Vinobusiness: le débrief *

wpid-DSC_3006.jpg*et de fureur

Le docu Vinobusiness a agité la blogosphère vineuse et tout ce qui réseau-sociaute vins en tous sens. Vu, pas vu, tout le monde ou presque y est allé de son commentaire.  J’ai lu le bouquin, mon avis sur lui était clair: belles idées, bonnes intentions, mais mal dégrossi il n’atteignait pas son but selon moi. Ce qui m’a valu d’être classée peu ou prou comme faisant partie de l’axe du mal, soit. J’ai rarement vu un tel déchainement, des camps aussi nets: si tu n’es pas à 100% d’accord avec moi, tu es contre moi. On atteint ici aux limites du réseau social: à force de pouvoir interpeller les auteurs, on oublie leur œuvre et on finit par critiquer leur personne. Moi y compris: j’avais dit que je n’en parlerai pas, tant son auteure et ses diverses interventions m’ont agacée. C’est mal, je sais.

Alors j’ai visionné le film dimanche soir avec mon fils (mais bon, il est tombé dans le vin petit, braies en moins) puis une seconde fois avec l’Homme, lui aussi caviste. Je me suis fait mon avis, évidemment. Nous en avons discuté.

Comme bon nombre de vignerons, blogueurs, journalistes aux avis extrêmement tranchés. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a eu de la bagarre.

Les guerres intestines sont un genre propre à internet, je ne m’en formalise pas plus que ça: au contraire je m’en amuse. Il n’en reste pas moins que ce document n’était pas destiné à nous autres, pros.  Peu ont eu une approche dépassionnée du sujet, sauf la Glou qui a remis l’église (et son carillon) au milieu du village. Alors, il m’a semblé intéressant de voir ce que le « grand public » en a retiré de ce docu.

J’ai posé ainsi les mêmes questions à quelques gentils volontaires d’âge, de sexe, et même de pays différents  avec  un regard « plus innocent » que les pros.On peut me dire que c’est pas « tout le monde », que ce sont en général des gens qui s’intéressent un peu au vin. Oui, mais de la même façon qu’il y a peu de chances que je regarde un reportage sur la poterie (parce que je n’en ai cure) il est logique que les spectateurs d’un docu-vin éprouvent au minimum un peu d’intérêt pour le sujet.  De toute façon, il suffit de regarder les audiences pour comprendre qu’on est loin du très grand public. Dommage.

Tu t’intéresses au vin / pas trop / beaucoup?

Christophe: Beaucoup.

Pierre: Je m’y intéresse

Julie: Oui un peu quand même, à cause d’un ex dont le père était caviste et qui m’a fait rentrer les cépages alsaciens dans la tête et dans la bouche, et puis via mon ancien boulot ensuite, parce que je devais faire adhérer des vignerons bio à une centrale d’achat responsable et qu’il fallait parler leur langue et ne pas avoir l’air stupide (j’étais là en tant que professionnelle et pas en tant que consommatrice novice).

Alexandre: Oui, j’aime assez comment il existe, il évolue, il bonifie, tout ça, donc je dirai pas trop, mais avec intérêt.


Tu en consommes régulièrement/ occasionnellement?

Christophe: Régulièrement.

Pierre: Une bouteille par semaine.

Julie: Quand on cuisine un truc un peu exceptionnel. Mais quand on sort je suis plutôt bière, idem chez les amis. A Strasbourg j’en buvais plus régulièrement, parce que passer chez mon caviste métalleux pour me chercher une quille pour moi même faisait partie des rituels du samedi matin (enfin je buvais pas le samedi matin disons que la bouteille me faisait la semaine). J’allais à des dégustations musicales chez lui aussi, il invitait des producteurs. Bref il me manque beaucoup, ici y a que du Nicolas.

Alexandre: Deux/trois fois par semaine, c’est régulièrement, non ?

Tu attendais quoi d’un reportage sur le vin?

Christophe: The dark side of the moon.

Pierre: Mieux connaître les processus d’élaboration du vin.

Julie: La même chose qu’un reportage ou qu’un doc sur la bouffe (on en regarde beaucoup), des trucs concrets qu’on peut remettre en application chez soi. Là typiquement j’attendais qu’on me donne envie de boire du bordeaux, que ça chauffe le slip un peu.

Alexandre: Plus ou moins ce que Mme Saporta a montré, pas déçu du tout… J’ai vu qu’il y avait un livre aussi !

Est-ce que ce reportage t’as appris des trucs? Si oui, quoi? Si non, pourquoi?


Christophe:
Oui, un peu, par exemple cette histoire de déclassement, probablement pour pouvoir récupérer des terrains à moindre couts,  ces magouilles bien crasses comme les experts qui font des vins pour les journalistes et surtout la confirmation d’un truc que je n’imaginais pas à ce point : les vins aromatisés !
Par contre depuis quelques temps je suis complètement désintéressé par le Bordeaux, avec cette logique qui me dit que ce vin est forcément surcoté, depuis bien longtemps, et qu’il vaut mieux, avec 12 euros en poche, un excellent beaujolais bien foutu qu’un bordeaux qui risque bien d’être médiocre et industriel à ce prix. Comme je m’intéresse beaucoup à la biodynamie et aux vins naturels, donc en gros des vins d’artisans qui font ce qu’ils aiment avec amour et traitent leurs vignes et leurs vins avec respect, je me doute que ces pratiques ne peuvent qu’être extrêmement rare à Bordeaux, vu la valeur des terrains et les investissement qui y sont faits…
Le reportage confirme ce sentiment. La séquence sur la chine était surréaliste hein ?et bon sang le gars des cloches avec ses curés et les danseuses dans les vignes… à hurler de rire… dans quel monde Vuitton ???

Pierre: Oui sur les vins du bordelais, entre autre les mélanges de vins pour créer un goût type. Je savais que ça existait pour le Champagne, mais pour les rouges de Bordeaux ça m’en a bouché un coin !

Julie: A ma grande tristesse j’ai l’impression que Bordeaux est bien dominé par les charlatans et les business mans. En fait je suis une nature simple et naïve je pensais pas qu’on pouvait spéculer sur un millésime je pensais qu’on faisait du vin pour l’acheter et le déguster et kiffer. Sinon je savais pas non plus qu’on pouvait faire des assemblages de vin comme on fait un smoothie fraise-framboise-kiwi et je savais pas non plus qu’on pouvait y ajouter des MORCEAUX de tonneau.

Alexandre: Finalement pas tant que ça à la base, parce que chez nous, on est assez vins bio, biodynamie, mis en bouteille au château, pas de sulfite ni de pesticide etc… On avait même fait le tour des Bordeaux bio pendant les vacances ! Mais quand même, voir qu’ils en sont à ce point-là avec les combinaison NBC pour sulfater… impressionnant… Et côté business, prix des terrains et donc « trafic » des appellations grands crus aussi… surtout qu’elle montre bien les chinois qui arrivent, le gros business qui tourne autour de Bordeaux. Pas sûr que ça va s’améliorer de si tôt !

Est-ce que tu parles de vin, en famille? Si oui, est-ce que ce reportage est un point de départ de discussion?

Christophe: Absolument. On a envie de se tourner de plus en plus et définitivement vers des vins d’auteurs. On aime savoir qui fait ce qu’on boit, et idéalement ce qu’on mange mais c’est pas évident…
Pierre: Mes parents du 4ème âge boivent le vin qu’ils font venir du saumurois, de la propriété où ils allaient faire les vendanges quand ils étaient sexagénaires pour arrondir leur retraite. Ils ne boivent aucun autre vin.

Julie: En famille non pas trop. Ce ne sont pas mes parents qui m’ont transmis le vin, je n’en ai pas bu avant mes 18/19 ans. En plus papa est monomaniaque des vins d’Alsace et des vins genre Loupiac, au delà point de salut. C’est surtout mes mecs qui m’ont fait goûter des trucs. Du coup oui on en a pas mal discuté avec mon mari hier, sa sœur est sommelière, elle avait lu le bouquin je crois.

Alexandre: Oui, on cause pas mal… du côté de Madame, ses parents vont une fois par an chez les propriétaires en Bourgogne, Bordeaux et plutôt Cote du Rhône, donc on cause. Et oui, parfois, on a l’impression de radoter avec nos truc bio etc… à la longue… donc, ils n’ont qu’à voir le film et suivre un peu. Ceci dit Papy, il a un truc : il achète des bouteilles pas très chères venant de parcelle juste à côté des grands crus et les fait vieillir dans les règles, et on se régale…

Vas-tu changer, d’une quelconque façon ton comportement face au vin (achat/ consommation) après cette diffusion?


Christophe:
Non. Depuis quelques années j’aime acheter du vin chez un caviste en qui j’ai confiance et avec qui je peux discuter. Dans certains cas, aller chercher du vin sur place, chez le vigneron et parfois le rencontrer. Et s’il faut passer par le supermarché, je peux passer du temps en rayon à chercher le vin qui me semble bien fait, par exemple,il y a du Thierry Germain chez Delhaize et ça peut dépanner… Je n’ai plus acheté du vin « industriel » depuis au moins 5 ans, je crois… Et je suis toujours très embêté quand  on m’apporte, pour le geste, une bouteille que je devine avoir été acheté 5 euros au NightShop du coin. Je ne sais pas très bien quoi en faire…

Pierre: Oui,  à part le vin d’Anjou dont je fais venir 48 bouteilles tous les ans par un collègue angevin d’origine (et j’ai déjà vu le producteur dans son fourgon), je n’achèterai plus que du vin BIO. Je suis trop dégouté par les pesticides et autres saloperies déversées dans les vignes par des agriculteurs déguisés en cosmonautes.

Julie: Ben ça fait plusieurs semaines que je cherche un caviste gentil qui conseille des petits domaines de préférences nature comme le faisait mon caviste métalleux pour ne plus aller chez Nicolas déjà, disons que c’est seulement pas à cause du reportage mais c’est dans une démarche plus globale d’achat responsable. J’ai plus trop envie de favoriser les gros capitalistes.

Alexandre: Non pas vraiment, vu ce que j’ai mis au-dessus, mais d’autres autour de nous, sans doute… comme à l’époque de mondoVino et autres Love Meat tender.

pomerol

Conclusion: manifestement les phrases chocs ont marqué les esprits, surtout cette histoire d’assemblage. Soyons clairs, l’assemblage n’a rien d’une pratique magique ou trompeuse: mélanger des cépages, voire diverses parcelles s’est toujours fait, et pas qu’à Bordeaux. Évidemment, vu sous le prisme très précis des vins primeurs, l’assemblage peut prendre une autre … couleur? Les fameux vins « aromatisés » aussi ont impressionnés. Les produits que l’on a vu, en majorité sont juste des levures: elles n’ont pas pour but d’aromatiser à proprement parler, mais bien de participer aux fermentations. Dire qu’on « aromatise » un vin en utilisant une levure est un abus de langage: pour autant, on peut lui donner un certain profil. C’est là qu’on voit les limites de l’info: en disant en voix off certaines choses, et montrant des images… Par exemple qu’on peut « rectifier » comme on veut tel vin, tout en montrant des tas d’appareils bizarres de labos qui sont en fait des instruments de mesure et d’analyse, on déforme un peu la réalité pour servir le propos.

Le bois… ha le bois. Si on élève du vin en barriques, ce n’est pas seulement pour lui donner un goût boisé, c’est aussi et surtout pour l’apport en oxygène et les tannins. Le bois peut au cours de cet élevage donner certains arômes, mais il n’est pas là que pour ça. Normalement… Les chipolatas de bois ou les copeaux correspondent à une sorte de « déformation » du goût et de la pensée : d’une part, certains types de bois sont connus pour donner des arômes très vanillés, correspondant à la tendance vers le sucre qu’on observe et d’autre part on pense que si un vin est boisé, il est de qualité, luxueux  donc meilleur à boire. Voilà comment on crée le copeau, ou la chipo: produire à moins cher ce qu’on pense que le consommateur veut. Ce n’est pas nocif: si tant est qu’on considère que le marketing ne l’est pas.

J’ai relevé hier sur twitter pas mal de réactions à propos du non-étiquettage de la composition du vin: je constate que nombre de vignerons bios/biodyn inscrivent sur la contre sucre, So2, mentionnent les élevages.  Cette transparence là rassure. C’est peut-être un truc à noter?

Dommage aussi pour Bordeaux: malgré les interventions intelligentes de Techer père (et le plantage de poteaux du fils), il semble que le spectateur a retenu qu’il n’y a pas ou quasi pas de bio à Bordeaux. C’est faux, et ça va même en augmentant: tirer sur les grands crus, c’est bien mais finalement on a occulté les autres vignobles de Bordeaux.

Le plus réjouissant en fait, c’est la conclusion: tout le monde a envie de se tourner plus vers le bio, voire le biodynamique, de faire confiance à de cavistes ou aux vignerons directement. C’est plutôt une excellente chose: que ça n’empêche pas de continuer à verser dans la pédagogie, à expliquer et réexpliquer encore.

Non, le monde du vin ne se résume pas qu’aux Grands Crus classés, ce n’en est même qu’une toute petite partie. Ce n’est pas aussi manichéen que les grands propriétaires très riches et méchants contre les gentils paysans pauvres et nus. La spéculation sur quelques vins, ou quelques propriétés n’est pas une généralité applicable à l’ensemble. Le monde du vin recèle bien plus de nuances que ça.  Il y a des progrès à faire, sur l’usage des produits phytosanitaires, même si comme l’explique Nicolas, si l’on en use, c’est rarement de gaité de cœur.

Oui, les séquences surréalistes comme l’implantation de vignes en plein désert, Derenoncourt avouant « que veux tu que je dise, il pue » à propos du vin à 300 boules chinois font rire, c’est délirant, ubuesque qu’on veuille mettre autant d’argent dans des projets pareils. Les cuisses de Derain sont assurément télégéniques. Les Techer père et fils écoutant les levures glouglouter, aussi.

Il y a des faiblesses, des inexactitudes, des choses qui m’ont un peu hérissée, un parti pris certain, des belles images: je ne faisais pas partie de la cible. La cible elle, a plutôt bien reçu le message. Et c’est ce qu’il faudra retenir.

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10 réflexions sur “Vinobusiness: le débrief *

  1. Pour ma part, les inexactitudes présentes dans ce documentaire sont de la malhonnêteté : »la potion magique de l’oenologue » faisant de l’assemblage une tromperie du consommateur et surtout la comparaison entre angelus et derain qui est caricaturale. Quitte à rester dans la biodynamie pourquoi ne pas comparer Derain et Pontet Canet Grand Cru classé 1855 qui produit avec la même philosophie ! Ça aurait plus de sens même s il y a une différence de 70 hectares entre les 2. Le plus grave est que la seule fois oú le vin est mis en avant dans les médias français c est pour un lynchage médiatique ! Affligeant

    • La vraie bonne question : à qui profite le crime ? Je massacre en tirant à boulets rouges des salves mensongères et je me pose en victime juste après pour décrédibiliser par anticipation ceux qui voudraient rétablir la vérité sur certains sujets traités de manière biaisée et volontairement sensationnelle. C’est malin. Mais malhonnête. Il serait par ailleurs intéressant de lister les surfaces conduites en bio/biodynamie dans les grands crus bordelais (et assimilés). Tous, ou presque, consacrent au moins une partie de leur vignoble à des essais pour apprendre, avant une éventuelle conversion globale. Mais en parler ne fait pas les affaires de leurs détracteurs. Alors, ils n’en parlent pas. Cette culture de la simplification manichéenne mensongère m’exaspère.

  2. Je ne l’ai pas vu « en direct » mais je viens de regarder le documentaire.
    Je suis mitigé, c’est le terme le plus approprié.
    D’un côté, une viticulture bling bling où le paraître semble prendre le pas sur l’être avec comme exemple cristallisant les hymnes disponibles qui peuvent être joués par le carillon de l’Angelus. Pathétique …
    Une viticulture qui mène une course effrénée au profit et tous les moyens semblent bons (y compris tout l’arsenal chimique accompagné des appareils de contrôle dernier cri), mais qui ne sait, ne peut plus faire marche arrière, contrainte de produire chaque année (ou de faire croire qu’elle produit) un « nectar » (?) à la hauteur des prix totalement injustifiés qui (dé)régulent ce marché nombriliste et à cent lieues de la réalité, même si, en volume, ils ne représentent que 0,5% du Bordelais.
    Je salue le franc parler de Stéphane Derenoncourt qui a eu le courage de d’annoncer à certaines propriétés qu’il conseille de ne pas mettre en bouteille le millésime 2013, en tous cas pas sous l’étiquette du premier vin.
    Ou qui explique fort à propos, qu’au prix où sont vendus les vedettes du Bordelais, on n’achète pas un vin mais un bijou.
    Saint-Emilion et son classement révisé, ça fait des décennies qu’on nous sert la même soupe et ça fait autant de temps pour autant de recours devant la justice par les lésés après la publication.
    Nous avons bien compris la chute de la valeur du foncier en cas de déclassement mais comme le dit M. Techer : la propriété, c’est la maison familiale … ou une ligne supplémentaire dans un portefeuille d’actifs ?
    Et le problème, pas du tout mis en évidence dans le documentaire, est qu’il existe dans le Bordelais des propriétés (l’âme de Bordeaux) qui ne fonctionnent pas comme ces quelques 1er grands crus, et qui sont totalement ignorées des consommateurs. Malheureusement.
    Et de l’autre, on nous présente l’antithèse de cette sphère dorée : la Biodynamie.
    Soyons clairs, ce mode de culture a plutôt ma préférence, mais là aussi, le journaliste manque de rigueur dans son approche.
    Certes, pour vous mesdames, les fesses du fils Derain sont sans doute sexy, certes la bouse de vache fermentée tout l’hiver peut avoir son charme mais se contenter de ce seul exemple me traitement me paraît un peu court … jeune homme ! 🙂
    A première vue, c’est un bon choix de culture, surtout lorsqu’on observe la tenue des vignes du Château Gombaude-Guillot ou encore celle du domaine Derain par rapport à leurs voisins respectifs.
    Ce n’est, et de loin, pas l’unique explication et il est dommage que le documentaire ne « fouille » pas autant dans les pratiques biodynamiques qu’il l’a fait dans toutes les poudres de perlimpinpin du tout chimique ou des correctifs de tout crin.

    Et où je reste sur ma faim, c’est que je me pose la question : entre les deux, point de salut ?
    Si bien entendu et Jean-Luc Valandraud donne l’exemple à suivre en étant plutôt préventif que curatif, sinon il faut pulvériser trois fois la dose …
    Et avec le respect de l’Homme : on prépare et on dose les pulvérisations, on ne travaille pas aux vignes dans les vingt-quatre heures qui suivent, je soigne mon entreprise car cinquante personnes en vivent au quotidien.
    Beau discours.
    Ce que j’en retiendrais, c’est que ce monde de paillettes et de luxe extrême qui ne vend plus du vin mais un je-ne-sais-quoi à plusieurs milliers de boules la quille, s’est depuis très très longtemps coupé du consommateur lambda et depuis longtemps de l’amateur de vin.
    Qu’ils n’oublient pas que la bulle spéculative existe partout et le monde du vin n’y échappera pas.
    À côté de cela, il semble – si l’on en croit les propos de M. Derain – que le retour à des pratiques culturales saines se développe de plus en plus et chez les plus jeunes, ce qui est très rassurant.
    La balle est dans le camp de l’amateur et du consommateur lambda qui doivent à présent savoir si il faut se saigner pour acquérir du coca cola aseptisé à plusieurs centaines – voire davantage – d’euros la bouteille sans plaisir, sans surprise si ce n’est le pétillement des yeux devant une étiquette prestigieuse.
    Ou si ils doivent rechercher un vin qui a des choses à leur dire même si parfois il faudra savoir l’écouter et le comprendre.
    Mais n’est-ce pas mille fois plus enrichissant et motivant ?
    Parce que le vin, ce n’est pas une œuvre d’art, ce n’est pas un bijou, c’est du jus de raisin fermenté – aussi beau et bon soit-il – dont l’unique finalité est d’être bu.
    Et rien d’autre.

  3. Comme toujours ce reportage ne concernait que le bordelais et encore, quelques domaines représentatifs des enjeux actuels de la viticulture en France.
    J’ai fait une croix sur les grands crus compte tenu de leurs prix mirobolants, compréhensibles parfois en découvrant le prix du vignoble à l’hectare dans ces régions. Il faut vraiment être héroïque pour ne pas vendre. Les différences de prix entre les vignobles premier cru et les autres sont par contre vertigineuses et indéfendables.
    C’est là qu’intervient le monde de la finance avec ses réalités . Ces spéculations pourrissent presque tous les domaines de l’économie et de la société. Où cela s’arrêtera-t-il?
    Il faut être candide pour croire que chaque propriétaire ne pense qu’à la qualité de son vin et au bonheur des consommateurs!!!
    Le rôle des dégustateurs célèbres était connu, mais à ce point?

    Comme beaucoup, il faudrait que toutes les contre-étiquettes mentionnent les produits utilisés pour la culture des vignes et la vinification. J’ai été déçu récemment par un viticulteur ayant utilisé ces copeaux ou « douelles », sans en faire mention!!!!

    J’ai tout de même été surpris de voir dans le reportage des produits « fraises » ou « bananes » sur les étagères de certains. Les assemblages sont par contre utilisés depuis longtemps et souvent à bon escient.
    Alors que faire? Il est vrai que les acheteurs devraient(!) être libres et responsables de leurs choix,
    mais le « marketing » est une technique diablement efficace.
    Par contre lorsque le sanitaire est en jeu, il faut être intransigeant!!
    Visitons les vignobles, encourageons les passionnés en les suivant, même dans les années plus faibles,boycottons la grande distribution, n’arrêtons pas de découvrir, etc..

  4. Le vrai problème c’est que le reportage traite… de beaucoup trop de problèmatiques. La santé, l’économie, la mondialisation, les classements, le bio, les notes, la spéculation,… au moins Mondovino n’avait pas de voix off qui avait la prétention de nous faire un cours magistral. Tout ça en à peine une heure quand on s’adresse à des amateurs peu éiclairés, c’est trop, et forcément le message est brouillé au final. On ne retient que les images choc (levures bananes contre foulage au pied, les cloches d’Angélus contre les poules de Pomerol). Déjà que le fond est faible (scoop: les bordeaux sont fait de plusieurs cépages!!!), mais ce qui tue vraiment le projet c’est cette incapacité à vouloir se concentrer sur un sujet bien définie autre qu’une succession frénétiques de scandale viticoles (pour la plupart très caricaturaux). Dommage.

  5. Ce que j’en pense ? Rien de plus qu’avant d’avoir visionné ce reportage . A savoir que je m’en tape pas mal. Appellations, châteaux, grands crus tout ça ne respire que le fric et les arrangements a la vigne ou a la cave.
    Il y a bien longtemps que je n’achète plus de bordeaux, qui furent pourtant les premiers vins que j’eus goûté il a quelques années.
    Il a des » bons »certes mais ils se comptent sur les doigts de la main (le Puy pour ne citer que lui)
    Pourquoi me suis-je éloigné de cette région avec le temps ?
    Pour la chiantitude d’abord, le classicisme les vins à « papa » quoi
    C’est vrai je suis aussi sensible a l’étiquette, première cause d’achat réflexe/d’intérêt pour moi pour les quilles inconnues …
    Le château me fait fuir …
    Le prix aussi. L’explosion des prix sur certains domaines m’ont rapidement découragé. Et puis pour couronne le tout, la masse de traitement phyto et soufre dont la région se réclame.
    Aussi, j’ai mis un certain temps avant de comprendre et d’éviter les pièges des médailles, appellations fallacieuses et autre cru bourgeois.
    Bref il y a tellement mieux et tellement meilleur ailleurs souvent pour moins cher que je me suis progressivement mais sûrement détourné de cette région.
    Le vin c’est ce qu’il a dans le verre et le plaisir qu’il nous apporte a l’instant T. Le reste n’est que foutaise. Ah, la fierté de l’oncle qui mets fièrement sur la table une bouteille de st Émilion grand cru classe Z le jour de Noël. On s’en tape de l’étiquette mon oncle, ton vin est dégueulasse et il pu le boisé …
    Voilà, le reportage me conforte dans mes idées même si j’en avais pas vraiment besoin, que ces vignerons capitalistes se gardent leurs vins trafiqués et que les français arrêtent de remplir leurs caddies aux GS du coin de liquides immondes brades a bas prix, qu’ils poussent la porte des vrais cavistes (et oui, même la il y a des imposteurs) qu’ils s’intéressent enfin au produit a son mode de production et a ceux qui le produisent … On peux rêver mais si ce reportage ouvre les yeux a quelque uns ça sera déjà pas mal !

    • Pourquoi « on peut rêver » ? Arrêtez de prendre les gens pour des cons.
      Et ouais, la plupart des gens achètent leur vin en GD, beaucoup pensent que le StEmilion chateauchaipaquoi c’est le top du repas de Noël … et ouais, c’est une réalité. Une culture, ou plutôt une absence de culture vin. Dans un pays qui hésite selon les jours à se penser le nombril ou le trou du cul du monde du vin (les mêmes personnes qui hésitent entre les 2, selon leur humeur du jour ; la nuance et le recul c’est pas le fort de la France en ce moment) c’est assez savoureux.
      Mais c’est pas en se foutant constamment de leur gueule que ces gens vont changer. Apprendre, s’intéresser, avoir un regard critique… il y a tant de boulot à faire mieux de la part des journalistes, bloggeurs et commentateurs, que de se payer la tête des ignorants et marquer sa supériorité ou son « élitisme ». C’est pas comme ça que la situation va s’améliorer…donc vous plaignez pas.

  6. « On s’en tape de l’étiquette » : je n’en suis pas si sûr. Est-ce que justement vous ne trouvez pas ce vin trop boisé et dégueulasse justement parce que vous avez vu son étiquette avec a priori ? Ne souffre-t-il pas de délit de faciès ? Parce que tous les St Em ne sont pas semblables, comme tous les autres vins, d’ailleurs.

    Quant à au métier de caviste, vous avez raison, comme partout, il y a les bons, et les moins bons. Et les bons pourraient avoir une meilleure idée que d’habiter et travailler dans le sud de la Belgique, hein ? Non mais des fois, c’est vrai quoi ! TGV+Thalys pour venir faire des emplettes, ça fait un peu démesuré, Madame notre hôte. Comme il y a (mais ce n’est pas fréquent) de bons chefs de rayon boisson en GD qui ont la bonne idée de référencer de vraies belles valeurs. Chez XXX au Pian Médoc, j’ai pu acheter des vins de Giboulot, d’André Ostertag, d’Alphonse Mellot, des Cauhapé. Manque de bol, le responsable a changé et…la cave aussi. 😦

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