Bitte ein bit*

Prowein*ce qui n’a rien à voir mais m’a toujours fait ricaner, voilà voilà.

Les salons pros de vin, certains n’y foutront jamais les pieds:

C’est l’industrie, la boucherie, on goûte mal, on est bousculés, c’est mal organisé.

Ben, oui et non.

Je fais hyper bien la normande ces derniers temps, mon côté (peau de) vache qui ressort, sans doute.

C’est vrai que si on se base sur les chiffres, nombre de visiteurs, d’exposants, de halls, de surface au sol, on se rend compte très vite qu’on est loin de la petite foire artisanale aux vins.

Pour donner une idée, un salon pro, ça ressemble à ça:

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Multiplié par 7 ou 8. Non, 9.

Je vous présente Prowein, salon annuel qui se tient à Dusseldörf (pour les buses en géo, c’est l’Allemagne, hein, d’où le titre, jamais JAMAIS je ne ferai l’éloge de la bière. Surtout allemande).

Qu’est-ce qu’on y trouve?

De tout, même des petits producteurs artisanaux.

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Non, je déconne.

On y trouve vraiment de tout: l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche sont très représentées, mais il y a aussi du moldave, du slovène, du grec, du turc, … Et des vins français.

Sur une seule journée, impossible de tout goûter, même si on cavale (prévoir de bonnes baskets).

Évidemment, c’est un peu sportif, y a du monde, il faut se concentrer au milieu du bruit et de la foule. Ceci dit, en une journée, on peut tout de même goûter de jolies choses. Allez, z’hop!

Je connaissais pas du tout mais c’est mieux que Came-Rhône Diaz:

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Clos Bellane, côtes-rhône villages Valréas, et CDRV Valréas les échalas 2010

Gros coup de cœur pour le rosé, d’abord. Gourmand, frais, la curiosité me pousse à goûter le reste: bonne pioche! Crush  pour le côtes-du-rhône-villages Valréas rouge plein de fruit, de verve et de vitalité, les échalas étant un poil plus épaulé, du genre à déborder du marcel. Jolie maîtrise entre fruit, amers beaux, jus, acidité. Et puis ce qui m’a soufflée, un 100% roussanne les échalas: éblouissant au nez, long en bouche, sans aucune trace de lourdeur. Stéphane Vedeau possède aussi le domaine de la Ferme du mont (excellent gigondas Jugunda, et surprenant chateauneuf-du-pape blanc). Assurément, faut suivre…

La coop qui mérite la couRhône:

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Côtes-du-rhône Signargues, Andezon 2012

C’est un complot, encore du Rhône! Foutre!

Mais Estézargues fait régulièrement du très bon taf, à prix tous doux. La coop’ produit des vins de coop (assemblage de raisins de divers vignerons) et des « cuvées de vignerons ». Chaque vigneron possède « sa » cuve, et élabore son jus, à sa façon, en profitant de l’infrastructure et du commercial: tout bénèf.

Andezon est une cuvée que j’aime beaucoup: c’est mon idée du rhône sud, riche, sans ostentation, gourmand, épicé, équilibré.

Mentions spéciales au rigolo costières-de-nîmes, dont l’étiquette est dessinée par les enfants d’Estézargues (faut bien les faire bosser ces feignasses) et au domaine des Fées, qui est lui un vin biologique. C’est rempli de fraicheur, on imagine bien les barbec’s d’enfer et les grillades entre potes arrosées aux fées.

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Domaine de Périllières, costières-de-nîmes 2012

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Domaine des Fées, côtes-du-rhône 2012

 

 Le « Ha putain c’est bon mais y a plus rien à vendre! »

Je connaissais déjà les domaine Grolet-Peybonhomme, notamment pour les chouettes vacances de monsieur Merlot, goûtées en Loire l’an dernier, et plus récemment pour ça:

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Atypic de Peybonhomme, blaye-côtes-de-bordeaux 2012

Atypic, comme son nom l’indique est un bordeaux qui ne ressemble que de loin à l’idée que l’on se fait des bordeaux en dessous de 10 euros: austère, rigide, pas folichon. Non, Atypic est une vraie cuvée de vin torchable, qui se laisse boire très (trop) vite, avec une élégance et une précision dans le fruit qui laisse baba (au rhum).

Du coup, j’ai sauté sur le blanc de Peybonhomme.

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Chateau Peybonhomme les Tours, le blanc bonhomme

Et bah: c’est bon, très. Riche, complexe, gras, bien sûr c’est pas un vin d’apéro, mais un superbe vin de table. On lui acoquinerait bien des volailles juste rôties, des poissons avec un vrai beurre blanc, loin des minauderies et des maniaqueries voire hérésies topcheffiennes. Ce vin là réclame du bon, du juste, du vrai, du beau produit parce que c’en est un. L’ennui, c’est que comme toutes les bonnes choses, il y en a peu… Si vous en voyez chez votre caviste, ne lui lâchez donc pas la grappe, conseil de moi!.

Kekfrankos et Kadarka on y (hon)grois!

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Un joli rosé de kekfrankos goûté à la volée, entre deux stands: j’ai attrapé la quille, humé, y avait de la fraise et de la cerise écrasée, la bouche était à l’avenant, j’en sais pas beaucoup plus, ça m’a plu.

Et un kadarka, autre cépage hongrois vinifié en rouge cette fois.

wpid-DSC_3501.jpg Peut-être un peu too much dans la sucrosité, le côté un peu tapageur-moelleux-vindejeunesetdefemmes, sans doute. Mais  il faut reconnaître que c’était pas mal foutu, même si pas ma came. Pas plus d’infos non plus.

En voiture Simonis!

wpid-DSC_3511.jpgMonsieur, en flou à droite sur la photo, fait de très jolis vins. Les classiques sont bien, équilibrés, frais, avec de jolis amers et de belles balances sucres-acidités quand il y en a. Le gewurztraminer Kaefferkopf notamment est un genre de petite tuerie.  Mais le out of lui réussit très très bien.

Prenons du pinot noir, en sur-maturité, vinifions le en blanc, et paf! Lune rousse.

wpid-DSC_3515.jpgUn délice de petits fruits rouges croquants, de l’ampleur, de la douceur et de la grâce, n’en jetez plus ma bouche est pleine. J’ai adoré. Je sais pas quoi avec quoi le boire -un verre- parce que c’est déjà un dessert à lui tout seul. Je le tenterais bien sur un munster coulant, pour voir.

L’ultra-brut que t’aimes bien qu’il te foute un coquard.

C’était ma toute toute première fois avec le domaine Vazard-Coquard.

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Jean-Pierre et Caroline, que je ne connaissais que par facebook interposé m’avaient laissé deviner les immenses sourires que j’ai trouvé en arrivant sur le stand. Ce que je ne pouvais pas deviner sur facebook, c’est que Jean-Pierre est aussi très grand, ce qui est plus malencontreux pour mes cervicales. Ils sont situés à Chouilly, ce qui  me laisse un potentiel de jeux de mots assez délirants, et je les en remercie. Mais je n’abuserai pas et ceci étant dit, j’ai goûté quatre cuvées chez eux, en pur chardonnay. Mon coup de cœur goes to… L’extra brut, comme c’est étonnant! Voilà, j’aime la tension, la minéralité, la pomme croquante, la légère touche florale, et surtout la bouche propre et fine. Beau boulot.

C’est bientôt mon anniversaire!

Elisabetta Foradori est sans conteste à l’origine du plus grand vin actuel de la région montagneuse du Trentin. Un obscur cépage local, le Teroldego, qui connût son heure de gloire au Moyen-Age mais était depuis tombé dans l’oubli, a véritablement ressuscité grâce au formidable travail accompli depuis plus de 20 ans maintenant au domaine familial Foradori.

Je n’avais jamais goûté les vins de Foradori: erreur réparée!

Et…

Putain de bordel de merde.

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Pardon pour cet écart de langage, mais j’ai vraiment adoré.

Les blancs: le délicat, joli, transcendant manzoni. L’ opulent, splendide, équilibré mais très surprenant nosiola.

Les rouges de teroldego… Haaaaaaaaaaaaaaaaaan.

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Oui, je sais, ceci n’est pas un commentaire très construit, mais j’avoue que j’étais à mille lieues de l’analyse pure, je me suis laissée porter. J’étais sur le pas de la porte d’une maison en Italie, les pieds nus sur la pierre chauffée au soleil de la journée, crépuscule à croquer des olives noires. Assise à une table, chaleur et douceur du bois poli sous les doigts, piochant dans un compotier des fruits juste cueillis. Dansant dehors, un vieil air rital,  sous les lampions, et des enfants qui courent et se poursuivent. Bientôt ils seront trop fatigués, et on les verra, effondrés sur le banc, la tête sur les bras en croix. Bref, j’ai passé un très beau moment.

Mon préféré en rouge est Morei (en amphores). Bien que granato lui dispute la place d’honneur.

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Je vous informe que mon anniversaire tombe opportunément le 29 septembre. Et que si vous ne savez pas quoi m’offrir, ces vins-là sont sur la liste, parce que bon, soyons complets: ils ne sont pas vraiment donnés. Mais quand on aime…

Voilà. A bon entendeur !

 Comme on peut le voir, une journée sur un salon pro c’est très varié. Et encore, je n’ai pas mis tout ce que j’ai goûté: juste ce qui a un peu/ beaucoup retenu mon attention. Et oui, ce ne sont pas les meilleures conditions, c’est éprouvant, c’est fatigant, pour tout le monde. Mes gambettes criaient grâce, mon palais aussi en fin de journée. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour le pinard, tudieu!

 

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9 réflexions sur “Bitte ein bit*

      • bonsoir, madame deuxième, voire même troisième ou quatrième degré… mais les vins de Foradori – qui étaient déjà présents chez Petrissans avenue Niel à Paris 17e voilà une vingtaine d’années – valent bien de titrer à contre-courant. Mais nous avions déjà le Taulier habitué de la chose…

  1. Diantre, quel marathon.
    Fichtre, je n’en connais aucun mais c’est le propre d’un salon de chiner les dernières pépites.
    Bon, pas idiot quand même, j’ai déjà tasté la cave d’Estezargues mais leurs derniers millésimes (pas le 2012 mais avant) ne m’avaient pas emballé.
    Elisabetta Foradori, voilà un nom qui résonnent dans mes grandes oreilles.
    Malheureusement, je n’ai jamais eu l’occasion de déguster.
    Si j’en crois les gémissements des testeurs privilégiés à court d’haleine après ingurgitation, ça ressemble à un orgasme buccal façon brame du cerf aux confins de la forêt humide et brumeuse.
    Faudra vraiment un jour que je m’y colle ! 🙂

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