Belgappétit et Belgaboiraussi*

*j’ai jamais fait pire.

« ça te dirait de venir présenter trois-quatre vins belges lors d’un week-end culinaire ? »

Moi, on commence à me connaître, pour les conneries trucs farfelus je suis toujours partante. Surtout quand c’est demandé gentiment par Fabienne, un bout de bonne femme électrique à laquelle tu ne peux rien refuser.

Bref, des passionnés de cuisines, des pros, des amateurs se donnent rendez-vous le temps d’un week-end autour de la/ des volailles pour les dépiauter, cuire, préparer, désosser, mitonner, rôtir, il se murmure même qu’on en aurait cuit au foin.

Et moi?

Bah moi, je débarque avec armes et bagages sommelier affuté et œil vif, et hop.

L’assemblée est affamée et donc un peu dissipée: une première bulle rosée pourra peut-être calmer les estomacs torturés?

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Moustillant, ça veut dire qu’on n’est pas tout à fait sur une « vraie » bulle, comme un champagne ou un crémant, mais plutôt sur une effervescence toute légère, style frizzante. J’aurais pu d’ailleurs la garder pour le thème génial des VDV d’avril, bon.  En rosé, avec un peu de sucres résiduels, c’est un assemblage de régent et de cabertin (tous deux cépages interspécifiques/ hybrides). Pas étonnant si on sait que cette bulle est faite au Chenoy, grand défenseur de ce type de cépages, mieux adaptés selon lui au climat/au terroir belge. Au nez, c’est relativement léger, une ombre de fraise écrasée. En bouche, on croque dans un fruit rouge mais un peu court, jeune homme. La jeune mariée se rajustera vite en constatant la finale autour de l’amer, peu propice aux épanchements suggestifs que promettait la douceur du nez. C’est pas mal, mais y a mieux. 11€

On sort le blanc: auxerrois du domaine de la Mazelle, paf!

wpid-img_20140408_154225.jpgJ’aime beaucoup ce domaine, d’ailleurs un jour je vous raconterai ma descente de vignoble boueux  en 4×4 avec le proprio, moi qui aime tant les sports automobiles, j’ai cru mourir douze fois. Bref. L’auxerrois est un cépage connu en alsace, moselle, dans les côtes-de-toul… Ce n’est pas à proprement parler un cépage de grande envergure ou complexité, mais il donne -en général- des vins frais et faciles à boire.

Bingo, le nez est tout citron, pomme verte, et en bouche, une fraicheur toute pareille. C’est long, ça se tient sans s’écrouler, et surtout le plus amusant: il se révèle avec les huitres de Marie-France un compagnon charmant. L’iode de la charnue ressort, l’acidité du vin assaisonne. Parfait. 11.50€

Petite pause manger, parce que bon, on n’est pas au milieu de blogueurs culinaires et de chefs pour rien. Je retiens une extraordinaire bouchée de pigeon-foie gras enrobée de chou, d’une justesse telle dans la cuisson de la viande, rosée encore, moelleuse qui aurait fait se pâmer n’importe qui. Mais il faut se remettre au boulot, et comme on est là entre filles:

photo de José, les jardins de Pomone

photo de José, les jardins de Pomone

Ensuite, on ré-attaque. Pinot noir, 100%, du domaine de Mellemont.

wpid-img_20140408_154057.jpgL’avantage en Belgique? Tu t’emmerdes pas à chercher un nom pour tes douze cuvées, t’en fais qu’une en rouge, tu l’appelles? Bah oui, « le Rouge ».

Je connais moins ce domaine, pour tout dire c’est la première fois que je goûte une de leurs cuvées. Dans le brabant wallon, trois associés font un pari fou: muller-thurgau et pinot noir, hop on plante. Année après année, le vignoble grandit, les hommes apprennent, le climat capricieux durcit les cuirs. Au nez, on plonge dans du cassis, avec une touche de laurier. En bouche, la même, garçon. Le cassis en plein, une finale un peu végétale,  certains aiment, d’autres moins. En tous cas, pour les diverses préparations de volailles, ça collait pas trop mal. Mention au curry, qui étrangement profitait de la fraicheur du vin pour s’assagir. 13.20 €

Avec les desserts, la véritable débauche de desserts pour être exacte, on revient au chenoy. Un muscat bleu!

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Le muscat bleu est aussi un hybride, et même pour tout dire un raisin de table (par opposition au raisin de cuve, destiné à faire du vin). Peut-on faire de la picole avec du raisin de table? Pardi oui (chasselas naturel il revient au galop). Ici, on en fait une sorte de VDN.

Qu’est-ce donc que cet acronyme? Vin Doux Naturel, c’est-à-dire qu’on presse le raisin, on le laisse commencer à fermenter, et puis avant qu’il n’aie terminé (et donc « mangé ») tous ses sucres, on stoppe les levures en les noyant dans l’alcool. Ca hausse un peu le degré du vin, et conserve les sucres naturels du raisin, non encore fermentés. Au nez, ça muscate: bah oui, on n’en attendait pas moins! La bouche est suave, toute griotte et raisin, le sucre n’est pas envahissant, bref, c’est la plus jolie quille de la soirée. 9.90€

La preuve par quatre qu’on peut boire autre chose que nos bières en Belgique.

Si on veut voir les photos, le groupe facebook de Belgapettit.

(et des gros kiss aux reines, qui se reconnaitront)

 

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