And the winner is? *

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* pas la parité, c’est certain

Ça y est, il est connu: le blogueur de l’année RVF est Antonin!

C’est lui le vendu, le salaud, l’homme sur qui on pourra déblatérer à loisir, celui qu’on pourra accuser de collusion, voire de coucherie(s).

J’attendais, je dois bien le dire, les réactions blogosphériques, tant il est avéré qu’elles peuvent être violentes parfois. Et puis rien. Une belle unanimité, des applaudissements et à défaut, un silence discret.

Je ne suis pas seule à l’avoir remarqué: mon collègue de blog Nicolas aussi s’interrogeait hier, ce à quoi je répondis, en blaguant:

C’est pas une nana.

Puis ce matin, parce que je voulais en être sûre, je parcours la liste des lauréats. Surprise! Il n’y a aucune femme. AUCUNE. Pas l’ombre d’un bout de personnage féminin, même associé à un personnage mâle bien plus sérieux, comme ça a été le cas l’an dernier. Rappel, sur quinze récompensés en 2014, trois femmes. Dont deux partageant le prix avec un homme. Sans doute qu’on a estimé qu’un diplôme, c’était trop lourd à porter. Moi c’est pas pareil: j’avais mes muscles de camionneuse pour moi.

Les Hommes de l’année n’auront jamais aussi bien porté leur nom.

Je refuse de croire que l’ensemble de la rédaction de la RVF soit un ramassis de machos réacs. Je ne veux pas une seconde penser qu’ils sont sexistes. Il n’empêche que le résultat est là: il n’y a aucune femme dans ce palmarès.

N’y aurait-il pas de nanas dans le pinard?

Pourtant, les articles fleurissent un peu partout: femmes du vin, de la vigne, femmes de chai. La presse, les blogs nous en présentent régulièrement. Parfois comme des animaux exotiques, soit. Comme des fleurs fragiles et délicates perdues au milieu des hommes, des vrais. Il n’empêche que des femmes qui font le taf, loin de la caricature, des vigneronnes, des cavistes, des sommelières j’en connais. Des tas.

Alors, la RVF, on n’aime pas les femmes?

Je suis revenue en arrière et évidemment, à l’occasion de la journée de la femme (sic), on sort un palmarès. A ce sujet, comptez avec moi combien posent à côté de leur mari/ d’un homme validant leurs compétences. No comment.

J’ose espérer qu’un jour, peut-être pas si lointain, on aura des « trophées » égalitaires. Avec des femmes, et des hommes. Parce que là, ce que ça donne comme image du monde du vin c’est assez fermé, pour ne pas dire autre chose. Des hommes, de plus de quarante ans, au minimum. Blancs, aussi.

On aura beau dire que ce genre de récompenses ne fait pas tout, ça reste une vitrine. Une façon d’observer le monde du vin, pas la seule, pas l’unique. Mais la vertu d’exemple? La Revue des Vins de France est une institution, et qu’elle le veuille ou non, c’est à elle aussi de bosser là-dessus. Sentir l’air du temps, en récompensant un blog, en n’ignorant pas ce qui se passe sur le net, alors que d’autres revues spécialisées ne semblent pas en saisir l’importance c’est bien. En retard, puisque ça fait une bonne dizaine d’année que les blogs et les forums participent à leur façon à la comm’ du vin, mais c’est mieux que rien.

Ignorer les femmes, alors qu’elles sont une composante non négligeable de l’activité vin en France et ailleurs, c’est un peu ballot. Que les femmes soient cantonnées à n’être représentées dans la presse que par le biais d’articles ghettoïsant me casse les burnes.  Hé oui. On en parle, des femmes, mais soit en les louant de façon dithyrambique car le beau sexe est naturellement plus disposé à l’esthétisme et au goût, soit avec un paternalisme confondant. Rarement on les intègre, comme si cela était parfaitement normal.

C’est paradoxal, à la fois de réclamer l’équité totale de traitement, quel que soit le sexe puis demander à ce qu’on n’oublie pas les femmes? Pas tant.

Je ne suis pas pour l’établissement de quota (quoique belge et femme j’y prétendrais doublement, haha), je crois que seules les compétences doivent prévaloir. Sauf qu’ici, je ne peux que m’interroger: comment est-ce possible de ne pas avoir trouvé au moins une donzelle, dame, bref une créature de sexe féminin et de lui filer un truc? Et pas un tablier pour faire la bouffe, je vous vois venir.

Peut-être qu’en 2014, elles étaient occupées ailleurs, à faire des tartes?

Pas de faux procès, je me réjouis pour le punk: récompenser Antonin, c’est récompenser l’irrévérence, le vin bio, nature, etc.

Je suis assez d’accord, je suis même ravie pour lui (même si le passage sur « la réflexion d’une journée » avant d’accepter le prix me fait doucement rigoler). Il écrit bien, il est drôle, et soulève de vraies questions de fond. Il le mérite son prix.

Je regrette juste que sur douze récompenses, pas une n’échoit à une femme. Pourtant 2015 est censée être l’année de la femme dans le monde du vin. On m’aurait menti?

Rendez-vous en 2016!

(et là, c’est un souhait tout perso: envisagerait-on de changer ce nom en Hommes et Femmes de l’année que j’en rougirais d’aise, mais bon)

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