Tartine gate *

* duquel on peut tirer un modèle de discussion sur le sexisme

Acte un: je suis au boulot, et découvre, par l’entremise d’un représentant, des nouveaux venus dans la gamme d’une société dont j’aime en général plutôt les produits (goûts originaux, et bons ingrédients), et le packaging (messages ludiques, et humoristiques). Ces deux nouveaux produits, les voilà.fem hom

Dire que je m’étrangle est un euphémisme.

Le genre, à son meilleur. Utile de préciser à ce stade que dans le catalogue, la tartine pour femme est vendue comme « aide à conserver un ventre plat » (puisque TOUTES les femmes ont vocation à maigrir/ garder la ligne/ être obsédées par ça) et que la tartine pour homme est vantée comme « aidant à la virilité » (le gingembre, je vous fais un dessin? Oui, tous les hommes réfléchissent avec/ autour de leur pénis).

Je commente le « trop bonne » ou c’est pas trop la peine?

Acte deux: je partage sur twitter, en précisant un peu le contexte, en expliquant que les produits sont bons, d’ailleurs il n’est pas question une seconde de remettre en cause leur qualité, mais bien le message véhiculé.

Je récolte bon nombre de réactions outrées, et je signale qu’on peut éventuellement écrire à cette société, pour faire part de son étonnement voire de sa colère.

Acte trois: ce matin  je prends la plume également, et j’écris à la société. Très vite, j’ai un interlocuteur. Après avoir décliné l’offre de discuter par téléphone – je préfère le mail, pour la distanciation, le recul et s’assurer que mon message est bien compris – nous échangeons neuf mails. J’explique posément en quoi je considère que ces dénominations portent un message sexiste et dégradant, insistant sur des injonctions tristement banales (les femmes doivent s’occuper de leur physique et maigrir, les hommes doivent bander et performer).

Mon interlocuteur se retranche – j’ai envie d’écrire bien évidemment – derrière l’humour, que je ne comprends pas, et le second degré, que je ne possède pas non plus d’après lui.tarti

Acte quatre: on me signale sur twitter que ledit interlocuteur – ou à tout le moins un représentant de sa marque – publie des extraits de mail qu’on lui a envoyé, appelant ses « fans » au soutien et ne modérant jamais les propos insultants (frustrée, mal baisée, etc, il s’en trouve même pour venir expliquer -un homme- que ce n’est pas du sexisme, c’est rigolo, y en a toujours au moins un, appelons ça le #pointgrossebiteprotectrice ) à leur encontre, bien au contraire. Quand ce ne sont pas des insultes, on a droit à la redéfinition du féminmze:

Extrait croustillant: « Le problème du féminisme aujourd’hui est justement de vouloir dé-genrer à tout-va. Et moi j’en ai marre qu’on parle à ma place de femme je peux être une femme moderne qui s’assume et qui n’a pas perdu son humour . »

Ouh les vilaines méchantes féministes qui veulent gommer le genre, ouuuuh.

Acte cinq: pendant ce temps, je continue le dialogue par mail.

J’étais certaine que vous me sortiriez le couplet « ironie ». Permettez-moi de ne pas y être très sensible.
Imaginons une seconde que vous ayez sous-titré la créole « très paresseux ». Ben quoi, y a bien des créoles qui sont paresseux, non? Vous ne l’auriez pas fait, n’est-ce pas, parce que c’est raciste, tout bonnement.
Voilà le noeud du problème, je vous assure que j’ai beaucoup d’humour, j’adore rigoler, vraiment. Mais manoeuvrer les clichés, jouer de l’ironie, c’est très très casse-gueule. Je maintiens: vous avez opté pour la facilité.
C’est triste à dire, mais nous vivons dans une société faite d’injonctions (aussi bien pour les hommes que pour les femmes), moi je serais un homme, ça me ferait moyennement rigoler qu’on me résume à être un pénis sur pattes avec obligation de performance sinon pas de virilité.
Jouer là dessus, même sous couvert d’ironie, ce n’est qu’enfoncer encore un peu plus dans le crâne des clichés séculaires.
Vos produits valent mieux que ça.
Je n’ai de cesse de répéter que je ne vise que le nom des deux produits pas l’ensemble de la marque, mais le déferlement de commentaires, toujours non modérés sur FB continue, et me la rend de moins en moins sympathiques. D’autres que moi tentent le dialogue, construit et argumenté: elles sont systématiquement raillées.
Acte six: mon interlocuteur craint « la fatwa des extrémistes féministes » et se défend avec des arguments pour le moins surprenants:
  • Il n’a pas choisi d’être un homme.
  • Son orientation sexuelle l’empêche d’être macho.
  • Des femmes bossent aussi sur le projet.

La gestion de com’ de la page FB est un désastre, extrait de son CM:

trav

Là, on est clairement dans de l’incompréhension totale, voire de l’amalgame: miche, morue, baguette sont des termes techniques et usités propres à une profession, et cela n’a rien à voir avec du sexisme. Appeler une tartine « tartine pour femme » en est.

Acte sept: j’en suis à pleurer à gros bouillon, quand soudain, je lis, de la part d’un commentateur:
:

diff

Voilà.

Les hommes et femmes différents MAIS complémentaires. Well… ça sous-entend, donc, si on pousse ce raisonnement jusqu’au bout, qu’un homme ou qu’une femme n’est pas un individu à part entière, mais une moitié de lego qui ne peut survivre qu’avec l’imbrication avec son autre moitié? Je vous laisse méditer là dessus.

Alors que fait-on maintenant? Je devais pourtant être préparée, à la fois aux réactions « anti-féministes » et à celle de mon interlocuteur, tant elles semblent suivre un modèle pré-établi. 

Je suis même très étonnée que personne – ça va peut-être venir – ne soit venu me dire qu’il y avait des combats plus importants que de fichues tartines.

Comprenez juste – mettez vous à notre place- qu’on est exaspérées, fatiguées, de répéter sans cesse les mêmes choses. C’est usant, c’est pas facile (croyez-moi, j’en ai reçu bon nombre des insultes, en tant que féministe affichée – dont les « mal baisée » ou  » hystérique  » sont presque gentilles)
Genrer des produits alimentaires qui n’ont a priori aucune raison pour ça, ce n’est pas bien. Pas seulement d’un point de vue humoristique, pas du tout de celui de la morale, mais du point de vue social et égalitariste.  Cela ne fait que conforter des clichés, cela ne fait -sous couvert d’humour beauf- qu’encourager à la non-réflexion, cela ne fait que propager si besoin est encore l’image d’un homme-bite sans cerveau et d’une femme-maniaque des régimes.
Vous avez réellement envie d’un monde comme ça, vous?
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81 réflexions sur “Tartine gate *

  1. Un des rares arguments auquel ce bas-du-front aurait pu être sensible c’est que quand tu lis « trop bonne » tu entends automatiquement « trop conne » derrière…

  2. Merci.
    Ca fait du bien de lire ce genre de chose.
    Je lève mon thé (à defaut d’autre chose au bureau) à votre santé.

  3. « Vous avez réellement envie d’un monde comme ça, vous ? »

    Non.
    Mais bordel c’est pas gagné vu la montagne de cons qui n’ouvrent pas les yeux.

    • Sur le fond plutôt d accord avec vous… Sur la forme aussi Le problème me semble être que il s agit d une stratégie commerciale et publicitaire où tout est permis surtout ce qui semble marcher un peu comme à la guerre ? Pourquoi ce commentaire c est une bonne question ? Je dirais que les femmes aiment ça , vraiment, que les hommes aient au moins une vague envie de les violer et que ils se retiennent bien sur . Je pense que ça fait partie de nos fantasmes communs , je veux dire au genre humain, ou même au genre animal . Donc évitez de nous lapider .. Je vous le demande d autant plus facilement que je suis plutôt du côté des victimes (1,55 à tout casser) mais solidaire des gorilles ?

  4. Pingback: Tartinades pour homme, pour femme | Coquecigrue

  5. Tous les jours, j’ai de quoi envoyer une telle lettre pour pointer les dérives sexistes d’une marque d’un mot d’une image, du texte, du paratexte etc… et de leur incidence sur les représentations sociales et les comportements sociaux qui peuvent en découler. Parfois je le fais, souvent j’y renonce… les réponses sont plutôt rares d’ailleurs. Lire votre mésaventure est réconfortant quant au fait de ne pas être seule dans ce genre de démarche usante, épuisante à la longue. Alors je me permets de vous encourager pour continuer ces petits combats du quotidien, au quotidien. Continuez. C’est pas gagné !

  6. Trombone, trombone… je ne comprends pas nous les femmes ce qu’on aime c’est acheter des chaussures (à talon, à paillettes et roses si possible)… pas jouer du trombone…

  7. Non mais n’importe quoi c’est clairement de l’humour puisque ces pots parodient justement les injonctions dont vous parlez.

    • Ce n’est pas de l’humour, ce sont des tentatives d’humour sexiste. Et l’humour sexiste, ça ne nous fait pas plus rire que l’humour raciste.

      Se retrancher derrière « c’est pas grave on fait que rigoler » c’est 1) ne rien avoir compris à l’article de Sandrine, ou ne pas l’avoir lu ; 2) ne rien comprendre au problème quotidien qui fait que NON les pubs avec des femmes à moitié nues ce n’est pas anodins, les blagues sur la bêtises des femmes ou leurs incapacités à conduire ou faire des math non plus ; 3) continuer de véhiculer des clichés qui mettent à mal l’égalité de fait des humains de tous les sexes.

      Avant d’être outré par « les féministes qui n’ont pas d’humour », pourquoi ne pas s’interroger sur le fait que nous sommes si nombreux et nombreuses à y voir un problème et essayer de comprendre ce qu’on pointe du doigt ?

      • Entièrement d’accord avec Funambuline. C’est ça la subtilité et la bassesse du soi-disant « deuxième degré » : tu peux y mettre toute l’ironie que tu veux, le premier degré reste.
        Pour ma part, je suis assez optimiste sur l’évolution des choses en France. Je trouve qu’il y a moins de pubs sexistes et de cul-qui-fait-vendre que dans le temps. On y arrivera !

  8. Bravo pour ta ténacité tu as tout mon soutien, c’est épuisant de voir monter toujours la même marée de conneries dès qu’on essaie de dénoncer un truc sexiste. Faut pas se décourager, même si on a l’impression d’avoir parlé à un mur concernant la marque, il y a surement des personnes qui ont suivi les échanges et qui ont évolué dans leur réflexion! En ce qui concerne Rue Traversette c’est fou comme une marque qui essaie de soigner son image djeun’s sympa moderne blablabla peut être aussi acharnée à défendre les valeurs les plus réacs…

  9. C’est clairement de l’humour sexiste ordinaire. C’est à dire de la piqure de rappel de qui est dominateur et qui est dominée. Car les hommes d’aujourd’hui sont les gardiens de la domination masculine instaurée. On peut en rire un peu (même les femmes parfois) car il faut bien rire, mais c’est dégueulasse quand même. Les réseaux sociaux sont un peu les « corps de garde » des troufions, là !
    Mais c’est en plus de la stratégie et de la propagande commerciale. Et là, c’est illégal autant qu’immoral. Ce n’est plus ‘rire en passant’, c’est fidéliser sur un produit dénigrant (pour la trop bonne, cad bonne à baiser dans le langage sexiste) et sur un autre renforçant l’identitaire masculin.
    En plus, cela célèbre le grandiose humour ‘franchouillard’. Je serais pas fier pour eux…
    Saine colère. Plainte contre l’éthique publicitaire ?

  10. « Imaginons une seconde que vous ayez sous-titré la créole « très paresseux ». Ben quoi, y a bien des créoles qui sont paresseux, non? Vous ne l’auriez pas fait, n’est-ce pas, parce que c’est raciste, tout bonnement. » Ce rappelle fait du bien, surtout quand on a du mal à tout comprendre quand on parle de féminisme. Je suis un homme et je suis en couple avec une femme qui ne comprends pas ce féminisme. Sans cette argument, je serais peut-être passé à côté du reste de l’article et pourtant là, ça me paraît évident et là je comprends enfin qu’on ne peut pas véhiculer des clichés même au nom de l’humour, surtout dans un produit vendu.

    D’un autre côté, je me ferais volontairement l’avocat du diable. Ce « marketeur » a des objectifs à tenir et j’aime à penser que parmi 15 propositions faites à la direction, seule celle-ci a été gardé par le comité de direction (d’où la justification par la présence de membre féminin). Dans ce cas là, ce monsieur n’a pas vraiment eu le droit de rétropédaler pour faire d’autres propositions. Certes il n’aurait pas dû céder à la facilité mais bon… par contre la teneur de ses réponses me choquent ainsi que son appel au soutien. C’est dommage, il a failli être excusable pour sa faiblesse.

    Enfin, je me demande toujours pourquoi nous, en tant qu’homme, nous acceptons cette réduction à simple « bite tendu », où la performance sexuelle est au centre de tout et où nous n’avons le droit d’exprimer réellement notre être qu’après avoir démontré notre « virilité » (j’aime stallone, les steaks et les patates). Peut-être le marketeur s’est il dit qu’en tapant sur les clichés de chaque sexe, c’était un point partout et donc qu’il n’y avait pas lieu de remettre en cause ces messages. D’ailleurs des hommes ce sont-ils plaints ?

  11. Pingback: Tartine pour Femme/Homme – Rue Traversette | Marketing Genrage

  12. Je ne connaissais pas la marque. Maintenant que c’est chose faite, je ne leur achetai donc rien.

    Par contre, je suis tenté de répondre à l’imbécilité par l’imbécilité, et de leur faire une bonne pub en photoshopant leurs produits avec encore plus de cynisme, et leur répondre qu’il ne s’agit que d’humour s’ils trouvent à y redire. Après tout, une terrine « gros beauf' », « jeune con illettré » ou « publicitaire au rabais », c’est sûrement hilarant.

  13. Bravo ! entièrement d’accord avec vous – il ne faut rien lâcher, même sur les plus petits détails. Je suis un homme, et un truc comme ça m’aurait fait sauter au plafond.
    Ma femme et moi avons deux jeunes garçons, et ça fait longtemps déjà que nous avons commencé à les sensibiliser aux subtilités du machisme et du sexisme ambiant. Je crois que ça commence à porter ses fruits.
    Il y a quelques semaines, notre fils aîné (10 ans) nous a raconté comment ses copains d’atelier musique avaient commencé à faire une chanson sur le thème « ah si j’avais une femme robot, elle ferait tout à la maison »… L’éducateur n’avait rien trouvé à redire jusqu’à ce que notre petit gars lève la main et fasse un exposé sur le sexisme à ses potes. Bien joué gamin !
    Nous ne sommes certainement pas des parents parfaits, mais dans le combat contre la connerie, nous osons penser que nous apportons notre pierre à l’édifice pour la génération future. Et pour ce qui est des blaireaux d’aujourd’hui, en effet, ne rien lâcher, jamais.

  14. Ce qui est sur, c’est que tu leur fait une super promo’. Maintenant, je connais la marque et leurs produits sont super attrayants…

  15. Merci de rappeler que la lutte contre le sexisme ne peut se gagner que si l’on cesse de conforter hommes ou femmes aux clichés habituels.

  16. Certes, cela n’arrange pas énormément les choses, et ce n’est pas du tout pour défendre cette société, mais il me semble qu’il y a marqué « tartine pour femme » sur le bocal, et non « tartine de femme », comme vous l’écrivez deux fois dans votre texte

  17. Oui, mille fois oui avec vos arguments et votre colère !

    Non avec « je préfère le mail, pour la distanciation, le recul et s’assurer que mon message est bien compris » = je comprends la distanciation / le recul, mais les mails sont quasi systématiquement mal compris, les mots détournés de leur sens initial, le ton ne passe pas : bref, pour mieux faire passer un message, quel qu’il soit, je pense qu’il vaut mieux le téléphone, ou mieux, voir la personne en tête à tête. Il est tellement plus facile de dénigrer quelqu’un par mail (ou sur FB, comme les gens s’empressent de le faire malheureusement) qu’une personne qu’on a au bout du fil, et encore moins qu’on a en chair et en os, en face de soi !

  18. Bonjour. Je suis quand même surpris par une chose, il n’y a que des femmes choquées par « tartines pour femmes » mais aucun homme par « tartine pour homme »… Peut être que vous êtes un peu trop sensibles à ces sujets?? En tant qu’homme, par exemple, je n’aime ni les voitures ni le foot, et bien quand je vois une pub « bière voiture foot » pour « nous les hommes » et bien je ne me sens juste pas concerné, ce sont pour les autres mecs que ça intéresse, et puis voilà… Je ne me sens pas agressé qu’on ai pu me réduire à un mec qui aime le foot, que c’est un cliché, etc… Je ne me sens pas agressé par « tartine pour homme trop mâle », même si je trouve ça con, e qu’en plus les tartines pour femmes trop bonnes ont l’air meilleure… Si vous vous en fichez d’avoir le ventre plat, et c’est tant mieux, mais pourquoi vous sentez vous agressée quand une pub s’adresse aux femmes qui veulent le ventre plat?? Toutes les pub et les marques ne s’adressent pas à vous en particuliers, et il y a quand même plein de femmes qui veulent avoir le ventre plat!!
    Quant aux femmes nues dans les publicités, je trouve ça étrange que ce soit toujours dans les publicités qui visent une cible féminine… Parfum, crème, etc… Pas dans les pub qui visent une cible masculine (nous c’est plutôt tu seras fort tu seras séduisant…) Ca veut dire (les publicitaires étant tout sauf cons) que si il y a ces pubs, c’est que ça fonctionne sur la cible, a savoir les femmes… J’ai l’impression que votre féminisme est minoritaire dans votre propre genre… Enfin sans dire que vous feriez mieux de vous intéresser à des causes plus importante (j’ai compris le message), c’est quand même un combat de détails, alors que l’égalité des salaires, de la représentation, de l’accès à l’emploi, est encore loin d’être acquise…

      • Honnêtement, je pense que le « trop bonne » s’adresse autant à « tartine franchouillarde » qu’à « femme » en jouant justement sur l’ambiguïté.
        Après je n’aime pas tellement cette expression, qui renvoie à une sexualisation… Tout comme « très mâle » d’ailleurs qui sous entend que l’homme de base doit avoir de la moustache et du poil sur la poitrine, une voix grave et une virilté à toute épreuve…. Mais je ne suis pas choqué par le « trop mâle » malgré tout… En fait même globalement, on voit que le « trop mâle » et le « trop bonne » ont été pensés ensemble et se répondent. Opposition « homme femme » + « opposition « mal bon »…

        Après c’est pas terrible comme humour, et en plus l’expression bonne n’est pas forcément très subtile, (tout comme de réduire l’homme à un mâle reproducteur) mais une fois encore, je suis surpris par l’ampleur de l’indignation que cela suscite… C’est uniquement là dessus que portait mon post.

        (Accessoirement, je vois qu’on se tutoie, je précise que mon « vous » du coup ne s’adresse pas aux femmes en générale, mais uniquement à l’auteur du post, que je vouvoie)

    • Ou alors nous y sommes plus sensibles parce que les injonctions de la société envers les femmes sont beaucoup plus violentes (et contradictoires) que pour les hommes et que le marketing genré en est tiré.
      Derrière « juste un ventre plat », il y a le rappel de l’éternelle injonction à être désirable (pour qui, pour quoi ?), objectif qui ne peut être atteint qu’en étant mince, il y a la surveillance du corps des femmes, trop ceci, trop cela. Je me sens agressée parce que depuis le berceau on demande aux femmes d’être « trop bonne ». Mais pas trop ! Sinon vous êtes une allumeuse.

      Concernant l’argument typique « y a plus important/c’est du détail », je vous renvoie vers deux écrits : pourquoi le marketing genré c’est grave (https://marketinggenrage.wordpress.com/pourquoi/) et pourquoi c’est important (https://marketinggenrage.wordpress.com/faq/#+important).
      (Encore désolée pour l’autopromo Sandrine D: j’ai pas le temps d’écrire un commentaire construit).

      • « Derrière « juste un ventre plat », il y a le rappel de l’éternelle injonction à être désirable (pour qui, pour quoi ?), objectif qui ne peut être atteint qu’en étant mince, il y a la surveillance du corps des femmes, trop ceci, trop cela. Je me sens agressée parce que depuis le berceau on demande aux femmes d’être « trop bonne ». Mais pas trop ! Sinon vous êtes une allumeuse. »

        Et les hommes ? Musclé, virile, aux multiples conquêtes, l’argent et le succès pour être l’homme idéal. Pardon mais le marketing n’épargne personne. Quand je regarde la publicité Invictus, ce n’est pas le cerveau qui est mis en avant. Niveau demande contradictoire, on est pareil hein. Alors ok pour défendre la gente féminine quand les publicitaires abusent, mais de là a complètement occulter la vision de l’homme dans les médias… non.

      • Si on vous présente l’injonction: « pour être belle, saute par la fenêtre ! », vous vous exécutez ? Non. Et ben pareil ici. Si vous percevez une quelconque injonction (perso je n’en décèle aucune), rien ne vous oblige à vous y soumettre.

  19. Bravo pour votre démarche et merci. Il ne faut pas laisser passer les « petites » formes de dégradation qui font le lit du sexisme et du racisme au quotidien. Ne lâchez pas!

  20. Effectivement le message est très ambiguë, femme ou tartine… car cela peut-être assez vulgaire. Comme je le disais plus haut, c’est une erreur de publicitaire que d’avoir voulu jouer sur les deux tableaux et céder à la facilité.

    « En fait même globalement, on voit que le « trop mâle » et le « trop bonne » ont été pensés ensemble et se répondent. Opposition « homme femme » + « opposition « mal / bon »… »
    Je suis d’accord sur le message, l’opposition tout ça, mais il est parti loin dans sa réponse.

    Après, il n’y a pas écrit « trop mâle » mais juste « le mâle ». Pour ma part, je ne suis pas choqué par le côté homme non plus mais chez les hommes, le débat est très hypocrite à ce sujet.

    Ca a pris de l’ampleur face aux réactions du publicitaire, d’après ce que j’ai compris.

    • « Et les hommes ? Musclé, virile, aux multiples conquêtes, l’argent et le succès pour être l’homme idéal. Pardon mais le marketing n’épargne personne. […] Alors ok pour défendre la gente féminine quand les publicitaires abusent, mais de là a complètement occulter la vision de l’homme dans les médias… non. »

      Oui oui oui, on sait. Il n’empêche que les pressions sur les femmes en général sont plus violentes et plus systématiques, et les féministes ont donc tendance à en parler plus. Sandrine a pourtant parlé des injonctions faites aux hommes dans cet article, c’est aussi mon cas régulièrement, sur ce sujet ou d’autres, personne n’a occulté l’Homme dans les médias. Vous voulez quoi, un tampon « OUI MAIS LES HOMMES AUSSI » dès qu’on ne parle que de femmes pendant plus de deux commentaires ?

  21. 30 commentaires contre à peine 3 sur les articles centrés sur le vin… c’est triste à dire mais nous sommes devenus drogués à la polémique (et je n’épargne pas ma pauvre personne dans ce constat).

  22. j’ai cru sincèrement au premier coup d’oeil que « trop bonne » était un qualificatif de la tartine. Après on peut voir un coup marketing c’est certain vu l’emplacement des différents termes. « Femme trop bonne » n’entrant pas spécialement dans mon vocabulaire je n’ai pas percuté immédiatement… comme quoi en fonction de qui lit l’étiquette… 🙂 je me suis juste demandé pourquoi il y avait des tartines « pour femme »… bref…

  23. Mouais…
    Perso je les trouve drôles petites boites de pâté.
    Pour être tout à fait honnête, je trouve aussi très drôle d’utiliser des clichés pour faire sourire.
    Et quand bien même, on sous-titrait « très paresseux » pour la tartine créole, cela me ferait bien rire aussi.
    Le seul problème, c’est la chasse continuelle au politiquement correcte, qui finalement fatigue et rend le message féministe (réellement légitime) inaudible, autant que la CGT se rend insupportable, le MEDEF irritant, etc..
    Un peu de légèreté que diable!

    • – moi j’aime bien
      – c’est du second degré
      – marre de la bienpensance/du politiquement correct
      – y a des combats plus légitimes

      4 cases de bingo en 10 lignes, chapeau !

      Puisque des hordes d’internautes débarquent à chaque message qui se plaint de sexisme/racisme/etc. pour expliquer que l’on se trompe et que c’était du second degré, j’ai plutôt l’impression que le « politiquement correct » est bien moins défendu que son contraire. Mais bon, dans la mesure où je ne comprends pourquoi ce serait un problème de « bien-penser », je dois être biaisée.

      • 4 cases du bingo, certes, mais ce Bingo est une blague non?? Parce que quoiqu’on dise en n’étant pas d’accord on rentre dans un de ces cases… Je vous invite à vous plonger dans « l’art d’avoir toujours raison » de Schopenhauer, toutes les cases peuvent tomber dans « arguments imparables et de mauvaises foi »…
        En tout cas je remarque que cela vous dérange que des gens viennent respectueusement vous dire qu’ils ne sont pas forcément d’accord avec vous…. Dans l’art d’avoir toujours raison, parler entre soit est une des méthodes…

        En plus Clobitz ne disait pas qu’il y a des combats plus légitimes (Apparemment vous saviez déjà que détourner et transformer les arguments des autres est aussi une méthode pour avoir toujours raison) mais que la profusion de féminisme pour tout et n’importe quoi rendait le message féministe inaudible… C’est aussi un peu le principe Femen, qui en provoquant des réaction épidermiques ont plutôt nuit au féminisme qu’autre chose…

      • Le bingo reprend les critiques non constructives et/ou de mauvaise foi entendues le plus souvent… Mais je suis tout à fait prête à vous entendre : si « la profusion de féminisme pour tout et n’importe quoi rend le message féministe inaudible », que faire ? Choisir seulement certains sujets sur lesquels s’exprimer, qui sont jugés plus légitimes/importants que d’autres ? Qui décide de cette hiérarchie ? Expliquez-moi quel militantisme est le bon. Et quel est exactement « le message féministe » rendu inaudible ? Merci.

      • Chère Caroline,
        D’abord, je tiens à me démarquer d’autres réponses masculines un peu hargneuses. Pour ce qui est de vous expliquer « rendre le discours inaudible », je suis surpris, c’est plutôt limpide: Trop de revendications un peu abusées créent du brouhaha, et rendent inaudibles les revendications légitimes… Et elles sont légions… Et je trouve que la revendication ici est abusée, oui…
        Après tout je pensais que le féminisme réclamait l’égalité, par la sanctification… L’égalité ça veut dire d’être sujet à l’ironie et aux clichés comme les autres, aussi… L’égalité ça veut dire que vous me tenez la porte comme je vous la tiendrai, que je peux rire de vous comme je ris de moi, et inversement… Tant que c’est fait dans le respect, et je n’ai pas l’impression que ce produit ne soit pas fait dans le respect…

      • Ma question visait surtout à mettre en exergue qu’il n’y a pas UN discours féministe.

        La revendication ici vous paraît « abusée », et je comprends, parce que souvent les gens ne prennent pas la mesure de ce que véhicule le marketing genré. C’est juste du pâté après tout, non ? Mais retournez le problème, comment en est-on arrivé à faire du pâté « spécial fille » ? (Et des cornichons, du fromage, des saucisses, des œufs, des yaourts, du vin, du soda…) Pourquoi ? On a tous-tes le même estomac !

        Je critique le marketing genré parce que c’est hyper insidieux et que c’est souvent balayé comme « oui bon y a plus grave, détendez-vous ». Mais quand on fait une brosse à dents petite et rose pour femme et à poils durs pour homme, on perpétue des clichés sur la prétendue délicatesse/virilité des unes et des autres au détriment de gencives sensibles/normales (pardon, mais c’est complètement con – pour quoi faire ?!) ; quand on vous dit que depuis 50 ans Stabilo fait des stylos d’Homme et que ça y est, vous avez un stylo fin de fille, on sous-entend que vous utilisez depuis toujours un produit qui était en fait pour Homme et que vous, vous avez besoin d’un outil spécial. On vous dit que vous ne devriez pas utiliser un outil jusque-là considéré comme « normal », vous êtes une population spéciale avec des besoins spéciaux, des outils fins et délicats. Et jolis. (Et plus chers.)
        Je suis pas une population spéciale, je suis 50% de l’humanité et j’ai les mêmes doigts que la plupart des gens. Je peux utiliser un Stabilo. Ma perceuse, je ne veux pas qu’elle soit rose mais qu’elle perce.

        Le marketing genré (en plus d’être complètement transphobe) crée des minorités là où il n’y avait aucun souci particulier, juste pour de l’argent, et contribue ainsi à véhiculer tout un tas de petites idées pernicieuses (les filles sont délicates, fragiles, ne savent pas bricoler ou utiliser un ordinateur et doivent être jolies/les garçons ne se nourrissent que de junk food, ils ne savent pas faire le ménage, doivent être rassurés en permanence sur leur virilité et être très performants).

        Alors oui, c’est juste du pâté, mais c’est le millième produit qui nous serine encore ces idées idiotes. Ce n’est pas audacieux et insolent, c’est ce qu’on entend tous les jours. Le faire sous couvert d’humour ne change rien, parce qu’on tombe souvent dans le piège du « c’est drôle parce que c’est un peu vrai ». Et quand bien même on souhaiterait/devrait hiérarchiser les combats féministes, je doute qu’on atteigne l’égalité tant qu’on en sera encore à vendre des produits spéciaux doux et délicats/jolis et drainants pour la Femme, cette chose si fragile/frivole (et inversement).

        Je m’arrête là parce que j’ai assez floodé le blog de Sandrine. Pour celles et ceux que le sujet intéressent vraiment, il y a plein de lectures très intéressantes sur le net.

      • J’entends bien ce que vous dites Caroline, pour autant il a quelques points sur lesquels je ne suis pas d’accord… D’abord le fait que les publicitaires sont des gens pragmatiques et pas forcément crétins, du coup s’ils font du marketing genré, c’est probablement que ça fonctionne et que des gens s’y reconnaissent ou en tout cas y sont sensibles… Vous ne faites pas partie de ces cibles, c’est tout a votre honneur, mais les industriels ont le droit de s’adresser à quelqu’un d’autre que vous….
        Ensuite, je ne comprends pas votre mépris des choses comme la frivolité, ou l’envie de maigrir… (perso je suis frivole et j’ai envie de maigrir…). Ce n’est pas insultant si on ne vous réduit pas à ses simples clichés… Il arrive à ma femme d’être hyper frivole, mais ce n’est pas elle, ce sont juste des moments d’elle… Comme quand je pense avec mon penis ou que je suis un peu beauf :-).
        Tout ça pour dire que je vous trouve bien entiere dans votre opinion, et que quand on veut se sentir exclue, on peut toujours trouver… De la à lancer une cabale contre un fabriquant artisanal de paté en boîte… C’est sûrement plus accessible que de lutter contre les discriminations à l’éducation ou au travail mais comprenez que cela puisse paraître dérisoire…

        Aller bon, moi aussi je me tait, ça a été un plaisir de converser avec vous néanmoins, et vous m’avez pas mal donné à penser…

      • Je ne méprise pas la frivolité, pas plus que je ne déteste le rose. Je suis simplement navrée qu’on ne propose que ça aux femmes. Je n’ai pas encore trouvé de produit genré qui incite les femmes à être ambitieuses, performantes, audacieuses. Par contre des bodys pour bébé critiquant les cuisses potelées, des Lego donnant des conseils de beauté, des tshirts enfant Je suis la plus belle/le plus fort, des Kinder jolie poupée/super-héros, du maquillage pour faire comme Maman/un marteau pour faire comme Papa, des gens qui empêchent les petites filles de courir ou de grimper aux arbres pour ne pas salir leur jolie robe, leur disent de ne pas faire de grimace ou jurer parce que ce n’est pas beau, des magazines ados regorgeant de conseils beauté/minceur, des magazines adultes se focalisant sur la garde-robe de femmes politiques plutôt que leur travail et ainsi de suite… oui. C’est facile de dire « ne suivez pas les injonctions » quand TOUTE VOTRE VIE, dès le berceau, vous êtes socialisée avec la minceur et la beauté comme principal objectif de vie. Normal que cela se vende ensuite (et pas forcément pour les raisons que l’on croit : j’achèterais bien volontiers un stylo pailleté ou une brosse à dents rose, comme beaucoup de gens, quel que soit le genre estampillé dessus). Vous dites que les produits genrés ne sont pas insultants quand on ne vous réduit pas à un cliché, mais c’est bien ce que le marketing fait. Savez-vous que les petites filles commencent à complexer sur leur poids et refuser certains aliments dès 7 ou 8 ans ? Et qu’à l’école et au travail on pousse/interroge moins les filles et qu’on encourage les garçons à être audacieux ? Ces discriminations dont vous parlez ne sont pas des coïncidences, c’est un tout.

        Alors moi, je trouve important de dénoncer ça en même temps que le reste (parce que oui, ça n’empêche pas de militer pour d’autres causes féministes « plus légitimes », les luttes ne sont pas exclusives).

      • Ouais donc en gros, vous mettez dans un bingo tous les arguments qui vous dérangent et auxquels vous n’avez pas de réponse pour pouvoir vous en amuser lorsque vous y êtes confrontées et ne pas avoir à chercher de contre-argument.
        Classic feminism.

  24. Bonjour,

    Je ne sais pas si donner son avis sur la question, être pour ou contre, etc. va permettre de faire avancer le schmilblick, mais voici ce que j’ai constaté en lisant l’article ET les commentaires :

    – « pour femme » ou « pour homme » est sans ambiguïté : il fait la différence entre les deux. Et c’est ce qui ennuie en premier lieu. Vu la composition des deux tartines, j’aurais été plus attiré par celle « pour femme » – je suis un homme. Du coup je suis perplexe en voyant la tartine. Dois-je avoir « honte » de préférer celle « pour femme » à celle « pour homme » ?
    – le « trop bonne » m’a aussi fait sursauter car depuis le lycée je ne comprends toujours pas l’utilisation de ce terme. Pour moi trop bonne se réfère souvent à un goût (nourriture donc, saveur), alors qu’il est utilisé pour une apparence de manière plus populaire. Le terme « agréable » serait donc plus adéquat dans le langage courant. Mais nous nous éloignons du sujet.
    – peut-être est-ce seulement moi, mais dire que « gingembre » est lié à la virilité ou au pénis n’est-il pas en soi un cliché et donc une marque de séparation des genres ? Je ne le cache pas, j’ai aussi testé l’ingestion de gingembre avec différentes compagnes qui pensaient que ça fait de l’effet. Et non je n’ai pas constaté d’effet particulier sur la virilité. Pour moi la complicité, le mystère restent les meilleurs effets qu’on puisse avoir. Pourquoi rester bloqué sur la composition du pot en ce cas ?

    Je reste d’avis que c’est ce « pour homme » et « pour femme » qui sont de trop. Sans eux nous n’aurions aucune ambiguïté ni problèmes ;).
    La tartine resterait trop bonne avec deux saveurs et deux compositions possibles ^_^.

    Quelqu’un a-t-il goûté les deux produits sinon ?

  25. Bonjour,
    C’est un non sujet… Faut juste aimer se faire un nœud au cerveau !
    Je pense que bon nombre d’entre vous ferait bien de voyager et par exemple jusqu’au Québec ou le féminisme est bien plus important qu’en France et bien vous pourriez constater que l’humour reste possible ! Ensuite j’aime ou j’aime pas c’est la liberté de chacun…
    Je trouve leur positionnement juste maladroit et j’espère que la qualité du produit fait contre poid à leur pauvreté marketing.
    Bonne journée

  26. Sexisme: « Attitude discriminatoire fondée sur le sexe. » Larousse.

    Merci d’argumenter en quoi ces packagings (pourris certes) sont du « sexisme » et donc de la discrimination.

  27. Les coupables sont la pub et le marketing de plus en plus agressifs et vulgaires. Je cite ce texte
    dont j’ai malheureusement oublié les références : « Le triomphe de ce langage de synthèse est aussi celui d’une représentation du monde constamment refabriquée pour nous rendre de plus en plus conformes à ce que nous saurons de moins en moins récuser. ».
    Gare à ceux qui tentent de résister! J’admire leur ténacité!
    C’est un combat perdu d’avance, mais d’autant plus beau.
    Vas-y Sand.
    René

  28. Remplaçons « pour femme » et « pour homme » par « pour chien ». Chacun reste effectivement libre d’en acheter et d’en manger.
    Et d’autres de se moquer qu’un « homme » mange des tartines pour « chien » 🙂

  29. Mince…je me rends compte que mon commentaire a crée une cohue digne d’une vente de Nuxe chez une esthéticienne! (euh…second degré?)

    Alors parlons-en de cette grille de Bingo (grille que je n’ai pas lu, car je suis un garçon, et que les garçons qui n’aiment pas lire, sautent aussi des pages (et pas que) – vous la sentez? la saisissez? la mise en abîme de second degré- ??)
    Je la trouve particulièrement utile pour d’entrée de jeu la couper à son interlocuteur et se donner un atout empirique. « on discute sur cette base qui me convient, car c’est la bonne. Je suis gentil, tu es méchant »

    Caroline, nous demande « qui décide de cette hiérarchie » et souhaite qu’on lui explique « quel militantisme est le bon »?

    Je lui demande à mon tour: qui décide de ce qui est sexiste? Qui décide de ce qui est humour? Pourquoi aller chez le coiffeur?
    Bon sang si Desproges nous lisait, il dirait probablement, et très justement « il n’y a pas plus de cons frisés chez les coiffeurs que chez les esthéticiennes ».

    Vous vous souvenez..? Desproges.. Il disait aussi, et là c’est du copier coller…

    « Je ne serai jamais féministe convaincu. Les femmes du MLF m’emmerdent, mais tous les militants m’ennuient, tous les gens qui croient détenir une certitude m’ennuient, c’est vrai quand même que l’anti-féminisme c’est un racisme aussi stupide que tous les autres. Il a été décidé que les femmes étaient des êtres inférieurs. Bon, c’est vrai qu’elles courent moins vite sur le cent mètres mais c’est bien la seule infériorité qu’elles ont sur les mâles… »

    Voilà, à présent je m’enfuie non sans une sorte irrévérence laquée d’un érotisme trouble….. qui n’est pas sans rappeler le Prince Charles si ses oreilles étaient des couilles !!

    Globitz

  30. Bonjour,
    Je trouve que les arguments de votre interlocuteur et de ses défenseurs ressemblent fortement aux arguments nauséabonds de la manif pour tous qui refuse l’égalité homme-femme.
    Et même en tant qu’homme, je trouve l’idée derrière ces deux produits répugnante.
    Courage à vous et poursuivez votre combat contre tous ces imbéciles ! 🙂

  31. Bonjour à tous ! Merci pour cet article très bien écrit. C’est vrai que ces produits ne sont pas les premiers ni les derniers a jouer avec le sexisme sous couvert de l’humour. En tant que publicitaire, je peux vous le dire : 1) ils se sont pas trop creuser les ménages pour leur étiquette. Cela aurait trop dur de mettre sur l’un des pots Le Doux et l’autre Le Fort par exemple ? pas de genre et on mise sur les caractéristique du produit sans réduire le panel de consommateur… 2) je trouve immonde le fait d’avoir publié sans votre autorisation vos mails sur leur facebook tout ça pour se sentir rassurer sur leur procédé et se dire que s’il y en a qui les défendent pourquoi changer… Entendez les critiques et amélioriez vous en conséquence, vous y gagnerez en clientèle, messieurs dames.

  32. Bon courage, Madame Goeyvaerts, car ils sont nombreux les obtus et les bouchés ! Moi, j’avoue avoir souvent baissé les bras !

  33. Je n’ai qu’une seule chose qui me passe par la tête après la lecture de ce « torchon » …
    « Moins les gens ont d’idées à exprimer, plus ils parlent fort. » (François Mauriac)

    Au passage, merci pour le petit cliché. « Oui, tous les hommes réfléchissent avec/ autour de leur pénis ». Tu souligne au moins que ton esprit est tout aussi réducteur que les gens contre qui tu milite.

    Féministe peut être ! Mais à l’esprit bien petit…

    • Cher Tim, le cliché à propos de pénis n’est pas le fait de Sandrine, mais du marketing de la tartinade en question, qui réduit « le mâle » à des légumes phalliques et du libidineux gingembre 😉

  34. J’en déduis donc que le second degré est ici totalement illégal.
    Sommes-nous au moins d’accord pour dire que ces produits ne s’adressent pas au grand public?
    Car oui, on les trouvera dans le circuit spécialisé j’imagine? (cavistes, épiceries fines, voire limite Monoprix)?
    Ces circuits de distribution sont destinés à des CSP+.
    J’en profite pour rajouter une couche: j’ai tendance à croire que la capacité à comprendre le second degré est plus répandue parmi les CSP+ qui achètent entre autre, pour une bonne partie, chez Monop’
    (j’en veux pour preuve les packages et jeux de mots très drôles des produits Monoprix – chips, ondulées même par temp humide – que tous tes rêves céréalisent – … j’en passe..)

    Alors voilà, je vous propose d’abord de vérifier la cible de ces produits: on ne trouvera pas ces produits chez Leclerc ou Carrefour, donc on ne touche pas la majorité de la population.
    Alors au bout du compte, on se dit qu’il faut avant tout réfléchir avant de mettre sa cape de vengeresse masquée ?

  35. La version pour homme ne me dérange pas tellement. Qu’on me regarde – à l’occasion – comme « un pénis sur patte » ça flatterait presque mon ego, mais passons…
    Sur le fond que les produits alimentaires aient un genre, ça ne me semble pas délirant non plus. On pourrait citer tonton Lino : « Il faut reconnaître que c’est plutôt une boisson d’hommes… » Même si certaines polonaises en prennent au petit déjeuner elles seraient alors l’exception.
    Par contre la version pour femme me déplaît fort. La dernière fois que j’ai entendu l’expression « trop bonne », c’était dans un porno ou dans la cour de l’école. Et pour moi, pas de doutes, c’est très péjoratif et ça n’a pas sa place sur un emballage.
    Qu’est ce qui distingue ce slogan de telle publicité pour la crème qui se fait lier et fouetter et qui s’attarde longuement sur la crémière ? Dans le second cas, ça n’est pas forcément de très bon goût non plus mais il n’y a pas de jugement de valeur et pas de généralisation.
    Si vous dites d’une femme qu’elle est bonne vous êtes un goujat, si vous le dites des femmes en général vous êtes sexiste. Il est également probable que vous avez de l’acné, que vous portez un survêtement et des charentaises, que vous êtes sexuellement frustré, que vous avez des troubles d’audition ou tout cela à la fois…
    On notera également ce don des français pour le service après-vente et la relation client. Si vous aviez contacté le SAV n’importe où ailleurs, vous auriez eu droit à ceci : « Veuillez accepter nos excuses, nous somme désolés que cela vous choque. Cela nous paraissait anodin mais nous allons évaluer vos arguments et l’impact de notre slogan et bien sur nous vous tiendrons informée. Merci de nous avoir fait part de vos réflexions. Encore une fois veuillez accepter… »
    J’ai travaillé avec un anglais qui disait : « never argue with the customer ». Le type qui essaie d’expliquer au client qu’il à tort c’est une exception française. Alors celui qui vous dit que vous n’avez pas d’humour ou qui évoque « la fatwa des extrémistes féministes »…

  36. Pff… Globitz, Vianns, Fabrice, Blankoworld, Vinnyd… C’est dingue. La horde des relous s’est déplacée en nombre pour commenter, comme d’habitude quand il s’agit de défendre les privilèges masculins.
    Et malgré ça, je vois que vous, qui vous engagez contre cette injustice et qui décrivez des choses aussi banales et révoltantes, vous avez la force de ne pas céder à l’énervement, même s’il faut pour cela laisser parfois le dernier mot à ces trolls. Et là je dis chapeau, parce que moi ça me scie les nerfs.
    Du coup je voulais laisser un mot d’encouragement, en tant qu’homme, dans une tentative dérisoire d’augmenter la proportion de commentaires positifs sous ce billet 🙂

    Merci pour ce texte, et continuez, on finira par les avoir ces anti-égalité.

    • C’est marrant d’être classé dans « la horde des relous » alors que j’ai l’impression d’avoir été hyper respectueux et ouvert au dialogue, de tenter d’échanger sur des points de vue, et tout et tout… Tu es un démocrate, tu es pour le débat…

      • Vous y êtes, parce que, en tant qu’homme, vous venez donner des leçons (et non dialoguer) sur ce que doit être le féminisme et quelles luttes il faut mener ou non (rappel, les luttes ne s’excluent pas mutuellement on peut tout à fait en mener plusieurs de front, certaines jugées par des gens comme vous « anodines », d’autres toujours jugées selon vos critères comme plus « intéressantes »).

      • « en tant qu’homme vous venez donner des leçons »?? Ha bon, je n’avais pas cette impression là, je serais bien surpris de voir où je donne des leçons et en plus je trouve votre remarque sexiste… Effectivement mon genre doit m’interdire de donner un avis (avis ne veut pas dire leçon)… Finalement je pensais venir dialoguer mais visiblement les sexiste ne sont pas du côté de la tartine… En même temps la meilleure façon d’avoir raison sur tout reste de pérorer tout seul… Bonne continuation, et bonjour chez vous…

      • Je me suis relu… Pas vu de leçon… En fait même j’avais bien fait attention car le sujet m’intéresse et que je ne voulais pas polémiquer mais plutôt échanger…
        Quant à l’ensemble des commentaires, je ne suis pas responsable… A moins qu’en tant qu’homme je ne sois forcément solidaire d’autres hommes… Mais c’est moi qui suis sexiste… 🙂

      • Absolument pas. Juste en tant qu’homme vous possédez des privilèges. À ce droit, il vous est nécessaire d’être très attentif au message que vous faites passer … C’est un peu compliqué et long à expliquer. Pouvez vous peut être googler mansplaining ça explique assez bien le concept.

      • Je me rappelle d’un chauffeur de taxi bien black qui m’avait dit « j’aime pas les blancs car ils sont racistes »… Je trouve que votre démarche s’apparente un peu à ça et c’est dommage… D’autant plus que sur le fond, rien ne vous dit que je sois un homme à part mes allégations 🙂 Qu’auriez vous pensé de mes questions si je vous avais dit « bonjour, je suis chercheuse en socio et je fais une thèse sur les dialectiques de l’intolérance, ou comment les militants deviennent ce qu’ils combattent »??

    • Je prends un exemple de marketing genré, sur un billet qui parle de contre étiquettes. Il n’était pas question de vanter un vin ou l’autre juste de lister ce qu’on peut trouver en termes d’étiquette. À me lire régulièrement on en déduit très vite ce que je pense si l’ironie n’était pas claire.

  37. Je suis tombée par hasard sur cet article et je peux vous donner le point de vue de la consommatrice puisque j’ai acheté la tartine « pour femme » il y a quelque temps. Je dirais que c’est parce que je préfère les ingrédients de celle-ci mais qui sait, j’ai peut être (sûrement, même) été influencée inconsciemment, car je pense que le sexisme est ancré en nous du fait de notre éducation et du discours genré dans lequel on baigne au quotidien. En tout cas, je n’avais pas vu le « trop bonne » et je ne comprends pas vraiment ce que ça veut dire.
    Sur le coup, la différenciation homme/femme ne m’a pas choqué mais à la lecture de cet article je suis d’accord pour dire que c’est sexiste, même si c’est peut être moins flagrant que pour d’autres produits.
    Je pense que beaucoup de choses de la vie quotidienne sont sexistes et les féministes ont raison de les dénoncer. Ca forme un tout, on ne peut pas dire que ce n’est qu’un détail, même si c’est moins brutal que l’utilisation d’une fille dénudée dans une pub pour tout et n’importe quoi.
    Les attaques sur ces sujets sont toujours les mêmes…
    Bon sinon la tartine était plutot bonne…

  38. A tous les hommes qui disent « oh moi ça ne me dérange pas qu’on me prenne pour un pénis sur pattes, je ne vois pas où est le problème ». En effet, la société telle qu’elle est depuis des siècles, n’a jamais cherché à restreindre vos libertés, vos ambitions, votre accès au études, votre capacité à vous comporter en citoyens autonomes à cause de ce que vous avez entre les jambes. Donc en effet, vous pouvez en rire, puisque ça n’a JAMAIS été structurellement et institutionnellement utilisé contre vous.
    Or pour les femmes, si. La fragilité, la vanité, la faiblesse ou l’irrationalité qu’on attribue aux femmes ont sans cesse servi de prétexte à décréter leur infériorité intellectuelle et morale, à invalider leurs opinions, à les empêcher d’être autonomes, d’avoir accès aux études, à l’emploi, aux sphères de pouvoir et de décision, quand ce n’est pas carrément pour justifier ou minimiser les violences à leur égard. Donc, non, ce n’est pas la même chose, les clichés n’ont pas du tout le même poids selon le genre qu’ils caricaturent.
    La publicité, comme toute représentation à laquelle nous sommes tous-tes confronté-es multi-quotidiennement et dès le berceau façonne et nourrit l’inconscient collectif et perpétue les stéréotypes nocifs qui maintiennent l’idée (partagée par nombre de femmes elles-mêmes) qu’elles ne sont pas légitimes dans les lieux d’influence et de pouvoir, qu’elles n’ont pas voix au chapitre, et qu’en plus elles ne doivent pas trop s’en plaindre (parce qu’elles râlent tout le temps, ces bonnes femmes, c’est bien connu)

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