Divine arrabiata? Avec du vin, oui! *

*cherche pas, t’as tort

Ah, l’Italie.

Contrairement à Floriana, je n’y ai aucune attache. Et même, oui je sais c’est honteux, je n’y ai jamais posé le moindre bout d’orteil.

Pourtant, parle moi d’Italie, et mon intérêt s’éveille, mon œil pétille, enfin voilà. Je suis amoureuse de l’Italie, un amour bien platonique, c’est dommage. Un amour qui se nourrit de substituts.

La pasta. Eros Ramazzotti.

Ugo. Oui, le bel italien de 16 ans et demi. Le demi est important, parce que moi j’en avais 15 tout rond. Alors c’était déjà quelque chose, cette année et demie de plus. Ça et le fait qu’il ne parlait qu’italien, et moi pas un mot. Que nous ne nous verrions en tout et pour tout qu’une seule soirée. Qu’il ne se passerait rien, nada, que dalle mais est-ce qu’on a besoin de forcément consommer une histoire d’amour pour qu’elle soit aussi réelle qu’une autre et pour  s’en souvenir? Que la sonorité de cette langue, à la fois familière et mystérieuse se loverait quelque part, tout au fond de mon cerveau, pour créer ce truc bizarre, chaque fois qu’elle réapparait:  j’en retombe amoureuse.

Avec les années, je suis devenue plus vieille (oui, merci, mes trente-deux ans et moi-même commençons à envisager la ménopause, sereinement). J’ai laissé Eros pour lui préférer Paolo Conte.

Il y a encore un Ugo dans ma vie.  J’ai eu, encore une fois, le cœur foudroyé par un bel italien qui… mais chut, même si le monde a le droit de savoir je préfère que ça reste entre nous!

Et le vin. Et la pasta…

Ce que j’aime dans la pasta, c’est que c’est presque nue qu’elle est la meilleure (comme les hommes? J’ai rien écrit, ho ça va).

Et l’arrabiata -qu’on écrit avec un seul -t d’ailleurs, tu l’apprends comme moi et tu retiens- c’est exactement ça. Trois fois rien comme ingrédients, et beaucoup de sentiments. De la colère. De la rage. De la passion. De la haine, peut-être.

Cet état où tu écumes. Où tu bous. Et où paradoxalement tu ne t’es jamais senti autant capable d’aimer. Jusqu’à en avoir mal.

L’Italie.

Des sentiments si ambivalents à gérer, dans l’assiette et dans la tête.

Alors pour calmer tout ça, de la douceur. Pour te montrer que l’Italie, si elle est capable du pire peut aussi faire montre de la beauté la plus sensuelle, la plus apaisante. Dolcetto.

Dolcetto, tu entends?

Dolce.

Oui, comme dans dolce vita.

Aussi doux qu’un gilet de satin à chercher l’aventure, jusqu’au petit matin.

Un vin qui te caresserait, qui te prendrait doucement, qui s’inviterait gentiment, roulerait sur ta langue, calmerait le feu sur ton palais, apaiserait ta gorge.

Parce que le piment de l’arrabiata, parce que toute la colère italienne a aussi son pendant. Parce que la fraicheur du dolcetto fera office des larmes après les grosses disputes: la tension retombe. Les corps se détendent. L’adrénaline s’efface et une lassitude presqu’heureuse peut s’installer. Le dolcetto va aider à recréer tout ça.

Oh, pas n’importe quel dolcetto, bien entendu. J’ai une préférence pour celui-ci.

Cascina Corte 2010 dolcetto di dogliani:

Cascina Corte 2010 dolcetto di dogliani:

Parce qu’il n’usurpe pas son nom, parce qu’il est aussi suave qu’il promet. Mais qu’il n’est pas sans caractère.

Du vin rouge, oui. Parce que les tomates, parce que le piment, parce que le feu, parce que la colère. Parce que l’amour. Et oui, je revendique le droit de faire des accords symboliques. L’ail, c’est vrai je l’ai écrit, c’est par défaut  mieux avec un vin blanc. Parce qu’il n’est en général un excellent compagnon ni avec l’un ni avec l’autre. Comme on le sort bien vite du lit de notre sauce, on va dire qu’on s’arroge le droit de faire comme s’il n’avait été qu’un amant de passage, et pas l’amoureux principal. Non, l’amoureux, le vrai c’est le piment. La force qui va s’équilibrer avec la douceur, la rondeur. Des tanins suffisamment fins et polis que pour ne pas gueuler trop fort.

Si tu n’as pas/ ne trouve pas de dolcetto, tant pis pour toi: fallait te donner les moyens de tes ambitions.

(bon, allez, parce que je suis amour et mansuétude: je t’autorise à sortir un pinot noir. Oui, le cépage bourguignon. Attention, tu vas chez ton caviste et tu lui demandes un pinot noir léger, aux tanins fondus. L’idée c’est l’amour en bas de soie, pas la séance SM-bondage, hein).

Slow?

Slow!

Le dolcetto provient du nord de l’Italie.

 Il est classé cépage d’appoint en DOC Dolcetto d’Acqui, Dolcetto d’Alba, Dolcetto d’Asti, Dolcetto di Diano d’Alba, Dolcetto di Dogliani, Dolcetto d’Ovada, Dolcetto delle Langhe Monregalesi, Langhe Dolcetto, Pinerolese Dolcetto et Vallée d’Aoste.

 Il est classé recommandé dans la région Piémont et autorisé en province de Nuoro et province de Sassari en Sardaigne ainsi que dans les provinces de Savone (Ligurie) et Pescara (Abruzzes). En 1998, il couvrait 10.416 ha. On en trouve aussi des petits plantations en Argentine.

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