#1 les Accords mets-vins

Petit compte-rendu de la soirée de mercredi ?
Allez !

Déjà, toutes mes félicitations aux participants : aucun n’a démérité ou même vomi, ce qui est un exploit étant donné les tortures gastronomiques auxquelles je les ai soumis.

Le thème étant les accords mets-vins, ce n’est pas une première pour moi. Je ressors donc le questionnaire de base histoire de recentrer les connaissances et éventuellement briser un ou deux tabous : oui, on a le droit d’aimer le poisson et le vin rouge ensemble, non on n’est pas forcément obligés de sacrifier aux sauternes sur le foie gras !

Se faire confiance, à ses goûts et ses sens : c’est la clé. Même s’ils sont parfois trompeurs. Je m’amuse pour le démontrer à servir un vin rosé dans des verres noirs, et en éteignant la lumière tant qu’à faire. Impossible de tricher ! Une majorité des dégustateurs lui trouvera des arômes de « blanc » tant qu’il est à l’aveugle. Une fois dans les verres normaux et la lumière rallumée, magie, les arômes ont mué. Tout le monde goûte du rosé.
Comme quoi, le cerveau selon les infos qu’il reçoit ou non peut être un sacré taquin.

Ensuite, je proposais un exercice ludique mais un peu éprouvant pour les papilles : une assiette où s’enchevêtrent pâté crème, chocolat, œuf, choucroute, raisins, brie, fourme d’ambert.
Et six vins pour les accompagner ou non.

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Un archétype de beau blanc sec, un « primitif » de chez Giachino, vin de Savoie, cépage jacquère. Très pomme verte, citrus, la bouche est élancée, fine, sur les agrumes.

Un modèle de blanc « gras » autrement dit un bourgogne givry 1er cru clos les grandes vignes du domaine Parize. L’élevage bois se fond doucement, laisse des notes vanillées, briochées, la bouche est ample, avec de la poire.

Un troisième blanc, doux celui-ci puisqu’il s’agit d’un muscat-de-rivesaltes du domaine Fontanel : très typé, ça sent le raisin de … muscat, hé oui. En bouche on le retrouve nanti de fruits exotiques, et sans trop de lourdeur.de2

Pour les rouges, option un rouge léger, cerise, frais : du pinot noir d’alsace de chez Rietsch bien sûr.
Option deux, un rouge puissant, j’ai choisi le carignan des Mathouans. Très épicé au nez, poivre canelle, girofle. La bouche est dense, avec des tannins présents mais commençant à se fondre.

Et le rosé? Il s’agit du rosé Joséphine, des Terrasses de Gabrielle en saint-chinian. Un bonbon fluide, avec de la pivoine, un poil de rose, de la fraise et une bouche aux légers amers.

Le but? Gouter chaque élément avec un ou plusieurs vins et voir physiquement pourquoi ça marche ou non.

On se rend compte très vite, que même s’il s’agit d’un accord régional, pinot noir et choucroute ne fonctionnent pas du tout: le vin devient âpre et décharné. En revanche, le primitif fait le job: les deux jouent sur le registre acide, sans s’écraser.

Que rouge, puissant ou non, sur le bleu c’est no way. En revanche le muscat, c’est top. Malgré les sceptiques craignant le sucre sur le sel, c’est finalement le plus beau moment de la soirée.

Qu’il faut éviter le vin avec du pâté, ou en tous cas aucun de ceux-ci (le rosé étant le moins pire): pourquoi pas de la bière? Éviter aussi le vin sur  l’œuf d’ailleurs… Ce qui nous amène à la question « et avec des asperges à la flamande »? Une belle bière, les gars.

Que le pire accord de tous et ça m’a étonnée, c’est raisins et pinot noir: il s’est passé à ce stade des trucs dans ma bouche que je n’avais jamais expérimenté (et je ne souhaite pas renchérir).

Je n’aime pas le chocolat, je suis donc très mauvaise juge: je lui accole volontiers le carignan, où l’amertume du cacao joue avec l’épice, mais beaucoup ont préféré l’accord chocolat-muscat.

Avec le brie, le bourgogne remportait la palme, le pinot noir s’en sortait pas trop mal.

On a joué longtemps, de gouts en surprises, amères ou bonnes.

La conclusion de tout ça: il y a des règles qui régissent les accords, pas toujours débiles puisqu’elles ont parfois de vraies raisons physiques (comme les tannins désespérants et durs sur le bleu). Mais gardons à l’esprit que si on peut s’en inspirer, on peut aussi les adapter, à sa sensibilité propre. Rien n’est figé, rien n’est immuable. Si on respecte une certaine hiérarchie dans le repas, presque tout est permis: d’abord les vins plus légers, plus frais. Puis les vins riches, tanniques, sucrés.

La prochaine soirée aura pour thème les portos, je sens que je vais m’amuser …

Pour les attentifs, il y a un vin de plus sur les photos: il s’agit d’une amusette de fin de soirée: un cabernet franc du sud, très rond, très fruit, très buvable, très… Les Terrasses de Gabrielle font de jolies choses, plus que t’en goutes, plus que ça te goûte.

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Une réflexion sur “#1 les Accords mets-vins

  1. Quelle belle soirée de découverte.
    Perso, le vin rouge sur le fromage (en général) m’a rarement convaincu.
    En revanche, le blanc ça fonctionne pas mal.
    Par contre, j’aurais volontiers parié un kopeck sur un accord pâté/vin blanc, comme quoi …
    Sur le chocolat, vin rouge, vin rouge et encore vin rouge !
    Mais comme le Carignan hein !
    J’ai déjà tenté des blancs, notamment en VDN mais ça m’a moyennement plu et les moelleux type Sauternes, no way.
    Quant au test dans le noir (verre et/ou absence de lumière), c’est top pour bousculer nos certitudes.
    Pas essayé des dizaines de fois mais je suis persuadé que je me planterais 4 fois sur 5 et encore, je suis généreux avec moi-même.
    Ça pourrait être pire mais qu’est-ce que c’est révélateur et ludique. 🙂

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