Et l’alcool arrange ça*

*le monde me donne la gueule de bois

I have a dream

Le rêve que peut-être, éventuellement, ces réveillons ne soient pas l’occasion d’autres massacres que celui des dindes.

Bien que je ne veuille aucun mal à ces animaux, mais j’aime la tendreté de leur chair, que voulez-vous, on ne se refait pas.

J’ai déjà évoqué le cas champagne, on parlera des vins à table plus tard, aujourd’hui penchons-nous sur un autre épineux problème.

Alcools. Comme disait Apollinaire qui n’était tout de même pas la moitié d’un con:

Cet hiver est très froid le vin sera très bon

Les alcools, donc, je me rends compte souvent à mon grand désarroi que l’on ne sait pas comment les servir. Dans un verre, oui mais encore?

On va y aller tout doucement, ce sera l’occasion de rappeler des bases.

Les alcools regroupent toute une série de produits plus ou moins forts, plus ou moins sucrés. On en sert certains à l’apéro (quoique j’aie certaines préventions, je préfère largement les vins ou les bulles à l’apéro, moins d’alcool, on ne se brûle pas le palais pour la suite), la plupart en digestifs.

Cas classique un: je voudrais une poire/une pomme/une prune.

Oui mais, eau-de-vie ou liqueur?

  • L’eau-de-vie obtenue par distillation est un produit sec: on a l’arôme du fruit, mais elle est généralement forte en alcool (autour des 40°) et on ne goûte pas le sucre.
  • La liqueur peut être obtenue par macération ou  infusion dans un alcool blanc, elle contient minimum 100 grammes de sucre par litre. Les liqueurs peuvent être légères (autour de 15, 20 ° parfois moins)  ou fortes.
  • Les crèmes sont en fait des liqueurs contenant encore plus de sucre (jusqu’à minimum 400grammes pour la crème de cassis). Elles agrémentent les cocktails et sont souvent une chouette alternative pour celui qui veut un apéro un peu doux alors que tout le monde préfère un vin blanc sec ou une bulle. Une lichette de crème de châtaigne par exemple dedans, et hop, original et bon. Et pas cher. Tout pour plaire (note pour plus tard: se faire embaucher comme pondeuse de slogans).

Il faut donc savoir si on aime le sucre, ou non.

piege

Pour tout ce qui est « blanc » je suggère toujours de servir frais. Pas glacé. Les eaux-de-vie de fruits passées en barriques seront moins à l’aise plus fraiches.

D’ailleurs, puisqu’on est là: on ne me jamais une bouteille d’alcool au congélateur. Sous aucun prétexte. Même pas pour refroidir plus vite. Au frigo, oui. Au congélo, non.

Un bon alcool ne mérite pas ça. Si l’on aime la fraicheur, on peut placer ses verres au congel’, ça permettra de conserver la température quand on versera l’eau de vie ou la liqueur dedans. Ceci est valable pour toutes les eaux-de-vie blanches, de quoi qu’elles proviennent.

Oui, même les grappas blanches (à base de raisins), les vodkas (patate, betterave ou grain), les gin (grains), les tequila (agave), les rhums et les cachaça (canne à sucre), les pisco (raisin), etc.

Difficile de lister toutes les eaux-de-vie blanches, je mets ici les plus classiques, mais sachez qu’on peut distiller à peu près tout ce qui contient du sucre naturel. Même les machins les plus improbables. Soit.

On trouve des versions premiums de certains alcools courants: le plus souvent cela signifie qu’on a affaire à une distillation plus pointue (parfois triple), des filtrations sur diamant, bref, on a mis plus de soin à faire. Logiquement ça se retrouve dans le goût, et dans le prix. Mais entre une vodka de base et une premium, tu fais vite la différence et tu gardes la première pour les cocktails.

Cas classique numéro deux: je peux ou pas mettre des glaçons dans mon whisky?

Et c’est je parie pour l’apéro?

Bon.

First: à l’apéro, j’ai tendance à dire que c’est pas l’idée du siècle, surtout si on a pris la peine de choisir des jolis vins derrière. La haute teneur en alcool brûle un poil les papilles, c’est dommage. Mais admettons, c’est les fêtes, je vais pas faire l’empêcheuse de tourner en rond.

On peut mettre des glaçons dans un whisky.

Attention, pas dans n’importe quel whisky. Dans le blend. Kesako?

Le blend est un whisky issu de l’assemblage de whiskies d’une ou de plusieurs distilleries. Il peut contenir des whiskies de différentes années, de différentes origines mélangés à du whisky de grain voire de l’alcool neutre. Les plus connus sont écossais. JB, Johnny Walker, Chivas, Clan Campbell, William Lawson, …Le blend est un whisky moins complexe que le single malt, ce n’est pas sa vocation première: c’est le type de whisky le plus produit, dépassant largement tous les autres.

Et dans le blend, on peut mettre des glaçons. Je n’irai pas jusqu’à écrire qu’il est fait pour ça, mais … Oh et puis si. Le blend, on peut aussi l’allonger: soda, tonic, coca. Ca tombe bien, moi quand je vois la pub William Lawson, je pense beaucoup à m’allonger. Ahem.

On peut donc le servir dans un verre à long drink (tubulaire haut, pour ceux qui savent pas).

En revanche, on ne met pas de glaçons dans un single malt. Hérétiques. Le single malt est un whisky obtenu par distillation de l’orge (ou orge et seigle) maltée(s). Il provient d’une seule distillerie. Les malts sont des whiskies plus complexes, plus longs, plus profonds. Certains whiskies non rectifiés (auquel on n’a pas touché au degré naturel d’alcool après évaporation) très hauts en alcool peuvent accepter -et c’est même conseillé- la compagnie d’un peu d’eau de source pour faire bien exploser leurs arômes. Ni soda, ni coca, ni jus, ni glace.  Le verre à ‘sky traditionnel qu’on voit dans les films, c’est un verre très large, bas.  Moi j’aime bien le verre à vin, surtout pour les tourbés, à condition d’être raisonnable sur la dose hein.

Je ne vais pas rentrer dans les détails et toute la complexité des whiskys, ici je vous fait un point des « plus connus », promis, je ferai un billet plus complet ‘skys.

En 2014.

Hinhin.

Cas classique numéro 3: les alcools bruns, il faut les réchauffer.

Hot, une nana qui s’appelle « Bar ».

Ha.

Oui et non.

Les cognac (raisin), calvados (pomme), et armagnac (raisin) se servent plutôt à température ambiante, de même que les grappa brunes (raisin, passées en fûts).

Pour les rhums, deux écoles: certains les aiment sur glace, d’autres comme les cognac.

Je donne mon avis? Moi je trouve qu’ils s’expriment vachement mieux sans glace, ils sont plus ronds, plus expressifs. Bon, l’alcool « mord » un peu plus fort? Chochottes.

Je sais qu’il y a un je ne sais quoi d’éminemment sexy de laisser fondre des glaçons dans du rhum très parfumé, mais pauvre, pauvre rhum…

Surtout s’il est agricole. Sa délicatesse, son côté floral, halala, on le diluerait, on perdrait une part d’arômes et on mettrait tout par terre?

Point rhums: si on veut être schématique et pour se faciliter la vie à l’achat les rhums bruns se divisent en deux grandes familles.

  • Les agricoles: issus uniquement de la canne à sucre, provenant de Guadeloupe, Réunion, Martinique et aussi île Maurice désormais, ils sont en général plus secs, plus fleuris, et très élégants.
  • Les mélasses: issus d’un peu partout mais surtout de la mélasse, le résidu de la distillation de canne, ils sont plus costauds, plus fruits secs, parfois plus caramélisés.

L’idéal c’est un verre qui tient dans la paume de la main. Il va se réchauffer tout doucement, prendre la température du corps, et paf, rhum magnifié. C’est pas autrement plus sensuel, ça?

(pour le rhum blanc, moi je l’adore avec trois-quatre gouttes de citron vert, un splash de sucre de canne, et that’s all)

Cas classique numéro 4: j’ai pas digéré, chef, une verveine!

Excellente, excellente idée! Les verveine, les izzara, les chartreuses, mais qué bonheur. Plus costaud, le génépi est aussi super bon. Puis ça t’as un petit côté bucolique, la montagne, les montagnards et toute référence cinématographique que tu voudras bien inclure.

Tous issus de plantes connues pour leurs propriétés digestives, ils se servent sur glace, dans un verre bas et large.

Cas classique numéro 5: au secours, y a des dames!

Et les dames, ça préfère le sucre.

HAHAHA.

Essaie de me coller un amaretto pour voir, et je t’en retourne une.

Soit je ne suis pas une dame, soit… Tire tes conclusions.

Il y a une foultitude de liqueurs ou de boissons alcoolisées sucrées: les plus connues celles à base d’agrumes, Eau de Villée, Mandarine Napoléon, Grand Marnier, Limoncello. Mais peu ou prou, on trouve des liqueurs à base de tout, même d’asperge, c’est dire.

La plupart du temps, elles sont servies sur glace. Pour des raisons pratiques, la bouteille venant du frigo, c’est bien aussi.

En gros, il faut posséder quelques verres bas et larges pour les liqueurs, on pourra utiliser les mêmes pour les alcools bruns, des longs drinks ou tumbler pour les blend whiskys, et pour le reste on peut franchement utiliser les verres à vin. Sur pied, comme ça on n’influe pas sur la température qu’on serve une eau de vie de prune ou un whisky.

Voilà, j’espère que ça servira, car comme dirait Julien:

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Une réflexion sur “Et l’alcool arrange ça*

  1. Heu un peu rapide le raccourcis sur les blends. Si un jour je vois des glaçons dans un hibiki, même de 12 ans je fais un infarctus… et de 30 ans, je vole la bouteille, le mec la mérite pas et comme ça j’aurais la chance de gouter…

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