on fait l’bilan, calmement *

stvé1*oui, enfin « calmement »… hum

Je n’ai pas bien bien le temps de rester les fesses posées sur une chaise plus de dix minutes, donc d’écrire des billets autres que courts et décousus. Et ça, tu t’en fous public, ce que tu veux c’est des phrases à lire, du sang et des larmes etc.

Oui mais décembre.

Décembre, c’est un gros mois pour les gens en général, pour les cavistes en particulier. On doit prévoir ce que vous aurez envie de boire le 24, le 25 et les autres jours. Chercher ce qui pourra faire plaisir à vos grands-oncles, tantes, mamans, sans tomber dans la facilité (non, on n’offre pas du champagne rosé à sa maman, merde quoi)(le marketing con ne nous aura pas).

Sans compter que les cavistes parfois, pris de folie passagère se disent « allez, cette année, on investit dans les havanes. Quoi, j’y connais pas grand chose? Ben je vais apprendre. Oui, en en fumant, aussi.  » La bonne excuse. Bref.

J’ai même pas le temps de vous parler de Cacahuète, ce fitou complètement démentiel que j’ai adoré.

  stvé4Pas non plus pour évoquer Balthus, un grand « petit vin » de bordeaux (oui, j’ai aimé un bordeaux, encore, je dois avoir été maraboutée).

stvé3Le temps des cerises n’est plus, il n’y a plus de sable dans mon sablier pour ce fabuleux griottes, un vin qu’on ne peut qualifier autrement que « rageusement bon ».

stvé2 Du « les chassagnes » de Bornard, mon vigneron coup de coeur 2013 du Jura.

De l’incroyable maîtrise du sucre sur le Fanny-Elisabeth de Meyer. Du toujours magnifique saint-véran des Perraud, du surprenant domaine de Bablut en anjou un vin mignon et frais comme une joue de pucelle un soir de printemps.

stvéOn se prendrait bien une poire de chez Cazottes, mais je suis comme le lapin blanc… Pas le temps, pas le temps.

Les palettes, le stress, les vins qu’on a aimés, choisis…

La fin d’année c’est aussi le bilan: j’ai passé une excellente année 2013. J’ai adoré plus que jamais tenir ce blog. Bon, c’est vrai, j’ai eu comme toujours un ou deux moments où j’ai rêvé de le fermer, de tout foutre en l’air et de partir aux Galapagos. Mais c’est ma cyclothymie naturelle, rien de grave.

En y réfléchissant, cette année à bloguer, avec plus ou moins d’acuité, de pertinence et de drôlerie m’a permis de rencontrer de chouettes types, de supers nanas, de croiser aussi à l’occasion et plus que ça de très chouettes bouteilles. Oh, pas que. Des machins imbuvables, il y en a eu aussi. Mais pas tant.

Ouf: je peux avoir encore un peu espoir en l’humanité.

Même si des bribes du-dit espoir s’envolent un peu chaque fois que je lis des blogs de filles vineuses.

Vous savez, ces blogs qui se croient obligés de faire figurer des anglicismes dans le nom. Parce que c’est plus hype.

Celles qui forcément foutent du rose, parce que hihihi, le girly (pas de méprise, j’adore le rose, mais pas comme étendard).

Celles qui pensent que bien écrire se résume à mettre des adjectifs tous plus alambiqués les uns que les autres un peu partout ainsi que des mots inusités dans un texte dont le sens n’a finalement qu’un intérêt tout relatif.

On m’a reproché de ne m’attaquer qu’aux nanas, donc promis l’année prochaine je taille les mecs: c’est tout de même pas de ma faute si en nous serinant depuis toujours que les filles sont plus créatives et plus littéraires, on a créé ces cohortes de blogueuses à logorrhée indigeste.

Rien que pour ça, on devrait combattre le sexisme. Pour ne plus les encourager à pondre.

Hinhinhin.

Toutes les initiatives, tous les moyens d’expression sont bons tant qu’on parle de vin?

Je pense qu’on dessert ce beau sujet en étant ridicules, fats, inconsistants, girly, trop longs, pas assez, hermétiques, obscurs, imbus de nos propres commentaires.

Je m’inclus dedans, bien sûr: il faut de temps en temps faire son auto-critique et se rappeler pourquoi on écrit.

Écrire c’est dire. C’est gueuler. C’est s’émouvoir. En ce qui me concerne, j’écris parce que je n’ai pas le choix, j’écris parce que je ne sais rien faire d’autre.

Et j’écris aussi pour qu’on me lise, qu’on m’entende.

Qu’on m’aime? Plus maintenant, j’ai réussi à dépasser ça, même si les commentaires élogieux me font toujours rudement plaisir.

En revanche, écrire sur un sujet que l’on connait bien, pour l’explorer encore et le partager avec d’autres est un kiff total. Le vin est presque un prétexte. Presque. J’assume: le vin c’est tellement d’autres choses que du raisin fermenté. C’est des couleurs, des odeurs, des moments, de la vie, des circonstances, des mots, des rires, et des atmosphères.

Et ça, je prends un pied monstrueux à vous les décrire. A vous lire en retour.

Mieux encore: découvrir que les vignerons qui ont fait les vins dont je vous parle  lisent.

Bon, j’avoue, ce n’est pas sans une certaine appréhension: j’ai pris le parti de dire la vérité, toute la vérité, toujours. De ne pas cacher quand une bouteille n’est pas au mieux de sa forme, de ne pas occulter mon goût personnel bien différent de celui des autres, d’accepter totalement ma subjectivité et de la laisser s’exprimer. Je fais bien la différence ceci dit entre le respect du aux hommes, aux femmes du vin et au vin lui-même. Une bouteille peut avoir un défaut, un vin peut être « raté » mais quand le vigneron est sincère et honnête, … On n’est pas infaillibles et irréprochables, personne. Jamais. Ce qui compte c’est la sincérité, le coeur qu’on met dans les choses qu’on fait.

Et ça, j’en ai goûté plein.

Je pense particulièrement à Julien, dont le message reçu après lecture de son portrait m’a toute émue. J’ai fait comme d’hab’, j’ai rien laissé paraître, mais bon voilà.  En substance, il me disait que lire ce billet l’encourageait à continuer dans la voix qu’il avait choisie.

Je pense à Véro, aussi, avec qui- sans être toujours à 100% d’accord, nous avons des accointances certaines.

A Isabelle, dont j’aime autant les vins que l’engagement.

Ça fait un bien fou, vous savez?

C’est même magique, un peu.

C’est de l’échange. C’est de l’humanité.
C’est ce que le vin permet, n’en déplaise aux grincheux, aux poseuses, aux adeptes du bling bling pinardier, aux buveurs d’étiquettes, aux blogueurs décortiqueurs, aux râleuses pathologiques dans mon genre, aux vidéastes amateurs, aux journalistes adeptes du scud, bref y en a pour tous les goûts.

Ma grande fierté est aussi que ce blog soit lu par des gens qui ne liraient pas habituellement de blogs vins. Parce que j’essaie de parler à tous, de ne pas m’enfermer dans les codes du vin, de sortir de la tour d’ivoire et de mettre le plaisir à portée de tous. Sans infantiliser, sans bêtifier pour autant.

Oui, il y a du vocabulaire qu’il faut s’approprier et non, ce n’est pas insurmontable.

La preuve:

voc

Évidemment, on peut faire plus circonstancié, c’est même pour ça qu’on a un blog, l’astuce!

Il est encore un peu tôt pour vous souhaiter de bonnes fêtes: je vais pas vous lâcher comme ça, en fin d’année. Vous seriez capables de mettre du sauternes sur du foie gras ou pire d’aller chercher du vin en grande surface!

Non, je vais encore vous tenir un peu la main -la jambe tout au long de ce mois.

Promis. Et même l’année prochaine, soyons fous.

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16 réflexions sur “on fait l’bilan, calmement *

  1. Hé bin laisse-moi te dire en retour que tu es de loin la meilleure trouvaille que mon taf de journaleux m’ait fait faire, ex-aequo avec Nicolas Lesaint. Parce que ta « ligne blogoriale » qui oscille entre l’éviscération de blogueuse girly et de péteux qui tortillent du cul de bouteille pour picoler droit, la tonte de Nicolas le Mouton Cadet, les coups de coeur sincères (pas de copinage ou alors tu caches bien ton jeu) et les séances didactiques, ton blog est pour moi salvateur face à ceux qui voudraient que le pinard reste dans le giron des élites.

    Point de crème à reluire dans ce commentaire, quand j’aime je le dis. Quand j’aime pas, j’ai pas encore passé le cap de le dire.

  2. pas mieux que Ben (très bien dit en passant…). L’écriture n’est pas mon fort, mais j’adOOOOOre te lire. A chaque nouvelle parution, un moment de détente, de rire, bref du bon temps. Et crois moi, dans mon métier, je ne croise pas que des drôles (enfin si tu connais un banquier drôle…). Tu serais bien mon AUDIARD du monde viticole, et ça fait de bien. Je partage et conseille régulièrement ta poésie.
    Continue comme ça encore très longtemps.
    Avec mes remerciements!

  3. Bon, tout ça veut dire que tu vas continuer à nous abreuver pour un bail. Perso, quand je te lis, je me mets à rire tout seul. Et rire, on en a hachement besoin. Autant que de boire du pinard. 😉 Bye Girly !

  4. Moi je le trouvais tellement bien ce blog, je m’étais dis «Hé je vais en ouvrir un aussi, j’aurais l’air trop cool». Haha, l’échec. Non, lecteur c’est très bien, et apparemment on va pouvoir te lire encore un petit moment : tant mieux.

    J’attends avec impatience le billet sur le foie gras et les fêtes, je sens que certains vont en prendre pour leur grade (car c’est quand même aussi pour ça que l’on te lit).

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