Drink-me-shoes*

*tu connaissais les fuck-me-shoes bien nommées? Voici le temps des drink-me-shoes. Hé oui. On n’arrête pas le progrès.

Je me suis souvent moquée. J’admets, j’ai un penchant pour le sarcasme. L’ironie. Toutes ces sortes de choses.

J’avoue: je suis méchante, vilaine, tout ce qu’on veut.

C’est pourquoi aujourd’hui, j’ai bien réfléchi: il est temps de battre ma coulpe.

J’ai fauté, nombre de fois, en blaguant cruellement sur les initiatives vineuses de femmes tout à fait de bonne foi. Et convaincues de faire avancer à la fois le vin, et progresser les mentalités voire à défaut, d’au moins passer un bon moment dans cette atmosphère si douce que nous autres femmes, savons si bien cultiver.

Enfin, pas moi, manifestement, mais j’ai du être conçue avec un défaut, une pièce manquante. Je bat ma coulpe, donc et en guise de main tendue, je propose d’écrire un billet accords vins-chaussures.

Girl powaaaaa *insérer ici un gloussement*.

Car c’est vrai, Femme qui me lis, ta principale préoccupation quand tu sors n’est-elle pas de savoir si tu as choisi LA bonne paire? Celle qui est assortie au vernis, à ton sac à main, celle qui dit que tu es sérieuse/ professionnelle/ dispo pour un coup d’un soir… Oui, on dit tout ça avec une paire de chaussures, c’est ouf.

Mais puisqu’on est encore sur un blog vin -au moins pour ce billet, après on verra, on parlera peut-être cupcakes- intéressons-nous à ce que les chaussures peuvent nous apporter dans ce men’s men’s world.

D’abord, écoutons madame, qui nous explique un peu en quoi nous avons intérêt, nous femmes, à nous regrouper, loin des hommes. Entre nous. Pour être plus fortes. Parce que nous sommes de petites malignes (mon mauvais esprit d’antan m’aurait soufflé d’ajouter « par opposition aux hommes qui sont de gros balourds » mais désormais, je me tiens bien, et j’esquisse un sourire léger et mystérieux. Comme Fanny Ardant).

La conclusion est extrêmement intéressante: »Si ce sont des femmes qui viennent parler de vin, elles peuvent être entendues différemment ».

(Là encore, j’ai eu comme un retour de gaz de mauvais esprit: « parce qu’elles ont des voix plus aigues, ouais ». LE SOURIRE MYSTERIEUX, Sand merde!).

Au début, je me suis demandé si c’était parce que nous, femmes, parlions une autre langue.

Hum.

Non, n’est-ce-pas?

Donc, en quoi être femme pourrait rendre nos discours différents?  Hormis notre douceur maternelle, et tous nos caractères féminins bien connus: empathie, pédagogie, patience, vertu…

Les tenues!

Mais oui.

Gageons qu’une femme en talons aiguilles-décolleté ne se laissera pas écouter pareil qu’en jeans basket!

Alors, Femme, je te propose, à la lumière de ces révélations, d’assortir les chaussures a hoc pour chaque vin.

Avec les Louboutin, champagne, bien entendu. Veuve C, Dom Pé, qu’importe ce qu’il y a dans le verre tant qu’on prend de la hauteur. Et à pas moins de 12, c’est facile.

Les shoes à plateaux, les compensées façon 70’s seront parfaites pour évoquer la subtilité du rosé pamplemousse (avec mini-jupe à paillettes, et vernis blanc, évidemment).

Logiquement, les Birkenstocks appellent le vin bio, mais tu te doutes qu’une Femme ne porterait jamais ces horreurs. Par contre, tu peux trouver des choses moins moches en chanvre bio recyclé commerce équitable fair trade.  Que tu assortiras d’une robe en coton recyclé, lui aussi.  Tu auras l’air d’un tank, mais on saura de quoi tu parles.

Tu penses ne jamais pouvoir porter des ballerines? Erreur: les ballerines, si elles font bien  les pieds qui puent et les chevilles de poney, correspondent parfaitement aux vins natures. Oui, leurs effluves délicieusement animales (fourrure de chatte, froufrou de lapin) réveilleront la proie en toi et l’instinct de chasseur de l’interlocuteur en face.

Quel bonheur quand même de pouvoir être crédible juste grâce à une paire de chaussures. Et puis, je vais te dire crédible ou non, au fait on s’en fout un peu non? L’essentiel, c’est d’être entendue, pas écoutée hein. Remettre un peu de rouge à lèvres, si jamais.

Oui, Femme, ton discours seul n’est pas efficace: prends la mesure de tout ce que tu dis aussi par tes tenues. Par ta voix douce. Par ton côté maternel.  Par ta façon de te tenir. De prendre de la place, ou non. D’être un bel objet cohérent. Peu importe que tu t’y connaisses ou non. Choisis un personnage, un type de vin, et tiens-toi-y. Si tu suis les stéréotypes (qui ne sont pas des mecs avec des walkmans), tu seras LISIBLE.

N’oublie pas à qui tu t’adresses après tout: des hommes. Tu sais, les balourds ceux à qui il faut un bel emballage. Puisque, admettons-le: diviser en deux camps le monde du vin, hommes vs femmes, t’oblige à envisager l’autre camp sous l’angle de la conquête. De l’inconnu. Ce ne serait pas le cas, et tu te simplifierais l’existence, s’il n’y avait pas ce genre de clivages. Il y aurait juste des individus, qui parleraient du même sujet. Là, brandir ton sexe comme un signe d’appartenance t’oblige à user de tous ses artifices, que tu le veuilles ou non. Tu appartiens au « clan des femmes »? Sois donc une Femme, pomponnée, tendre, mignonne.

Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…

Je suppose que ça en dit long si ma paire de chaussures préférées en dégustation est une paire de baskets? Zèbre.  Ainsi soit-il. C’est beaucoup trop dur d’être une Femme du vin.

Déjà une Femme, faut le vouloir quoi.

Oh, pardon, de l’ironie:  j’ai encore fauté…


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