Hummer du jour*

*pour changer du panzer

Message de service: ceci est un billet d’humeur, et comme la mienne oscille dangereusement entre grosse fatigue et « allez bien vous faire cuire le cul, tudieu », vous avez tout à fait le droit de passer votre chemin. Voire de lire d’autres billets, plus vins.

Ce genre de billet que j’écris, alors que rien de particulier ne m’y pousse, juste parce que j’ai envie de partager un peu, de donner mon avis (qui croira encore qu’il est humble, comme on me l’a rappelé très aimablement, moi à qui la vénérable RVF a donné un hochet. Un hochet qui a visiblement du mal à passer. Curieux, ce besoin de revenir à ça, de me définir par là, sans arrêt. Y a longtemps que moi je suis passée à autre chose. Il n’est pas ici question de parler du vieux-connisme, des postures d’aigreurs qui consistent à détester par principe tout ce qui  est à l’opposé de soi. Si vous ne m’aimez pas, sachez que j’en ai autant à votre sujet. Les personnes se reconnaitront, et auront la sagesse, comme elles le préconisent elles-mêmes, de m’ignorer autant que je les emmerde).

Ce genre de billets, comme celui d’hier. Écrit vite, sans prétention autre que d’être drôle un peu et d’informer.

On reproche sans arrêt à la blogo ses connivences, ses accointances, ses petits arrangements. Mais, soyons clairs: allez expliquer qu’il vous arrive de recevoir des échantillons -gratuits, cela va sans dire, c’est le principe de l’échantillon- et paf, vous vous ramassez quelqu’un sur le paletot pour vous accuser de faire de la pub.

C’est un monde: on reproche aux blogueurs leur manque de transparence, et quand ils essaient de l’être, ils deviennent subitement des vendus aux ordres du grand capital ou je ne sais quelles autres conneries fabuleuses.

J’explique pour tout le monde, les sourds des yeux et les malentendants du clavier, et je ne le répéterai plus.

J’écris en toute liberté, parce que ça me plait et me fait marrer.

Certaines des bouteilles dont je parle viennent de ma cave perso, d’autres de ma cave pro, d’autres sont des échantillons reçus de façon « pro », d’autres des échantillons « pour le blog ».

Comment je fais le tri?

Je ne fais pas le tri: je ne me fixe qu’une règle, être honnête.

Parfois l’idée ou l’envie d’écrire sur un vin me prend dès la première gorgée. Pour d’autres, ça ne vient juste jamais. J’ai tendance – comme beaucoup de gens- à vouloir rester sur mes terrains de confort. Suffit de regarder mes playlists (vieux chanteurs usés/drogués/alcooliques à voix grave, textes poétiques et mélancolie à tous les étages) ou ma bibliothèque pour comprendre. Alors je me force à rester curieuse, de tout.

Ça a l’air d’être un vœu pieux, vous pouvez toujours ne pas me croire, et au fond, là n’est pas l’important. Je suis honnête envers moi-même. Je goute, je reste au plus près de mes sensations, impressions.

Qui croit encore au mythe de l’objectivité totale?

Franchement, est-ce qu’on ne peut pas m’accuser de ne pas être objective quand je parle d’un vin que je vends, par ailleurs? Non, parce que si je les vends, c’est que je les aime. Fin de l’objectivité?

D’un vin d’un vigneron que j’aime bien? Délicat ça: t’aimes bien le gars/ la nana et tu dois parler de ses vins. Tentée d’édulcorer quand n’est pas génial? Pour l’instant, touchons du bois, je n’ai pas encore vraiment eu le cas.

Allez, poussons encore le bouchon: et les vins que je ne paie pas, je les goute moins bien? Si un pote m’amène une quille, pas le droit d’en parler?

Si payer ses bouteilles est le seul vrai garant de l’objectivité…

Quand bien même: vous qui me lisez, je suppose que vous le faites aussi parce que je donne des avis, sans me suivre pour autant comme des lemmings au bord de la falaise. Pour un certain type de gout, que j’exprime. Parce que je prends position. Parce qu’au final ce que je fais n’est pas objectif: c’ est guidé par mon caractère, mes expériences, mes envies.

L’honnêteté des intentions plutôt que l’objectivité.

Alors, oui, il m’arrive de recevoir des bouteilles. Sans l’avoir sollicité. Ce sont des vignerons, ou des commerciaux qui me contactent. Et je pourrais refuser: je suis curieuse, donc je fixe le deal.

Okay, mais j’ai un blog. Mon avis, positif ou négatif, sera publié. Libre à vous d’accepter la règle et de prendre le risque.

Parce qu’en vrai, je ne me sens pas femme-sandwich. Je n’ai pas vocation à faire de la pub. Mais  il me parait juste de m’ouvrir un max, à des choses que je ne gouterai pas forcément spontanément. Y a rien de pire que les gens emmurés dans leurs certitudes, à tourner en rond comme des poissons dans un bocal, et qui louent ou descendent systématiquement un type de vins.

Je ne me sens pas moins en mesure de donner un avis légitime parce que je ne paie pas. Quand on m’invite au resto, si ce n’est pas moi qui règle l’addition, ça ne me rend pas moins capable de donner un avis.

Après, qu’on vienne me bourrer le mou sur mon coté pubarde: hé les gars, réveillez-vous. Je tiens un blog, mon influence est toute relative, comme celle de tous mes congénères blogueurs, bien qu’il soit utile de le rappeler à certains. Je ne fais pas vendre des milliers de quilles à un vigneron parce que j’ai pondu un joli billet. Tout au plus, y a en bout de ligne un mec ou une nana, ou une équipe content(e) que j’aie trouvé leur travail chouette. Parfois aussi des déçus. C’est arrivé, et je suis emmerdée autant qu’eux. Bouteille à l’évier, une fois. Mais c’est le deal.

Sur la masse de billets pondus, ces quilles là, c’est peanuts.

La critique est aisée, l’art est difficile, c’est cela non?

Pour terminer, parce que cette semaine, on a beaucoup remué la merde autour des vins natures, j’avais envie de vous parler de celui-ci.

dolmen

Le commentaire spontané qui m’est venu en le goutant c’est « Nez de ouf, bouche géniale. Dolmen t’attrape le slip et lâche pas tant que t’as pas joui. »

Ai-je besoin d’en dire plus?

Moi ce vin là, il m’a botté. Grave. Vin d’Alsace du génial Patrick Meyer, du pinot blanc parti en sucette (manque de soufre? ), oublié, et tel Lazare ressuscité: il n’y a pas d’autres mots. On fiche le nez dedans, on s’attend au sucre, tellement c’est confit, exotique, prenant. En bouche, c’est d’une droiture presque sévère mais longue, longue, longue. Il en met du temps, le petit père à durer sur la jouissance. Et t’es au bord de l’extase, slip tendu, et ça finit par venir. Un seul défaut: la bouteille est bien trop courte. Cette bouteille, que j’ai payée (sic), c’est moins de 10 euros les loulous. Autant vous dire que c’est de l’exceptionnel à portée de bourses, de toutes les bourses.

Preuve en est que: les natures, ça doit pas forcément se biberonner à la sortie de cuve, ça peut/ doit attendre aussi. Que ce qu’on pense mort à tout jamais, tombé pour la France, on peut très bien le revoir frétillant (et plus que 5 minutes encore).

Qu’en vin comme en tout, il est bon de sortir de sa zone de confort et d’ébranler ses certitudes.

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16 réflexions sur “Hummer du jour*

  1. Mieux dit? Pas possible. On se tamponne que tu puisses recevoir des quilles. Nous attendons tes commentaires, en bien comme en mal, mais toujours très bien écrits, agréables à lire et qui, moi, en plus me font marrer et c’est pas du luxe. Alors continue comme ça. Ton hochet de la RVF est une juste mise en lumière de ton billet d’humeur, bonne en règle générale et même aujourd’hui je trouve;-) ! Nous sommes un peu plus de 1200 à te suivre et à se gondoler quasi quotidiennement. J’aime ça, comme tous ces »petits cavistes » qui mettent en avant le produit, lebonhomme et la nana qui font un boulot de dingue avec leur vigne. À très vite de te lire!!!

  2. D’accord sur toute la ligne. J’ai la même règle sur mon blog. L’intégrité ne s’achète pas, et certainement pas en se donnant des allures de chevalier blanc. L’objectivité est inutile, sauf quand on considère le vin comme un liquide alcoolisé dans une bouteille et qu’on lui retire tout ce qui fait son intérêt et sa spécificité (son histoire, son terroir, la relation humaine avec le vigneron…) On est jamais plus chiant ou pontifiant que quand on parle uniquement de « vin », comme des robots en quête d’une expérience émotionnelle qu’ils ne pourront jamais connaître. Car pourquoi boirait-on du vin, si ce n’est pour les émotions qu’il suscite ? Je préfère boire du vin comme un être humain, avec les limitations que cela entraine.

    Le reste, c’est de la littérature….
    http://www.decouverte-vins.com/le-super-pouvoir-de-lobjectivite-absolue/

  3. On est bien d’accord, je te suis, on te suit, on t’aime nous !! pour ta légèreté, ta bonne humeur et ton humour ! y’a et il y aura toujours des cons ou des jaloux, va savoir ! qui manque de légèreté, de bonne humeur et d’humour…. Lisons ton blog sans se prendre la tête juste pour se détendre… apprendre, comprendre et aimer simplement. Continue à me distraire s’il te plait, ta confèrefandetoi 😉

  4. Et bé, j’ignorais qu’il existait encore autant de coincés du sphincter !

    Puis tous ces gugusses-à-la-con là, ils ont jamais eu le cran ni l’intelligence de pondre un blog comme celui-ci, alors personne ne se souviendra d’eux …
    Mais nous, on se gave jusqu’aux oreilles de ces pages délicieuses et ça, c’est la PinardotheK.

    Santé et bonheur ! 🙂

  5. Sortir de sa zone de confort et prendre des risques…C’est justement cela que je préfère, merci pour vos billets et prise de position. Bien sûr, cela ne peut pas plaire à tout le monde. Mais on s’en fout ! 😀

  6. Bon, comment le dire ?
    Ben oui, j’ai craqué après la lecture de ce billet.
    Sans hésiter, je saute dans la voiture et je file chez mon caviste préféré.
    Outre quelques quilles de l’ami Jouves, il fallait que je taste cette bouteille qui fait sortir le dégustateur de ses certitudes.
    Je confirme en tous points la description.
    Un nez de raisin surmûri, confit même et on s’attend effectivement à boire un vin liquoreux.
    En bouche, c’est puissant et ça trace comme une lame de rasoir, aux antipodes de ce que le nez laissait présager.
    Et c’est bien cette dichotomie qui est vachement intéressante pour le dégustateur et qui envoie pas mal de questions :
    – Comment un vin laissé pour mort, sans protection, peut il ainsi « renaître » ?
    – Comment peut il avoir ce profil aromatique d’un vin plutôt surmûri ?
    – Comment obtient on une telle gourmandise ?

    Je n’ai bien entendu pas la réponse à ces interrogations.

    Mais :
    – Est-ce que c’est singulier ? Oui
    – Est-ce que c’est gourmand ? Oui
    – Est-ce que c’est buvable ? Très

    J’ai pris mon pied et la boutanche devrait être proposée exclusivement … en magnum tant elle se vide rapidement ! (z’êtes certain qu’il n’y a pas un micro trou au cul 😉 ?)
    Pour le coup, une quille jouissive, à prix d’ami mais à ne mettre que dans des bouches curieuses et libérées de tout dogme.
    Mais alors quel pied !!! 🙂

  7. A Olivier : j’ai vécu une aventure un peu similaire. Une micro VT de Muscat petit grain vauclusienne, que j’ai faite dans tout sauf les règles de l’art, de la vinif. au conditionnement, qui m’a sorti un acétate d’éthyle très marqué, qui l’a digéré après des années de bouteille, que j’ai servi à l’aveugle à côté d’un must (pour moi) de ce cépage, que les convives ont préféré à la référence absolue. Des fois, faut pas chercher. J’ai aussi un ratafia fait très sauvagement, imbuvable alors qu’il n’était composé que de très bons ingrédients, qui semblait s’améliorer avec le temps. Je n’ai pas dû le goûter depuis dix ans. Faudra que j’en sacrifie une bouteille prochainement.

    • CQFD.
      Et c’est bien agréable de découvrir de telles pépites !
      Je ne suis pas croyant du tout mais des Lazare qui ressuscitent ainsi, ça risque de convertir pas mal de mécréants ! 🙂

  8. Nouveau sur ce blog,je découvre un “style d’écriture” assez surprenant…Et rassurer-z-vous je suis tout sauf un coincé du cul !L’article de la RVF m’avait interpellé…je patiente encore un peu…Juste ne pas confondre humour grivois et vulgarité…Vous êtes en sursis mais en sursis positif…Amicalement 😉

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