Savoie bien! *

– J’y trouve un goût d’pomme, non? – Y en a

*mmmmh.

Dis, Sand, tu voudrais pas écrire un billet sur de bons vins, peut-être sans soufre qui donneraient pas mal à la tête, tu sais?

Mais oui, mes petits bouchons, bien sûr que oui.

Car malgré mon proverbial mauvais caractère parfois je sais me dévouer et rendre vos vies plus belles en écrivant sur ce blog. Ce n’est pas le cas? Laissez-moi y croire, tsss.

Avant de continuer la lecture si on ne sait pas ce qu’est le soufre ou ce que sont les sulfites on lit ça.

J’ai plusieurs nouvelles pour vous, une bonne et une mauvaise. On va commencer par la bonne:

Des chouettes pinards, y en a plein.

La mauvaise nouvelle c’est donc celle-ci: oui, vous avez bien lu, il parait que malgré ce qu’on dit souvent la présence de  soufre dans le vin ne serait pas corrélée à l’apparition des maux de tête. C’est rude pour ceux qui pensaient que ne boire que du nature (vin, j’entends, n’est-ce pas?) leur permettrait de faire la bringue jusqu’à pas d’heure, d’écluser sans peur et de ne pas en subir les reproches et céphalées le lendemain.

Las. Ça aurait été trop beau, dites donc …

Pour autant est-ce que ça ne sert à rien de privilégier le nature si on veut éviter les plombs dans le crâne? Et bien…  Oui et non. Tout nature qu’il soit, le vin contient aussi de l’alcool et c’est surtout lui le grand vilain méchant pas beau. La bonne astuce, et quels que soient les vins bus, c’est surtout de boire autant d’eau que de vin (je sais c’est hyper dur, mais ce sacrifice est payant: on évite comme ça la déshydratation due à l’alcool, et on est moins sujets aux maux d’occiput). Le bon réflexe, c’est donc ça: un verre de vin devant soi, et à côté un verre d’eau. Enfin, quelque part, boire du vin et le choisir en argumentant des raisons de santé, médicales et tout ce qu’on veut, ça m’a toujours semblé être un prétexte  fallacieux pour se donner bonne conscience.

Un peu comme les boules de Geisha… Oui, on vous dira que c’est médical, pour rééduquer le périnée mais ne nous leurrons pas, c’est un sex-toy (c’est une amie qui me l’a dit).

Métaphore pas choisie au hasard: on ne devrait pas choisir un vin pour une pseudo-inocuité, mais bien et surtout parce qu’il donne du plaisir. Beaucoup de plaisir, non?

Bon, après, suivant la corpulence, le sexe et l’héritage génétique (coucou mes ascendants hollandais) on n’est pas tous égaux devant l’alcool, ou la migraine. Le mieux c’est donc de connaitre ses limites.

Fin de la parenthèse raisonnable, parlons pinard.

Et de Savoie. Car Savoie bien.

Le domaine Giachino est un de mes derniers coup de cœur. Déjà, la Savoie, cette région injustement méconnue, moi ça me donne envie de me bouger le cul pour que vous en buviez. Et qu’on ne réserve pas ses vins qu’à la tartiflette, fondue ou raclette même si tout plat qui contient des patates et du fromage remporte forcément mes suffrages.

C’est donc un domaine en bio. Ce qui est pas mal, mais qui n’est pas tout. Qui a les cépages classiques de la Savoie (jaquère, roussette en blanc, mondeuse et gamay en rouge) mais aussi le vieux cépage rouge appelé persan.

Au niveau purement technique ce qu’il faut savoir c’est que si la vigne est conduite en bio, le vin est aussi vinifié « en bio ». Pas d’intrants, sauf parfois du soufre en quantités très raisonnables.

Pour les blogueuses modes qui me liraient (raccrochez c’est une horreur), les étiquettes sont juste magnifiques. A mon avis. Mais je suis pas critique d’art, ni une fille. HAHA.

persan

L’important n’est pas là.

L’important c’est de foutre son tarin dans un verre de persan, d’être dérouté par un côté un peu sauvage, un peu retour du sanglier pas content et plein de boue et puis après quelques instants, cet aspect rustre disparait et on a une bonne part de tarte aux myrtilles. La bouche est aguichante, ronde sans en faire trop, avec une finale qui claque parce que merde, faudrait voir à se servir un deuxième verre là.

L’important c’est de redécouvrir la jaquère en trois façons: du très léger primitif, de la dansante monfarina à celle qu’on croit connaître, l’apremont.

L’important c’est de laisser la mondeuse s’exprimer, avec son épice qui rappelle la syrah (normal, elles sont cousines).

L’important c’est d’arrêter de pérorer et de goûter. Allez, santé!

Pour remettre à jour ses connaissances sur les vins de Savoie, ou les découvrir, y a un super topo, là.

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6 réflexions sur “Savoie bien! *

  1. « La bonne astuce, et quels que soient les vins bus, c’est surtout de boire autant d’eau que de vin » – pas évident, mais grandement facilité lorsque le restaurateur vous apporte une pleine carafe d’eau. C’est quelque chose que j’apprécie en France.

    Concernant les vins savoyards, il faudra que j’en goûte à nouveau. Pas évident, ça s’exporte peu en Suisse. Merci pour cet intéressant billet!

  2. Tiens j’avais gouté leur monfaria qui avait fait un tabac, tu me donnes envie de gouter le persan. T’as pu gouter la bulle aussi ?

    Sinon en Savoie ne passez pas à côté du gringet de Belluard à Ayze (entre milles autres choses).

  3. Découverte du dimanche matin de ma Savoie enneigée, et oui le persan et autres cépages rares sont à découvrir!!
    la Savoie vous attends et vous promets monts et merveilles!!

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