VDV#65: La bulle est Ailleurs*

*un peu comme la Vérité.

Et voici que nous sommes le dernier vendredi du mois.

Que les VDV, plus exactement les billets consacrés aux vendredis du vin fleurissent pètent dans tous les coins de la blogo (la blogo est-elle carrée ou plutôt rectangulaire, vous avez deux heures) et que quelque part, devant un ordinateur portable qui en a vu d’autres tel le lapin blanc (la lapine), une belge mal organisée commence à rédiger SON billet à elle de Présidente Éphémère.

Pour rappel, le thème choisi est la Bulle.

Car oui, ma nature paresseuse mais superactive me fait aimer la bulle à la démesure.

J’aime ce petit truc qui fait wizz, qui éclate sur le palais, qui plop aux oreilles, j’aime les pshiiiitt qui montent dans le verre, comme ça, tout shuss. Ca me parle bien ça, de partir au quart de tout.

Et en même temps, j’aime aussi prendre le temps, d’attendre qu’elle naisse cette jolie ronde, qu’elle et ses petites sœurs bullent en bouteilles, paressent un an, deux, plus encore avant de s’offrir aux  palais (garnier) les plus gourmands.

Nul n’est censé ignorer la bulle, disais-je!

C’est là que mon cœur de belge parle: nous sommes, oh nation généreuse, un des plus gros consommateurs de champagne au monde. Hé oui. Bien que le cava lui tire la bourre, au moins au nord du pays, le champagne est chez nous ZE bulle, Ze incontournable des fêtes, des anniversaires, mariages, divorces, et autres activités où l’on est plus d’une personne.

Autre particularisme belge: faites-nous parler de vin. Et bam! Vous ne remarquez rien?

Chez nous on parle de vins français et de vins … étrangers.

La France versus le reste du monde. On a beau se moquer de l’accent pointu du parisien, de ceux qui ne savent pas dire huit comme tout le monde, et sourire gentiment à vos hilarantes blagues belges, une fois, (my two cents) je crois qu’il y a en Belgique une affection certaine, voire une pointe de jalousie pour vos vins, les frenchies. On vous aime, on vous aime tellement qu’on se les approprie l’air de rien, en loucedé, qu’on sort le champ’ à la moindre occase et qu’on est loin de bouder vos crémants, vos pet’s nat’s et toutes bulles sorties de l’hexagone.

Alors voilà: ras-le-bol, my frogs.

Sortons, allons plus loin, évadons-nous pour une fois loin des champagnes. Pardonnez-moi Tarlant, Bérèche, Bedel, Pascal, Agrappart, Laherte…

Oublions les fines bulles des crémants, fussent-elles de chez Rietsch, prénom Jean-Pierre.

Faisons une croix temporaire sur les pet’ nat, et même omettons de parler de ces étonnants Globules roses (ils sont fous ces Ligériens).

wpid-dsc_3866.jpg J’aurais pu pourtant, un pur, dans tous les sens du terme cabernet franc, joli, frais, croquant. Un jus gourmand, pètant de santé et qui j’en suis certaine, ferait danser la gigue à un paralytique. Mais non.

Silence total sur la France.

Partons.

États-Unis d’Amérique, tes états d’âme, etc.

Sainte-Michelle, priez pour nous. Nous qui pensions qu’en dehors de la France, point d’élégance, point de salut. Michelle, ma belle sont des mots qui vont si bien ensemble n’est pas rengaine américaine mais est pourtant très bien adaptée à la bulle qui suit.wpid-dsc_3815.jpg

Délesté désormais de son « sainte », Michelle est une bulle qui peut-être se voudrait française: méthode qu’on ne peut plus qualifier de champenoise, encépagement franco-français. Hop, dégoupillons une sainte-Michelle old style.  C’est une bulle fine, ne manquant pas de classe, même si à mon gout elle est un peu trop dosée (comprendre: un peu trop riche en sucre). Il ne s’agit pas ici d’un « petit producteur artisanal » puisque sainte-Michelle est le plus gros producteur de sparkling de l’état de Washington.  C’est un gros producteur, tout court. Et pas tombé de la dernière averse: en 1974, au Los Angeles Times tasting, le riesling-johannisberg 1972 a reçu les grands honneurs. Ils produisent pas moins de cinquante-sept vins, juste en « tranquilles ». Hé ouais.

On ne se ferait pas battre pour en avoir mais ce n’est pas mauvais du tout. C’est même bon. Argh, me vlà à louer les mérites d’un gros faiseur…

Insérez ici un smiley ironique.

Cette escapade américaine ne doit pas faire oublier que tout près de chez nous, de chez moi, il y a aussi de la bulle.

Et zut, comme j’ai décidé de faire l’impasse sur la France, je ne peux décemment pas jouer les patriotes sublimes et être chauvine: bien trop français, ça!

Exit donc Ruffus, et les belles bulles des Agaises, à regret.

Maastricht? La ville des coffee-shops et du shopping décalé fait aussi du vin, peut-on le croire?

Cap sur Apostelhoeve, une bulle de … riesling!

apostel

Le domaine, créé dans les années 1970, un peu à l’écart de la ville, compte quelques hectares de muller-thurgau, d’auxerrois, de pinot gris et donc de riesling. C’est ce dernier qui m’intéresse, méthode trad’ hollandaise… Est-ce que la sauce prend?

En fait, oui, carrément! Ca faisait longtemps que je n’avais plus gouté un crémant ou assimilé de ce niveau: un bel équilibre, des bulles ni grossières ni vulgaires, une longueur… Quoi? Les Bataves sont presque meilleurs que nous au foot, et ils nous concurrencent aussi sur les bulles originales faites là où personne ne pensait possible qu’on puisse en faire?

POTVERDOMMEN!

Voilà de quoi, j’espère vous donner envie d’aller ailleurs. Quitte à revenir à nos vieilles chères amours françaises.

Aimer, c’est aussi savoir s’éloigner pour mieux se retrouver.

 

 

 

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