L’Hummer noir*

*noir, c’est noir (et pis c’est classe)

Vous êtes nombreux et réguliers à me demander des adresses de (bons) cavistes. Et ça me fait très plaisir de vous confier aux mains de Paco, Philippe, Olivier,  Hervé, Martin, Alexandre, Pascal, .. . j’en passe et non des moindre, puis vous pouvez en retrouver plein ici. Parce que oui, il existe encore de supers cavistes, très compétents un peu partout en France.

Un caviste compétent, c’est outre le fait qu’il t’accueille  convenablement et t’écoute quelqu’un qui ne dit pas de conneries.

C’est pas si évident que ça de prime abord, je vous assure. Cette semaine, test d’un caviste spécialisé « Italie ». C’est juste un crochet parce que dans le coin, le bouclard avait bonne réputation, j’y ai trainé pas mal mes guêtres à un moment. Sauf que de l’eau a coulé sous les ponts.

« Vous auriez un vin, un peu original, bio de préférence? »

« Oulah, on n’a pas ça. Puis en Italie le vin bio, ça n’existe pas! »

« … »

« Si, c’est bien une mode de français ça, le sans soufre, la biodynamie, en Italie on fait pas ça, c’est sérieux! ».

Le premier coup de massue passé

« Bon, proposez moi quelque chose d’un peu original, alors »

Et voilà la bouteille.

malb

Je ne vais pas m’étendre sur celle-ci, je crois qu’un « c’est dégueulasse » lapidaire est bien suffisant. Maigre, sec, décharné, aucun plaisir, aucun fruit, et même sans savoir d’où il peut sortir, du gaz. Soit.

Ce qui me ramène à la compétence: vendre un vin pas génial c’est déjà quelque chose. Mais affirmer qu’on ne fait ni vin bio, ni nature en Italie, c’est un peu fort de café. Je passe sur le coté « mode », qui est l’argument le plus con du monde. On peut se tromper, ça arrive: nul n’est infaillible. A ce point, ça me semble plus compliqué à défendre.

 Dans un registre plus léger, ma boite mail a révélé des contenus formidables cette semaine. Outre les sempiternels communiqués de presse dont je n’ai que poutre, est arrivé ceci:

nicol

Et là, je peux le dire: je n’ai vécu toute ma vie que pour cet instant.

C’est vrai quoi, c’est pas faute d’avoir écrit en long, en large et en travers que Nicolas c’est tout sauf des cavistes.

Que cette chaine n’est qu’un alibi pour vendre des vins tout juste bons pour la GD en haussant les prix de façon spectaculaire.

Que nombre de ses vendeurs (pas tous, il s’y cache quand même quelques gens passionnés) seraient plus à leur place à vendre des frigos ou du papier-cul plutôt que de s’essayer au pinard.

Parce qu’au fond, je ne suis pas si méchante, j’ai tout de même répondu.

repn

Cher(e)s AP, il est temps de revoir un peu vos méthodes de comm’s. Le blogueur est un peu comme le lama: il se vexe facilement, et crache comme ça. Sans rire, les phrases bateaux, les copiers-collers,  stop. Mais bref, je vais pas les rhabiller tout de suite, on va attendre l’hiver.

Il faut croire que cette semaine, certains pros s’étaient passés le mot, puisque c’est jeudi que je suis tombée sur ceci:

« Ce cours de dégustation de whisky à domicile a pour but de réconcilier le whisky et la gente féminine. Bien loin de l’idée reçue d’un alcool réservé aux hommes, de nombreuses bouteilles satisfont pleinement les gouts des femmes. Bien entendu, la tourbe et ses arômes puissants ont été proscrits de ce cours. Notre expert a choisi pour vous des whiskies légers et fruités pour une dégustation tout en gourmandise. »

On écrit bien « gent », les petits poulets, meme si l’adjectif derrière est féminin.

Ensuite, quoi …

Le gout des femmes. Tourbe et arômes puissants proscrits. Légers et fruités.

Inutile d’expliquer qu’en partageant ce morceau de sexisme crasse à tendance débile, les réactions ne se sont pas fait attendre.

Notamment Mathilde, qui m’a fait hurler de rire parce que je visualisais la scène: « j’aimerais débarquer là-bas en petite robe délicate et gueuler « ALLEZ FILE MOI TA GNOLE! »

On n’est pas rendus. Je précise que ça n’a rien de parodique, que c’est sur un site que je ne link pas pour ne pas faire de la pub, mais que c’est bien écrit en 2014.

Mais soyons positifs, soyons de bonne humeur, dans une semaine je suis en vacances, à prendre l’air, à toucher les vignes à me faire exploiter par des chatelains-vignerons

Et juste avant ça, je fais un crochet par Rennes.

Parce que je l’aime beaucoup, parce qu’il  de supers vins, parce que sa femme est délicieuse (et à SA PLACE A LA CUISINE, ELLE!), parce qu’on va picoler, parce que mine de rien, il est coup de cœur caviste RVF: je vais voir Christophe et Isabelle.

Ils sont beaux, hein? Et en sus, de vraies gentilles personnes, passionnées, impliquées, et j’arrête là, parce qu’il va rougir jusque la pointe de ses grandes oreilles, le lapin.

En attendant, c’est le week-end, bullons.

Moi j’ai un Pépiebulle, piapiapia.

pep

Des infos? Ici. (Encore un caviste, oui! Deux en fait, les Eric forment une sacrée paire. Et l’un écrit des bouquins, on en reparlera).

C’est bon, c’est frais, c’est inconséquent, c’est un parfait vin-d’automne-pour-se-souvenir-de-ce-que-c’est-l’été.

Puis, parce que c’est la pleine saison, petite astuce, cadeau dans ce billet foutoir, quelques grammes de tendresse.

Recette express, liégeoise, chère à mon cœur, pour le gout d’enfance, pour mamy qui la préparait tôt le matin, un fichu sur ses bigoudis.

Prenez des poires Saint-Rémy, que vous pelez entières en gardant la queue.

La poire, cueillie aux environs de la fête de Saint Remy (premier dimanche d’octobre), est réputée pour ses qualités gastronomiques: qui ne connaît les célèbres « cûtès peûres » du Pays de Liège ?

C’est pour entretenir sa tradition et encourager la promotion fruitière régionale qu’a été créée le 17 juin 1986 la Confrérie des « Peûres di Sint-R’Mèy ». Née à Saint-Remy, petit village chaleureux aux confins des doux pays de Blegny et de Dalhem, à deux pas du célèbre Domaine de Blegny-Mine, la confrérie entend participer à la valorisation culturelle et touristique de sa région et à la défense des traditions populaires de la Province de Liège et de la Wallonie.

Son cri et sa devise sont: « Peûre asteûre, peûre todi » (Poire aujourd’hui, poire toujours).

luik

Réalisez un sirop avec:

  • 500 ml d’eau
  • 6 bonnes grosses cuiller à soupe de sirop de Liège
  • 6 bonnes grosses cuiller à soupe de cassonade brune
  • de la cannelle

Portez sur le feu, réduisez. Une fois que c’est pret, dans un plat creux versez-le sur les poires, et hop oubliez-les au four, à 150° pour au moins deux heures trente.

Et vlà le travail! poi

Bon weekend, bon appétit, et santé!

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5 réflexions sur “L’Hummer noir*

  1. Superbe billet qui sent bon l’automne : farfouiller chez son caviste, imaginer des plats qui tiennent au corps, plein de saveur et de gourmandise.
    Sans oublier le clin d’œil régional avec les cûtès peûres, dessert emblématique et savoureux dont la cuisson embaume la maison.
    Bref, après la lecture, on échafaude les bons plans gastronomico-viniques ! 🙂
    Sluuuuuuurps !

  2. Encore un beau papier qui me touche beaucoup puisque je suis un accro de » la maison » Ligeron.On y mange fort bien,on y boit du tout bon,on y emmène des flacons chez nous on y fait nos sessions lpv,on y rit……..et on y dépense tous nos petits sous.Bon séjour à Rennes et bonnes vacances.

  3. Quelques vins italiens nature – plus précisément siciliens – dégustés dans les villes baroques du sud de l’île cette semaine entre Notto, Ragusa et Scicli: le Siccagno d’Arianna Occhipinti en 2005, sa première cuvée : vendanges manuelles, fermentation avec levures endogènes, élevage sur lie. Des mûres de la framboise, des griottes, de l’hibiscus et du tamarin : juste superbe de précision. Le Passopisciaro (2004) d’Andrea Franchetti qui est au moins aussi complexe que l’Occhipinti. On est sur un cépage endémique : le nerello mascalese, des vignes qui poussent à 1000 mètres d’altitude sur l’Etna, dont le climat est plus rude que celui des Dolomites. Tout en biodynamie, le domaine utilise entre autre de la poudre d’agrume pour protéger ses vignes. L’Ishac Porta del Vento en 2010, un Nero d’Avola … du vrai bourgeon de cassis. Un vin orange élevé en amphore de chez Manfredi Guccione, le Girgis Extra Catarratto et trois vins blancs détonants de fraicheur et de précision: le Quantico du domaine Giuliemi, un Etna Bianco de 2011, le Barraco Grillo (2004 – 14,5° tout de même) et le Tenuta di Fessina a’Puddara de 2012.

  4. « un parfait vin-d’automne-pour-se-souvenir-de-ce-que-c’est-l’été »

    Mais tu arrêtes avec ta poésie ! J’ai voyagé, j’ai milles images. Ci-mer

  5. A conseiller également :
    La cave des halles a Lannion (22)
    Wine not a Angers (49)
    La cave de la presqu’île a Crozon (29)
    Le vin vivant à Nantes (44)

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