Les souris (d’agneau) dansent *

wpid-img_20140713_221048.jpg* okay, ce ne sont pas des souris, mais sinon, le jdm marche pas.

Je crois que ce qui m’a séduite le plus chez Lorni outre son humour ravageur (quelle autre personne au monde peut rire à la simple évocation du mot « truite »?) c’est sa cuisine de la flemme. J’aime ça, plus que tout au monde

je veux te l’entendre diiiiire.

Anybref, trêve d’Obispo (je retiens très fort « est-ce que tu blaise, Pascal? »).

Sans avoir son don pour raconter les recettes, il faut quand même que vous narre celle-ci.

Tajine d’agneau, citrons confits et abricot, au miel.

Mise en condition: nous sommes dimanche, il est six heures du matin, je suis au taquet.

Matos: une poêle, un tajine électrique (ne me jugez pas, je sais ce n’est pas très orthodoxe, mais je vous rappelle qu’accessoirement je me tranche le pouce jusqu’à l’os en faisant des crêpes. Bon). Un couteau aussi.

Ingrédients:

  • du collier d’agneau (genre, plein, parce que c’est bon)
  • un gros oignon
  • une douzaine d’abricots, frais (fresh, fresh, exciting)
  • deux bonnes cuillères de miel
  • six citrons confits
  • une bonne rasade de ras-el-hanout (le mien vient d’un pote qui le tient d’un pote qui le tient de… bref, c’est le meilleur)
  • un peu d’huile
  • un verdot

How to

Dans la poêle, on fait revenir dans l’huile les morceaux de collier jusqu’à ce qu’ils croutent bien. On les débarrasse ensuite dans le plat à tajine. Après l’avoir découpé on jette l’oignon dans la poêle. Puis on saupoudre grossièrement prends ça, salope– de ras-el-hanout, on y glisse deux cuillères de miel pour se faire pardonner, et on calme le jeu avec un verre d’eau.

On verse ce jus épicé sur la viande, on pose délicatement les citrons, et ATTENTION, on ne fait pas comme la nana stupide (I’m), on PENSE. Les abricots frais, ça fond dans la sauce si on les met trop tôt. Donc on les garde par devers-soi. On enclenche la cuisson, pour au moins deux-trois heures.

Pendant ce temps, on a le temps de chercher ce qu’on boit.

Malin!

J’avais dans l’idée de ne pas prendre de rouge, principalement à cause du citron: son amertume, son acidité et son sel me font douter de son aventure avec les rouges (à moins de choisir quelque chose de très frais, d’un peu sautillant et de pas tannique). J’aurais pu aussi prendre un rosé: c’est la saison, c’est une recette d’été, un rosé souple mais pas trop léger, qui aurait un peu fait mumuse avec les épices: well done.

Sauf que non, je voulais du blanc.

Et croyez-moi, j’ai brainstormé, mon tajine cuit le matin ne devant être sacrifié que le soir.

Ha, ces longues heures.

Tout à coup, je vis la Vierge: elle se présenta à moi dans un voile orange et peu commun.

(non, je ne suis pas rébou, le vin qui va suivre, s’il est d’une région classique, est encore un ovni, hé oui).

wpid-img_20140713_230108.jpg

Nom du producteur: Rietsch, Jean-Pierre Rietsch.

Nom de la cuvée: Quand le chat n’est pas là (attention, c’est la version pinot gris ici, il existe également un riesling homonyme)

Cépage: pinot gris (je viens de le dire)

Sucres: pas un pet (enfin, 1.8 grammes, pour ainsi dire rien)

Le prix: autour de 11 euros

Mais kesskessé: un vin à l’origine blanc, mais devenu orange par sa méthode d’obtention particulière. C’est ce qu’on appelle un vin de macération (dix jours, en grappes entières). Ça extrait de la couleur, de la matière, de l’éventuel tanin.  Ensuite cinq mois dans des barriques, et hop.

Ça goûte quoi: la couleur est évidemment particulière et intrigante, moi j’adore, ça me rappelle les abricots (oh shit, c’est maintenant qu’on les rajoute, une demi-heure avant de servir, histoire qu’ils ne soient pas complètement en pape). Le nez est très exotique, y a de l’épice, un léger curry, des poires très mûres. La bouche est splendide: d’abord le fruit, puis une espèce de danse entre épices, fraicheur, salinité (sic), ça fait saliver et on en reprend encore. Mais tututu, faut en garder pour le plat!

Alors, heureuse?

Oh, grave, oui! Le plat est beaucoup plus sur l’acide-amer que son intitulé ne laisse supposer (évidemment, on peut blinder un peu plus en miel si on aime le sucré, c’est pas mon cas). Du coup, la bouche très ronde du vin lui parle bien. On pourrait penser que l’agneau et le blanc ne fonctionnent pas: que du contraire. La longue cuisson adoucit la viande, l’enrobe des épices et du citron, lui laissant juste beaucoup de moelleux.

Voilà. Si tu m’crois pas hé, tare ta gueule à la récré teste!

(c’est là qu’on voit que je ne suis pas blogueuse cuisine, j’ai opté pour la photo du plat enfermé dans le tagine, il faut dire que va rendre un tagine sexy en photo, toi)

 

 

 

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5 réflexions sur “Les souris (d’agneau) dansent *

  1. c’est une carbo, le blanc en vendange entière ? genre la cuvée Nicolas de Raymond Miquel à Barroubio ? Ou un blanc vinifié comme un rouge ? ou une macération pelliculaire ? Tu peux préciser siteplé ? c’t’intéressant.

  2. Bonjour !
    J’ai découvert ton blog grâce à mangiareridere (qui est complétement mon style 🙂 ). ET LA: je tombe sur QUOI ???!!! Jean Pierre Rietsch aka mon vigneron préféré !!! L’ovni de l’alsace (ou celui dont l’Alsace avait besoin), Quand le chat n’est pas là, Murmure, Klevener de Heiligenstein Savagnin et j’en passe tellement ! Je suis très heureuse de trouver ça par hasard ou plutôt parce que j’aime la bonne cuisine et le bon vin et que mes recherches dans ce sens ont été fructueuses !!! Merci pour ce moment de bonnes choses ! A très vite, Caroline

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