New-york, Newwwww-york!!!

ny

Le hasard fait parfois bien les choses, lalala.

Un numéro de téléphone mal indiqué, et me voilà avec une charmante dame au bout du fil, représentant des propriétés viticoles new-yorkaises. Hé oui, New-York n’est pas qu’une chanson formidable et une grosse pomme, c’est aussi un état à peu près grand comme les deux tiers de la France. Je ne tente pas la comparaison Belgique, ça me ferait trop de mal.

Donc, la dame excite ma curiosité: si j’ai souvenir d’avoir dégusté des bulles de Washington, quelques californiens et des bizarreries de ci, de là je n’ai encore rien bu qui vienne de New-York. Go for it, donc.

Si l’on y trouve de la vigne, ce n’est pas complètement par hasard: la vigne sauvage y rampait déjà vaillamment: des indigènes très résistantes mais pas franchement excitantes au niveau gout. Les premiers immigrants, hollandais anglais et français les mêlent à des viniféra, vignes « nobles » et obtiennent des hybrides, qui connaissent des bonheurs variés. Plus tard, on tente de garder les viniféra uniquement, sans les marier aux labruscas indigènes. Voilà pourquoi on trouve à la fois des « classiques européens » et des bizarreries locales au niveau des cépages.

Il existe, si on schématise plusieurs  régions importantes de production:

  • New York city : l’origine du monde ou presque, c’est là qu’on recense les plus anciens essais de viticulture dans l’état.
  • Long island: spécialités de merlot et sauvignon
  • Lac Erie: concord et catawba
  • Niagara
  • Lac Ontario, région du centre, lac Champlain….
  • Vallée de l’Hudson: pinot noir et chardonnay
  • Finger lakes: c’est celle que je vais explorer en particulier, on y trouve pas mal de riesling et de cabernet franc

Tout ça pour dire qu’on en fait un peu partout, mais surtout dès qu’il y a de l’eau on trouve vachement plus de vignes: une histoire de climatologie, de pentes, d’exposition, tout ça (obvious Sand is obvious).

La région de Finger lakes est subdivisée en Keuka lake, Seneca lake, Conesus et Hemlock lakes, Canandaigua lake, Owasco lake, Skaneateles lake et Cayuga lake. On y recense plus d’une centaine de wineries.

Oufti.

Ce qu’on retiendra (parce que faut pas déconner tous ces lacs là, c’est compliqué) c’est que les Finger lakes produisent pas mal de mousseux, quelques vins de glace, sont réputés pour leurs rieslings et pinot noir, mais ne négligent pas leurs cépages indigènes comme le niagara, le catawba et le cayuga.

On goute?

Allez!

Un chardonnay très acide, un autre un peu trop caricatural, next, next… please.

ny3Premier à sortir du lot, ce pinot gris. Des jolis amers, pas de ce coté mollasson, mou du genou qui affecte parfois certains. On n’est pas sur une grande bouteille, mais au moins sur quelque chose d’honnête et bien fait.

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Même domaine: un assemblage étonnant, gewurztraminer et cayuga (70 % pour ce dernier). Pas mal du tout, bien que manquant un poil d’élégance. Le cayuga est donc un cépage typique, en tout cas c’est la première fois que j’en rencontre. Ça frise les moustaches d’exotisme: ananas, un peu litchi, bref ça se boit assez vite et bien.

La bouteille suivante me terrorisait un poil: j’ai ce gros problème avec les bouteilles de vin qui pourraient être des bouteilles de shampoing. Bleue, a-t-on idée? Et c’est même pas pour un vin orange… (l’orange, bleue, vous l’avez?).

ny4Hé bien…

J’ai beaucoup beaucoup aimé. Du cayuga, encore mais vinifié seul et en demi-sec. Super, du fruit tout frais tout mignon qui pète au nez, du citrus en début de bouche, puis de la mangue. L’exotique du cayuga se confirme donc.

Autre très bonne surprise, ceci.

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Pour le coup, j’adore l’étiquette. Pure, élégante, un peu végétale. Comme le vin, en fait, ce qui est plutôt pas mal. C’est un très chouette riesling, avec un petit coté herbacé pas désagréable, du fruit blanc discret, de la poire, une finale fraiche. Lui manque peut-être un chouille de minéralité, un poil de classe et de distinction, mais c’est pour chipoter.

En blanc, j’ai gouté également du seyval, sans vouloir être désagréable, ça m’a fait penser à une copie made in China de sauvignon. Du vignoles, apparemment apparenté au chardonnay, quelque peu lourd et bonbon. Puis de la traminette (un hybride ayant pour parent le gewurz) fortifié: un type porto blanc, beaucoup trop riche et sucré à mon gout.

Des rouges je retiendrai un très joli cabernet franc, domaine Fox Run sur 2009: rond, équilibré, du fruit, du plein charnu et pas une once de poivron à l’horizon et un bel assemblage cabernet franc / lemberger (qui ne serait autre que du blaufrankish) chez Fox Run toujours: le blau donne un poil d’épices et de complexité.

En revanche, out deux pinot noirs décevants, un autre assemblage cabernet/ lemberger avec une impression de sucres résiduels à laquelle je n’accroche pas, et un merlot boisé à outrance.

Bilan des rouges assez mitigé donc, mais on pouvait s’y attendre d’après ce que j’en ai lu/ entendu.

 Ma grosse découverte c’est le cayuga... ben oui, du riesling, même ultra-bien fait, y a des chances qu’on en trouve ailleurs plus abouti. Tandis que le cayuga… c’était une première approche, ça m’a donné envie de déguster d’autres versions/ d’autres domaines puisqu’ils sont relativement nombreux et prolifiques.

Comment ça, les journées ne durent que 24 heures?

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3 réflexions sur “New-york, Newwwww-york!!!

  1. J’en ai gouté (Riesling) plusieurs á Megavino et quasi rien me plaisait. Et ce n’était certainement pas le meilleur rapport qualité-prix. Néanmoins: keep trying!

  2. Et bé, scotché !
    J’ignorais qu’on produisait du vin à New-York.
    C’est vrai que le récit donne envie de découvrir le cayuga.
    Qui sait un jour si nos chemins se croisent. 🙂

  3. Bravo, il fallait le courage de le faire et promouvoir les produits de l’est américain.
    Je remarquais en visitant cet été mes amis dans le Jura, Savoie ou Bourgogne à quel point on est régionaliste en France et on peine à regarder les produits du voisin.
    Installé au Québec depuis 10 ans j’ai découvert qu’on fait du vin ailleurs qu’en Californie, en vacances à Cape Code j’ai gouté quelques produits intéressants. L’Orégon est aussi une région très intéressante.
    L’avantage de la côte est à mon avis est que le climat ne permet pas des vins comme à Napa « Full Body Metal Jacket » à la Parker.
    Il y a forcément plus de subtilité, de minéralité, d’acidité. C’est pas une louche de vin chaud rafraîchi.
    Je tiens pour honoré ma terre d’accueil, vous amener à découvrir au Québec les vins de glace et cidre de glace qui sont vraiment digne de mention. Par contre vous parlez du lac Ontario et il y a tout à l’ouest coté canadien la région de Prince Edward County (http://www.princeedwardcountywine.ca) qui fait de bons Reisling et même des pinots noirs peuvent tenir la route et même charmer. Cette région est d’une beauté et d’une tranquillité bien loin du cliché Vegas de Niagara…Mon coup de coeur : http://www.lighthallvineyards.com
    Pour finir par une anecdote saviez vous qu’on fait aussi du vin à Brooklyn? Et oui il n’y a pas juste du rap à BK!!!
    http://bkwinery.com/harvest-season-2014

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