Pomerol, c’est bon pour les guibolles*

pomNote: les images que vous rencontrerez peuvent choquer un public non averti. Donc, vous l’êtes. Haha. 

Hier, dégustation ! Et sérieuse: pensez, on devait goûter du pomerol, ce qui n’est pas exactement de la roupie de sansonnet.

Pomerol est une appellation de « vins rouges plutôt foncés » d’après Wikipédia. Raccrochez vos mâchoires, je vais en dire un peu plus.

La légende raconte – je vous fait le pitch rapide – que ce sont les moines qui ont implanté le vignoble. Bon, en commençant comme ça, on se croirait dans une série française, tant c’est vu et revu. Pourtant c’est souvent la même histoire: des moines qui picolent et accessoirement revendent la picole pour se faire du blé , un peu de passage -en l’occurrence le chemin de Saint-Jacques de Compostelle et le pèlerin a soif, c’est connu, c’est dans les statuts du bon pèlerin. Rajoutez à ça un port, pas d’Amsterdam mais de Libourne, et on a le point de départ pour faire du pinard. De la demande, les moyens de vendre et d’expédier. Reste tout de même le terroir, parce qu’on n’est pas des boeufs. Sables, graviers et sur le plateau de Pomerol pas mal d’argiles. Des traces écrites attestent d’un vignoble assez tôt, planté de cépages rouges et blancs. C’est n’est qu’au 18ème siècle qu’on se débarrasse des blancs pour leur préférer les cabernets, côt (ou pressac, ou malbec, ses autres nicknames) et le merlot.

Merlot qui prendra définitivement l’ascendant sur les autres cépages rouges après le carnage du au phylloxéra, puisqu’il sera majoritairement replanté.

Les vins de Pomerol ont la réputation d’être soyeux, crémeux, subtils, féminins. Cet adjectif me fait m’étrangler de rage, pour les raisons évidentes (ceux qui savent, savent). Mais tout ce qu’on a goûté démontrait avec éclat que les vins même robustes, même très -trop- jeunes sont d’une douceur incroyable.

Cette parenthèse histo-culto-lol faite, présentation des chéris.

Tous de chez Gombaude, dont j’ai déjà parlé ici, et là.

gomb
On commence avec Pom’n’roll, la « cuvée d’Olivier ». Le fiston voulait faire un vin accessible, moderne, sur le fruit, pour picoler entre copains. Mission réussie.

Ce 2011 se goûte infiniment bien: de la cerise noire très juteuse, une bouche ronde, sans tannins ou presque, c’est de la soie. C’est peut-être un peu court -dit la jeune mariée- mais on lui demande pas de nous raconter la Légende des Siècles non plus. C’est fait pour être bu, tôt et vite. Dans cette optique là, c’est un énorme oui.

Passons au GG 2004: à l’ouverture, j’ai eu une espèce d’énorme doute. Bizarre, chelou, feuillu, bouchon ou pas? Je l’ai laissé tranquille une bonne heure, puis re-pif dedans, re-doute.

Et quand le doute m’habite, je vous prie de croire que c’est pas facile. Je carafe donc l’engin, dans l’espoir que le vin aie un sursaut, ou confirme mon mauvais sentiment.

Avec de l’air, plus de confusion possible: c’est bel et bien bouchonné. Rare, chiant, mais ça arrive.

Qu’à cela ne tienne, on se console avec un Clos Plince 2011.

C’est un mal pour un bien: l’imprévu se révèle gourmand avec une structure nettement plus ferme que pom’n’roll, mais la même trame de cerise, et de beau jus. C’est très jeune, mais sans passage en carafe, c’est déjà très beau.

On reste sur 2011 avec le Gombaude 2011: carafé depuis une bonne heure et demie, il eut pu être carafé deux heures plus tôt, tellement on sent qu’il en a sous le pied. Couleur intense, jus un peu serré, nez riche et plaisant, des tannins fermes mais pas rudes. Là, c’est du grand vin. De celui qu’on va oublier en cave un long moment sans crainte. La fraîcheur en fin de bouche est charmante. Gros plaisir, déjà. Mais franchement, on serait cons de pas atteindre sa complète mue.

boobs

A propos, intermède carafe: on passe un vin jeune dans la carafe pour lui apporter de l’air (et parfois contrer les phénomènes de réduction). Comme des images valent mieux que dix mille mots, coucou c’est moi! Clique sur le lien, et tel le génie, j’apparais. 

J’y vais pas doucement, je ne suis pas une brute, c’est fait exprès pour qu’il prenne bien l’air et révèle tous ses arômes et son potentiel. On peut aussi secouer la carafe, mais je vous choquerai une autre fois.

Passons au 2010: autre charisme, autre style, millésime différent et ça se goûte. Plus épaulé, plus robuste que son puîné plus rugbyman. Celui-là est clairement encore plus taillé pour la garde, il serait dommage de le boire maintenant sous peine de commettre un infanticide. Le nez est très profond, complexe, avec des épices, du fruit. La bouche est serrée mais pas dure, toujours le beau tannin fin comme marque de fabrique. Oubliez, oubliez-le en cave, c’est prudent. D’ici quelques années, il sera purement épatant. J’ose: c’est de la bombe, bébé.

Le 2009 ne vaut guère qu’on s’appesantisse: je soupçonne un défaut de bouteille. Shit happens.

Et on termine avec le royal 2003. Compliqué, 2003: solaire, extrêmement chaud. Fallait vendanger tip top, conserver fraîcheur et équilibre. Ce fut épique. Mais pour ceux qui y ont réussi, le Graal. Les vins se goûtent maintenant parfaitement. Celui-ci est un délice. Mûr, très mais sans blettir. Un soupçon de grillé, de la cannelle  du fruit tendre et presque cuit, des tannins doux comme une joue de bébé.

J’ai pas de conclusion, tirez-en vous-même, je peux pas tout faire à votre place non plus…

Salute!

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3 réflexions sur “Pomerol, c’est bon pour les guibolles*

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