On n’a pas besoin du féminisme: soudain, un grand blanc!

pasbesoinHell yeah, c’est l’humeur du week end.

Alors qu’en-est-il de la semaine écoulée?

Et surtout, qu’est-ce que c’est que cette photo?

J’ai hurlé quand j’ai vu ça: des femmes, assez jeunes pour la plupart, clamant qu’elles n’avaient pas besoin du féminisme. Il n’existe pas UN mais des féminismes, on ne le répétera jamais assez. Toutes ne revendiquent pas de la même façon, n’ont pas les mêmes positions sur tout, et ne sont pas toutes d’accord (mais en aucun cas on ne coupera des testicules avec des ciseaux rouillés, rassurez-vous). Refuser TOUS les féminismes est absolument absurde. Dans des cas comme ça, je ne sais plus s’il faut pleurer, se battre, argumenter… Parce que oui, certains droits ici nous sont acquis: nous avons le droit de vote, de conduire une voiture, d’avoir un compte en banque, de porter une jupe. Quoique, pour ce dernier, il est assez fragile: encore faut-il que la jupe ne soit pas trop courte, ou portée de façon « ostentatoire », qu’on ne se balade pas dans certains lieux, ou à certaines heures, pas toute seule, pas avec des talons hauts, et qu’on accepte de prendre  « tu suces salope » pour un compliment certes maladroitement tourné.

Bref, un tas de choses peuvent nous rappeler à quel point on nous considère encore comme inférieures. C’est ce coup de fil où on me prend pour la secrétaire au taf. C’est parce que je m’occupe de mon bébé qu’on suppose que je suis incapable de conseiller un whisky – well, guys, je suis capable de faire deux choses en même temps. C’est quand on demande à avoir affaire au « vrai spécialiste » parce que moi sans doute mes compétences sont couture et tricot, peut-être?

J’entends que j’ai de la chance, qu’il y a de plus en plus de femmes faisant mon métier, ou ceux du vin de façon générale: scoop, ce n’est pas parce que nous y sommes admises que nous sommes intégrées. Normalement.  Quand un client/une cliente entre dans une cave, il  cherche encore systématiquement le monsieur du regard. Pas tous, mais un certain nombre.

Et puis, que dire de ceci:

chiVoilà, voilà.

Je pourrais expliquer en long et en large pourquoi je trouve ça nul, mais nous sommes dimanche et il fait beaucoup trop chaud pour se chauffer la couenne en s’énervant.

L’humour est encore, pour moi, la meilleure façon d’expliquer que non, il ne faut rien lâcher. Que certes, elles sont peut-être moins flagrantes que d’autres, mais des inégalités persistent. Des petites vexations quotidiennes ou presque -j’avoue, je le prends assez mal. D’ailleurs, je fais exactement la même tête que sur la photo quand on me demande du rosé pamp’ pour donner une échelle. D’où ce panneau: rions-en mais en réfléchissant un peu sur nos comportements…. Pour les curieux, un tumblr recense un paquet de panneaux du genre, c’est souvent très drôle.

Féministe n’est pas un gros mot.

Sinon, pour l’anniv du blog, champagne!

J’aime décidément beaucoup les champagnes Bérèche: chardonnay tranchant dans mon dernier souvenir de cette cuvée, au vu de la chaleur de gueux de ces derniers jours, ça me paraissait parfait.

berSurprise, après quelques mois de tranquillité, le vin a gagné en rondeur, accompagnant la bulle toujours très fine et nerveuse. Joli contraste, rafraichissant au possible. Vous ai-je déjà dit que je pourrais boire du champagne tous les jours? Pour celui-ci, je peux même pousser le concept jusqu‘à toute heure. Environ 25 euros

Toujours dans l’idée de faire léger, faisons le grand saut -sot, pardon- et tutoyons les anges.

chninLe chenin -prononcez « ch’nin » est un cépage extraordinaire. Il est capable de tout: c’est le couteau-suisse des cépages ligériens. Diaphane, translucide, léger, frais, tranchant, parfumé, acide, ou au contraire doré, patiné, doux, à bulles ou riche de sucres. On peut tout lui faire faire: j’adore!

Ici, c’est un beau chenin sec: de l’agrume en attaque, puis derrière de la pomme en embuscade. De légères bullettes à l’ouverture de la bouteille qui exacerbent la fraicheur. Quentin fait donc de très chouettes vins, en bio et biodynamie. Bref, à suivre, ce sot là … Environ 10 euros

On a parfois évoqué le difficile équilibre entre apprécier un vin pour ce qu’il est, et pour la personnalité de son vigneron.

J’ai un gros problème avec ce domaine.

clap A chaque fois que je les ai rencontré, le courant n’est pas passé. Il faut dire qu’à trois reprises, c’était sur salon. Que toujours, il y avait des clients sans doute plus importants que moi: en tous cas, c’est l’impression que cela m’a laissé. On vous fait goûter bras tendu, aucune explication, débrouillez-vous, y a d’autres gens à qui il faut faire la parlotte. De là à penser à de la suffisance… Ne tirons pas de conclusions: toujours est-il que gardant ces souvenirs là, j’ai du mal à goûter sans re-contextualiser. Le vin est d’un très bel équilibre: un nez explosif, plein de pêches, de fleurs, on en redemande. La bouche est pure, pleine, là encore on a un fruit immense. Elle se finit avec une fraicheur étonnante pour ce vin qui n’est plus de première jeunesse. Bon, est-ce qu’on peut se la péter un peu quand on fait un vin pareil en Larzac? Je le dis: clap clapas. Environ 16 euros.

 Comme on est dimanche, je propose de finir ce billet en douceur et en oraison avec Dieu Johnny Cash.

 

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2 réflexions sur “On n’a pas besoin du féminisme: soudain, un grand blanc!

  1. Philosopher par ces chaleurs de singe, c’est relou. 🙂
    Mais à un moment, faut dire les choses telles qu’elles sont.
    Notre société est encore parcourue dans la gente masculine par ce sentiment macho, cet égo masculin (sur développé) j’ai-des-couilles-entre-les-cuisses et rien ne m’est supérieur …
    Pffffff, au secours ! 😦
    Rien qu’en matière de vin (le reste de la discussion peut avoir lieu sur doctissimo), moi je le calme haut et fort : messieurs accrochez bien vos burnes gonflées d’orgueil et de testostérone, les femmes nous supplantent en dégustation et en conseil es vins.
    Et en 30 ans de parcours, j’estime avoir un échantillon largement représentatif de ce que j’avance : plus de subtilité, plus de finesse, plus d’aplomb dans la sentence, bref plus de tout !
    Ite missa est, la Femme navigue à cent coudées au-dessus de nos têtes et faut surtout pas qu’on se la joue messieurs, on perd à tous les coups et qui plus est dans les grandes profondeurs !

    Bon, revenons quand même aux vins ici narrés.
    Champ’ Bérèche, de la belle ouvrage assurément, ils m’ont toujours convaincu.
    Sot de l’Ange ? Ben oui, un très beau ch’nin comme ils disent là-bas.
    Effectivement, chouette est le meilleur qualificatif qui colle à cette boutanche.
    On dépiote et surtout, on se régale (comme de rouge d’ailleurs !).
    Puis bon, la cerise sur le gâteau : pffff, encore un vin à explorer ce Clapas !
    Mais vu la description, ça risque de dézinguer sec.
    A tester … vite !

  2. et oui… on a pas finie de râler, mais y’a des C….. partout.
    Pour ma part, suite à mes questions très idiote:
    – Puis-je vous aider ?
    – A quoi Faire !!
    – ….
    ou
    – Bonjour Monsieur, qu’est qui vous ferez plaisir?
    – Si je vous disais… ( sa femme à côté, même pas choquée…)

    Me voici obligée de surveiller mon langage, de ne pas faire de sous entendu… évidement nous avons croquée la pomme !!

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