Sur les marchés: le doc formidable!

Une fois n’est pas coutume je vais dire du bien d’une émission de télé. Ouais, tout arrive.

Je suis tombée dessus par hasard, et c’était formidable. Pas moins. Le pitch n’est pas compliqué, il s’agit d’aller sur les marchés. D’où le titre du doc, pas con. Sur les marchés donc, mais pas seulement. De l’échoppe-scène de théâtre du maître-fromager Sten Marc du marché de Morlaix, on passe au pré où paissent en quasi liberté les pies noires de Ronan, jeune agriculteur bio. Sten a un rêve: composer un plateau de fromages 100% breton. D’où l’idée d’emmener ces agriculteurs passionnés avec lui, et de les aider à produire des fromages de qualité. Bien sûr, c’est bucolique. Et ça fait rêver. Les petits cochons gratouillés sous le ventre qui se font bomber la panse avec le petit-lait.

L’oeil inquiet du jeune producteur de fromage quand le maître goûte le résultat de l’affinage. Des fromages qui – et c’est une petite folie- vont pour partie aller mûrir en mer. On le fait bien avec le pinard, pourquoi pas avec le frometon. Là encore Sten sait à qui parler: au pêcheur d’ormeaux, entre autres, qui veille sur les cageots où sont enfermés les fromages. Entourés de cire d’abeille, ils ballottent. Quand il s’agit d’en remonter et de tester l’affinage, la tension est palpable: mais très vite, le sourire, la crème du fromage qui s’alanguit sur le couteau, les mines des deux là, pirates heureux. Ce n’est pas parfait, pas encore, mais on va vers le beau.

La plus belle image c’est Sten, entre ses parents. Son père, lui aussi fromager de marché, qui dit à demi-mot et yeux mouillés sa fierté.

Autre marché, autre ambiance à Uzès: la place aux herbes, un jeune chef, des asperges pimpantes, … Et les soeurs de Solan. Des nonnes qu’on voit à la vigne, enherbée et fleurie. Puis au chai, goûtant avec autant de précision et de concentration que n’importe quel pro. Une production en bio, reposant aussi sur le volontoriat, une vente sur le marché, justement par une des soeurs, 81 printemps, gaillarde.

Et les truites vivantes, et la belle eau. Ce chef belge qui fait re-découvrir la truite à son producteur. Le ventre gras, grillé à la flamme, le reste…

Si vous ne l’avez pas vu, si vous avez loupé ça, regardez, c’est formidable (oui, je me répète).

Parce que ça donne envie: de manger, de boire, d’aller sur les marchés, d’aller voir des vrais passionnés, de ce qu’il y a dans l’assiette, de comment on le fait, le produit, quel boulot ça demande.

In fine, ça parle énormément de ce dont on parle aussi dans le vin: une consommation plus éthique, plus respectueuse des hommes et de l’environnement, avec moins d’intermédiaires, plus d’histoires à raconter.

A quand la même émission sur le vin? Plutôt que des docs à charge en général pas irréprochables parce que trop réducteurs, pourquoi pas une heure et demie à parler de terres, de cépages, d’humains et de goût, et de sincérité? Allez!

 

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4 réflexions sur “Sur les marchés: le doc formidable!

  1. Superbe émission effectivement !
    Ça donne envie ce fromager-affineur avec ce bleu sous la mer.
    Curieux aussi de goûter les vins de ces braves sœurs mais aussi les truites de concours de ce pisciculteur hors normes.
    Puisse les réalisateurs lire ce billet et en programmer une sur le vin. 🙂

  2. Pingback: TASTED » Links of the week

  3. Oui, il faut vraiment sélectionner sur les marchés. Donc apprendre à connaître les produits et leurs caractéristiques de qualité et de fraîcheur, comme le restaurateur à propos du ventre rose ou rouge des homards vivants!!
    Mais c’est un combat épuisant, comme celui de ce pêcheur de langoustines qui a à peine recouvré ses frais avec 140kg.Parce qu’il faut payer plus cher pour cette qualité, ce qui n’est pas possible pour tous!
    Le marché finira pas gagner, ce qui n’empêche pas de vouloir sauver à tout prix les « bons ».
    Quand je vois ce qu’on donne ou plutôt ce que les enfants « exigent », Kinder et cie, c’est à désespérer.
    Comment les amener à s’intéresser aux qualités de ces produits.Ils préfèront, hélas,les truites de courleur bleue, comme le déclarait ce magnifique éleveur de truites!!!
    La rencontre entre ce pisciculteur et le cuisinier belge était magnifique. Ce serait une bonne idée d’inviter tous ces bons fournisseurs à déguster leur production magnifiés par les bons chefs.
    Bref, il n’y rien de mieux comme apéritif que la vision d’un tel documentaire.
    Dommage, je raterai le marché de Morlaix à la fin du mois, puisque je quitterai le vendredi matin
    pour le retour. Mais il doit y en avoir d’autres dans les côtes d’Armor.
    A/

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