RasPoutine*

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
*je ne suis pas responsable du titre, puisqu’il s’agit de celui de mon invité. Faut croire que ce blog est confortable, si les gens ont envie d’y venir. Avec Pierre, découverte d’une spécialité locale de très loin, là-bas. Dépaysement garanti. Bonne lecture! A toi, Pierre!

 Pas de politique dans ce texte, juste du gras.

La poutine, sûrement l’un des plats que je connais qui provoque le plus d’opinions divergentes.

Tantôt décriée, tantôt adulée, elle ne laisse personne indifférent. Ce plat classique de la culture québécoise a une origine revendiquée par plusieurs restaurants, voire  villes/régions.

Les challengers historiques sont :

  • Le Lutin qui rit à Warwick
  • Le Roy Jucep à Drummondville
  • Dans les patelins de Nicolet & Saint-Hyacinthe
  • La P’tite Vache à Princeville

Sans rentrer dans le détail de chacun, on sent bien que l’on est face à un plat rural qui n’a pas été confectionné dans la cuisine d’un gastro ou encore dans un quartier hipster de Montréal. Il s’agit d’un plat mis au jour dans les années 1950 avec des ingrédients simples.

Ce plat a survécu dans le temps et est devenu un des symboles de l’identité culinaire du Québec. Il existe même des manifestations propres à la poutine, qui sont les témoins de cette popularité :

Pour ma part, récemment émigré de Lyon vers Montréal, c’est l’une des premières spécialitées culinaires québécoises (québécoise pas canadienne, attention) que l’on m’a expliquée.

J’en ai eu vent la première fois de la part de mes beaux-parents, qui sont venus en vacances au Québec il y a quelques années, et franchement je ne partais pas sur une bonne impression :

Tu verras ce n’est pas super, un mélange de frites avec un truc qu’on appelle fromage en grains submergé par de la sauce bizarre …

En l’état pas ouf comme description et pas très vendeur. Mais étant un ventre sur pattes, je me suis dit que de toute manière je la testerai, au péril de mon taux de cholestérol.

De base une poutine (l’originale on s’entend) c’est trois ingrédients :

  • Frites
  • Fromages en grains/crottes
  • Sauce brune

Les frites vous pouvez les faire classiques, écrasées, en julienne, en cube, … Suivant votre envie mais l’original est la frite classique que tout le monde connait.

Le fromage en grains c’est… spécial. Pour un européen élevé au fromage bien goûtu, c’est bizarre d’appeler cela du fromage. Je ne connais pas vraiment d’équivalent chez nous. En fait il s’agit tout simplement d’un fromage cheddar qui n’a pas subi de pressage. C’est donc un cheddar caillé frais (lait de vache).

fro

Fromage skouik-skouik

La sauce brune est une sauce à base de fond brun. C’est donc réalisé à partir d’un bouillon de veau/bœuf. On peut aussi lui ajouter de l’huile végétale, de la farine, du bouillon de poulet, de l’eau, du sel, du poivre … C’est assez épais et cela nappe justement le fromage ainsi que les frites.

Ce qui est important à savoir est que le fromage n’est pas fondu totalement ou gratiné. C’est-à-dire que dans l’ordre de préparation on remplit le plat de frites, on met le fromage dessus et ensuite on recouvre le tout de sauce. C’est donc les frites plus la sauce qui vont ramollir le fromage et commencer à le faire fondre. Cela donne un mélange de fromage frais et semi fondu assez agréable.

En plus de cette recette classique, il est possible d’ajouter divers aliments comme on peut le voir par exemple dans certains restaurants :

pou

pimp my poutine

En France, je remarque que la poutine n’a pas une si bonne réputation que cela. Je pense que pas mal de monde se trompe dans le choix de sa première poutine et du coup l’expérience n’est pas au rendez-vous. Et oui car comme pour tout, il y a la bonne et la mauvaise poutine !

A mon sens l’ingrédient très important est le fromage et surtout sa fraicheur. Ce fromage en grains pour prouver sa fraicheur doit faire « chkouik chkouik » sous nos petites quenottes. Voilà pourquoi les poutines de Montréal sont décriées car les fromages ne sont pas jugés suffisamment frais étant donné que la production se fait en dehors de l’île (l’approvisionnement du fromage fait perdre la fraicheur).

Bien sûr les frites et la sauce jouent aussi dans l’équation mais cela est plus une question d’assaisonnement si je puis dire !

En tant qu’emblème du Québec, ce plat est fait dans tous les bouibouis de Montréal. Il est donc facile de tomber dans le piège de la mauvaise poutine lorsque l’on rentre dans un restaurant qui fait ça seulement pour les touristes qui veulent goûter à leur graal. Il faut donc avoir les bonnes adresses, mais bon cela est vrai pour tout !

Je vous liste en vrac mes préférées que j’ai testé et approuvé :

  • Mange-moi : à Montréal, élue meilleur poutine à la poutineweek 2014, celle au porc effiloché est magique
  • Poutineville : à Montréal, on peut tout personnaliser
  • La banquise : à Montréal, ouvert H24 lieu très populaire
  • Le Roy Jucep : à Drummondville, un des inventeurs de la poutine (certificat en poche héhé)
  • Le snack : à Sherbrooke, la poutine du chef est pour l’instant une des toutes meilleurs que j’ai mangé

Vous l’aurez certainement compris, je suis un défendeur de la poutine, plat simple et avec de nombreuses variantes possibles, il s’agit d’un incontournable de la culture québécoise. Désormais quand des amis ou de la famille viennent chez nous j’ai l’habitude de leur faire manger une bonne poutine comme premier repas afin de leur faire réaliser qu’ils sont bien arrivés au Québec.

guaca

MIAM : De la poutine au guacamole avec piment fort, poivrons et poulet

 

vian

MIAM BIS : La poutine du chef avec pleins de viande


Bien sûr je n’allais pas finir ce billet sans répondre la question que vous vous êtes tous posé en lisant cela : KESKON BOIT AVEC CA !!!!!

La sauce brune étant assez prononcée je ne boirais pas en priorité du vin avec. Si je devais en choisir je partirais plus sur un blanc beurré mais cela n’est pas ma préférence.

Je partirais plus sur une bonne bière locale. Et oui le Québec regorge de micro brasserie avec de supers bières.

Mais bon ca on en reparlera peut être un autre jour 😉 ….

Pierre

Publicités

3 réflexions sur “RasPoutine*

  1. Pfiouuuuu ! 🙂
    Ça a l’air assez solide comme plat !
    Je ne sais pas si on en fait par nos contrées mais si je « tombe » sur la proposition sur une carte de snack-restaurant, c’est bien le genre d’assiette que j’aimerais goûter.

    • Salut Olivier,
      A priori il y a la chaîne québécoise « Frites Alors ! » qui existe en France, mais seulement à Lyon, qui en propose. J’ai découvert ça après mon départ pour Québec donc impossible de comparer avec ce qui se fait ici !
      Et oui c’est solide comme plat 😀

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s