Morgon, merde aux cons


mortHier on a trinqué. La vie doit continuer. Peu importe les larmes, la douleur, l’indicible. On n’oublie rien, on y pense. Tout n’est pas parfait, tout n’est pas d’équerre. Bien sûr. Mais on ne rajoutera pas l’inhumanité à l’horreur.

Il y a eu déjà trop de morts. Donc ce mort aux cons, permettez-moi de le transformer: merde aux cons!

On a tous des façons bien différentes de réagir à la mort: colère, rage, tristesse. La mienne c’est de rire. Rire, plus fort, plus vite, pour oublier que ça arrive, tous les jours, tout le temps, n’importe quand. En parler viendra plus tard. Pour ce qui est de ce qui s’est passé hier et avant-hier, c’est impossible de débattre sereinement: du coup, j’ignore. Je n’oublie rien. Quand c’est insoutenable comme « les porcs sont crevés, champagne! » je vire de mes contacts. Parce que c’est trop, trop de violence contre laquelle on ne peut plus argumenter. Aucune mort n’est réjouissante, jamais. Aucune mort ne peut trouver de justification, d’un côté ou de l’autre. Une vie humaine est une vie humaine, point. On est beaucoup trop dans l’émotion, dans le doute pour réfléchir intelligemment. Et je comprends. Le soulagement qu’on peut ressentir, à voir que d’une certaine façon, « ça » s’arrête mais justice n’est pas faite.

L’immédiateté des Réseaux sociaux, la course au scoop de certains journaux, les infos reprises non vérifiées, démenties, puis confirmées, les récupérations politiques ou mercantiles. Là il est temps de se recueillir, de penser aux morts, et aux vivants, aux musulmans qui vont crever de peur, aux juifs qui doivent se sentir bien seuls, à tous les croyants, aux athées, aux agnostiques, …  Soyons solidaires, merde. Soyons moins cons que l’intolérance crasse de quelques-uns. Écoutons-nous. Respectons-nous. 
C’est à nous d’essayer d’être dignes, de s’unir. D’éduquer. Putain, éduquons, éduquons sans cesse. C’est pas de l’angélisme, c’est juste de l’humanité.

Hier on a trinqué. Qu’est-ce que tu voulais qu’on fasse d’autre? Morgon de chez Lapierre, un de ces vins qui te font croire en la douce chaleur des amis, aux bras tendres dans lesquels on peut se blottir, même après s’être engueulés. Trinquer, c’est partager. C’est laisser derrière-soi les bisbilles et profiter, un moment.

morgon

J’ai aussi trinqué pour lui, qui n’était pas mon père mais que j’appelais papa et qui n’est plus : t’as beau avoir été souvent un sale con, t’es le seul que j’ai eu. Merci d’avoir fait de moi celle que je suis, aussi.

« Santé », c’est pas un peu trop ironique, compte-tenu des circonstances?

prout_sin

 

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