Je vous ai apporté du bon, bon*

*tiens voilà du bon vin, voilà du bon vin. Pour les belges, y en a pu.

Tiens aujourd’hui soyons fous: aidons les gens, soyons magnanimes et adorables, écrivons un billet à imprimer et coller sur la porte du frigo, afin que le monde soit éclairé et sache répondre à cette question lancinante: Quel vin amener quand on est invité quelque part?

Oui, nous avons décidé de parler de nous comme cela, car il est de notoriété publique que nous avons pris la grosse tête depuis vous savez quoi. Que nous avons renié nos principes féministes (3 femmes sur 15 récompensés, c’est bien peu et accepter relève de l’injure à la Cause), et également trahi la cause du petit caviste de quartier.

Bref, nous sommes un fléau. Pour retrouver quelques points de karma, aidons le peuple.

Quelques petites questions que l’on se pose sans oser demander à son caviste:

Cher ou pas?

Dépend totalement de votre budget. Mais on n’est pas obligés de mettre trente boules dans une bouteille, il y en a déjà de très chouettes autour des 8/9 euros.

Une ou plusieurs?

Là aussi, ça dépend de votre budget. 3 bouteilles autour de 9, ça fait une à trente. Donc, à vous de voir.

Si on en prend plusieurs, les mêmes ou des quilles différentes?

L’avantage de bouteilles dissemblables, c’est qu’on peut goûter à plusieurs trucs.

L’avantage de choisir plusieurs bouteilles identiques, c’est que le bénéficiaire pourra les servir à un dîner ultérieur comportant plus de quatre personnes. Appréciable s’il reçoit beaucoup.

Rouge?

Traditionnellement, on offre plus de rouge que de blanc: j’ai toujours trouvé ça hyper dommage mais cela relève sans doute d’un fantasme encore bien ancré. Le vin blanc, ce n’est pas vraiment du vin. Le vrai, le beau, c’est celui qu’on sert avec le plat de résistance c’est le rouge.

Fuck!

Secouez-moi un peu tout ça: le vin blanc n’est en aucun cas un sous-vin. Jamais! Et même, soyons trolls, il est sans doute plus compliqué à obtenir, équilibrer, qu’un vin rouge.

Je vous dis ça, j’ai une passion totale pour les aériens, les volages, les angéliques, les suppôts de Satan, les libertins, les sages vins blancs.

Qui recouvrent un nombre infini de possibilités et de goût (le fameux goût du blanc, une de mes contrepeteries préférées).

Point n’est besoin d’aller chercher le marteau pour enfoncer le clou?

excellent bourgogne blanc, Le clou de Naudin-Ferrand

excellent bourgogne blanc, Le clou de Naudin-Ferrand

Vous avez compris? Osez offrir du blanc.

Quelles régions/vignerons?

Alsace ? Jean-Pierre Rietsch, Julien Meyer, Valentin Zusslin…

Sud Ouest? Jouves, Lassolle, domaine du Roc…

Beaujolais? Côtes de la Molière, France Gonzalvez, Lapalu, Pacalet…

Jura… Bourgogne… Rhône… Vous savez quoi? Faisons simple. Allez dans l’onglet « par régions » et farfouillez.Y a d’excellents tips pour des domaines vachement bien un peu partout. Oui, même en Savoie. Si vous avez la flemme, prenez vos petites papattes à votre cou et rendez-vous chez votre caviste préféré. Il vous aiguillera.

Vous n’avez aucune idée de ce que l’on mange? OSEF.

Normalement, en bonne société, on ne débouche pas une bouteille de vin que l’on vient d’apporter (et on fait livrer les fleurs avant, par exemple le matin, on n’arrive pas avec dans les bras comme un sagouin, pour ne pas embarrasser l’hôte/l’hôtesse obligé de trouver séance tenante un contenant approprié) (me demandez pas comment je sais ça, dans une autre vie je fus Nadine de Blogtschild).

Dans cette optique-là, on peut donc apporter absolument n’importe quoi. Enfin, n’importe quoi: on se comprend.

D’abord, chez qui va-t-on?

Cas n°1: chez des amis

Il est probable que n’étant point une engeance de mon espèce, vous ayez des amis. Il est même probable que vous les appréciez, et eux aussi en retour. Donc, lâchez cette bouteille de Tariquet, et on discute.

Si on a des amis funky, c’est peut-être l’occasion de leur offrir une quille qu’ils n’oseraient peut-être pas prendre eux-mêmes: un joli gaillac (domaine d’Escausses, domaine du Brin, domaine Causses Marines, domaine Plageoles), un chouette marcillac (domaine du Cros), un irrévérencieux du sud (les vins de Jeff Coutelou, ceux du Mas Coris, Arcadie ..) un excellent bordeaux propre (les 3 petiotes), un joli loire (la Grange aux belles). La liste est longue.

Un petit machin léger, aérien quoi :)

Un petit machin léger, aérien quoi 🙂

Avec de vrais potes, on peut franchement s’aventurer dans l’exotique, le nature, le pas conventionnel. Ce sera l’occasion de discuter la fois suivante: alors, ce vin là, ça a dit quoi?

(on n’hésite pas à recommander à ses amis de lire le blog, et même pourquoi pas de suivre la page FB. On n’est jamais trop bienveillants avec eux).

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Et même, si on les aime fort fort, pourquoi pas leur offrir des bulles? Du champagne? Je me suis déjà exprimée à ce sujet: il est réellement dommage de ne réserver le champagne qu’à certaines occasions. Comme on a très peu le réflexe de s’acheter soi-même du champagne comme ça, pour rien, rendons ce service à nos amis.

Cas n°2: chez des connaissances

On ne prend pas de risque: un beau classique bien fait fera toujours de l’effet. Surtout si ce sont des « connaisseurs ». par connaisseurs, j’entends ceux qui recherchent systématiquement les mentions « mis en bouteille à la propriété » ou « vieilli en fût de chêne ».

A ceux-là, on offre bordeaux, bourgogne, avec le plus de médailles et d’armoiries possible.

Le vrai amateur de vin ne se prétendra jamais connaisseur, et sera toujours heureux de découvrir ce qu’il ne connaît pas. A bon entendeur….

Comme ceci, sublime cahors-velours

Comme ceci, sublime cahors-velours

Cas n°3: chez ses parents/beaux-parents

Impressionner les auteurs de vos jours ne sert pas à grand chose: même s’ils s’en défendent, ils conservent pieusement la photo de vous cul à l’air sur un tapis à longs poils synthétique et la regardent de temps à autre l’œil larmoyant. Vous êtes -et serez toujours- le Bébé Chéri.

Mais leur montrer qu’ils vous ont donné une bonne éducation, et du goût est sympathique. Sortez du classique et proposez-leur de l’irouléguy, du côtes-de-forez, du chateaumeillant… Toutes petites appellations bien trop peu connues.

Vous pouvez même jouer les fanfarons en leur sortant du domaine des Pothiers: quoi? C’est la révélation de l’année, pas moins!

Impressionner les auteurs de ses joursà elle /lui ne sert pas à grand chose non plus, surtout si la fille/le gars a moins de 30 ans. Un reste de révolte adolescente est toujours là, tapi, et l’occasion de dire fuck à ses parents pourrait bien vous valoir amour et félicité sexuelle en retour. Soit, choquez: tapez dans le vin de France. Comme vous êtes tout de même malin comme un singe, prenez-le d’excellente qualité. Le moment de fureur passé « quoi, il nous prend pour des buveurs de piquette? », ils se rendront à l’évidence. Le vin est génial, et boire des étiquettes n’a jamais fait jouir personne.

Cas n°4: chez son chéri/ sa chérie

Oh lala. Que vous voilà conjointement sur les chemins de la débauche et du stupre. Convenons que ce n’est pas aisé, surtout d’un point de vue ligamentaire. Réconciliez tout ça avec une belle bouteille de liquoreux. Sauternes, monbazillac, coteaux-de-l’aubance. Ces vins mal-aimés, mal-connus, dépréciés parce que soit-disant trop pompeux, trop lourds, trop sucrés font un réalité d’excellents compagnons de post… Heu. Allez, de post-coït. Muscles relâchés, cheveux défaits, au lit, on apprécie encore mieux leurs architectures délicates, leurs constructions arachnéennes, là où le sucre le dispute à l’acidité, la bouche remplie encore du sel de l’amour.

Cela suppose bien évidemment que vous ayez déjà fauté: si tel n’est pas le cas, tentez-le/la avec du crozes-hermitage.

Au hasard, celui-ci.wpid-1389560260673.jpg

Une telle texture veloutée ne peut que faire se pâmer l’objet du désir. Et une fois pâmé(e), emballé(e) c’est pesé!

Cas n°5: très très particulier

Vous n’êtes pas supposés apporter une bouteille par politesse, mais les quilles du dîner et vous ne savez pas ce qu’on mange.

Remarque un: m’enfin!

Remarque deux: si vous l’avez accepté, c’est que vous êtes exceptionnel(s)

Soit. Prévoyez un joli blanc, un peu nerveux mais pas trop qui fera le beau en cas d’entrée de poisson/ de viande plutôt légère. Du tout-terrain parfumé et frais. Sauvignon, Loire. Quite easy.

Et un chouette rouge, sans trop de matière si le plat est léger mais avec du jus tout de même: in pinot noir we trust. Que vous alliez le chercher en Bourgogne, en Savoie ou dans le Jura, il se prêtera à plein d’accords.

L’occasion aussi de rappeler: le meilleur accord qui soit, c’est surtout quand on passe un bon moment avec les personnes avec qui on se trouve. Pas d’avoir suivi à la lettre les reco de sommeliers coincés.

Gros KISS.

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Une réflexion sur “Je vous ai apporté du bon, bon*

  1. Oui, je sais ! Une bouteille de vin, cela se conserve, cela se déguste… mais cela se lit aussi. Et il y a des étiquettes qui disent tant de choses.
    Par exemple, un petit clin d’oeil à une amie cantatrice avec un vin de chez Chanson.
    Ou encore, ce « Confidence » qui apparaît comme un message… avant d’enchaîner en débouchant un « Soif de toi » du Domaine de la Tête Noire.
    De véritables confessions qui nous permettent, sans mot dire, de transmettre tous les messages que nous ne savons prononcer..

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