Bandol-eo, bandol-ea*

rouviere

ma vida, io la prefero… vivir assis (c’est plus confortable).

La boite mail du blog est souvent un joyeux gloubi-boulga: CP froids et impersonnels, communiqués dont je ne suis pas certaine d’être la bonne cible (les dernières innovations en matière de vernis, on ne peut pas dire que ça m’en touche une sans faire bouger l’autre, mais presque), des mails tarabiscotés des agences de comm’- vous ai-je parlé d’un monument du genre qui me proposait de relayer un événement sur mon blog ?

Les spectateurs pourront ainsi, avant et après le concert, humecter leurs lèvres de nectars veloutés et honorer leur palets de mets cuisinés avec amour.
HONORER LEURS PALETS.
(un rite de hockeyeurs, sans doute)
Le mieux? Le mail de relance, parce que je n’ai pas répondu au premier, avec un superbe copier-coller, où les fautes sont toujours magnifiquement présentes.

Chères agences, quand vous envoyez un mail, relisez-vous tout de même, c’est un minimum.

Parfois, mieux vaut la fermer et passer pour un con, que l’ouvrir et ne plus laisser aucun doute à ce sujet.

Mais ce serait injuste si je ne vous avouais pas que parfois je trouve des courriels sympas.  Comme celui de Claire. Claire Bunan, pour être exacte et précise. Flairant mon gout pour les vins de bandol -comment? je serais aussi prévisible?- la finaude me propose de gouter les siens. Et je dis banco!

Deux raisons: je n’ai pas envie de mourir idiote, et je ne connais pas le domaine ou de très très loin. Faut dire que Liège-la Provence, ça met de la distance, de suite.

Je ne vous fait pas l’injure de re-situer l’appellation bandol? J’en ai déjà parlé ici et là aussi
Pour ceux du fond, qui n’ont pas bien suivi:

Bandol est une appellation de rouge, blanc et rosé au bord de la Méditerranée aux iles d’or ensoleillées, aux rivages sans nuages… Ahem.

L’idée c’est que Bandol est avant tout un port que donc, ça tombe vachement bien quand tu as du vin à vendre, parce que c’est commode pour voyager. Maintenant cela te semble de moindre importance, mais remonte de quelques siècles. Des braies, des moustaches (hipsters avant l’heure). Il se dit que les âpres gaulois s’adoucirent aux contact des phocéens, descendirent de leurs grands chevaux (j’en connais des qui devraient prendre exemple, qu’ils soient poneys ou tracteurs) et se mirent à cultiver vignes et oliviers. Il parait que la treille adoucit les mœurs. Produire du vin, c’est bien encore faut-il aussi pouvoir en faire commerce. D’où l’importance stratégique des voies de communication, qu’elles soient terrestres ou maritimes.

L’appellation bandol ne se limite pas à la seule Bandol, d’ailleurs si Bandol donne son nom c’est surtout grâce à son port, les vignes sont ailleurs: sur environ 1500 hectares sur huit communes.  Provençale,  la couleur dominante est le … tadam… rosé!

Surpris?

Bien sur que non. On ne le dira jamais assez: bien que le rosé soit l’emblème des vins de Provence, un peu comme la mauvaise humeur est celui du Parisien, il existe de superbes blancs et rouges, qui plus est, très aptes au vieillissement. Un sol pauvre, caillouteux, plutôt calcaire, du soleil évidemment, les influences maritimes, ça c’est pour le bla-bla oeno-touristique.

On connait- si on est un tant soit peu curieux, LE cépage rouge de bandol: le mourvèdre.

Cépage caractériel, rude, noir, tannique, manquant de souplesse dans les premiers temps, mais superbe à la garde, c’est ce qui se dit sur lui.

Ou pas. Les mourvèdres peuvent aussi être charmantes, pas aériennes bien entendu, mais pleines de peps et de fruit: suffit de savoir leur causer.

Bref, c’est un cépage un peu ambivalent, d’où la difficulté de lui donner un genre: la, le mourvèdre? Je ne tranche pas.

Grenache, cinsault et carignan complètent l’encépagement rouge/rosés. Pour les blancs, c’est la clairette, l’ugni blanc et le bourboulenc qui sont les plus dominants, avec les seconds rôles marsanne, rolle, sémillon, sauvignon.

Venons-en au domaine Bunan.

Évidemment, comme une fille futée, je me précipite sur les Internets où je glane des infos.

C’est un domaine familial, créé dans les années 1960. Très bien. Il existe plusieurs types de vins, répartis par terroirs et appellations… j’en ai gouté trois le blanc, le rosé et le rouge du domaine de la Rouvière. Toujours sur Zinternet, on en dit ceci:

Terroir certifié agriculture biologique  FR-BIO-01 (label Ecocert), toutes les vendanges sont manuelles.

Les pieds les plus anciens, une exposition unique, des vins de longue garde qui expriment toute l’identité du Mourvèdre.

Bastide du XVIII ème siècle, le château domine un coteau taillé de restanques très abruptes, exposées plein sud : la vue porte jusqu’aux crêtes calcaires dominant le « Bec de l’Aigle ». Propriété de la famille depuis 1969, ce vignoble est riche de pieds cinquantenaires. Ses étroites restanques, tout juste assez larges pour recevoir d’un à trois rangs de ceps, grimpent face au soleil jusqu’au Château.

Bon, très bien. Un début de fiche technique un brin poétique, pas de quoi m’effrayer.

Le rouge est à base de -oh surprise- mourvèdre !

Vendanges tardives totalement égrappées. Macération de 21 jours en cuve bois tronconique. Élevage traditionnel en foudre, et en barrique suivant millésimes. 22 €

Moi, face à un inconnu, jeune de surcroit, je prends mes précautions: je carafe. Faudrait pas qu’il fasse son renfrogné. Au nez, on a de la confiture qui chatouille, ça pète le fruit, je m’attendais à plein d’épices, voire à un coté austère vu la jeunesse du pinard, il n’en est rien. La bouche est jolie, suave, avec un fruit toujours aussi présent, un poil de poivre, juste pour dire. Bilan: j’aime, même si je m’attendais à vachement plus couillu.

Le rosé:

Assemblage de Mourvèdre, Cinsault et Grenache. Pressurage direct de raisins vendangés de septembre à mi-octobre. Fermentation variant de 11 à 17 jours en cuve inox. Assemblage fin janvier. Mise en bouteille à partir de fin mars. Élevage en bouteille, en chais climatisés.

Tu vois le rosé insipide, ou vaguement bonbon que tu siffles glacé sur une terrasse avec des olives à l’ail? Et ben, c’est pas ça du tout. Au nez, ça passe easy pour un joli rouge léger: pivoine, gariguette, ça se pavane de toutes les tonalités de rouges. En bouche, c’est plaisant sans être facile, y a un coté « tu crois que le rosé c’est un truc de pouffiasses sans cervelle, moi je te montre que ça pue la classe quand c’est bien fait bordel de merde ». Ce n’est pas un rosé d’entrée de gamme, on tourne à 16 € oui. Qu’est-ce qui est choquant? C’est le prix qu’on mettrait pour un super blanc, ou un beau rouge. Et pas pour un rosé? Les œillères, c’est pour les chevaux (et on a dit qu’on en descendait). Je milite activement pour la réhabilitation du rosé, comme un vin à part entière, avec ses qualités. Peut-être moins de garde -quoique- mais un tel plaisir à prendre, un peu comme celui qui consiste à se glisser dans des draps tous frais en été, avec les lumières des stores qui strient la chambre et … Quiconque a déjà connu ce bonheur là sait.

rouviereblanc

Le blanc est une pure clairette. Clairette, ça rime avec guillerette, gentillette et enlève ta salopette.

Okay, je m’emballe peut-être un chouille. Soyons clairs (haha) c’est celui dont j’attendais le moins. Je ne sais pas pourquoi, une intuition.

L’intuition féminine, c’est de la merde les gars. En tous cas la mienne.

Un nez délicat, cou gracile de jeune fille frotté à peine au chèvrefeuille et au thé blanc, bouche mordue, un grain d’anis, croquant, un peu de sel, et les notes de fleurs qui continuent à embaumer, laissant longtemps leur passage, comme si la fille, envolée depuis longtemps, était encore un peu là. Ce genre de rêverie doucereuse ou avec des si… Et la quille est finie, la fille est bel et bien partie: on n’a qu’une envie, recommencer.

C’est ce que j’appelle de l’élégance au service de la soif.

 Même prix que le rosé: difficile de dire à un vigneron que son vin est un peu cher, mais on descendrait d’un ou deux euros que ça m’irait parfaitement.

On en a presque fini. Pour ne pas rester sur ma soif (sic), quelques questions supplémentaires à Claire:

Combien  d’hectares au total pour votre domaine?

Le Moulin des Costes : 20 ha

La Rouviere : 15 ha

Le Bélouvé ( côtes-de-provence ): 10ha

Comment êtes -vous venue au vin? Naturellement, une vocation? Auriez vous pu envisager autre chose comme métier?

Je fais partie de la deuxième génération, en effet mon père et mon oncle Pierre et Paul Bunan ont crée le domaine en 1961. Laurent et Françoise (les enfants de Paul) et Philippe et moi (enfants de Pierre ) avons rejoins le domaine au fur et à mesure. Laurent et Françoise depuis 25 ans, mon frère il y a 3 ans et moi il y a 12 ans.

J’ai fait des études de gestion et de marketing du vin, le choix de travailler au domaine s’est fait naturellement à la sortie de mes études car essayer de prolonger notre beau domaine est une priorité.

Quelles sont les ambitions pour vous/ votre famille à l’avenir?

Travailler ensemble le plus longtemps possible et perdurer notre domaine familial, faire du bon vin, dans les meilleures conditions et transmettre ensuite à nos enfants.

 Pensez-vous que la biodynamie sera encore plus au rendez-vous?

Oui je pense , nous avons commencé à nous y intéresser dès que nous avons intégré l’agriculture biologique, il nous manque maintenant le côté administratif Demeter.

Un truc dont je dois absolument parler?

Nous essayons aussi de développer l’oenotourisme et accueillons les amateurs de Bandol à la cave 7/7 jusqu’à septembre. Ensuite nous fermons le dimanche.

Voilà, si vous êtes/ passez dans le coin, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Je suis loin d’avoir gouté toute la gamme mais ce que j’ai pu déguster était sincère et cohérent. A bon entendeur…

Domaines Bunan

www.bunan.com

claire@bunan.com

Tel: 00 33 4 94 98 58 98

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Une réflexion sur “Bandol-eo, bandol-ea*

  1. ouiii !!! ça remarche !
    je disais donc :
    – même si les agences se relisent, pas sûr qu’elles voient leurs fautes. Comme trop de monde aujourd’hui. J’en ai le séant percé. Même chez les journalistes. Un plein temps ne suffirait pas à corriger toutes les fautes écrites de-ci de-là.
    – un ami de Caromb (Vaucluse) est allé faire réparer son ordi. par un ami à Liège car cela lui coûtait moins cher que le devis local. Il semble que des lignes te permettent aujourd’hui de voler à partir de Liège pour presque rien. La Provence n’est donc plus si loin. C’est peut-être le temps, voire l’envie, qui manquent davantage.
    – bravo, hein, avec ton titre…le résultat de The Voice, c’est de ta faute ! 🙂 Tu écouteras dix fois l’intégrale des Gipsy Kings pour la peine. NoMéHo !

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