My tailor is Rietsch*

rietsch*where is Brian disparait des manuels scolaires, rendons hommage à ces phrases mythiques.

Si l’on s’intéresse un peu au vin naturel, pardon au vin transparent (sic) le nom de Jean-Pierre Rietsch n’est pas inconnu. Je connaissais déjà quelques cuvées, pas toutes. Et pas le bonhomme. Rendez-vous était donc pris, je ne suis pas toujours une sauvage.

D’abord, et sans aucun rapport avec la choucroute Mittelbergheim est sans doute le plus joli des villages d’Alsace. Pas plombé de boutiques, c’est juste charmant. Mignon. Donc on se dit qu’il a bien de la chance, Rietsch de vivre ici.

On fait une déguste entre cavistes: deux de Strasbourg, une de Cologne, et moi from Liège. (En « belge » on peut aussi dire Luik, prononcer [Loeilllek] je dis ça pour les vignerons qui s’égarent sur les routes flamandes, mais ceci est une autre histoire).

Très vite, je m’aperçois que j’ai pas trop intérêt à moufter: j’ai à côté de moi une caviste exclusivement nature et qui affirme n’aimer que les « vins extrêmes et détester tous les rieslings ». Bon. Me voilà bien barrée. Les gens murés dans leurs certitudes quelles qu’elles soient m’emmerdent.

Jean-Pierre explique son travail, avec beaucoup de douceur. Discret, pas gueulard. Il n’affirme rien, il propose.  On sent le type qui va écouter pousser ses raisins. Et qui va tâcher d’en faire des vins non seulement propres, mais qui racontent des histoires.

Le crémant est une super entrée en matière, vif, nerveux. Comme ça m’arrive rarement, j’ai envie d’huitres, là tout de suite avec ce bel effervescent. Mais d’huitres, point. Par contre, on continue la dégustation, de sylvaner en rieslings, pinot blanc, …

Duo/duels de riesling: l’un nature donc sans soufre à la mise, l’autre avec. Et c’est très intéressant. Ce ne sont pas les mêmes vins: plus riche, plus coloré le nature a des divagations charmantes, qui déroutent et émoustillent. Le riesling avec du grand méchant soufre est beaucoup plus droit, moins expressif. Moins foufou. Curieux ce grand écart de profil. Mais voilà: au moins, c’est une façon toute empirique de savoir où on en est par rapport au soufre plutôt que de débattre 107 ans. Goûtez, goûtez encore. Faites vous un avis comme ça, c’est l’essence du vin, goûter.

Est-ce mieux avec soufre, ou sans? Je n’ai pas envie de trancher, réellement. Même si allez… il faut reconnaitre que le nu a une verve que l’autre n’a pas.

Et qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour une belle verve?

Hem.

(ceux qui ont lu autre chose que « verve » je ne vous félicite pas, gourgandins).

Les vins de Rietsch, sans conteste, c’est pas pauvre. C’est même tout le contraire. Entre chien et loup me fait toujours craquer mais la grosse surprise, c’est ça.

klevener

Mais kessekessé?

Klevener de Heligeinstein. HA, on vous en a pas parlé souvent de celui là, hein.

Le klevener est le synonyme du cépage savagnin rose. Qui serait en fait du traminer, vous suivez?

Je reprends: le traminer aka savagnin rose aka klevener serait présent depuis très longtemps en Alsace. Peu à peu supplanté par le gewurztraminer, jugé plus aromatique, il ne s’utilise et ne se trouve pratiquement plus qu’autour d’Heiligenstein.

L’aire de production est délimitée au lieu-dit « Au » situé autour du village de Heiligenstein,  géologiquement constitué de masses de galets, de sable et d’argile et orienté Sud et Sud-est avec une altitude se situant entre 200 et 300 mètres.

Je dois dire que je n’en ai pas goûté des masses, donc difficile d’établir des comparaisons.

klevenerbisCelui-ci était plaisant sans plus, pour faire un apéro sympa.

Mais celui de Rietsch.

Mes aïeux.

Ça envoie du lourd. C’est bourré de fruits, d’énergie, ça y va à coup de bourre-pifs bien sentis, pas d’esquive, pas le temps, on s’en prend plein la caboche tellement c’est bien foutu. Une vraie révélation.

Un O.V.N.I, objet viticole (presque) non identifié.

Comme on dit en cuisine moderne

Il nous a sublimé le cépage, en partant sur du ludique, qui lui donne un côté gourmand croquant.

Ça ne veut rien dire? Hé ouais.

Message personnel: gens qui utilisez ce type de vocabulaire, foutez la paix à la bouffe, et respectez-vous un peu.Et prenez moi un verre de ça, pour voir. Ça devrait vous clouer le bec, à tout jamais.

Parce que quand c’est bon, on la ferme et on avale.

Merci.

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5 réflexions sur “My tailor is Rietsch*

  1. Yom ! Ca donne envie ! En plus le monsieur a l’air très très intelligent, et j’adore sa comparaison sur son site :

    Les vinifications « classique» et « nature » reposent finalement sur deux philosophies complémentaires qui ne sont pas contradictoires. La première vise à capter et à conserver un moment privilégié dans l’équilibre d’un vin; elle pourrait faire songer à l’approche du photographe qui saisit un instantané. La vinification « nature » veut plutôt permettre au vin de développer sa vitalité et son énergie à travers le temps ; elle pourrait évoquer la pratique du musicien, qui, entre prise de risque calculée et confiance, se lance dans une improvisation sur un thème donné.

    Marrant, j’aime et je pratique presque autant la photo que la musique…

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