amour tout doux, tempo lent. Qui glisse.

baltaille

C’est ça le vin: du classique, de l’ inattendu, du sexy, du sauvage, du propre, du surprenant. Qui ne cherche pas à buzzer avec des artifices, parce qu’au fond, on le sait: rien ne dure quand on se base sur du vent.

Du vin… qui ne s’en laisse pas conter et qui ne la ramène pas mais  qui raconte des histoires…

Cheers!

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3 réflexions sur “Jambon, c’est bon*

  1. Pingback: Les sucettes à l'Aunis | Découverte Vins

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