Les Vraies Véritables Carbonnades à la flamande *

*Ja, zeker!

A la demande générale de un, voilà-t’y pas que ce blog se métamorphose l’espace d’un billet en blog food. Oui, je sais. Mais j’ai de bonnes excuses:

  • c’est à base de bière, donc on ne s’éloigne pas trop du sujet
  • cette recette, c’est mon enfance, c’est des saveurs et un goût typiquement belges. Ce qui ne veut pas dire grand chose en soi: la Belgique, c’est des briques et des brocs, un melting-pot, des influences, des confluences, trois langues officielles et les patois, pour un si petit pays ça fait désordre.  Personne n’est jamais d’accord sur aucune recette chez nous. Prenez les boulets à la liégeoise: le problème d’une forte tradition orale et familiale.
  • je suis moi-même mi flamande, mi liégeoise, mi de mauvaise foi. Ce qui me permet d’affirmer que cette recette est la meilleure.

Certains disent qu’on peut faire cette recette à base de porc (ce sont des hérétiques) voire de cheval (ce ne sont pas des jockeys). Moi, c’est le boeuf, point. Pour de bonnes carbonnades flamandes à ma façon, c’est à dire la recette transmise séculairement de grand-mères en mères, au creux de l’oreille secret défense, les ingrédients pour deux mangeurs belges (en conversion, ça doit faire 4/5 français):

  • 1kg de boeuf pas trop maigre, sinon c’est sec
  • 1/2 kilos d’oignons
  • 3/4 L de bière piedboeuf brune (c’est une bière de table, ça se vend en litre, le reste de la bouteille, tu peux le boire en préparant)
  • 2 feuilles de laurier
  • 1 cube de bouillon de boeuf.
  • 2 bonnes cuillères de sirop de Liège (à défaut tu peux émietter un peu de spéculoos (100 gr) ou mettre 3 c à S de vergeoise brune. MAIS CE NE SERA PAS PAREIL**).  Tant qu’on est sur le sirop, si tu prends la peine d’en chercher: uniquement pommes et poires, si tu lis dans la composition dattes ou autres fantaisies, tu jettes ça au loin, et tu pars en courant les bras en l’air, ‘t is niet echt waar!
 
Tu commences par rôtir tes morceaux de viande en dés, dans du beurre. DU BEURRE. On ne commence pas à transiger avec de la margarine, ou de l’huile, c’est n’importe quoi, c’est l’hiver, il faut se nourrir correctement.
Quand ils sont saisis, tu ajoutes les oignons coupés grossièrement BORDEL DE MERDE.
Remue gentiment à la spatule.
Tout ça va blondir.
Pendant ce temps, tu bois un verre de bière.
A un QI de 62, c’est bien blond. Tu peux donc y ajouter le  sirop (ou à défaut vergeoise ou spéculoos)(mais c’est pas pareil, je te juge car tu ne fais pas d’efforts, aussi).
Tu remues bien.
 Puis tu noies de bière, on sait jamais que la viande serait pas tout à fait morte, t’ajoutes le laurier et le cube. Tout ça se fait à feu vif.
Quand ça mousse, et que c’est bien chaud, tu baisses le feu, tu couvres, et tu laisses mijoter au moins quatre heures.
Le secret, c’est la longue cuisson, en cocotte.
A la fin, tu lies ta sauce avec deux c à S de maïzena délayée dans un peu d’eau.
(plus si besoin, suivant la réduction). Ça doit ressembler à ça:
carbo
On sert avec une purée maison, une fondue de poireaux, ou des carottes et vlà le travail.
Si on aime la bière, on accompagne d’une belle brune.
En version vin, j’ai testé le pinot noir sudiste, qui fonctionne pas mal avec: fraîcheur, rondeur, pas trop de puissance et un poil d’épices.
Perfect match, comme on dit au Rugby.
pinot

Dispêtchî d’magnî, ça va esse tot freûd, valè!

**il me revient aux oreilles que certaines peuplades qui voudraient bien être belges mais ne le sont point, les Nordistes de France, disons-le tout net, utilisent du pain d’épices en lieu et place du sirop. Ce ne sera à jamais qu’une pale copie, les gars. Bisous 

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21 réflexions sur “Les Vraies Véritables Carbonnades à la flamande *

  1. « 3/4 L de bière piedboeuf brune (c’est une bière de table, ça se vend en litre, le reste de la bouteille, tu peux le boire en préparant) » Mandieu c »est comme la recette de la dinde au whisky Tu commence la recette tu bois la bière et tu finis jamais la recette 🙂

  2. il faut essayer avec de la « val-dieu » brune! c’est encore beaucoup meilleur! et ne pas oublier de mettre deux tranches de pain tartinées de moutarde sur le dessus de la préparation…. ça c’est la recette du pays de herve, celui ou on fait le fameux sirop 😉

  3. Testé avec la recette de feu ma tante Clairette, de Sprimont, un vin blanc alsacien bien épicé s’est révélé très chouette (« Changala », de Jean Ginglinger, 1litre de biodynamie).

    Merci pour la recette, très proche.

  4. Bon,pas puriste sur la recette mais étant cht’i,je suis d’accord pour le pain d’épice et tartine de moutarde.Quant à la biére,sans mettre de la west- vleteren,on peut augmenter sans probléme le degré d’alcool d’une bonne abbaye.

  5. Pour les Bruxellois et les Brabançons ce plat pourrait être accompagné de quelques bouteilles
    de gueuze à l’ancienne., de chez Cantillon, Boon ou la cuvée René de Beersel!!
    Pour ceux qui apprécient l’acidité et l’amertume, les beaux cols de mousse et la zwanze.
    Quelques frites pourraient remplacer la purée.
    Il ne manquerait pour finir, que quelques farandoles!!

  6. Le sirop de liège, faut quelle quantité ? 2 bonnes cuillères… à soupe ou à café ?
    merci, je vais tenter une reproduction de l’expérience ce week-end.

  7. Pour les français qui se désespèrent de trouver du véritable sirop de liège j’ai trouvé dans un Biocoop une pâte pommes-poires bio qui est une copie de la recette liégeoise et évite les spéculoos à l’huile de palme et le sucre. Le résultat a l’air très bien.

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