Une Humeur, Pascal*

*dis, est-ce que tu Blaise?

C’est curieux comme, avec internet, et les smileys dégoulinants de partout, les Lol, PTDR et autres MDR, pratiquer l’ironie sans eux ou même la légèreté devient compliqué. Prenez une phrase toute simple.

Au hasard, celle-ci:

(c’est un métier, journaliste. De branleur, certes, mais c’est un métier)**

Balancez-là telle quelle sur les réseaux sociaux. Pas de smileys, rien. Attendez.

Sur twitter, les réactions sont amusées, ça charrie gentiment.

Sur facebook:

Qu’on soit clairs tout de suite: j’ai beaucoup de respect pour les journalistes, détenteurs de carte de presse ou pas, qui font un boulot de qualité, et qui croient en ce qu’ils font. Parce que j’ai la chance d’avoir côtoyé des journalistes à des degrés divers de responsabilités et dans des organes de presse différents, je vois UN PEU ce que ça implique, demande, etc.

Ouais et les blogueurs, c’est pas des branleurs?

Cette semaine j’ai découvert que certaines blogueuses avaient des agents pour gérer leurs rendez-vous, répondre à leurs mails, etc. DES AGENTS.

Suis-je blogueuse? Mon métier, mon activité principale c’est caviste. Pour tout dire, si on compte le temps passé par semaine à rédiger…

Mettons 3 billets/ semaine. Moyenne rédactionnelle: 3/4 d’heure, à 1h si je ne suis pas interrompue. Ce qui nous donne à peine  trois heures par semaine.

Mettons qu’on compte encore une demi-heure de réponses aux commentaires: un peu plus de 3 pauvres heures.

Je crois que je dois passer plus de temps à torcher ma fille.

Torcheuse de cul avant blogueuse.

(quoique chez certain(e)s le distingo soit pas évident)(mais c’est une autre histoire)

Après oui, je « réseaute » pas mal. Je suis blablateuse, voilà, blablateuse avant blogueuse. On m’étiquette « blogueuse », laissons parler les gens.

Tout ça pour dire qu’il n’y a aucune comparaison à faire entre un blog, en tous cas comme je l’envisage et le vit moi, libre et peu chronophage, finalement et écrire en tant que journaliste. Personne ne reverra mes phrases sans mon accord, ne déplacera de virgules, ne me coupera. Je n’ai pas de ligne éditoriale à respecter, pas de timing, pas de nombre de signes. C’est fatigant un peu d’en revenir toujours à ça: un blog est un blog, tenu par un journaliste ou pas, écrit de façon journalistique ou pas. Y a pas de concurrence ou dieu sait quoi, pas de jalousie à avoir: ce sont deux choses différentes. L’une est un métier, pour lequel on a une formation, duquel découle des honoraires, un salaire. L’autre est une activité libre, un peu comme le scrapbooking en moins naze (quoique).

Cette semaine je suis revenue un peu sur mon parcours: j’aurais pu mal tourner, j’aurais pu devenir journaliste.

Sortez pas les lance-flammes, sans doute qu’à une époque, j’ai nourri pas mal de fantasmes sur le fait de vivre de ma plume, comme nombre de gens qui alignent des mots. Sauf qu’écrivain, c’est globalement trop de discipline et d’incertitudes pour moi, que grand reporter c’est trop risqué et que journaliste…

Je suis une hyperactive paresseuse ce qui explique que je puisse pondre 3 billets/ semaine, voire carrément plus mais surtout si personne ne m’y oblige. Si je me sens en devoir de, je fous rien.

Voilà, c’est moi la branleuse, tout compte fait.

*insère ici un bon gros smiley qui tire la langue*

(imagine si Pasilaana avait du utiliser le smiley, rha, #pelleàneigementale )

Branleuse, oui, et de compétition qui plus est: en même temps, je ne dois rien à personne, j’ai aucune obligation contractuelle, so…

Sinon, cette semaine chouette rencontre avec Pierre-Nicolas du Clos Massotte.

massotte

Vie est un jus plein de pep’s avec un nez très floral (merci le cinsault) et une bouche faussement légère. En tous cas, ça se boit très bien.

Perle et pépin est la version plus couillue, plus de matière, plus de puissance, un vin qui a eu du mal à se terminer raconte Pierre-Nicolas, parce qu’il ne voulait décidément pas remanger tous ses sucres (finir sa fermentation pour obtenir un rouge sec). Finalement il y est arrivé, ouf, car c’est un peu tout ce que j’aime: un vin plein, rond, avec beaucoup de choses à dire et de la fraicheur en fin de bouche.

Je n’ai pas demandé son âge à Pierre-Nicolas, mais c’est encore un jeune vigneron. Le Clos Massotte, c’est un héritage, puisque les vignes étaient dans la famille mais passaient à la coop’. En créant le Clos, Pierre-Nicolas a privilégié la biodynamie, faisant chuter au passage drastiquement la productivité: 15hl/ha, c’est très peu. Peu sulfités, les vins, mais quand il faut, on met de quoi s’assurer. Histoire de pas jeter toute une cuve, comme c’est arrivé déjà. La biodynamie est venue tout naturellement:

Déjà, j’avais l’habitude de pas trop utiliser de médocs, plutôt de fonctionner avec de l’homéopathie. Ça me paraissait logique que la vigne, vivante, je la soigne comme moi je me soigne.Et puis, je me suis rendu compte qu’en mettant beaucoup de moi au vignoble, on était un peu « liés ». Quand je ne me sens pas bien, la vigne ne va pas bien, et vice versa. Je rééquilibre en m’écoutant, et tout va mieux.

Il est situé à Trouillas, dans les Aspres. Pour les nuls en géo, ça te fait plein Roussillon, ça. Sur 7 hectares, ça ne donne pas 0beaucoup de quilles à vendre. Faut donc se précipiter.

Les plus observateurs noteront qu’il y a trois bouteilles sur la photo. C’est parce que j’hésite à vous parler d’Ondine. C’est trop bon.

Grenache gris et blanc, + muscat d’alexandrie, et voilà ce qu’on appelle une petite tuerie.

Les grenaches ont un peu une tendance à l’oxy, donc je contrarie pas leurs natures.

J’aime assez l’idée du vigneron « accompagnant » plutôt que domestiquant. Même si je me doute bien qu’il y a un peu de poésie là-dedans, qu’on ne peut pas n’être qu’un magicien, qu’il faut aussi une vraie ligne forte, une rigueur.

 Revenons à notre ondine: un nez où pointe un peu d’oxy, oui, de l’amande fraiche, mais pas que. Imagine que dans un verger, tu renifles tout ce qu’il y a autour de toi. T’as un petit vent qui te caresse les narines, t’as les mollets chatouillés, complètement printemps. Puis plus tard, la bouche: tu croques dans un jona, jus dégoulinant sur le menton. En même temps, un panier d’amandes à proximité: croc-croc. Te voilà au moins en deux saisons, en deux gorgées. C’est pas joli ça? (pour faire un beau commentaire de gens du vin, on dirait que ce vin est complet, avec un nez fruité malgré un poil d’oxydatif, que la bouche est bien construite, privilégiant le fruit, mettant en avant la gourmandise, avec une fraicheur bien équilibrée, et une finale persistante).

Anybref: miom!

Voilà, ce sera tout pour le moment.

Et à tous ceux qui me souhaitent déjà un bon week-end pascal: je m’appelle Sand, ho!

 **adeptes du premier degré, passez votre chemin, j’ai déjà donné.

 

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