T’as soif? Y a pas d’sushis *

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Home-made, t’as vu

*pardon

Le sushi: j’avoue, comme beaucoup de monde visiblement, je craque pour ces petites choses rondes et jolies. Evidemment, les maîtres-sushi les élèvent au rang d’oeuvres d’art, et sans doute n’avons nous accès en général qu’à une forme assez brute de ce qu’ils devraient être, mais lancez-moi la première boulette de riz si vous n’en mangez pas quand même.

Le sushi est devenu en très peu de temps un plat presque courant chez nous: maki, nigiri, temari sont des termes qu’on connait.

Non? Bref résumé:

Le nigiri, c’est ça: une boule de riz allongée vinaigré sur laquelle est posée au choix saumon, thon, omelette, oeufs de poisson, légumes et le tout avec une pointe de wasabi (un condiment assez relevé).

Le maki se compose d’un coeur aux légumes, ou au poisson inséré dans du riz vinaigré puis entouré d’une feuille de nori (algue séchée). Pour faire un maki, on fabrique des rouleaux que l’on débitera en tranches plus ou moins épaisses.

Le temari est totalement sphérique: il peut contenir une garniture, ou celle-ci est simplement posée sur le dessus.

Les sushis sont parfois plus gros qu’une simple bouchée: le temaki se compose d’un cône formé d’une feuille de nori remplie de riz et d’autres ingrédients (poissons, légumes, etc.).

Il existe d’autres variétés, notamment les californian rolls, très populaires: ils sont une « revisite » du maki, le nori n’étant présent qu’à l’intérieur du sushi.

Les sushis se mangent avec les doigts ou aux baguettes, avec de la sauce soja salée, et normalement, on ne doit pas y ajouter de wasabi. C’est au chef-sushi à épicer lui-même.

Mais pourquoi me transforme-je en blogueuse bouffe, te demandes-tu, l’oeil frisant?

Et bien, parce que la consommation de sushis, de plus en plus fréquente soulève une question. Qu’est-ce qu’on boit avec ça?

En fait avec les sushis on peut envisager plein de choses. Ou on est de l’école classique et on boit une bière, légère, blonde de préférence.  Pas de la pisse d’âne, s’il-vous-plait, hein, prenez quand même une bière de qualité. L’argument numéro un de cet accord est « les japonais boivent de la bière avec les sushis ». Bof, dirais-je, mais je ne peux pas vous empêcher d’aimer.wpid-1425932020335.jpg

Ensuite vient le thé, et là non plus, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Out le lipton en sachet, essayez plutôt le genmaicha (thé vert au riz soufflé) ou du hochija (thé vert torréfié japonais). Après, ça demande un peu d’effort (le trouver, le préparer dans les règles, mais si vous pensiez que le thé c’est juste de l’eau chôde, voilà de quoi vous faire changer d’avis rapido).

Le saké? Deux écoles s’affrontent à ce sujet. Le saké japonais (nihonshu) étant brassé à base d’eau, de levures et de riz cuit à la vapeur et ensemencé, certains pensent que deux produits à base de riz ne peuvent que s’affronter. Pour les autres, la faible teneur en alcool (variant un peu selon les types de saké, en gros à peine plus qu’un vin, de 14 à 17°) et le goût finalement assez discret du saké en fait un beau compagnon. La typologie des sakés est complexe, et mériterait un billet à elle toute seule, sachez qu’il vous faudra demander de préférence avec les sushis un saké junmai (sans ajout d’alcool) et ginjo (le riz a été poli à 40/50%).

saké2Le saké junmai est d’ordinaire considéré comme celui s’accordant le mieux aux sushis. Si vous n’avez jamais testé, attendez vous à être surpris, voire à ne pas aimer: c’est assez inclassable, on est loin des équilibres sucres-acidité du vin. Mais ça vaut le coup de découvrir. La température influe énormément, donc là, pareil que pour le thé, faites-vous conseiller!

saké

Certains aiment accompagner les sushis de whisky. Première mise en garde: gare aux papilles ! N’oubliez tout de même pas que c’est de l’alcool, quoi. Et l’alcool, ça brûle. Donc on humidifie bien sa précieuse bouche avec de la salive et on n’y va pas comme un soudard. Mais si on fait attention, c’est un accord pas si déconnant: le riz est une céréale, le whisky est fait à base de … wpid-dsc_0923.jpgMention très bien aux sushis avec une forte présence d’iode (aux oeufs de poisson, par exemple ou aux oursins, en saison). Les whiskys vraiment tourbés, voire tourbés ET iodés leur vont comme un gant. Il est rigolo de noter que ceux-là peuvent développer des arômes de poisson fumé, tiens tiens.

Après, faut aimer le ‘sky.

Dans le registre alcool, on peut tenter les aquavit, dont wikipédia me dit qu’Ingrid Chauvin en boit dans le pilote du feuilleton Femmes de loi. Merci WIKI.

Ce moment de LOL mis à part, les aquavit, eaux-de-vie scandinaves d’alcool neutre redistillées avec des herbes ou plantes aromatiques. Elles accompagnent traditionnellement les poissons fumés, servies fraîches en shot.

Et si on aime pas / trouve ça trop fort / a le palais délicat mais qu’on trouve tout de même cette piste de l’iode vachement intéressante?

File-moi un sherry, chéri!

Ha, le sherry. On est peu à l’aimer, encore moins à le défendre ou à le mettre en avant régulièrement, et pourtant! Le sherry qu’on ne confond pas avec le cherry (liqueur de cerise) est la dénomination anglaise d’un vin muté espagnol, le xérès. Pour savoir ce qu’est un vin muté, c’est là. 

Il existe diverses variétés de sherr… pardon de xérès. Pour les sushis, le mieux est  d’opter pour le fino de manzanilla.

Produit aux environs de Sanlùcar de Barrameda, situé sur la Côte atlantique, l’iode est au rendez-vous. La manzanilla est un vin de voile  plutôt réservée aux apéros, mais le goût subtil des sushis lui va très bien, et sa tonicité permet de faire glisser le trop de riz en douceur.

Plus y a de fino, moins y a de riz. 

Voilà, c’est tout, on a fait le tour…

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j’aime trop cette vanne, sorry

Quoi?

Le vin?

Bah oui, le vin, ben tiens.

Je le confesse sans ambage: c’est ma solution la plus courante. Encore faut-il choisir le bon.

Bulles, ou pas? Blanc? Rosé? Rouge?

Pourquoi pas tous?

Penchons-nous sur la bulle: beaucoup pensent au champagne. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi: une bulle fine, nerveuse, probablement avec un dosage minimum ou pas de dosage du tout est un choix sans risque. Le seul souci, c’est que ce n’est pas l’option la plus économique (quand on sait ce que coûtent de bons sushis, ça fait un budget repas conséquent) (reste la solution de les faire soi-même, pour les makis, avec un peu de patience et le bon matos, ça vient assez vite, courage! Si je peux le faire, avec mes doigts en mousse, tout le monde peut).papi

Reste le crémant, avec les mêmes caractéristiques. Blanc, forcément? Si on aime le rosé, on peut se lâcher: la seule condition à respecter, NO sugar. Mettre du sucré sur du sushi, ce serait comme mettre des stilettos à un poney, ridicule et inutile.

En blanc, la presse est unanime: sauvignon (Loire, groovy baby) bien sec, bien minéral. Parfait. Le riesling, même portrait-robot, s’il vous plait. Hormis ces deux-là, il y a un salut possible? Bien sûr ! Un vin du sud-ouest, comme un jurançon sec, exotique et frais adore les sushis à base de fruits. Le chenin, toujours sec est splendide. Je peux continuer à lister longtemps, donc faisons plus simple. On oublie les blancs boisés, trop riches, trop gras, trop sucrés et on mangez-bougez.wpid-img_20140825_223611.jpg

Pardon, trop facile. En blanc, on vise: sec, minéral, frais, voire exotique. On oublie le reste. C’est pas compliqué bordel!

Les rosés, même remarque. Testé dernièrement, un rosé avec un poil trop de sucres rendait les sushis mous. Donc, rosé tendu du string s’il-vous-plait.

Rouge? Oulah non, quelle hérésie! (j’imite hyper bien le sommelier réac’ hein?).

Moi je dis: oui, mais pas avec n’importe qui! Et surtout pas n’importe lequel. Makis au thon et trousseau du Jura, c’est détonnant mais ça marche. Pourquoi? Parce que c’est un vin pas trop tannique, qu’il peut être servi un peu frais, partant de là, tirez-en une leçon et extrapolez, tentez! Beaujolais? Loire léger? Alsace ? Go!

Il reste une quatrième couleur: l’orange. 

Las, pour l’instant je n’ai pas encore trouvé un truc qui marche vraiment bien. Trop expressifs, trop denses, trop « pleins » de goût pour la sensibilité tendre des sushis.

Je pense qu’on a fait un joli tour des accords possibles. Si vous pensez à autre chose, signalez-le. Et puis, si vous me dites:

Bah de l’eau, c’est fort, ça porte les bateaux!

On n’a jamais essayé avec du péket ! *

*alcool à base de grains, généralement blanc de la région liégeoise. Ailleurs on parle de genièvre. 

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7 réflexions sur “T’as soif? Y a pas d’sushis *

  1. Quitte à faire mon gros lourd, j’insiste : le chasselas est le cépage qui a le meilleur accord avec la cuisine japonaise dans son ensemble.

    Par là, je veux dire : si vous avez de la cuisine traditionnelle japonaise et qu’il ne faut choisir qu’un vin, le chasselas fera l’affaire et pas qu’un peu. C’est moi (sans crédibilité aucune) qui le dit, mais aussi mon amie Miho, qui s’occupe de la promotion des vins du Léman au Japon et fait donc goûter les Lavaux et les Yvorne à tous les chefs qu’elle croise. On l’accusera à juste titre de partialité, accessoirement, mais les chefs, -notamment de sushi, donc – ont exprimé presque unanimement leur appréciation. Il y a une grande complémentarité entre le chasselas et les condiments japonais (dont le sushizu, vinaigre de sushi sucré, ou la pérille, le wasabi, etc).

    Le fino est très bien sur le poisson gras et typé (saumon, anguille) ou du calmar, mais étouffe les soles, limandes, sérioles, brèmes, qui sortent mieux avec du minéral et de l’acide. Enfin, c’est juste mon avis, hein…

    Bonne idée, le jurançon sec.
    Le whisky à l’eau (oui, coupé. Et alors ?) marche très bien avec les sardines, chinchards, sérioles, poissons argentés divers et variés.

    Désolé de troller, et la bise.

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