VDV #74: le vin qui a des haltères *

vinnat

*un thème musclé *

Ce mois, c’est l’excellent – pas moins, il est très bien, lisez son blog- Fred du Vortex qui nous impose:

Soyez les chantres des vins simples qui vous désaltèrent. Le blanc vif qui, à grandes gorgées, dissout le gras de la tartiflette hivernale. Le rouge qui glisse et dessale le palais d’un casse-croûte saucisson jambon cru pâté fromage. Le rosé « bien frais, bien agréable » qui, sous le cagnard de l’été, évite la déshydratation devant le barbecue brûlant. Pour cela, il suffit de rédiger un texte avec une petite photo sur votre vin de soif. Dans ce petit texte, n’oubliez pas :- D’annoncer le thème des Vendredis Du Vin. – De Faire un lien vers le blog du président du mois (ma pomme) et vers le blog des Vendredis du Vin. Publier votre participation le Vendredi 27 mars sur votre blog, sur la page Facebook des Vendredis du Vin et sur celle de l’événement. Si vous n’avez pas de blog, ou pas de compte Facebook, vous pouvez m’envoyer vos textes et photos par mail (ftruchon.ft@gmail.com) ou poster votre participation en commentaire ici. Sur Twitter, vous pouvez publier avec le hashtag #VDV.

Bien entendu, fidèle à moi-même, je n’ai pas pu m’empêcher de fiche un jeu de mot dans le titre, il me pardonnera, hein, Fredou?

Il a raison: les gens sont à cran, on a bien besoin, en ce début de printemps d’un immense câlin autour du vin, sans intellectualiser, sans tomber dans les sempiternels et fatigants débats, on a besoin de ces jus clairs avalés en moins-de-deux, et de grosse marrade avec les potes.

Alors quoi, lequel?

Du rouge léger qui glisse?

Du rosé frais comme un baiser ?

Du blanc simple, mais suffisamment nerveux pour pas que tu molisses?

Mettez-m’en un, mettez m’en deux, mettez m’en trois! Au diable les varices !

Commençons par le rouge. 

Drôle d’étiquette, je sais. Drôle d’histoire. Je reçois un échantillon: on me dit, tu verras, c’est le petit frère du château, on a voulu faire une cuvée un peu facile, plus accessible. Je goûte: c’est épatant ! Plein de fruit, avec une fraîcheur à laquelle je ne m’attendais pas. Ça claque, et ça coule tout seul: la bouteille est vidée en trois-quart d’heure maxi. Puis je reçois un coup de fil:

« Ecoute, on a un souci. Notre étiquette est trop ressemblante avec celle d’un autre vin, et même si ce n’est pas dans la même appellation, on va devoir ré-étiquetter, sans doute renommer ce vin. »

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indice

Procédures, quand vous nous tenez. Ce n’est pas le premier vigneron qui doit y faire face, au Mas del Périé Fabien a du par exemple renommer sa cuvée La Pièce. Du coup, le vin restera mystère, jusqu’à ce que cette histoire d’étiquettes soit réglée. Mais promis, je vous en parle dès que c’est possible.

En blanc, je voulais du tonique, du frais, du vif, du qu’on boit sans craindre le mal de crâne et sans regret.

Paf je l’ai ! Un vin de moselle, qu’on boit même sans tonnelle, la vie est belle! La toute jeune vigneronne Eve – et son père, et ses frères- produisent rouges, blancs et effervescent. Elle est même devenue une Tronche, la nana.

De nana à ananas, il n’y a qu’un auxerois (pardon). Celui-ci issu des plus vieilles vignes du domaine bluffe. Son fruit exotique, son charme, sa légèreté, comme une bulle de printemps qui t’éclate à la gueule. T’en redemandes, forcément. Y en a plus, forcément.

Go on Eve, on tient la genèse d’une belle histoire!

vigne

Domaine des Béliers, la vigne aux oiseaux, AOP Moselle

Au printemps, au printemps et mon coeur et ton coeur sont repeints au vin blanc: on va donc se rincer au rosé. Celui-là, déjà, il s’affiche classe avec sa jolie bouteille à bouchon verre, s’il-vous-plait. Tu sens bien que c’est pas la quille vulgaire et sucraillonne des soirées campings. Alors, tarin dedans, tu t’attends à de la rectitude, presque de la sévérité bourgeoise. T’as tort: des petits fruits rouges te titillent, tu vas plus loin, sur la langue la fraise s’éparpille, tes papilles frisent, c’est bon, c’est simple comme une belle tranche de pain beurrée de frais. Clap clap, font les palais en émoi.

negly

chateau de la Négly, la Natice, AOP Languedoc 2014

Trois vins de soif, de plaisir, de bonheur, de simplicité.

Un mot à ajouter?

Ah oui: picolez !

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