My bloody valentine*

*ben quoi?

J’aime beaucoup l’Italie. Hormis quand ils jouent comme des clettes au ballon rond, même si on n’a pas le droit de le dire. Comme on n’a pas le droit de dire non plus que les français ont quand même été favorisés pas mal par l’arbitrage.

Qui aime bien charrie bien.

Trêves de plaisanterie, sinon je sens que mon cher Ornithorynque va se fâcher, j’ai cru comprendre qu’elle n’aime guère les performances footballistiques.

J’aurais bien trop peur qu’elle ne me fume.

Alors que c’est tellement mieux de fumer de la mozzarella (quelle intro, quel talent, quelle percussion, mesdames messieurs).

Je l’aime, cette princesse: d’ailleurs, je lui ai déjà consacré un billet.

Et voilà que notre chère palmipède nous propose un DIY-mozza très facile à réaliser, et me demande quoi boire avec.

Je suis une femme de défi, Lorni!

Je suis très fan aussi de la mozza fumée: d’ailleurs je l’aime seule, sans compagnie, sans tralala.

J’ai donc imaginé que cette délicieuse vous servirait d’apéro,** à grapiller nonchalamment tout en sirotant quelque chose qui lui ressemble un peu.

J’ai cherché, j’ai dessiné (sur le sable son doux visage) des accords dans ma tête. Je voulais un cocktail: on est en été, c’est la saison merde!

Astuce supplémentaire: cet accord me permet de passer au rouge! Je suis diabolique! (oui, c’est bien un message subliminal de support pour ce soir, faites-nous rêver les gars).

Prérequis un: avoir le matos.

  • Un verre tumbler (à défaut, un grand verre PAR PERSONNE, n’est-ce-pas, enfin si vous voulez boire à douze dans un seul verre, c’est votre kiffade).
  • Le truc qu’utilise Tom Cruise pour mélanger, là, you know?
  • Des glaçons.
  • Des citrons, pour faire du jus.
  • Du jus de tomates (bio, c’est mieux)
  • Du sel de céléri, du poivre, du tabasco, et de la sauce worcestshire.
  • De la vodka.

Vous me voyez venir gros comme un camion?

Hé oui. Aujourd’hui, Bloody mary.

Comme pour tous les cocktails classiques, tout le monde prétend détenir la recette unique et véritable, ainsi que son histoire. Je vous mets ceci en vrac, choisissez celle que vous préférez.

Marie la sanglante serait une femme un peu sorcière  injustement accusée du meurtre de plusieurs bébés, et qui aurait jeté un sort avant qu’on ne la pende: quiconque allumerait une chandelle devant un miroir et prononcerait son nom trois fois la verrait revenir, plus terrifiante que jamais.

Il est question aussi d’une jeune fille souffrant d’une maladie tellement contagieuse que son père, médecin, l’aurait enterrée vivante, avec une cloche reliée à son poignet pour avertir en cas de réveil. Au matin, venant prendre des nouvelles et constatant que la cloche est inerte, il la déterre: du sang partout, et Marie morte. Elle se serait arraché la peau des mains à force de gratter son cercueil pour sortir. Bon appétit bien sûr.

On évoque aussi une pirate célèbre, Mary Read, réputée pour sa sauvagerie et son ardeur au combat.

Une autre version fait référence à Marie Tudor (ton moulin-à-vent va trop vite), surnommée Bloody Mary. Reine d’Angleterre, fille d’Henry VIII elle régna entre 1553 et 1558. On l’appelait la sanguinaire, car elle a persécuté les anglicans.

Puis il y a ce bon vieux cher Hemingway. La recette du bloody mary est née dans un bar, à Paris  au Ritz ou au Harry’s New York bar personne ne le sait non plus, personne n’est d’accord, c’est le foutoir. Mais revenons à notre Ernest, qui n’était pas le dernier à lever le coude, donc. Notre pauvre bonhomme était nanti d’une bonne femme acariâtre (pléonasme), capable de colères épiques quand il avait bu. Pour tromper sa bloody mary, il demanda donc au barman de lui créer un cocktail « sans odeur ».

En fait, la genèse du breuvage, aussi dénommé Marie-salope n’a que peu d’importance, ce qui compte, c’est que ce cocktail épicé et incongru soit parvenu jusqu’à nous.

Comme je ne fais rien comme tout le monde, je le customise un peu. Il doit accompagner de la mozzarella fumée. La tomate, rien à dire, c’est un mariage d’amour. Les épices vont relever la douce indolence de notre princesse laiteuse. Mais cette touche fumée?

EUREKA.

De la vodka, mais pas n’importe laquelle: de la vodka fumée.

Je ne prends pas de drogue: la vodka fumée existe ! A base de pommes de terre, elle est distillée puis soumise sept jours à la fumée de chêne anglais. Même principe que pour le saumon.

Je ne bois presque jamais de vodka, je n’ai pas le goût des alcools blancs, heureusement je suis pourvue d’un amateur barbu (c’est lui qui a descendu le reste de la bouteille, avant qu’on ne m’accuse de tous les méfaits. Pas en une fois, hein).

Verdict: c’est bon, équilibré, on sent bien le goût de la fumée.

Allez, on teste le bloody mary, je préviens, y a rien de plus con à faire.

On met dans un blender des glaçons. On y verse (dose pour un verre)

  • 4 cl de vodka
  • 12 cl de jus de tomate
  • un spriiiitch de jus de citron
  • un spriiiitch de sauce worcestshire
  • 2 gouttes de tabasco
  • du sel de céleri et du poivre

 On ferme le blender, on secoue énergiquement.

On verse dans un beau verre, en laissant de côté les glaçons, un peu de céleri pour décorer. ET C’EST PRÊT.

Le fumé de la vodka apporte un réel plus. Du tonique, du nerf. Environ 39 euros la Vodka Chase

Oui, mais dis donc Sand, c’est un peu cher comme vodka pour faire des cocktails, non?

Idée reçue n°54681: on doit utiliser des alcools peu chers pour les cocktails.

Pas forcément.

C’est même mieux d’utiliser quelque chose qui soit de bonne qualité. Meilleure sera la base, meilleur sera le résultat final.

Hé ouais.  D’autant qu’ici le vrai intérêt c’est le fait que la vodka soit fumée. On peut faire un bloody mary avec de la vodka bas de gamme, mais c’est moins bien.

Dis, Sand, j’aime pas les cocktails, alors je bois quoi?

C’est l’été les filles sont belles, les garçons jolis, il faut donc se déhancher avec du bon son dans les oreilles et boire du rosé.

Celui-là est parfait.

rosé

C’est du rosé qui aurait oublié d’être caricatural: exit la grenadine, place à des fraises et des cerises juteuses. A de l’épice, à du caractère, à du jus qui vibre, à du vin qui festoie. C’est Rosé Joséphine et c’est olé-olé. Les Terrasses de Gabrielle, c’est ZE découverte à faire: des jus bien foutus, pas très chers, une envie de faire bon et des jolies étiquettes. Notez sur vos tablettes.  Environ 6.80 euros

 Voilà, si vous n’aimez ni le rosé, ni la vodka, je ne puis rien pour vous.

De l’eau, maybe?

 

** façon de parler. Plutôt de boisson qui accompagne une soirée, parce que passer du vin derrière, c’est compliqué.

dont

 

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Une réflexion sur “My bloody valentine*

  1. Le cocktail ? A tenter ! 🙂
    Quant au rosé … Osez, osez Joséphine ! (elle est facile celle-là je le reconnais …) 🙂
    Diablement séducteur et je confirme : un pur jus de fraise, de l’équilibre, du corps et de la fraîcheur.
    Summer of Love, c’était déjà un très joli canon (du même producteur) mais avec Rosé Joséphine, on est un cran au-dessus !
    N’hésitez pas.

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